Intérieurs

Bruits de fond continuels, il faut développer l’oubli. Au conditionnel, vivre l’impossible, comme si on avait fait tous les deuils. Il y eut une promesse, cette unique certitude dont on ne sort pas indemne. Il faut s’endeuiller, piège de l’esseulée captive. Les bruits assourdissants syncopés la nuit, interruptions venues de l’intérieur, déplacements, fixations jusqu’au nom qui n’a pas de nom. Espace intérieur violé. Passages sans fin, épuisement nerveux. Le langage se révèle autre. Il n’y avait personne, il n’y aura personne au bout de l’attente.

Occuper le jour jusqu’au bout de ses forces jusqu’à n’en plus pouvoir dormir. Ce qui tombe sous les sens finit par boucher les sens. L’image mentale aveugle le réel qui fait retour, charge considérable. Voix éraillée. Une femme surparle à bout de bras. Des silences obscurs m’ont fait devenir cette femme intérieur au rêve avalé, poursuivi, figure nodal, traversée par la violence passée, endettée par la mémoire commune. Elle vient d’où il fut demandé l’immobilité, la reproduction, le rien, elle perd son corps, forcée par un désir ravageur. Que sont nos forces réelles ?

Éclats saisonniers. Temps polyphoniques. Écrire demande quelqu’un à la pointe des mots. Femme qu’as-tu fait du lieu clos, qu’est devenu ton intérieur ? Quel consentement ancestral a dévasté ton rêve ? Quelle parole, force de loi, envahissement total, cadavérique cauchemar, portes ouvertes infranchissables, murs calcinés visibles traces temporelles ont signé l’absence de lieu ? Une femme poursuit le rêve miné d’un lieu arraisonné. Qui a signé l’arrêt ? Certains jours, il faudrait s’empierrer jusqu’aux yeux. Oh ! ne plus bouger !

© France Théoret
Iz: Bloody Mary, Vertiges, Nécessairement putain, Intérieurs, Poèmes des origines, tirés de Étrangeté, l'étreinte.
Éditions Typo, 2011
Avdio produkcija: Union des écrivains et des écrivaines québécois, 2013

Innenwelten

Anhaltende Geräusche im Hintergrund, man muss das Vergessen entwickeln. In der Möglichkeitsform, das Unmögliche leben, als hätte man jede Trauer erlebt. Es gab ein Versprechen, diese einzige Gewissheit, die man nicht unverletzt übersteht. Man muss sich in Trauer stürzen, Falle der Einsamen in Gefangenschaft. Der ohrenbetäubende Lärm, in der Nacht kurz aussetzend, Unterbrüche aus dem Inneren, Verschiebungen, Fixierungen bis hin zum Namen, der keinen Namen hat. Vergewaltigte Innenwelt. Endlose Passagen, nervöse Erschöpfung. Die Sprache offenbart sich als eine andere. Da war niemand, da wird niemand sein am Ende des Wartens.

Sich tagsüber beschäftigen bis zum Ende seiner Kräfte, bis hin zur Schlaflosigkeit. Was sinnvoll erscheint, verstopft schlussendlich die Sinne. Das geistige Bild blendet das Wirkliche, das zurückkehrt, erhebliche Last. Heisere Stimme. Eine Frau redet unaufhörlich mit ihren letzten Kräften. Dunkles Schweigen hat mich zu dieser Frau gemacht im Inneren des geschluckten Traumes, verfolgt, verknotete Figur, durchdrungen von der ehemaligen Gewalt, verschuldet durch das gemeinsame Gedächtnis. Sie kommt dorther, wo die Regungslosigkeit verlangt wurde, die Fortpflanzung, das Nichts, sie verliert ihren Körper, bezwungen durch eine zerstörerische Lust. Was ist unsere wahre Kraft?

Saisonabhängiger Glanz. Polyphone Zeit. Schreiben verlangt jemanden an der Spitze der Wörter. Frau, was hast du aus dem geschlossenen Ort gemacht, der deine Innenwelt geworden ist? Welches überlieferte Einverständnis hat deinen Traum verwüstet? Welches Wort, Gesetzeskraft, totale Invasion, tödlicher Alptraum, unüberwindbare offene Türen, verkohlte Mauren sichtbare zeitliche Spuren haben die Ortlosigkeit unterschrieben? Eine Frau verfolgt den zermürbten Traum eines durchsuchten Ortes. Wer hat das Urteil unterschrieben? An manchen Tagen sollte man sich bis zu den Augen beschottern. Oh, sich nicht mehr bewegen!

Übersetzt aus dem Französischen von Hildegard Grüter und Christa Japel