Mária Ferenčuhová 
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on Lyrikline: 19 poems translated

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Original

Translation

[Poviem ťa]

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Poviem ťa. Ale akoby kresliaca ruka
stále patrila inej,
ležiace telo zase hline:
rozopnutej, mäkkej,
poviem:
Skoč!
a poviem:
Vidieť ťa ešte bielu, z kopca, zošikma.
Neviem, kedy píšem, a neviem, kde –
priestor je náhodný, vytvorený súradnicami prstov na klávesoch;
mnohorozmerný, disociovaný pohybom, prinavracaný.
Kde neexistuje krivka zošívaná perom, spojitosť,
kde niet hlások zväzovaných dychom,
stále pochybuješ o možnosti reči.

Si zatiaľ ešte vnútrom myslenia, aj tvoja
koža je tu ešte vnútrom.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
from: Skryté titulky
Audio production: Ars Poetica

Je te prononcerai

francoščina

Je te prononcerai. Mais comme si la main qui dessine
Appartenait toujours à une autre,
Et le corps allongé à la terre :
Fendue, molle.
Je prononce :
Saute !
Et je prononce :
Encore te voir blanche, d’une colline, d’une pente.
Je ne sais pas quand j’écris et je ne sais pas où –
L’espace est arbitraire, créé par les coordonnées de doigts sur le clavier ;
Multidimensionnel, dissocié par le mouvement, reconstitué.
Là, où n’existe pas la courbe recousue par le stylo – le continu – où il n’y a pas
de phonèmes reliées par la haleine,
tu doutes que le langage soit possible.

Pour le moment, tu es le dedans de la pensée ;
Même ta peau, ici, est le dedans.

traduction de Mária Ferenčuhová

[Leto neodchádza]

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Leto neodchádza, zostáva ako zápal na vydýchaných cestách,
teplý kameň, ani stopy po krokoch (a predsa vlhký vzduch);
rany sa nehoja, rovnaký pohyb každé popoludnie – rukou si
z očí zotrieť prach a olej z rozohriatych kolies. Október.

Ani nie návrat: trvanie v štrbinách, mesto si nepamätá,
nechceš si ani ty: stŕpnuté chodidlá, popraskané ruky, prečo si nepriznať –
úžina, pasáž, spoza rohu sa namiesto (istej) spomienky vynorí
ulica. Ďalšia. Rovnaká.

A na peróne šialenec, načisto opustený
(nikto sa ho už neľaká), prestupná stanica Réaumur-Sébastopol:
na samom vrchu spí človek v ponožkách,
z jednej mu trčí obväz, no iba málokto si trúfne zakryť nos.

Za oknom bez roliet sa ktosi opíja,
celkom sám, za oknom s roletou si premaľúvam tvár,
nevetrám, potichu vzývam telefón,
až napokon zaspím.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
Audio production: Ars Poetica

[L'été ne part pas]

francoščina

L'été ne part pas, il reste comme une inflammation sur les routes irrespirables ;
Pierres chaudes, pas de traces des pas (et l'air est pourtant moite) ;
Les plaies ne guérissent pas ; tous les après-midis, le même geste – main
effaçant la poussière des yeux et l'huile des roues qui brûlent. Octobre.
 
Pas vraiment le retour : la durée dans les feintes ; la ville ne se souvient pas,
Tu ne veux pas non plus ; pieds raides, mains gercées, pourquoi ne pas avouer –
Un détroit, le passage, derrière un coin, au lieu d'un (certain) souvenir, apparaît
Une rue. Une autre. La même.
 
Et sur le quai, un fou, complètement délaissé
(il n'effraie plus personne) ; la station de correspondance Réaumur-Sébastopol :
tout en haut, un homme dort, dans ses chaussettes
et de l'une d'elle dépasse un pansement, rares sont ceux qui osent se boucher
                                                                                                        le nez.
 
Derrière une fenêtre sans volets, quelqu'un se saoule
Tout seul ; derrière une fenêtre avec des volets je me remaquille,
Je n'aère pas, en silence j'invoque le téléphone
Jusqu'à m'endormir.

traduction de Mária Ferenčuhová

[Línie začali pričasto vybiehať z rámov]

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Línie začali pričasto vybiehať z rámov,
údajne im už doterajšie vymedzenie nestačí. Farby
sa usádzajú na ľubovoľných plochách. Dovolia si zasahovať
do slov. Rámy sa preto sťahujú do nových oblastí.
To jediné, čo si ešte udržiava platnosť, sa vraj nespája
ani  s rečou, ani so zmyslami.

Vektor: nosič: jasný smer. Ťažké vozidlo,
čo sa pokojne zabára do rozbahnenej zeme.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
from: Skryté titulky
Audio production: Ars Poetica

[Les lignes ont commencé à quitter trop souvent leurs cadres]

francoščina

Les lignes ont commencé à quitter trop souvent leurs cadres ;
On dit que le repérage actuel ne leur suffit plus. Les couleurs
précipitent sur n’importe quelle surface. Elles osent intervenir dans
des mots. Les cadres migrent alors vers de nouveaux domaines.
La seule chose qui garde encore sa validité ne relève apparemment
ni du langage, ni du sensoriel.

Vecteurs : support : direction claire. Véhicule lourd
qui s’enfonce calmement dans un terrain vaseux.

traduction de Mária Ferenčuhová

1/ v literárnej čajovni

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

1/ v literárnej čajovni, kde sa tesne nad podlahou
hromadí chlad: ťažoba.
nad pohármi a vedľa bzučivých hlasov gymnaziálnych
pedagógov na dôchodku: nemožnosť pohnúť plecami.
čítam, ako sa patrí: čítam.
už vieš, že vo väčších mestách vniká reč do držania tela
a chtiac-nechtiac implikuje samostatnosť.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
from: Skryté titulky
Audio production: Ars Poetica

1/ dans le salon de thé littéraire

francoščina

1/ dans le salon de thé littéraire,
le froid s’accumule juste au-dessus du sol : la lourdeur.
au-dessus des tasses, à côté des voix de mouches
des enseignants du lycée désormais à la retraite : l’impossibilité
de bouger les épaules.
je lis exactement comme il faut : je lis.
tu as déjà appris que dans les villes plus grandes que moyennes,
le langage entre dans les postures des corps,
impliquant ainsi l’auto-dépendance.

traduction de Mária Ferenčuhová

Tout ce bleu

francoščina | Denise Desautels


Gauches, la main et la marge, toujours étonnamment gauche, l’espoir, parmi les vérités du jour, quand le désir se rapproche de la toile : voir, imaginer, mordre, aimer, mourir. Or, tu les entends qui remuent, ces vérités offertes, désarmées par les effets du désir, vents larges et profonds entre ciel et œil, dans cette chambre sans mur où se croisent de lents visages. Tu les observes comme un avant, comme un après, confondus en une seule mémoire future que tu inventes, qui dépayse et allège toute fin.



   


De temps en temps, la réalité se déplie devant toi, va n’importe où, dans toutes les directions, jusqu’au bout des gris et des rouges appuyés les uns contre les autres, petites nostalgies de la langue, en carrés, en rectangles, qui tournoient, portées par un souffle dont l’ocre, à l’improviste, rapproche la terre et les anges ; dissonante, la réalité, jusqu’à la périphérie de la confidence ou du vide pendant que la nuit monte très haut. Il faudra sans doute que, patiemment, tu continues à regarder «passer le ciel».



  


«On a parfois des images», dis-tu, et on les plante dans un coin du jardin, on rêve d’arbres et d’heures immédiatement accessibles, sans souffrance, imperméables au souvenir, on joue et, c’est la surprise, on les entend qui poussent, nuit après nuit. Frivoles, les arbres et les heures, «quelque temps plus tard», au loin, toujours plus à gauche, mêlés à des récits de voyages où les vocables, dans l’attente d’une joie, s’emportent, récitent autrement colère et consolation, absence et désir, ruse et lumière.



  


Soudain un appel, un sursaut, une réponse, et la transcription de leurs échos multiples fait tache à l’endos des cartes postales. Tu le sais, c’est chaque fois le même stratagème : les cris du monde survolent l’océan avant de t’atteindre, assise ou debout parmi des flots de pigments, tes doigts agrippés à la tasse de café, tes yeux soutenant l’insolence des mots, tes yeux plus avides qu’hier devant cette avalanche de vie. «Moi aussi de loin», t’ai-je répondu, j’essaie de freiner l’accélération du désordre.  



  


Comme toi, je le cherche, ce «bleu rangé quelque part», égaré entre deux ou trois événements d’hier et l’indomptable aujourd’hui, oui, je le cherche dans l’oblique du tableau où, avec le temps, il se sera forcément mêlé aux mille et une inquiétudes en attente au fond de ton œil, en attente dans l’oblique du paysage. De plus en plus indigo, de plus en plus nuit, le bleu, avant qu’il s’ouvre tout grand, et coule au-delà des coins et des bords, bien au-delà des paupières. Comme une mer de novembre.



  


J’écris comme tu dis que tu peins, en répétant, en bafouillant, avec cette main gauche qui s’obstine à raconter des bribes d’histoires venues de loin, de très loin, longtemps clandestines, enfouies sous tant de rumeurs, de renoncements ; avec cette main qui marque et rature toute surface polie ; avec cette main qui vrille la terre, villes et cimetières, jusqu’à ce qu’une hirondelle en jaillisse. Car ce qu’il y a de secret et de mouvant au creux de cette paume gauche s’appelle encore l’espoir.    

© Denise Desautels
Audio production: 2002, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Všetka tá modrá

slovaščina


Ľavá: ruka i hranica obrazu, vždy prekvapivo ľavá, nádej medzi pravdami dňa, keď sa túžba približuje k plátnu: vidieť, predstaviť si, uhryznúť, milovať, umrieť. Lenže počuješ, ako sa ponúknuté pravdy odzbrojené účinkom túžby, hýbu v širokých a hlbokých vetroch medzi nebom a okom, v tejto izbe bez stien, kde sa križujú pomalé tváre. Pozoruješ ich ako to predošlé, ako to nasledujúce, v zmätku jedinej budúcej pamäte, ktorú vytváraš a ktorá vyháňa a odľahčuje všetky konce.


Z času na čas sa pred tebou skutočnosť rozvinie, vyberie sa na cestu všetkými smermi, až na samý okraj sivej a červenej, čo stoja proti sebe, drobné nostalgie jazyka v tvare štvorcov a obdĺžnikov rozvírených dychom, ktorého okrový odtieň k sebe znenazdajky priblíži zem a anjelov; disonantná skutočnosť až po okraj dôvernosti alebo prázdna, kým prudko stúpa noc. Zrejme budeš musieť aj naďalej trpezlivo sledovať, ako „plynie nebo“.


„Niekedy máme obrazy,“ hovoríš, a zasadíme ich do kúta v záhrade, snívame o stromoch a hodinách, ktoré by sme mali hneď na dosah, o hodinách bez trápenia, nepriepustných voči spomienkam, hráme sa a na naše prekvapenie ich noc čo noc počujeme pučať. Malicherné stromy a hodiny sa „o čosi neskôr“, v diaľke, stále čoraz väčšmi vľavo, miešajú so zážitkami z ciest a slová ulietajú v očakávaní radosti, vyjadrujú inak hnev, tíšenie, neprítomnosť, túžbu, lesť a svetlo.


Zrazu volanie, výskok, odpoveď, a prepis ich zmnoženej ozveny poškvrní zadnú stranu pohľadníc. Vieš, vždy je to ten istý hlavolam: krik sveta preletí ponad oceán až k tebe, sediacej alebo stojacej medzi prúdmi farieb, s prstami zakvačenými o šálku s kávou, očami držíš drzosť slov, tými očami, čo nenásytnejšie než včera hľadia na lavínu života. „Aj ja sa z diaľky“, odpovedala som ti, „snažím zabrzdiť ten čoraz rýchlejší neporiadok.“


Rovnako ako ty hľadám tú „kamsi založenú modrú“ stratenú medzi dvoma či troma včerajšími udalosťami a dnes neskrotnú, áno, hľadám ju v úbežníku obrazu, na ktorom sa časom nevyhnutne zmieša s tisíc a jedným nepokojom, kým bude čakať na tvoj pohľad, čakať v ubiehajúcej krajine. Skôr než sa roztvorí celkom dokorán, je modrá čoraz atramentovejšia, čoraz väčšmi nočná a steká z rohov a okrajov, preteká cez viečka. Ako novembrové more.


Píšem ako ty vravíš, že maľuješ: opakujem, kokcem, tvrdohlavá ľavá ruka odmieta vyrozprávať útržky príbehov prichádzajúcich z diaľky, z veľkej diaľky, dlho utajovaných, zahrabaných pod množstvom povier, popieraní; touto rukou, čo popíše a poškrtá každý hladký povrch; touto rukou, čo hnetie a hĺbi zem, mestá a cintoríny, až kým z nich nevytryskne lastovička. Pretože to tajomné a dojemné v tejto ľavej dlani sa ešte stále volá nádej.



Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 9]

francoščina | Patrick Bouvet

en haut
Robert Oppenheimer
après un essai
examine les restes
de la tour de lancement


en bas
Hiroshima
avant et après
le bombardement
1945

à gauche
les adeptes sont invités
à se servir
de l’objet
à leur guise

                   à driote
                   l’explosion est un échec
                   sur le mur
                   une silhouette
                   un corps-Hiroshima

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 9]

slovaščina

hore
Robert Oppenheimer
po pokuse
skúma zvyšky
odpaľovacej veže

dolu
Hirošima
pred bombardovaním
v roku 1945
a po ňom


vľavo
adepti môžu
voľne
narábať
s predmetom

                                   vpravo
                                   výbuch sa nepodaril
                                   postava
                                   na stene
                                   telo-Hirošima

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 8]

francoščina | Patrick Bouvet

ci-dessus
suicide collectif
pour les adeptes de la secte
les bâtiments se sont transformés
en un gigantesque brasier
80 personnes ont péri
dans l’incendie

sur cette photo
les visiteurs sont invités
à se transformer
à se servir
du corps
à leur guise
pour une simulation
de suicide

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 8]

slovaščina

hore
kolektívna samovražda
adeptov sekty
budovy sa premenili
na obrovskú vyhňu
pri požiari
zahynulo 80 osôb

na tejto fotografii
sa návštevníci môžu
premeniť
voľne
narábať
s telom
pri simulácii
samovraždy

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 7]

francoščina | Patrick Bouvet

ci-contre
Marina Abramovic se tient
debout
silencieuse
devant une table
recouverte de 72 objets
les visiteurs sont invités
à se servir
des objets et de son corps
à leur guise

sur cette photo
les visiteurs
devant leur trouble
explosion silencieuse
les visiteurs en transe
se jettent sur le corps-objet

sur cette photo
une silhouette
piégée
tente de se relever
au milieu des visiteurs
simulation de cadavre
sur un corps-performance

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 7]

slovaščina

na predchádzajúcej strane
Marina Abramovic
ticho
stojí
pri stole
na ktorom je 72 predmetov
návštevníci môžu
voľne
narábať s predmetmi
i s jej telom

na tejto fotografii
návštevníci
pri zmysloch, zmätenosť
tichý výbuch
návštevníci v tranze
hádžu sa
na telo-predmet

na tejto fotografii
sa postava
s ukrytou náložou
pokúša vstať
uprostred návštevníkov
simulácia mŕtvoly
na tele-umeleckom výkone

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 6]

francoščina | Patrick Bouvet

à gauche
les seins
avant intervention

                    à droite
                    l'opération est un échec
                    la poitrine est asymétrique

sur quette photo
une silhouette
tente de se relever
quelques secondes après l'opération
la poitrine
piégée
sensation d'explosion
un corps-échec

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 6]

slovaščina

vľavo
prsia
pred zákrokom

                                   vpravo
                                   operácia sa nepodarila
                                   hrudník je asymetrický

na tejto fotografii
sa postava
pokúša vstať
niekoľko sekúnd po operácii
hrudník
s ukrytou náložou
pocit výbuchu
telo, ktoré sa nepodarilo

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 5]

francoščina | Patrick Bouvet

ci-dessus
Nam June Paik manipule
son robot K456
qui entre en collision avec une voiture
the first
21st century
disaster

sur cette photo
un corps
entre en collision avec
the 21st century
un corps
manipulé

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 5]

slovaščina

hore
Nam June Paik manipuluje
svojím robotom K456
ktorý sa práve zráža s automobilom
the first
21st century
disaster

na tejto fotografii
sa telo
práve zráža s
21st century
telo
s ktorým sa manipuluje

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 4]

francoščina | Patrick Bouvet

sur cette photo
simulation
d’un corps
à hautes performances
effets stimulants
un corps qui se jette
contre les murs
un corps-crash

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 4]

slovaščina

na tejto fotografii
simulácia
tela
s vysokým výkonom
povzbudzujúce účinky
telo sa hádže o steny
telo-zrážka

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 3]

francoščina | Patrick Bouvet

à gauche
les participants en transe
se jettent contre les murs
et roulent sur le sol

                   à droite
                   simulation de crash
                   le calcul à hautes performances
                   est devenu indispensable

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 3]

slovaščina

vľavo
účastníci v tranze
sa hádžu o steny
a váľajú sa po zemi

                                   vpravo
                                   simulácia zrážky
                                   vysokovýkonné výpočty
                                   sú už nevyhnutnosť

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 2]

francoščina | Patrick Bouvet

ci-dessous
cette pilule est très recherchée
troubles sensoriels
effets stimulants
sensation
d’irréalité du corps

sur cette photo
le corps
tente de se relever
le corps
piégé
sensation d’irréalité
quelques secondes
après l’explosion

© Éditions de l’Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 2]

slovaščina

dolu
tabletka je veľmi vyhľadávaná
zmyslové poruchy, zmätenosť
povzbudzujúce účinky
pocit
nereálnosti tela

na tejto fotografii
sa telo pokúša vstať
telo
s ukrytou náložou
pocit nereálnosti
niekoľko sekúnd
po výbuchu

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 1]

francoščina | Patrick Bouvet

sur cette photo
prise quelques secondes
après l‘explosion de la voiture
piégée
une silhouette tente de se relever
au milieu des cadavres

sur cette photo
piégée
une silhouette
après l‘explosion
un cadavre
qui tente de se relever

© Éditions de l’Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2879292735
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 1]

slovaščina

na tejto fotografii
zachytenej niekoľko sekúnd
po výbuchu auta
s ukrytou náložou
sa postava pokúša vstať
uprostred mŕtvol

na tejto fotografii
s ukrytou náložou
postava
po výbuchu
mŕtvola
pokúša sa vstať

Preložila Mária Ferenčuhová

shot [part 10]

francoščina | Patrick Bouvet

sur cette photo
les visiteurs sont invités
à examiner
les restes
d’une opération piégée
un calcul à haute explosion

sur cette photo
quelques secondes après
l’explosion
nous sommes invités
à nous servir
des restes
de notre corps
collectif

© Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
from: shot
Paris: Éditions de l'Olivier - Le Seuil, 2000
ISBN: 2-87929-273-5
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

shot [part 10]

slovaščina

na tejto fotografii
návštevníci môžu
skúmať
zvyšky
operácie s ukrytou náložou
vysokovýbušný výpočet

na tejto fotografii
niekoľko sekúnd po
výbuchu
môžeme
narábať
so zvyškami
nášho
kolektívneho tela

Preložila Mária Ferenčuhová

Nehody vnímania času

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Ouverture

Režimy vnímania: medzi kanálmi.
Bezslovné dni, roky, obdobia.
Storočia kreslenia tuhou, pálenou sienou do skaly.
Nepokojné vrypy. Obrysy nešikovných postáv.
Spleť línií (zvierat v pohybe).
Tísícročia slova: ovíjanie slov okolo tela, bičovanie tela,
obrysy nešikovných viet. Priestor za nimi.
Stíšenie... a nápor hlučných obrazov. Rozuzliť. Preklenúť.
Tváriť sa chápavo.

Ruka pre radosť: kresliť.
Ruka.
Ruka: prežiť, zabiť.
Ústa pre hlas (hrať, klamať). Otvárať. Pre druhého.
Rovnaké k rovnakému (Picasso v jaskyni). A mosty!
Pre seba. Pre druhého.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
Audio production: Ars Poetica

Accidents de la perception du temps

francoščina

Ouverture
 
Modes de perception : entre les chaînes.
Des jours sans mots, des années, des époques.
Des siècles entiers à dessiner au graphite, à la terre cuite sur le rocher.
Gravures nerveuses. Silhouettes maladroites des hommes.
Entrelacs de lignes (animaux en mouvement).
Des millénaires du Mot : enlacer les corps avec les mots, foudroyer ces corps,
Silhouettes maladroites des phrases. Espace derrière elles.
Silence... et l'attaque des images bruyantes. Démêler. Enjamber.
Faire semblant de comprendre.
 
La main pour le plaisir : dessiner.
La main.
La main : survivre, tuer.
La bouche pour la voix (jouer, mentir). Ouvrir. Pour l'autre.
Pareil au pareil (Picasso dans la grotte). Et les ponts !
Pour soi. Pour l'autre.

traduction de Mária Ferenčuhová

IV.

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Smer:
     Stopy po zacelených ranách, vôľa k vedomiu.

     Pomaly
     (v prítomnom režime dať tomuto slovu zmysel):

tu kdesi bol chodník, čo viedol pomedzi stromy,
a ľahká detská obuv, sandálky
s koženým remienkom a chrómovanou prackou
doň po daždi vtláčali svoj obrys, prednú časť,
drobnú podkovu;
     pretože celkom malé deti vždy utekajú po špičkách.

     No stromy sa už rozrástli natoľko,
     že nikto neuverí: tadiaľto sa dalo prejsť.

Pozemky s prehnitým, napoly rozloženým plotom,
hranice parcel,
prerušovaná čiara; vodáreň.


Aj farby už celkom vsiakli do zeme,
     štruktúra pôdy, jej chuť, pach, mazľavá hmota
zaschýna na ruke, tvrdne a skôr než popraská,

     pripomenie ti:

     rozbíjanie okien v ešte neomietnutom dome,
     prievan, sneh,
     ale aj bolesť úst roztrhnutých úsmevom.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
Audio production: Ars Poetica

IV.

francoščina

Direction :
Vestiges de blessures cicatrisées, volonté de conscience.
 
Lentement
(par le mode présent donner du sens à ce mot) :
 
Quelque part là, il y avait un sentier menant entre les arbres ;
Après la pluie, de légères chaussures d'enfant,
Des sandalettes aux lanières et aux boucles chromées
Y laissaient des empreintes en forme de petits fers de cheval :
            Parce que de très petits enfants courent toujours sur la pointe des pieds.
 
            Or les branches des arbres sont devenues si robustes entre temps
            Que personne ne croirait qu'il avait été possible de passer par là.
 
Terrains entourés de palissades pourries, à moitié décomposées,
Frontières entre les parcelles,
Lignes intermittentes ; un château d'eau.
 
Les couleurs, elles aussi, ont été quasiment absorbées par la terre,
            La structure du sol, son goût et son odeur, sa matière boueuse
            Sèche, durcit dans la main et avant qu'elle ne se fissure
 
            Elle te fera penser
 
            Aux vitres cassées d'une maison encore sans enduit,
            Au courant d'air, à la neige,
Mais aussi à la douleur de la bouche déchirée par le sourire.

traduction de Mária Ferenčuhová

I.

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Medzi vrstvy, medzi naplavené materiály: prst.
Spomínam.
Pod čierny lem plôch,
za vypuklý okraj vody na pevnom podklade –

        forma, ktorú vtláčam slovám,
        sa vzpiera
        a predsa svoj presah neúnavne vyčerpáva,
        obrusuje stuhnuté, rohovité,
čo prečnieva.

        Anorganická.

        Strach, že ju priložia inam.
        Odtlačia do úzadia.

Zem sa nepodkladá, už leží;
núkam jej formu,
neprieči sa: pohlcuje, vyrovnáva.

        Tvrdohlavá vôľa formovať a neochota nútiť
        si len zdanlivo protirečia:

        Podieľam sa,
        rovnako náhodou –
        ako hmyz darúva svoje telo hline.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
Audio production: Ars Poetica

I.

francoščina

Entre les couches, entre les matériaux alluviaux : un doigt.
Je me rappelle.
Sous les lissières noires des nappes,
Derrière les bords convexes de l'eau à la surface solide –
 
              La forme que j'impose aux mots
              Résiste
              Et pourtant, infatigable, elle épuise son supplément,
              Elle polit le raide, le corné
Qui dépasse.
 
              Inorganique.
            
              Peur qu'on la mette ailleurs.
              Qu'on la pousse en arrière-plan.
            
Le sol ne se donne pas, il gît :
Je lui offre la forme
il ne la refuse pas, mais l'absorbe et l'aligne.
 
              La contradiction entre la volonté obstinée de former et le refus de forcer
              N'est qu'apparente :
 
              Je m'investis
              Aussi aléatoirement
              Que les insectes qui rendent leurs corps à la terre.

traduction de Mária Ferenčuhová

V.

slovaščina | Mária Ridzoňová Ferenčuhová

Napokon teda konkrétne:
už nie iba fisúry,
prielomy alebo nepriehľadné kvádre,
za ktorými tušíš obrysy udalostí
             (vyschnutých, nehybných, uviaznutých na plytčine,
             v piesku, vrytých do skaly, nejasne
             sa črtajúcich na vápencovom podloží:
             možno nakreslených tuhou, a možno len odkrytých
             eróziou).


Zrazu zarastený zráz:
trhanie suchej trávy,
presné, donekonečna opakované gesto,
sklonený chudý chrbát potiahnutý kožou.

Aj náhodný portrét dovolí stotožniť sa,
preklenúť prázdnotu bez pamäte
ilúziou zachyteného trvania.


Hoci vieš:

             – že pohyb, monotónny ako dýchanie,
             a telo, čo ho vytrvalo uskutočňuje,
             sú živé asi tak
             ako obrázky v rozkrútenom praxinoskope;

             – a spojenie vrstiev špirály priľnutím
             je dočasné ako rozochvená membrána
             vytvorená slinou v slučke skrúteného vlasu.

© Mária Ridzoňová Ferenčuhová
Audio production: Ars Poetica

V.

francoščina

Enfin le concret :
Pas seulement des fêlures,
Des ruptures ou des cubes opaques
Derrière lesquels tu devines les contours des événements
(desséchés, immobiles, coincés sur une basse,
dans du sable, gravés dans la pierre, vaguement
transparaissant de la couche sous-jacente de calacite :
peut-être dessinés au graphite, peut-être simplement découverts
par l’érosion).

Soudain une pente embroussaillée :
Cueillette de l’herbe sèche,
Geste précis, répété jusqu’à l’infini,
Maigre dos courbé et couvert de peau.

Même un portrait accidentel
Permet de s’identifier avec le modèle,
Emboîter le vide sans mémoire
Grâce à l’illusion d’une durée capturée.


Quoi que tu saches :

- que ce mouvement, monotone comme la respiration,
et ce corps qui l’effectue avec une telle endurance
ne sont pas plus vivants
que les images dans un praxinoscope en marche ;

- et que l’adhérence d’un ressort comprimé
est aussi temporaire qu’une membrane vibrante
faite de la salive dans la boucle de l’un de tes cheveux.

traduction de Mária Ferenčuhová