Christian Filips 
Translator

on Lyrikline: 33 poems translated

from: французский, литовский, английский, лушай, непальский, голландский, венгерский to: немецкий

Original

Translation

MOMENT D'HUMANITÉ

французский | Souleymane Diamanka

Je ne suis qu'un pauvre artiste au service de la beauté

Marchand de sentiment et de moments d'humanité
Pour les rimes passionnelles que mes vers commettaient

J’ai dû rendre des comptes à ma passion hiver comme été

Et j'ai trouvé ma voix dans cette écriture

Quand j'ai posé sur le papier des sanglots et des cris purs

Je remercie mes muses pour tout ce qu'elles font
Mais pour briller à la surface il faut parfois toucher le fond

Voilà ce que disait le poète malgré lui

Ce piéton insomniaque qui souffrait du mal des nuits

Avoir une passion de nos jours ça évite pas mal d'ennuis

Car l'oisiveté est une graisse dont le mal s'enduit
Je pousse de toutes mes forces les portes de l'émotion

Voyage au fond des âmes où les pensées et les mots sont

Le griot et ses textes c'est l'architecte et ses maçons
Et quand se dressent les murs de l'imagination
Même la misère a ses moissons
Ce morceau c'est juste un moment d'humanité
Je ne suis qu'un pauvre artiste au service de la beauté

Qui attends l'inspiration pour écrire le poème
Qui attends l'inspiration pour que le poème
Soit doux comme les caresses que la peau aime
Il paraît que les paroles s'envolent et que les écrits restent

Moi j'ai mis de la sagesse dans les images

Pour que chacun de mes textes soit presque une fresque

Parfois ça ressemble à une séance d'hypnose
Car l'ambiance se fait dès que ma voix se pose
Une poésie mystérieuse occupe les subconscients

Et c'est l'art venant du sud qu'on sent
J’ai attendu longtemps que le néant s'anime
Que chaque mot trouve sa phrase et que chaque phrase trouve sa rime

Le pays des songes est derrière une grande colline
Pour écrire je me sers de la réalité comme d'un trampoline

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

EIN MENSCHLICHER MOMENT

немецкий

Bin nur ein armer Künstler, im Dienst des Schönen


Ich handle mit Gefühlen und menschlichen Momenten,

von meinen Reimen bezeugt, die leidenschaftlich sind


Sommers wie Winters zolle ich meiner Leidenschaft Tribut


Als ich dies aufschrieb, fand ich meine Stimme


Als ich Seufzer und reine Schreie zu Papier brachte


Ich danke meinen Musen, dass sie sich so bemühen

Wer außen glänzen will, muss auch am Boden knien


Ja, das hat der Dichter gesagt, wider Willen


Dieser schlafloser Spaziergänger, der an der Schlafkrankheit leidet


Aber wer heute eine Leidenschaft hat, dem kann nicht viel passieren


Denn jeder Müßigang fettet bloß das Böse

Drum stoß ich an die Türen mit viel Gefühl und Schwung


Reise zum Grund, zu Seelen, zu Worten und Gedanken


Der Sänger und sein Text sind Architekt und Mauer

Und wenn die Mauern der Fantasie einmal stehen …

Dann kann man sogar in der Misere ernten

Dieses Lied hier ist nichts als ein menschlicher Moment

Ich bin nur ein armer Künstler im Dienst des Schönen


Der auf die Inspiration zu einem Gedicht wartet

Der wartet auf die Inspiration, damit das Gedicht

zu Deiner Haut spricht und Dich weich streichelt.

Die Worte verfliegen, aber das Geschriebene bleibt


Viel Weisheit hab hier ich ins Bild zu setzen versucht


Damit jeder meiner Texte fast einem Fresko gleicht


Manchmal erinnert mich das an eine Hypnose-Sitzung

Denn eine solche Stimmung erzeugt meine Stimme

Eine mysteriöse Poesie besetzt das Unterbewusste


Und dann spürt man endlich diese Kunst aus dem Süden

Ich habe lange gewartet, dass das Nichts sich belebt

Dass jedes Wort seinen Satz findet und jeder Satz

seinen Reim


Das Land der Träume liegt hinter einem großen Hügel

Zum Schreiben nutze ich die Realität und hüpfe auf ihr, wie auf einem Trampolin

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

LITANIES

французский | Christian Prigent

Les voici maintenant au cœur des pléonasmes. Fait chaud. Mènent l'enquête et comptent les encoches en cherchant des crosses :


T'as touché combien ?
T'as tatoué bien des cons ?
T'as tout chié ? t'es bien con !
Combien t'as eu d'orgasmes dans ton chien de vit ?
Combien t'as eu d'orgasmes ?
Combien t'as eu d'orgamses ?
Des orgasmes, combien t'en as eu ?
Combien t'en eus, d'orgasmes ?
Tu t'paies combien de spasmes ?
Combien d'orgasmes à l'heure ?
 I t'faut des cataplasmes ?
t'as eu combien d'orgasmes ?
Ti mets ti d'l'enthousiasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
Tu as bon pied, bon asthme ?
Et tes orgasmes ?
Et tes orgasmes ?
Orgasme or not orgasme ?
Is your game bath orgasme ?
Grosse garce ou p'tit organe, ton orgasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
Tu tiens combien d'orgasmes ?
Tu ors, après l'dorgasme ?
Tu humes, après l'forgasme ?
Tu réorgasmets ça ?
C'était quand, ton dernier orgasme ?
C'était bien, ton dernier orgasme ?
T'as pas oublié ton premier orgasme ?
Last but not least orgasme ?
Ton orgasme moussait well ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
C'était où, ton ultime orgasp ?
C'était doux ?
T'as ton orgasme ad hoc ?
Tu t'es pas fait tintin d'orgasme ?
Avec qui, ton dernier orgasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
On a toujours besoin d'un p'tit orgasme at home !
Hors gasme, pas d'salut !
You must be orgasmic, mec !
Attends pas 76 ans pour avoir ton orgasme !
Gaspille pas ton sac à orgasmes pour du masorgasp !
Orgasmic, faut être, mec !
Compétitorgasmic !
Atomicorgasmic !
Orgasmicmac, mec !
Orgasbig, Ben !
Grosse limace, Max !
Grosse masse, Sam !
On veut notre orgasme !
Une poignée d'orgasmes de plus !
Donnez-nous notre daily orgasme !
Un orgasme ! un orgasme !
On veut d'l'orgasme !
D'l'orgasme en barres, en lingots, en liquide !
D'l'orgasme étalon !
D'l'orgueillorgasme !
Orgasme ! orgasme ! orgasme !
Orgasme commun, aux coulures de la fente !
Libérâle orgasme !
Engraissez vos orgasmes !
Orgasmichissez-vous !
Orgasmes ogres ! gros orgasmes !
Pèse combien, ton orgasme ?
Tour d'orgasmes, combien ?
Couleur de ton orgasme ?
Signes particuliers d'ton orgasme ?
Profession d'ton orgasme ?
Matrimonialorgasme ?
Veuforgasme ?
Réponds, orgasme !
Orgasmes en scope, en colorgasme !
Faudrait orgasmer plus !
Dites 33 : orgasmez !
Ouvrez la bouche, qu'on voie votre orgasme !
22, vlà les orgasmes !
Cinémargosme !
Mécanicorgasme !
T'as ton vibrorgasme ?
Ton orgasmichet ?
Ton polytic orgasme ?
Ton thétic orgasme ?
Ton théorixe orgasme ?
Ton poétrique orgasme ?
Ton hygiénic orgasme ?
Ton médical orgasme ?
Ton famous orgasmous ?
Ton révolutionnorgasme ?
Ton orgonicorgasme ?
Do you orgasme yourself ?
T'as lu ton cathéchorgasme ?
T'as été à l'orgasmesse ?
T'as eu ton orgasme ?
T'as mis ton ketch orgasme ?
T'as monté ton kit orgasme ?
T'as ton slip spécial orgasme ?
T'as ton précis d'orgasme ?
T'as révisé tes exos d'orgasme ?
T'as fait ton shadow-orgasming ?
T'as bossé les postures d'orgasme ?
T'as bu ton pousse-orgasme ?
Ton apérorgasme .
Ton tonicorgasme ?
Ton bitterlemonorgasme ?
Ton orgasme on the rocks ?
Ton orgasme-plus ?
Ton superorgasme ?
Ton maxi-orgasme ?
Ton orgasmammouth ?
Ton orgasmunic ?
Ton monorgasme ?
T'as ton orgasmomètre ?
Ton magnétorgasme ?
Ton orgasmogène ?
Ton générorgasme ?
Combien t'en as eu ?
T'en as combien par an ?
Combien au mois ?
Combien à l'week ?
Combien par jour ?
Combien à l'heure ?
Combien à la minute ?
Combien à la seconde ?
T'en as déjà eu ?
Oui ?
How manie ?
Magne-toi l'orgasme, eh !
Manie-toi l'orgasme !
Orgasme à fond d'cale, camarade : le vieil immonde colle à ton cul !



NOTICE :
Ce texte prend acte du caractère obsessionnel et impératif de l'exigence de la jouissance dans le discours de la libération sexuelle (exigence à mon avis tout aussi normative et totalitaire que l'exigence inverse - celle de la censure puritaine), et de déborder cette injonction («jouissez!») en ramenant tout, comiquement, à l'unique terme d'orgasme.
J'ai donc dressé une sorte de catalogue des idiolectes les plus courants, en les transformant pour les ramener tous au surgissement de l'exigence orgastique et en les lançant dans une sorte de litanie obsessionnelle et catastrophique.

© Christian Prigent
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

LITANEIEN

немецкий

Tata, da wären sie angelangt, im Herzen des Pleonasmus. Ganz heißes Ding. Untersuche und zähle die Kerben, während du nach Stöcken suchst:




Wie viele hast Du eingesackt?

Wie viele Tattoos hast Du am Sack?

Wieder alles verkackt? Du Versager!

Wie viele Orgasmen hast Du mit einem Hund gehabt?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Orgasmen, sag, wie viele?

Wie viele, sag, Orgasmen?

Und sag, wie viele Spasmen?

Wie viele Orgasmen pro Stunde?

Brauchst Du paar Kataplasmen?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Gehörst Du zu den Enthusiasten?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Bist Du gut zu Fuß, hast Du Asthma?

Und Deine Orgasmen?

Und Deine Orgasmen?

Orgasm or not Orgasm?

Is your game bath orgasm?

Orgasmus: Schlampe oder kleines Organ?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Du hast wie viele Orgasmen?

Schlappst Du ab nach Dorgasmus?

Hauchst Du nach Orgasmus ins Rohr?

Oder orgasmierst Du immer noch?

Wann war Dein letzter Orgasmus?

Wie war Dein letzter Orgasmus?

Wie war Dein erster Orgasmus?

Last but not least Orgasmus?

Schäumst Du dabei well wie Apfelmus?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Orgasmus: wann war Dein letzter?

Orgasmus: wann war er gepresster?

Kommt Dein Orgasmus ad hoc?

Dein Tintin-Orgasmüschen bockt?

Mit wem war Dein letzter Orgasmus?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Jedem nen Orgasmus für zwischendurch!

Stündlichen Gasmus: Da Musst-Du-Durch!

You must be orgasmic, Mann!

Besorgs Dir heute, nicht erst mit 76!

Orgasmiere Deinen Sack mit Gas im Tutti!

Orgasmiere immer, auch mit Mutti!

Orgasmiere auch in Konkurrenz!

Atomicorgasmisc!

Orgasmischmasch, Mann!

Orgabig, Ben!

Schneckensamen, Max!

Samenschleuder, Sam!

Wir wollen Orgasmus unser!

Wir wollen Orgasmus total!

Täglichen Orgasmus gib uns heute!

Einen Orgasmus! Einen Orgasmus!

Wir sind völlig gaga von Asmus!

Orgasmen in Barren, in Bars und in Bar!

Ein Hengstorgasmus!

Ein stolzErrorgasmus!

Orgasmus! Orgasmus! Orgasmus!

Gemeiner Orgasmus, der tropft aus dem Schlitz!

Freier Orgasmus! Alles macht mit!

Los, macht Euren Orgasmus fett!

Orgasmüsiert Euch, Leute!

Das Orgasmusmonster kommt!

Wie viel wiegt Dein Orgasmus?

Orgasmus-Tour, für wie viel?

Orgasmus gerne koloriert?

Besondere Kennzeichen Deines?

Was ist Deine Orgasmusprofession?

Orgasmus-Matrimonial-Obsession?

Bist Du Orgasmophil?

Antworte, Orgasmus!

Orgasmus im Umfang, in Farbe!

Mehr orgasmieren bitte!

110: Orgasmus-Polizei!

Mund auf! Orgasmus raus!

22, da sind die Orgasmen!

Cinema-Orgasmen!

Robotorgasmen!

Hast Du Vibratorgasmus?

Hast Du Dildorgasmen?

Orgasmen polytisch?

Orgasmen thetisch?

Orgasmen theoretisch?

Orgasmen bei Pastior?

Hygiene-Orgasmen?

Orgasmen auf Rezept?

Famourgasmus?

Revoluzzorgasmus?

Orgonicorgasmus?

Do you orgasm yourself?

Katechismorgasmus gelesen?

Schon bei der Orgasmesse gewesen?

Orgasmus? Hattest Du den schon?

Hast Du die Orgasmus-Quittung?

Hast Du Dein Orgasmus-Kit?

Hast Du Deinen Orgasmus-Slip mit?

Hast Du Deine Orgasmus-Anleitung?

Hast Du Deine Orgasmen studiert?

Hast Du gut auf Orgasmen pariert?

Hast Du alle Stellungen probiert?

Hast Du den Orgasmus-Pusher intus?

Deinen Apero-Orgasmus?

Deinen Tonic-Orgasmus?

Deinen Bitter-Lemon-Orgasmus?

Deinen Orgasmus on the rocks?

Deinen Orgasmus plus?

Deinen Superorgasmus?

Deinen Maxiorgasmus?

Deinen Mammutorgasmus?

Deinen Orgasmus solo?

Deinen Monorgasmus?

Dein Orgasmometer?

Dein Magnetorgasmometer?

Dein Orgasmogen?

Dein Generatorgasmo?

Wie viele hast Du? Wie oft?

Wie oft hast Du pro Jahr?

Pro Monat?

Pro Woche?

Pro Tag?

Pro Stunde?

Pro Minute?

Pro Sekunde?

Huch! Schon gekommen?

Ja?

How many?

Komm mal endlich zum Orgasmus, he!

Mach mal Deinen Orgasmus jetzt!

Noch einen vollen Orgasmus, Kamerad: der dreckige Alte klebt Dir noch am Arsch!

Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

REPONDS-LUI AVEC DE L’EAU

французский | Souleymane Diamanka

Si quelqu’un te parle avec des flammes

Répond-lui avec de l’eau

Sache que le seul combat qui se gagne

C’est le duel qui devient duo

Je sais que les braves savent se battre
Et lutter pour leurs droits jusqu’à l’aube
Mais dis-leur que la paix guérit et la guerre périt
Quand la plus belle âme des deux ennemis pardonnent à l’autre
Si quelqu’un te parle avec des flammes
Répond-lui avec de l’eau demain il sera des nôtres
Dehors ce qui se nourrissent de l’éclat de l’or
Essaient de faire peur aux pauvres
Il fait sombre dans les songes que l’orateur peul colore
Mais il paraît que l’heure la plus noire de la nuit précède de peu l’aurore

Les soleils nomades de l’espoir réapparaissent alors
Dans les cieux comme des fresques immenses
Si quelqu’un te blesse avec les phrases qu’il lance
Panse la plaie en la plongeant dans un de tes vrais silences
C’est ta noblesse d’âme qui t’honore
Ensuite reprend la parole
Comme une torche qui se rallume au cœur de l’obscurité sonore
Et dis lui je te demande pardon
Parlons et repartons
D’après les anciens quand le chemin n’existe pas
C’est en marchand qu’on crée le chemin
Et quand le schéma émotionnel est juste
Pour le poète c’est l’alchimie
Dis lui que la vie est une histoire
À la fois étrange et charmante
Chaque jour ce sont des charbons ardents que j’arpente
Dans les jardins du chagrin de chacun
Avec ses maisons sans mur et sans charpente
Dis-lui que des gens dorment dehors à la laide étoile
Jeunes et vieux en danger
Les yeux rouges et les dents jaunes
Certains ont les jambes mauves
La peau froissée par le froid des gens pauvres
Des sosies sociaux des genres d’ombres
Perdues dans des légendes mortes
Tandis que la nuit traduit la misère moderne et son jargon
Je te demande pardon
Mais ce droit chemin là n’est peut-être pas le bon
Il y a trop de cordes qui pendent aux balcons

Trop de colères qui courent les rues
Avec des pleines lunes dans le dos
Par pitié si quelqu’un te parle avec des flammes Répond-lui avec de l’eau

Et regarde bien, regarde bien
Les âmes errantes n’ont pas semé leurs anges gardiens
L’espoir et la lutte sont des fleurs du destin
Qui peuvent perdre leurs pétales fins mais pas leur parfum
Et si toi aussi c’est à la planète terre que t’appartiens
Je te demande pardon
Parlons et repartons
Personne n’est là par hasard
À seize ans je me suis jeter dans le vide un micro à la main
Et j’ai atterri sur scène devant vous
Quelques milliers de lendemain plus loin
La voix pleine de sourires et pleines de larmes
Sincère comme ce père noir qui repart en pleurs d’un parloir
J’ai eu la chance quelque part d’avoir été sauvé par l’art oratoire
Les douleurs perdent de leur lourdeur lorsqu’on les partage
Même si la plupart d’entre elles ne partent pas c’est pas grave
Quand on s’écoute on s’entraide
Les soirées poésie c’est regarder des êtres humains qui essaient de battre des ailes

Dès le départ l’auditoire prépare nos victoires
Prendre le temps d’écrire pour le meilleur et pour le dire
Par les temps qui courent c’est prendre part à notre histoire
Eyo Wandiya Koyo
Si quelqu’un te parle avec des flammes
Réponds-lui avec de l’eau.

Et s’il te demande qui je suis

Réponds-leur que tu ne sais pas

Mais s’ils insistent dis-leur que je suis Souleymane Diamanka

Dit Duajaabi Jeneba

Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi

Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen

Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Lengel Nyaama

Etc... Etc... Etc... Etc...

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

ANTWORTE IHM MIT WASSER!

немецкий

Und redet er mit Flammen auf dich ein


antworte ihm mit Wasser


Du musst wissen, echte Krieger machen


ein Duo aus jedem Duell


Ich weiß, die tapfren Kämpfer müssen streiten

für ihre Rechte bis zum frühen Morgen

Aber der Frieden heilt, der Krieg wird gehen,

wenn schöne feindliche Seelen einander vergeben

Und redet man mit Flammen auf dich ein

antworte mit Wasser, vielleicht sind sie morgen

auf unsrer Seite, die, die sich vom Goldglanz ernähren,

die, die den Armen Angst machen wollen

Düster färbt der Priester vom Stamm Peul ihre Träume.

Doch die schwärzeste Stunde der Nacht kommt kurz vor der Aurora.


Da sind sie wieder, nomadische Sonnen der Hoffnung,

am Himmel, wie auf einem riesigen Fresko.

Wenn einer mit lancierten Sätzen dich verletzt,

versorge deine Wunden mit einer wahren Stille.

Dich ehrt die Noblesse deiner Seele.

Dann aber ergreife wieder das Wort

wie eine Fackel, die ins Herz der lärmenden Finsternis brennt,

und sag ihm: Ich bitte dich um Verzeihung,

reden wir, reden wir weiter,

wie es die Alten taten. Wo kein Weg ist,

muss man ihn erfinden im Gehen,

und wenn die Chemie der Emotionen stimmt,

dann ist das für den Dichter wie Alchemie.

Sag ihnen, das Leben sei eine Geschichte,

charmant und zugleich fremd,

jeder Tag glüht vor Erwartung wie Kohlen,

in den Gärten des Leids, die jeder kennt,

in den Häusern ohne Mauern und Bohlen.

Sag ihnen, draußen schlafen Menschen unter unfreiem Himmel,

Junge und Alte, alle in Gefahr,

mit roten Augen, mit gelben Zähnen,

manche haben lila angeschwollene Beine,

bei anderen Armen ist die Haut vor Kälte faltig,

zivile Doppelgänger sind sie, wie Schatten,

verloren in toten Legenden,

während die Nacht die moderne Misere in ihren Jargon übersetzt.

Ich bitte um Verzeihung,

aber der gerade Weg ist vielleicht nicht der richtige.

Zu viele Stricke hängen an den Balkonen


Zu viel Wut geht nachts auf die Straße.

In ihren Rücken scheint der volle Mond.

Ich bitte dich, wenn einer Flammen spricht, antworte Wasser


Und schau hin, schau ganz genau hin

Noch haben die irrenden Seelen Schutzengel

die Hoffnung und der Kampf sind Schicksals-Blumen

die vorzeitig vielleicht ihre Blätter verlieren, doch nie ihren Duft

Auch ihnen gehört diese Erde, die hier erscheinen

Ich bitte um Verzeihung

Aber lass uns reden, weiter reden

Keiner ist ganz zufällig hier

Mit 16 Jahren warf ich mich ins Leere, ein Mikro in der Hand

Und siehe da, hier bin ich gelandet,

auf einer Bühne, vor Euch, tausend Tage später,

Die Stimme voller Lachen und Weinen

Ehrlich wie ein schwarzer Vater, der nach dem Gefängnis-Besuch weint

Ich hatte Glück, mich hat die Kunst der Rede gerettet,

im Reden miteinander verliert der Schmerz seine Schwere,

Egal, ob die andern ihn teile oder nicht.

Wer zuhört, der hilft bereits,

An Abenden, an denen man einander Gedichte vorliest, schlagen menschliche Wesen mit ihren Flügeln


Das Publikum hat deinen Sieg von Anfang an geplant

Nimm dir die Zeit zum Schreiben, auf Gedeih und Verderb

Das heißt in diesen Zeiten: Du wirst zum Teil der Geschichte

Eyo Wandiya Koyo

Ja, und wenn man Flammen zu dir spricht,

dann antworte mit Wasser.


Und wenn er dich fragt, wer ich bin,

dann sage, dass du es nicht weißt.


Aber wenn er auf einer Antwort besteht, dann sag ich bin Souleymane Diamanka


Aka Dua Jaabi Jeneba


Sohn der Boubacar Diamanka aka Kanta Lombi


Enkel von Maakaly Diamanka aka Mamadou Tenen


Urenkel von Demba Diamanka aka Lengel Nyaama


Etc...Etc...Etc...Etc...

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

Berniukai žaidžia karą

литовский | Aivaras Veiknys

Atvažiavo vandentiekio remontuoti,
atvilko įvairiausios technikos,
kelias dienas nesiliovė –
išrausė tranšėją per visą kiemą,
didžiausi kalnai abipus.

Dabar tai jokių sušiktų šautuvėlių,
jokių griūk negyvas,
dabar tai jau – iš tikrųjų:

tupim skirtingose fronto pusėse –
žemių pilnom kišenėm,
molio pilnom širdim –
svaidom grumstus ir akmenis, svaidom
grumstus ir akmenis.

Sutemus –
jau visiškai sutemus –
išlenda motina pro virtuvės langą –
dairos girta, nemato,
pradeda žviegti kaip kiaulė:

– Suuukos, namooooo, pasakiau!!!

Bet kur tau namai, jei fronte pats įkarštis –
švilpia grumstai ir akmenys, švilpia
grumstai ir akmenys,
žiežirbos pilasi iš ausų.

Galiausiai
liekam tik brolis ir aš:
guzas mano kaktoj,
ašara jo akyje,
juodas virtuvės langas
moja užuolaidom pasitikdamas.

O vidury nakties –
vidury giliausios nakties –
motina, staigiai pašokusi, mūsų tipena
žiūrėti: gulim tokie vienodi,
tokie vienodi vienodi,
kad vos beatskirsi, kuris labiau nebegyvas.

© Aivaras Veiknys
Audio production: Haus für Poesie, 2017

Jungs spielen Krieg

немецкий

Sie kamen, das Wasserrohr neu zu montieren,

Sie karrten dazu viel Gerätschaft an

und hörten tagelang nicht damit auf –

dann gruben sie quer durch den Hof einen Graben

zu beiden Seiten Haufen, aufgehäuft.


Jetzt ist Schluß mit diesem scheiß Plastegewehr,

Schluß mit diesem Schießmichtot,

jetzt wird endlich – wirklich ernst gemacht:


zwei kauern auf je einer Seite der Front –

die Taschen voller Erde,

die Herzen voller Lehm –

wir schmeißen mit Klumpen und Steinen, mit Steinen

und Klumpen beschmeißen wir uns.


Wenns dunkelt –

fast schon zappenduster ist –

tritt die Mutter ans Fenster der Küche –

hält Ausschau, völlig hacke, keiner da,

und quiekt wie eine abgestochne Sau:


- Hundsfötter, ab nach Hauuuuuse, aber dalli!!!


Wer denkt an Zuhause, wenns brennt an der Front?

Da sausen die Klumpen und Steine, die Steine

und Klumpen, sie sausen,

und Funken sprühn uns aus den Ohren.


Am Ende

bleiben nur übrig mein Bruder und ich:

ich mit verbeulter Stirn

er mit verheulten Augen,

schwarz winkt das Küchenfenster

uns heim, mit seinen Gardinen.


Und mitten in der Nacht –

in tiefster Mitternacht –

die Mutter, plötzlich wach, trippelt und

schaut nach: wie wir da liegen, einander

so gleich und gleich, dass man kaum unterscheiden kann,

wer von uns beiden ist der wirklich tote Mann.

Übertragung ins Deutsche von Christian Filips, entstanden im Rahmen des Versschmuggel litauisch-deutsch (2016)

LE VOEU EXAUCE DE DIENEBA

французский | Souleymane Diamanka

À la femme peule enceinte qui portait de sales habits

Et qui a mis au monde un être au péril de sa vie
La sage femme africaine au doux visage a dit

C’est un garçon

Il y avait peut de chance pour qu’il voit le jour
Mais ton vœu s’est exaucé
Il s’appellera Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba
La sage femme africaine au doux visage a dit
L’enfant que tu as mis au monde cette nuit
Prendra la parole au nom du peuple qui danse
La cérémonie du "Guerewol" entre deux saisons des pluies Et comme dans nos humbles légendes

Les animaux les anges et les gens se retourneront vers lui

Ma mère m’a appelé Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba
Avant de m’appeler Souleymane

Depuis quand elle me rappelle que mon prénom

À lui seul est un talisman son visage s’illumine

Avec cette douce larme éternelle
Sous l’œil maternel

Qui fait que chacun de ses sourires est une étoile
Quand je suis aller à Kandio son village natal au Sénégal

Je suis aller voir ce vieil homme qui me ressemble
Et qui travaille le torse nu comme une âme
Et la brise a retenu son souffle
Quand je lui ai dit min wiire Dua Jaabi Jeneba
Jeneba Jiba woni Neene am
Kagn’ jangini kam needi Kagn’ jangini kam end’am
En rêve j’ai appris à chevaucher le vent
Tout devient possible je suis le fils d’une femme
Qui ne pouvait plus avoir d’enfant
Et quand j’écoute mon âme
C’est le chant des gitans du Sahel que j’entends
Je m’appelle Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba

© Souleymane Diamanka

DIENEBAS WUNSCH WURDE WAHR

немецкий

An eine Schwangere in Lumpen aus dem Stamm der Peul


Und wäre fast gestorben, als sie ihr Kind austrug.

Die afrikanische Amme mit dem zarten Gesicht rief


Es ist ein Junge!


Es war so unwahrscheinlich, dass er zur Welt kam.

Aber dein Wunsch wurde wahr

Und du wirst ihn nennen: Dua Jaabi...

Dua Jaabi Jeneba.... Dienebas Wunsch wurde wahr

Die afrikanische Amme mit dem zarten Gesicht rief:

Das Kind, das du in dieser Nacht zur Welt gebracht hast,

wird das Wort ergreifen im Namen der Tanzenden,

die zwischen zwei Regenzeiten den Guerewol zelebrieren.

Und folgt man unseren bescheidenen Legenden,


so werden Tiere, Engel und Menschen sich ihm zuwenden


Mutter, du hast mich Dua Jaabi genannt …

Dua Jaabi Jeneba … Dienebas Wunsch wurde wahr,

bevor man mich Souleymane nannte


Seit wann erinnere ich mich an meinen Vornamen


Er allein ist schon ein Talisman, sein Antlitz ist erleuchtet.


Mit dieser dieser süßen, ewigen Träne

unter dem Auge der Mutter.


Jedes Lächeln, das sie lächelt, wird ein Stern im All.

Als ich nach Kandio ging, dem Dorf seiner Geburt im Senegal,


suchte ich den alten Mann auf, der mir ähnelt,

er arbeitete mit nacktem Oberkörper, wie eine Seele,

und der Wind hielt seinen Atem an,

als ich ihm zurief: ai dit min wiire Dua Jaabi Jeneba

Jeneba Jiba woni Neene am

Kagn’ jangini kam needi Kagn’ jangini kam end’am


Im Traum hab ich gelernt, auf jedem Wind zu reiten.

Alles ist möglich, denn ich bin der Sohn einer Frau,

die wusste, dass sie keine Kinder kriegen kann.

Und wenn ich meiner Seele zuhöre,

dann höre ich den Gesang der Gitans von Sahel:

Je m’appelle Dua Jaabi …

Dua Jaabi Jeneba … Dienebas Wunsch wurde wahr

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

Kito gyvenimo

литовский | Aivaras Veiknys

Ilgų distancijų mokykloj nemėgau labiausiai –
šaudavau staigiai į priekį, lėkdavau, kiek kojos
neša, po rato imdavau dusti,

nervingai dairytis per petį, žiūrėti –
kiek atitrūkau, ar niekas manęs neatsiveja; būti
pirmam man reiškė viską visiems įrodyti.

Bet sykį, būdamas dešimtoj ar vienuoliktoj,
kritau kaip negyvas į drėgną stadiono žolę ir išgulėjau,
kol aplenkė mane visi, netgi mergaitės.

Paskui atsirado mergaitė, kuriai
nereikėjo nieko įrodinėti –
gulėjome dviese toje žolėje,
ir tiek – –

– – tos mergaitės teliko – – dabar,
kai ilgos visos distancijos,

bandau jas žodžiais įveikti, nes viskas,
kas man nutiko, seniausiai pavirto žodžiais, žodžiai
privalo išeit iš manęs –

dabar man reikia žodžių kitų –

kad vėl gyventi pradėčiau–
dabar man reikia
kito gyvenimo.

© Aivaras Veiknys
Audio production: Haus für Poesie, 2017

Ein anderes Leben

немецкий

Nichts war mir in der Schule so verhasst wie der Langstreckenlauf –

Ich schoss plötzlich vor, an die Spitze, so weit meine Beine

mich trugen, meistens schon nach Runde eins außer Puste,


stets ein kurzer Schulterblick zurück, hab ich mich weit genug

abgesetzt, ist mir wer auf den Fersen; als Erster ins Ziel

einlaufen war für mich der ultimative Beweis.


Doch in der zehnten, elften Klasse geschahs, dass

ich mich fallen ließ, hinsank, wie tot, ins feuchte Stadiongras,

und blieb so liegen, bis alle vorbei waren, selbst die Mädchen.


Später dann hat ein Mädchen sich zu mir gelegt,

der ich gar nichts zu beweisen brauchte:

wir lagen beide nur so da

im Gras, und weiter nichts – –


– – nichts als das Mädchen – – aber jetzt,

da alle Strecken mir sehr lang geworden sind,


versuche ich sie bloß mit Worten einzuholen, denn alles,

was mir entgegenkommt, hat sich verwandelt längst, in Worte, in Worte,

die mir entlaufen müssen –


Ab heute brauche ich die Wörter anders –


damit ich wieder leben kann –

doch dazu brauch ich jetzt

ein anderes Leben.

Übertragung ins Deutsche von Christian Filips entstanden im Rahmen des Versschmuggel litauisch-deutsch (2016)

Cracks

английский | Dawngi Chawngth

A little life
 Springs from
A crack on the wall
Unbidden
Unnoticed
Ever growing
Lost from watchful eyes
Of predators
And masterful owners
Of the mighty wall
Little sapling
Draw life's blessings
From Mother Nature
And blossom forth
Into a mighty tree
But...
Let not thy growth
Destroy the wall
On which you grow
And mind you, Masters
Mind cracks on walls
Mend cracks on walls
Lest they foster
Plants and saplings
Unnoticed
By your watchful eyes
For Mother Nature
Watches over
This little plant here
Ever becoming stronger
Day by day

© Dawngi Chawngthu
Audio production: Goethe Institut, 2016

Risse

немецкий

Ein winziges Leben

Entspringt

Dem Riss einer Mauer

Ungefragt

Unbemerkt

Beständig wachsend

Entzogen den wachsamen Augen

Von Feinden

Und Gebietern

Der mächtigen Mauer


Kleiner Sprößling

Ziehe dein Lebensheil

Aus Mutter Natur

Und gedeihe

Werde ein mächtiger Baum

Jedoch …

Achte, dass nicht dein Wachsen

Die Mauer zerstört

Auf der du wächst

Und wohlgemerkt, ihr Herren,

Bemerkt die Mauerrisse

Bessert die Mauerrisse aus

Auf dass sie nicht

Pflanzen und Sprösslinge hegen


Unbemerkt

Von euren wachsamen Augen

Denn Mutter Natur

Wacht schon über

Dieses Pflänzlein hier

Das stärker wird

Mit jedem Tag


Übersetzung: Judith Zander


Risse


Ein kleines Leben

Springt heraus

Aus einem Mauer-Riss

Unmerklich

Ungebeten

Beständig wuchernd

Den lauernden Augen

Der Räuber entgangen

Den gebieterischen Eignern

Dieser mächtigen Mauer


Kleiner Sprössling,

Zieh den Lebens-Segen

Aus Deiner Mutter Natur

Blüh fort und wachse auf

Zu einem gewaltigen Baum

Jedoch ...

Lass nicht Dein Blühn

Die Mauer sprengen

Aus der Du selber wächst

Hört her, Ihr Meister!

Achtet auf die Mauer-Risse

Trachtet, die Risse zu kitten

Sonst spenden sie neuen

Sprösslingen Leben

Unmerklich

Unter Deinen lauernden Augen

Denn Mutter Natur

Wacht über dieses

Kleine Pflänzchen hier

Das stärker wird und stärker

Tag für Tag


Übersetzung: Christian Filips

Ins Deutsche übertragen von Christian Filips und von Judith ZanderPoets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

Vannei ZO Lanu

лушай | Dawngi Chawngth

Mami, ti suh
​​Mami, ha suh
​​A mawi lo
​​Mami, melh suh
​​Mami, sawi suh
​​A tha lo
​​I ti leh ta maw ...

​​A dik alawm
​​Zilh zel rawh
​​Zilh hauhna duhawm an ni e ...
​​Hmangaihna aw ka
​​Tunge mamawh lo leh
​​Thatpui lo awm ngai
​​Fel sa renga piang tu kan awm si lo

​​Kan zilh cham chi e
​​Mami hi
​​Inchhungah leh
​​khawtlangah nen
​​Radio-ah te
​​T.V-ah pawh
​​Weekly-ah lam in

​​Hmeichhe tha leh fel awm dan
​​​- inchei dan mawi
​​​- mi biangbiak dan
​​​- rawngbawl tui dan
​​​- inchhung enkawl dan
​​​- fa te enkawl dan leh
​​​- mo fel nih dan tur lam in

​​Zo lanu
​​I vannei e
​​Heng zilhna zawngte hian
​​Rah tha an la nei mawlh ang
​​Nge ni an nei der tawh le ?
​​I pasal tur an vang ti in
​​Khawtlang kan buai ta e law ...

​​Hawh u khai
​​Mami pasal tur
​​Mama hi
​​Thlahthlam tawh lawng
​​Kei zawng ka lainat e ...
​​I’m nobody’s child ang zia zang in
​​Zilhtu reng a nei ve lo

​​Fel hian luat a nei mawlh lo
​​Awm dan mawi te
​​I hrilh ve ang
​​Fa tha nih dan leh
​​Nupui fanau enkawl dan te pawh
​​In leh lo din a
​​Chhungkaw kaihhruai dan thlengin mawle

​​A mamawh hlei hlei Mama hian
​​Eng vang nge i ti a maw ...
​​Hnam humhimtu a ni miau
​​A kokiah hnam future a in nghat e
​​Lanu hian amah chauhin
​​Hnam a chawimawiin
​​A mualpho zo lo

​​Nakin
​​Hnam khaipa tur
​​Mama hi
​​I tuai hriam ang khai
​​Tunah hian
​​A that loh chuan
​​Zoram tan hmabak a thim

© Dawngi Chawngthu
Audio production: Goethe Institut, 2016

Lucky Zo Lanu

немецкий

Kleine, lass das

Lass das Kleidchen, Kleine

Das trägt man nicht

Kleine, lass das Starren

Lass das Plappern, Kleine

Das macht man nicht

Und noch einmal von vorn ...


Na gut

Dann gib ihr weiter Rat

Ein jeder braucht ja guten Rat...

Brauch einen lieben guten Rat

Wer bräuchte denn keinen

Wer könnte nicht daraus lernen

Keiner kommt ohne Fehler zur Welt


Wir baden sie im guten Rat

Unsere Kleine aus Mizo

Bei uns daheim

In unserer Gesellschaft

Im Radio

Im Fernsehen

Selbst in der Wochenschau


Wie hat die Kleine sich zu betragen

- was soll sie tragen

- was soll sie sagen

- was soll sie kochen

- wie soll sie haushalten

- wie soll sie die Kinder erziehen

- und bitte sei ein Vorbild, Schwiegertochter!


Zo Lanu

Kleine, Du hast Glück

Aller Rat, der Dir zuteil wird

Trägt sehr bald schon gute Frucht

Oder sind die Früchte gar schon reif?

Man hört sagen, es sei sehr schwer,

Für Dich den rechten Bräutigam zu finden ...


Vergessen wir nicht

Unsere kleine Zo Lanu

Braucht einen idealen Mann.

Missachte länger nicht den Bräutigam

Ich leide sehr mit ihm mit,

Er ist like a nobody’s child

Ohne eine gute Seele, die ihn päppelt.


Güte hat, sagen sie, keine Grenzen

Auch er braucht seinen Rat

Gebt ihm ein paar weise Worte weiter

Wie man ein vorbildlicher Sohn

Ein guter Vater, guter Ehemann wird

Wie man sein Haus am Besten bestellt

Und seine Familie gut unterhält.


Viel Rat von Mama braucht der Mann,

Wieso, fragst Du, warum ...

Er ist der Hüter seines Stamms!

Die Zukunft ruht auf seinen Schultern

Unsere kleine Zo Lanu

Kann ja nicht allein, aus eigner Kraft

Schande oder Ruhm über uns bringen


Bald schon

Soll er uns Fackel sein

Der gute Mizo-Mann

Kommt, lasst uns ihn entflammen.

Voran - und jetzt kein Halten!

Wenn wir noch lange warten,

verlischt das Licht in Zoram bald.

Ins Deutsche übertragen von Christian FilipsPoets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

एकाकार

непальский | Sudha M Rai


हिजोआज
लेखी सिद्धाएपछि
मलाई
हर कविताले
प्राण माग्छ,
जीवन माग्छ,
प्रेम माग्छ,
खुशी माग्छ अनि
मृत्यु माग्छ।
यसरी, रित्तिएर
खालीपनमा

© Sudha M Rai
Audio production: Goethe Institut, 2016

Eins=Sein / Verbunden

немецкий

In letzter Zeit

streckt sich

nach dem Schreiben

ein jedes Gedicht wie

wild nach mir

Will Atem

Lieben Leben Will

Seligkeit und Tod.

Derart ins Nichts

gestellt, in Leere

finde ich mich, Dir nah


Übersetzung: Christian Filips


Verbunden


Nunmehr

Hört nach dem Schreiben

Kein Gedicht auf

Atem

Leben

Liebe

Glück und

Tod

Zu wollen


Solcherart

In die Leere versetzt

Finde ich mich dennoch

In deiner Nähe


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

The Mask

английский | Dawngi Chawngth

Your voice
Coming over the telephone
Across measureless miles
Still remains a mystery
As always

I am
Once more at a loss
Searching for, maybe, a hint of tenderness
Into polite enquiries
Of how things are with me

I try
To decipher
Hidden meanings
Into words you speak
So effortlessly - hats off to you

I fail
Miserably...
None the wiser
As to how things are
With you and me

© Dawngi Chawngthu
Audio production: Goethe Institut, 2016

Die Maske

немецкий

Deine Stimme

Die übers Telefon kommt

Über maßlose Meilen hinweg

Bleibt dennoch ein Rätsel

Wie immer


Ich bin

Wiederum ratlos

Suche, es könnte ja sein, ein Zeichen von Zärtlichkeit

In höfliche Fragen

Nach meinem Ergehen hinein


Ich versuche

Mich an der Entschlüsselung

Verborgener Bedeutungen

Höre sie hinein in die Worte

Die du so mühelos sprichst – Hut ab


Ich scheitere

Kläglich…

Kein bisschen klüger

Darüber, wie die Dinge stehen

Zwischen dir und mir


Übersetzung: Judith Zander




Die Maske


Deine Stimme

Dringt aus dem Hörer

Über maßlose Meilen hinweg

Wie immer bleibt sie mir

Ein Geheimnis


Einmal mehr

Bin ich mir ganz verloren

Suche, vielleicht, nach etwas Zärtlichkeit

In Deinen höflichen Fragen

Wie es denn bei mir so läuft


Ich suche

Nach versteckten Untertönen

In Deinen Worten, die Du so

Leicht dahinsagst, scheinbar

Mühelos – meine Gratulation!


Ich dagegen

Hab kläglich versagt ...

Kein blasser Schimmer wie es

Steht zwischen uns,

Dir und mir.


Übersetzung: Christian Filips

Ins Deutsche übertragen von Christian Filips und von Judith ZanderPoets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

the other side

английский | Dawngi Chawngth

he circles his pond
the pond he lives in
the pond that raised him
the pond that sustains him
the pond that at times
suffocates him
looking up at the
beautiful water lily
he wonders....
what it would be like
living on the other side...

© Dawngi Chawngthu
Audio production: Goethe Institut, 2016

Die andere Seite

немецкий

Er umkreist seinen Teich

Den Teich, in dem er lebt

Den Teich, der ihn aufzog

Den Teich, der ihn erhält

Den Teich, der ihn zuweilen

Erstickt

Aufschauend zur

Schönen Seerose

Fragt er sich …

Wie es wohl wäre, das Leben

Auf der anderen Seite


Übersetzung: Judith Zander



Die andere Seite


er kreist um seinen Teich

den Teich, in dem er wohnt

den Teich, der ihn aufzog,

den Teich, der ihn ernährt,

den Teich, der ihn manchmal

erstickt

er sieht hinauf

zur schönen Wasser-Rose

und wundert sich ...

wie wäre wohl das Leben

auf dieser anderen Seite ...


Übersetzung: Christian Filips

Ins Deutsche übertragen von Christian Filips und von Judith ZanderPoets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

बजार गरेर

непальский | Rajendra Bhandari


मानिसको जङ्गल अनि अनुहारका ओड़ार ।
समुद्रमा एक्ला–एक्लै मनका जहाजहरु ।
बिचारका बर्मुडा टापुहरु ।
टापुहरु उक्लिरहेका ।
टापुहरु ओर्लिरहेका ।
टापुहरुको बजार ।

(अन्नमय शरीरदेखि आनन्दमय शरीर कति टाढा छ ?)
हिँड्दाहिँड्दै थाक्छु बिनसित्ती ।
मनको काँधमा
इच्छाहरुको झोला,
अतृप्तिका सौदा त्यहाँ हाल्छु ।

(मट्टितेलको लाइनदेखि निर्वाण कति टाढा छ ?)

मासु, चिनी, सर्फ, नानीका भोटा
परिवार–नियोजनको अस्थायी साधन एक खोल,
सब्जी, नयाँ बिज्ञापित साबुन,
खित्रिङमित्रिङ र... र–हरु ।
अनि लाग्छु अस्पातलमुन्तिरको पुस्तकपसलमा
झोलामा हाल्छु आर्नोल्डको नयाँ गीतानुवाद ।

(ब्याङ्क खाता र रक्त्तचापको के सम्बन्ध छ ?)
(के सम्बन्ध छ प्रधानमन्त्रीको पाचनत्र्रिmया र देशको भबिष्यको ?)
(देशको सम्बिधान र अनुहारको चाउरीको के सम्बन्ध छ ?)

बजारबाट
बेलुकी म
डेडहाउसको बाटो
घर फर्कन्छु ।  

© Rajendra Bhandari
Audio production: Goethe Institut, 2016

Heim vom Basar / Vom Markt

немецкий

Heim vom Basar


Ein Menschengedränge, Gesichter wie Höhlen,

Gefühle wie ein Schiff auf hoher See,

Bermuda – Inseln sind Gedanken,

Inseln, die steil aufragen,

Inseln, die tief hinabfallen,

ein einziger Insel-Basar.


(Wie weit ist die Reise vom äußeren Erden-Leib zum Geist-Körper?)*

Vom Gehen bin ich müde ohne Grund,

über der Schulter trag ich die Tasche

mit all den unersättlichen Wünschen,

mit all den Dingen, die ich begehre:


(Wie nahe bin ich dem Nirvana beim Schlange-Stehen für Kerosin?)


Fleisch, Zucker, Wäschepulver, Kinderkleidung,

ein Päckchen Kondome für die Geburtenkontrolle,

Gemȕse, ein Stück Seife, und und und ...

dann gehe ich zum Buchladen beim Krankenhaus

und stecke in die Tasche eine Neu-Ausgabe

der Bhagadvita, übersetzt von Arnold.


(Wie verhalten sich Kontostand und Bluthochdruck zueinander?)

(Wie steht die Verdauung des Premiers zur Zukunft des Landes?)

(Was hängen Landesverfassung und Gesichtsfalten zusammen?)


Ist der Basar am Abend aus,

passiere ich das Leichenhaus

auf meinem Weg 

nach Hause.


* Der Hinduismus kennt das Vedanta-Modell der drei Körper, in denen sich der atman, das „reine Selbst“, artikulieren soll: der Körper ist physisch (sthula sharira), astral (sukhsma sharira) und kausal (karana sharira). 


Übersetzung: Christian Filips 


Vom Markt


Ein Menschenwald, eine Gesichterhöhle,

Schiffe der Einsamkeit auf See,

Die Gedanken Bermudainseln.

Inseln bergehoch,

Inseln tellerflach,

Ein Inselbasar.


(Wie weit ist der leibliche Körper vom geistigen Körper entfernt?)

Beim Laufen ermüde ich grundlos.

Auf der Schulter des Gefühls

Trage ich eine Tasche von Wünschen,

Stecke die unersättlichen Sachen hinein.


(Wie weit ist die Propangas-Schlange vom Nirwana entfernt?)


Fleisch, Zucker, Surf-Waschpulver, Kinderbekleidung,

Eine Packung Kondome zur temporären Geburtenkontrolle,

Gemüse, neubeworbene Seife,

Sonstiges und und

Und – dann lenke ich meine Schritte vorbei am Krankenhaus gen Buchhandlung,

weiter unten,

Stecke die Neuübersetzung der Baghavadgita von Arnold in meine Tasche.


(Wie verhält sich ein Bankkonto zu Bluthochdruck?)

(Des Premierministers Verdauung und die Zukunft des Landes verhalten sich wie?)

(Wie verhält sich die Landesverfassung zu den Falten im Gesicht?)


Vom Markt

Kehre ich am Abend

Übers Leichenschauhaus

Nach Hause zurück.


Übersetzung: Judith Zander 

Übersetzung: Christian Filips und Judith ZanderPoets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

Dear Baruk

английский | Lalnunsanga Ralte

Dear Baruk,
I have often tried to imagine the sunsets that you have described,

How you say they fall with a satisfied sigh,
dipping into the white sands of Gokarna beach
and merge the shadows into the palm trees

Or the ones that you see now down there
amidst protest signs and occupying Aotea Square,
Do you still pause to look?
How strange and yet familiar they would seem,
Like death.

I imagine we have sunsets here too
But in our rush to get home and ready
for churches and committees
We have missed them
We only have white walls and bright lights
taunting an indifferent sun

Adamant that the world is bad and ending
and our little lives, worthless and suffering
We offer up prayers convinced of their worth in volume

I sometimes wonder Baruk,
If God is not in here
but out there, busy making sunsets.

© Lalnunsanga Ralte
Audio production: Goethe Institut, 2016

Lieber Baruk,

немецкий

Lieber Baruk,

oft hab ich mir die Sonnenuntergänge vorgestellt, die Du beschrieben hast,


Du sagst, die Sonne geht unter mit einem zufriedenen Seufzer,

taucht ein in den weißen Sand des Gokarna Strandes,

und lässt die Schatten in die Palmen übergehen


Oder jene Sonne, die Du jetzt gerade untergehen siehst,

über den Demo-Schildern, wie sie den Aeto Square besetzt,

nimmst Du Dir noch die Zeit, kurz hinzuschauen?

Wie fremd und doch vertraut all diese Untergänge,

so wie der Tod.


Natürlich geht auch bei uns die Sonne unter.

Aber während wir nach Hause eilen, uns hübsch machen

für Kirchen und Vereinsausschüsse,

haben wir sie immer schon verpasst.

Bei uns gibt es nur grelles Licht und weiße Wände,

von einer schnöden Sonne verhöhnt,


die sich nicht darum kümmert, ob die Welt schlecht ist und endet,

ob wir unsere kleinen Leben leben, wertlos und leidend.

Wir bieten unsere Gebete an, wollen glauben, dass viel beten viel hilft


Baruk, ich frage mich manchmal,

ob Gott vielleicht gar nicht hier ist,

sondern da draußen, beschäftigt im Sunset-Business.


Übersetzung: Christian Filips, nach Interlinear-Übersetzungen von Joshi Yasharee, gemeinsam mit dem Autor


Lieber Baruk,


Lieber Baruk,

Oft habe ich mir die Sonnenuntergänge vorzustellen versucht,

Die du beschriebst,

Die, wie du sagst, mit zufriedenem Seufzen herabfallen,

Eintauchen in den weißen Sand von Gokarna Beach

Und die Schatten mit den Palmen verschmelzen.


Oder die, die du ganz da unten siehst,

Zwischen Protestschildern auf dem besetzten Aotea Square,

Hältst du noch inne für einen Blick?

Wie fremd und doch vertraut würden sie wirken,

Wie der Tod.


Ich stelle mir vor, dass auch wir hier Sonnenuntergänge haben.

Aber in unserer Hast, nach Hause zu kommen und rechtzeitig

In die Kirchen und Komitees,

Haben wir sie verpasst.

Wir haben nur weiße Wände und strahlende Lichter,

Spottend einer gleichgültigen Sonne.


Fest im Glauben, die Welt sei schlecht und ihr Ende nah

Und unsere kleinen Leben nichts wert, nichts als Leid,

Opfern wir mit Gebeten, deren Wert sich nach Umfang bemisst.


Manchmal frage ich mich, Baruk,

Ob Gott vielleicht gar nicht hier drinnen ist,

Sondern da draußen, beschäftigt mit Sonnenuntergängen.


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

NAMES

английский | Lalnunsanga Ralte

My name is not enough
So I'll have to suffer
''Whose son are you?''
In hopes that I drop
the name of some officer
or politician or businessman
A name that they have heard
Probably blackened with envy
In small meaningless conversations
Over tea and theology
So when I utter a name unrecognized
They hesitate
Desperate to associate it
With one they wish they knew better
And when they fail
''What does she do?''
A humble seamstress
From whom I inherit
Only a debt of love
They turn away,
And wonder if I will stay long
My name is not enough.

© Lalnunsanga Ralte
Audio production: Goethe Institut, 2016

NAMEN

немецкий

Mein Name genügt nicht.

Ich muss es ertragen.

„Sag mal, wer ist Dein Vater?“

Man wünscht sich dann einen Namen,

wie ihn Offiziere oder Politiker tragen

oder renommierte Businessleute.

Wünscht einen bekannten Namen,

der schon ein bißchen schwarz ist vor Neid,

einen Namen, bekannt aus endlosen

Konversationen über Tee und Theologie.

Wenn ich dann aber einen unbekannten

Namen sage, zögern sie kurz und versuchen

ihn verzweifelt zu verknüpfen mit einem,

den sie besser kennen,

und wenn das nicht gelingt, fragen sie:

„Ja, und was arbeitet ihre Familie?“

Meine Mutter ist Schneiderin

Und mein einziges Erbe

ist die Schuld der Liebe.

Dann drehen sie sich weg

und warten, dass ich gehe.

Mein Name genügt nicht.


Übersetzung: Christian Filips


Namen


Mein Name reicht nicht,

Also hab ich zu leiden:

„Wessen Sohn bist du?“,

In der Hoffnung, ich ließe

Den Namen eines Beamten fallen,

Eines Politikers oder Geschäftsmanns.

Einen Namen, der ihnen was sagt,

Wenn auch mit Neid angeschwärzt

In kleinen, sinnlosen Schwafeleien

Über Tee und Theologie.

Wenn ich dann also einen Namen ausspreche,

Den sie nicht wiedererkennen,

Zögern sie,

Krampfhaft bemüht, ihn mit einem zu verknüpfen,

Mit dem sie gerne näher bekannt wären.

Und wenn ihnen das nicht glückt:

„Was macht sie denn?“

Die bescheidene Schneiderin,

Von der ich nichts erbe

Als eine Liebesschuld.

Sie wenden sich ab

Und fragen sich, ob ich wohl lange bleibe.

Mein Name reicht nicht.


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

MUSE AMOUREUSE

французский | Souleymane Diamanka

Une muse pose nue dans une métaphore
Et métamorphose son poète en peintre
Elle plonge dans un bain parfumé
En empruntant au printemps sa propre empreinte

Toi qui me regardes dans les yeux

Ce soir tu seras cette muse
Comme une étoile danseuse sensuelle et en sueur
Au cœur d'une chorégraphie voluptueuse
Pour ne pas que l'horizon nocturne ne nous déçoive
Je t'offre les fleurs de ma poésie d'une voix douce et suave

Mes mots se posent sur toi
Comme de jolis dessous de soie
Que je me ferai un plaisir d'ôter
J’ai la nuit pour parcourir ta peau et je te promets
De compter le nombre exact de tes grains de beauté
Je me plonge dans ton bain
Et j'entends l'eau de pluie tomber

Correspondance des sables du désert
Corps responsables des danses du désir
On dit que faire l'amour c'est ne plus sentir
La différence entre donner et prendre du plaisir

Je t'écris une pleine page de caresse
Pour que même ta peau aime mes poèmes

Je t'ai aimée comme une muse émue
Dans un musée muet le lendemain d'une nuit d'émeute
Depuis, quand ton prénom se prononce
Dans la pénombre d'un préau
Sous les yeux d'une âme ou deux
Les océans s'envolent vers le soleil
Guidés par la plume d'un poète peul et amoureux
Qui saura t'aimer mieux ? Une question se pose
Mon grand cœur sain te propose ces quelques rations de proses
Mais comment t'écrire l'amour comme il n'a jamais encore été écrit

Sans vider des centaines de milliers d'encriers
Comment te dire le plaisir que j'éprouve sans crier
Mon miroir émotionnel a gardé ton reflet pour que tu deviennes sienne

Un peu comme une parade nuptiale quelque part sous le septième ciel
J’ai étudié l'oralité en remontant ses origines
Pour faire de tes silences des zones érogènes

Pour toi j'ai fait poser sur mes cordes vocales un tapis de velours

Et j'ai fait traduire ton prénom dans ma langue... Tu t'appelles mon amour

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

DIE VERLIEBTE MUSE

немецкий

Eine nackte Muse posiert als Metapher

Sie macht aus ihrem Dichter einen Maler

Sie taucht sich in ein duftendes Bad,

borgt sich vom Frühling aus den reinsten Abdruck.


Du, die mir gerade in die Augen schaut


Heut Abend sollst du diese Muse sein

Wie eine Ballerina, sinnlich und rein

im Herzen einer prächtigen Choreografie

Denn uns enttäuscht der Nachthimmel nie

Ich schenke dir die Blumen meiner süßen, sanften Poesie


Meine Worte decken dich zu

wie schöne, seidige Dessous

Ich ziehe sie dir gerne aus

erkunde eine Nacht lang deine Haut

und zähle alle deine Schönheitsflecke

Ich tauche in dein Wasser ein

und höre, Regen fällt hinein.


Korrespondenz der Wüsten-Sände

Die Körper spiegeln begehrende Tänze

Man sagt, wer Liebe macht, der weiß nicht mehr

wer gibt, wer nimmt, kennt keine Differenz


Ich schreib Dir eine ganze Seite voll

denn Deine Haut ist in meine Gedichte verliebt


Ich habe Dich geliebt wie eine Muse,

die stumm sehr lange im Museum stand, in einer lauten Nacht

habe ich ich im Dämmer eines Hinterhofs

Deinen Namen vernommen

In den Augen einer oder zweier Seelen

steigen, geführt von der Feder des Dichters,

eines verliebten Peul, die Meere auf zur Sonne.

Wer liebte Dich je besser? Das ist die Frage.

Mein großes Herz, es schenkt Dir diese Prosa.

Wie schreibt man bloß der Liebe eine neue Sage?


Lass mich nicht tausend Tintenfässer trinken.

Wie schreib ich meine Lust ohne zu schrein?

Mein Spiegel aus Gefühlen will immer Dein Spiegelbild sein


Klingt wie ein Hochzeitsmarsch in einem siebten Himmel.

Ich habe dein Mundwerk studiert, seinen Ursprung,

dein Schweigen machte ich zur erogenen Zone.


Mein Stimmband wie ein roter Teppich vor dir entrollt


Und übersetzt in meine Sprache… heißt dein Name nur: L’ Amour

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

Tîtî Holam

лушай | Lalnunsanga Ralte

Nangni mi fel famkim te u
Lungin min deng rawh u
Ka fen a chhing, ka coat a chuar
Ka heh a sen, ka hmai a bal
Nangni mi fel famkim te u
Lungin min deng rawh u
Ka Amen a zaẃi, hla thu ka hai
Ka phar a hniam, ka lâm a chawl
Nangni mi fel famkim te u
Lungin min deng rawh u
In kawng ka zawh ve lo
In duh angin ka awm ve thiam lo
Nangni mi fel famkim te u
Lung in min deng rawh u
Biang biak ka harsat
Mi zah lohah min ngai
Nangni mi fel famkim te u
Lungin min deng rawh u
Ka nui a ring, ka hawi-her a sang
Zamna ka neilo, ka thinlung a chapo
Nangni mi fel famkim te u
Lungin min deng rawh u

© Lalnunsanga Ralte
Audio production: Goethe Institut, 2016

Geschnatter

немецкий

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle werft auf mich den ersten Stein.

Mein Rock zu kurz, die Jacke verschlissen,

Die Lippen viel zu rot, zu unrein mein Gesicht.

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle, werft auf mich den ersten Stein.

Mein Amen zu sanft, mein Singen voll Fehler,

Mein Gruß zu zaghaft, Tanzen mag ich nicht.

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle, werft auf mich den ersten Stein.

Ich folge nicht dem Pfad, den Ihr bereitet.

Ich kann nicht der sein, den Ihr in mir seht.

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle werft auf mich den ersten Stein.

Ich weiß nicht, wie man sich sozial verhält.

Und darum glaubt Ihr, dass ich Euch verachte.

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle werft auf mich den ersten Stein.

Ich lach zu laut, ich trag die Nase viel zu hoch.

Ich habe keine Scham, mein Herz ist viel zu stolz.

Ihr alle, die Ihr ohne Schuld wollt sein,

Ihr alle werft auf mich den ersten Stein.

Übersetzung: Christian Filips Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

जलक्रीड़ा

непальский | Sudha M Rai


सुनसान रात
तर पोखिएको छ
जूनको उज्यालो त्यहाँ,
धेरै दिनहरू यता
खोला, नाला, उकाली, नागबेली हुँदै
हिँड़िरहेकी छे यौटी रजस्वला तरूणी
जिल्ला पहाड़हरूको छाती टेक्दै।
पृथ्वीको शालीन मौनता र आकाशको निखुरतामा
नतमस्तक छ पवित्र गुरुदोङमार१ अनि
थप उसलाई आफ्नो सौन्दर्यको
केही घमण्ड।
यतिखेर बेइमानी क्षितिज कहीं कतै देखिएन।
उभिएर देख्छे
सरोवरको पल्लो किनारमा
चाँदीले जड़ित
यौटा पहाड़ ऊतिर झुकेको छ
अनि तल पानीमा
पहाड़को छायाँ ऊतिर बढ़िरहेछ
यता, तलाउको
यो किनारमा उभिएकी छे ऊ
अनि तल पानीमा
निर्वस्त्र उसको छाँया पनि बढ़िरहेछ
सुस्तरी त्यो छायाँतिर
दुवै छायाँ बढ़िरहेछ
यौटा अद्भूत सङ्गमको निम्ति।
जुनेली रातमा, यस्तरी
नियतिले आफ्ना सवोत्कृष्ट सिर्जना
पोखरीमा रच्दै थियो।
अनि त जुर्मुराएर बिउँझन्छन्
युगौंदेखि निष्क्रियशील सुतेका पहाड़हरू
धरती अवाक्
आकाश अवाक्
समयको गति केही क्षणको निम्ति मन्द हुन्छ
तब चराचर जगत्को नित्यक्रम ठप्प हुन्छ
अनि...

१    सिक्किमको पवित्र झील

© Sudha M Rai
Audio production: Goethe Institut, 2016

Wasserspiel

немецкий

Still ist die Nacht,

von Mondschein

hell erleuchtet,

seit Tagen läuft ein Mädchen

kurz vor der Zeit ihrer ersten Tage

an Flüssen, Bächen, verschlungenen Pfaden,

und rutschigen Berg-Wölbungen vorbei.

Vom Schweigen der Erde umstanden,

von der Weite des Himmel umstanden,

ruht hier der heilige See Gurundongmar,*

vielleicht ein klein wenig eitel,

das macht die ihm eigene Schönheit.

Der Horizont ist untreu und verlischt.

Das Mädchen steht am Seeufer

und schaut zur andern Seite,

mit Silber-Schnee geziert

neigt sich der Berg zu ihr

und über der Tiefe des Wassers

nähert sich ihr sein Schatten,

sie steht noch immer hier

auf dieser Seite des Sees

und über der Tiefe des Wassers

wandert ihr Schatten zu ihm

hinüber, langsam kommen sie

einander nah, ein Stelldichein.

Im Mondschein auf dem Wasser offenbart

die Schöpfung ihre schönsten Wunder.

Die Berge, die seit Jahrtausenden schlafen,

schlagen ihre Augen plötzlich auf.

Bass erstaunt ist die Erde.

Auch der Himmel wundert sich

und hält für ein Weilchen die Zeit an

Da steht des Erdentages Treiben still,

und etwas will ...


*Der Gurudongmar-See ist ein Gletscher-See im östlichen Himalaya, Nord-Sikkim.

Übersetzung: Christian Filips Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

petit lever

французский | Christian Prigent

matin à la volée le mal le trop
de soleil dans le noir reclus

alors j’ai l’ire le henni
ssement malivole dans
l’oeil énormément

un coin de ciel c’est
un peu d’en-moins un clin
de zéro piqué
d’ailes acerbes

dehors est un brin
de paille un
fétu dans une bouse par
où l’air suce la terre

ce brin je l’ai comme un veau
dans les trous du nez

ô morves ! renâclements !

la vie n’est qu’un reniflement









un peu après nous fûmes aux verdures

ah l’homélie des foisons !
l’essaim des foutus sons !

mais malgré l’armature le jet pur des
peupliers
les arcs les bâtons les
perspectives concentrées dans des flaques

grand trou flou partout :

dégoût ! dégoût !









ah me dis-je rien ni
mouches ni larmes ni
bouche en cul ne

elle et moi rien
ne nous ni os ni
trèfle luzerne cageots

ni cani
cule ni noroît ni
lapins poules becs
dents poils sanguinolements

non

non

non

ne nous pompera le peu
d’air entre nous mon dieu !









pourtant ça le fit car le
grand trou flou foutu fut
l’âme

or l’âme la
macule du
cul l’âme
mâle

est la came l’oeuf
de vacuité

et ça meule on
plie
on vide dedans sa vie

on est dans les peurs









l’âme tu commences fort ditelle
et moi : le corps j’ai vu
que c’était foutu alors
l’âme on ne sait jamais









car l’âme est la lame
qui cuit la
muqueuse qui
creuse la vie

est un trou d’âme meulé
dans
la masse du corps pas

de quoi meugler encore
sinon qu’en ça se sent la douceur d’être

fort à force
d’être quasi mort









ah la peur la garce
le purin farce

la crosse dedans
c’est l’os protestant
être rien zéro
pur trou de présent

va ose
os
axe rosse

souque ton bout
des crasses et des boues









moi pas couché moi
crampe moi
hampe du reste de quasi moi mort

moi vissé essoré moi sort
son âme bande encore

si se naît son corps de la bonde immonde
des bières des colères
des écumes des
glaires d’amertume









l’ouïe à l’ouïssance c’est
la fuie le sens
glisse purins et murènes reins
reines érèbes je
demeure dans la bouche
de la vérité louche

je demeure oui mais ja
mais (deux mots) moi
je suis ce mât ou garce
crosse qu’écrase
la peur

la peur : caresse d’âme
gelée je l’ai comme l’oeil
du monde qui plombe
la bête obtuse de ma tête









l’âme quand elle a faim dit :

qui mange mal devient
le mal qu’il mange

alors j’ai la faim

la faim spiralée des
lèpres des folies des rhumes

ça fume la lie
du monde je

mange la fange
je suis un ange

je crache les vacheries
j’avale je ris

oui

le monde rit en moi quand il me
nourrit pour
rire pour me
pourrir

© Editions P.O.L.
from: L'âme, poésie
Paris: Editions P.O.L., 2000
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

kleines keimen

немецкий

frühmorgens flugs das miese das                                         

vielzuviel sonne trübschwarz                                                                                                               

und wieder gewütet das wie                                                           

wieherte wuchtete wem

was ins auge                                                             


ein stückchen himmel                                               

weniger als nichts ist                                                            

ein nichts-blick von flügeln                                                  

gespitzten gestochen


das draußen ein stroh ist

ein haufen ein halm

hell heufladen luft saugen

erde daraus                            


ein kalb ich kälbchen bin

hell mit halm in fresse drin


o rotze! widerhaken!


das leben ist nichts als ein schniefen









dann etwas später ins grüne geraten


gottnein homilien überall!

aus schwärmt die güllefalle!


pur aus der pappeln armatur  

spritzt das

dickicht dichte pitsche

peitsche perspektiven konzentriert

                                                                                                                     

übergroßes flautenloch:


kotz doch! kotz doch!









nichts kann sag ich nicht

fliege träne nicht

nicht arschgesicht

                                                                      

nicht kann sie und ich           

uns nicht knochen nicht

obstkisten klee luzernen

                                              

nicht die hitze

welle nordwind nicht

hase hahn geschnatter                       

zahnhaar krasser aderlass


rein


gar


nichts


kann das bißchen luft mon dieu

zwischen uns verpesten!

           









und wie das saß

das große flötenflautenloch

seele


gold seele die

leckt ein dreck           

am stecken

fleckt

                                                          

das ist das stoff-ei

aus nichts           


das muht das faltet

sich gut das

leert sich ins leben wo           


mitten wir in ängsten










die seele das fängt ja gut an

sagt sie und ich: ich weiß

mit dem leib ist es vorbei

die seele hat noch zeit           









die seele ist gleich kehle

die kocht die

haut schleimt

bohrt das leben ein


das seelenloch das mosert

zwischen

der körpermasse pah


wer muht da noch wäre

der süße der duft nicht das wesen


stark vom ständigen

scheintot










ach die furcht die wutz

das jauchefass


der kolben dran

der protestantenknochen

das nixnullige wesen

krass klafft des lochs präsenz


die knochen

wage

harsches ross


trage dein schärflein

schlammgebäck und dreck










mich nicht legen mich

krampfen mich hin

nur noch stummel fast scheintot


das schraubt mich schrubbt mich

seine seele steht ihm wieder


wenn er aus dem gemeinen spund

aus bier aus wutanfällen

aus schaum aus bittrem

schleim sich gebiert









im hörer das stöhnendes johlen das ist

im taubenschlag der sinn

gleitende jauchen- und muränenkönigin

murrende nierchen verbleibe

luschig mit verlaub ihr

schlund tut wahrheit kund


verbleibe ich ja oder nie

niemals nie (zwei worte) mir

bin ich mast oder mist

ein kolben platt gemacht

die furcht


die furcht: ein seelenstreichler

gelée klebt mir im auge

von welt plombiert mein

stumpfes kopftier hier










die hungrige seele spricht:


wer schlechtes ißt

der wird zum schlechten essen


mich packt also hunger


spiralförmig hungre ich nach

lepra nach narren nach rotz


da raucht der bodensatz

der welt ich


esse gerne schlamm

ich unschuldslamm


ich speie den schrei

ich muhe ein ei, lache


ja


die welt lacht mich durch mich

durch ihr lachen

macht mich

zu pürree


Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

[la femme]

французский | Arno Calleja


la femme elle me demande "dans vos livres qu'est-ce que vous racontez" je lui réponds que "dans mes livres je raconte ce que je dis" elle me dit "je comprends pas" je lui réponds que "moi non plus je comprends pas" elle me dit "ah ben c'est embêtant ça si même vous vous comprenez pas c'est embêtant ça", je lui réponds que "oui c'est embêtant de pas comprendre ce qu'on fait mais qu'à la longue on en rigole" elle me dit "je comprends rien à ce que vous dites" je lui dis que "oui c'est normal de pas comprendre parce que même moi je le comprends pas" elle me dit que "là on tourne en rond" je lui réponds que "voilà c'est ça c'est que dans mes livres on tourne en rond" elle me répond que "donc l'idée de vos livres c'est qu'on tourne en rond" je lui dis que "oui et non" elle me dit "ah ben oui bien sûr, c'est oui et non, bien sûr ça peut pas être simple" je lui dis que "oui voilà c'est le et qui tourne en rond dans mes livres" elle me dit "ben c'est compliqué" je lui dis "bof pas trop" elle me dit "ah oui le et qui tourne en rond, ça c'est compliqué ça" je lui réponds que "mais s’il n’y a rien à comprendre, ça peut pas être compliqué" elle me dit "ah oui, oui, ça c'est vrai ça", je lui réponds que "voilà dans mes livres je ne dis que des choses vraies" et elle me dit "et là ce qu'on dit c'est vrai non" je lui dis que "là oui c'est vrai ce qu'on dit" et elle me dit "donc ce qu'on dit là ça pourrait être dans un de vos livres" je lui réponds que "oui"

© Arno Calleja
from: La performance
Nantes: éditions joca seria, 2011
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2011

[die frau]

немецкий

fragt mich eine frau: "hören Sie mal, was wollen Sie uns mit Ihren büchern sagen?" was soll ich da sagen? ich sage: "soso!" "kapier ich nicht", sagt sie. "so geht's mir auch, madame." "wie ärgerlich, monsieur. wenn Sie schon nichts kapieren, wie soll ich dann was verstehen?" "ja, ist schon dumm, wenn man sich nicht kapiert, aber die sprasprasprache freut sich drüber!" sie schreit und meint verstimmt: "wir gehen im kreis." ich schreie: "ganz genau das will ich sagen! ein gehen rund im kreis ist die idee, ein rund im kreis im gehen rund im buch." die dame weint. "warum so kompliziert?" "gehen sie doch erstmal rund im buch herum" "o nein, nein, nein, das ist mir viel zu bla. es dreht sich mir herum zu kompliziert." "verzeihung, vielleicht eine andere seite?" "monsieur! o schreck, wer hat das übersetzt? entsetzlich! ich fühle mich misslich, verstimmt." es stimmt, dass ich ihr sagte, meine bücher seien ein kreisen, ein kreisen im kreis, es stimmt, ich sagte viele schlimme dinge, und sie, sie sagte immer wieder, das sei schade, ich habe das verstanden. sie nicht. ich ihr, sie mir, wir uns - "noch eine frage: was tun wir hier? ach ja! was wir hier sagen, steht das in Ihren büchern drin? wirklich wahr?" worauf ich klar und deutlich sagte: ja.

Deutsche Fassung von Christian Filips.Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des http://www.literaturwerkstatt.org/index.php?id=1016" ">Poesiefestivals Berlin 2011

Vandaar die lichtinval (fragment)

голландский | Paul Bogaert

[…]
Het moederhart heeft oren die nooit slapen!
Ik bedoel
dat moederhart dat van trampolinestof
en zeemleer is gemaakt.
Wie het moederhart kopieert
en op de kopie een etmaal kauwt, krijgt een
onberekenbaar gewicht.
Wie de kopie hakt, in de pan bakt,
krijgt enorm veel
witte rook en alle geuren tot nu toe terug.
Maakt men van het moederhart
de haakjes los, dan popt het, zwelt het,
wordt het groot, te groot, onhandelbaar,
een opgevouwen tent, die zich
verdrievierdubbelt tot een zeppelin, die zich dan, losgeslagen,
tot nog iets extremers strekt, en zo een schaduw geeft, een schaduw
die kinderen persoonlijk hoort, geruisloos volgt.
[…]

© De Bezige Bij Antwerpen, 2009
from: de Slalom Soft
Antwerpen: De Bezige Bij, 2009
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2014

Daher der Lichteinfall (Fragment)

немецкий

[…]

Eines Mutterherzens Ohren schlafen nie!

Ich meine

die Sorte von Mutterherz, die aus Trampolinstoff

und Fensterleder gemacht ist.

Wer ein Mutterherz kopiert

und auf dieser Kopie vierundzwanzig Stunden lang kaut,

der nimmt unberechenbar viel zu.

Wer die Kopie aufschlägt, in der Pfanne brät,

dem schlägt sehr viel weißer Rauch entgegen,

und riecht alle Gerüche, die er bis dato gerochen.

Lockert man am Mutterherzen

die Häkchen, dann poppt es auf, schwillt es an,

wird groß, viel zu groß, unkontrollierbar,

ein gefaltetes Zelt, das sich

verdreivierfacht, bis es zum Zeppelin wird, der sich, losgelassen,

zu etwas noch Größerem auswächst, und Schatten wirft, einen Schatten,

der Kindern ganz persönlich zuhört, geräuschlos folgt.

[…]

Übersetzt von Christian FilipsAus: Der Soft-Slalom. Gedicht.Rough Books, RoughBook0027, Mai 2013

प्रतिबिम्ब

непальский | Sudha M Rai


अति कोमल हृदयको निकुञ्जबाट
बग्दै झर्छ
प्रेमधारा।
म अतृप्त नै छु।
जब दुई हत्केलामा अञ्जुलिभरि
पानी थाप्छु
म निःशब्द
मेरो हजुर प्रेममा अवतरित
एकै नजरमा परिपृप्त हुन्छु।

© Sudha M Rai
Audio production: Goethe Institut, 2016

Widerspiegelung / Spiegelung

немецкий

Aus meines Herzens zärtlich sanfter Lichtung

strömt und fließt Liebe

wie Wasser.

Unstillbar dürstet mein Durst.

Als ich mit zwei Händen

Wasser mir schöpfe,

bin ich erstaunt, es erscheint

im Wasser meines Liebsten Bild.

Mit einem Blick ist aller Durst gestillt.


Übersetzung: Christian Filips


Spiegelung


Aus der weichen Behausung meines Herzens

Fließt

Das Wasser der Liebe


Noch immer verlangt es mich nach mehr

Doch wenn ich ein wenig Wasser

Mit meinen Händen schöpfe

Macht es mich sprachlos

Das plötzliche Erscheinen deines Gesichtes darin

Stillt meinen Durst mit einem Blick


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

अशक्तता

непальский | Sudha M Rai

सड़कको किनारामा
अस्तव्यस्त र अचेतावस्थामा
उत्तानो परेकी छे
यौटी जुत्ता...
ग्लानि र क्षोभले असहाय
लड़ेको छ
अर्को जुत्ता
घोप्टो परेर त्यो माथि।

© Sudha M Rai
Audio production: Goethe Institut, 2016

Hilflos

немецкий

Im Straßengraben

liegt ein Schuh,

abgetragen, ausgetreten,

missbraucht, eine Frau...

In Schuld und Schande

liegt ein zweiter Schuh

über dem ersten,

ein Mann


Übersetzung: Christian Filips


Hilflos


In den Straßengraben geworfen

Liegt zerschlissen und ohnmächtig

Ein linker Schuh


Zerfressen von Scham und Schuld

Liegt über jenen geworfen

Der rechte


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

JELENA

венгерский | Anna Terék

A gáznak eleinte jó szaga volt.
Olyan édes-büdös, mint mikor
nem akar begyulladni a tűzhely.
            Az ember kattogtatja
            az öngyújtót a gázrózsa mellett,
            de az apró lyukakon át szökő gáz
            minduntalan elfújja a lángot.
            És az ember orrát megtekeri
            az az édes-büdös szag.
Akkor már negyvenhét napja
voltam egyedül és nem tudtam,
Goran hol lehet és milyen nők
combját fogdossa egyenruhában.
                        Az egyenruha a nőkben soha
                        nem indít el semmit,
                        ha előtte nem hallgatták
                        végig a férfiak elképzeléseit,
                        miszerint a nők bugyija
                        rongyosra nedvesedik,
                        ha egyenruháról van szó.
                        Engem a tűzoltók hatnak meg,
                        mint annyi más nőt,
                        akinek, valamikor kislánykorában
                        a fülébe súgták,
                        s hát ott maradt a fejében,
                        hogy a nőkre az egyenruha
                        olyan hatással van, mint
                        bármelyik férfira
                        bármelyik meztelen női test.
Talán nem kellett volna.
Talán soha nem kellett volna hagyni,
hogy a dolgok lassú, fontoskodó ütemben
egymásra épüljenek.
            Emlékszem, mikor a második gyerekem
            született, Goran leitatta az akkor
            négyéves Joškát.
            Álltunk a konyhában, a vendégekkel,
            a gyerek a konyhaasztal lapján
            ácsorgott, azt sem tudta,
            hová kéne nézzen:
            hol tudna elbújni előlünk.
            Csak nevettünk, s Goran egyre
            azt kérdezte tőle, táncol-e,
            ha elénekli a nótáját.
            A gyerek meg állt,
            a konyhaasztal lapján,
            nézte az apja arcát,
            hátha abból megérti,
            igazából mit is akar tőle,
            Goran meg,
            egyre csak mondta neki,
            hogy táncoljon,
            kap cigarettát,
            kap pálinkát,
            az asztal tetején táncoljon:
            öccse született.
            A gyerek nézett rám,
            hiába, mert én Goran
            elcsukló mozdulatát néztem,
            ahogy a pálinkásüveg száját
            a gyerek szájába nyomja,
            hogy igyon, táncoljon már.
            Az meg prüszkölt a körtepálinkától,
            marta a torkát, mint a rossz gyereknek,
            aki lecsavarja a hipó kupakját és
            nagyokat nyel a maró folyadékból.
                        Sejtettem, valahol legbelül
                        mindig is sejtettem, a híreket
                        hallgatva, hogy ezek
                        a gyerekek nem hülyék.
                        Pontosan tudják, hogy
                        a lenyelt kortyok mindegyikével
                        egyre közelebb kerülnek
                        a halálhoz és a szemünkhöz.
                                    Emlékszem, mikor Jovankát temettük,       
                                    az összes felnőtt csak meredt,
                                    üveges halszemekkel        
                                    a koporsóban fekvő kis fehér testre.
                                    Olyan dermedten feküdt,
                                    csukott szemekkel,
                                    hogy az ember szinte
                                    a tenyerében érezte
                                    a test ellenállását.
                                    A merevséget.
                                    Amitől nem lehetett volna
                                    azokat a kis kezeket, kis lábakat
                                    behajlítani, kicsavarni.
                                    Az emberek
                                    úgy figyelték a kis halottat,
                                    mintha várnák: szólaljon meg végre,
                                    mondja el, mi van a túlvilágon,
                                    mit lát,
                                    milyen szag van,
                                    hová került,
                                    mialatt ők nem figyeltek rá.
                                                Mintha az ember összes bűntudata
                                                ebben a figyelemben,
                                                a halott megfigyelésében,
                                                bűnbocsánatot nyerne,
                                                s elfeledhetné
                                                –  maga a halott gyerek is –,
                                                hogy sohasem figyelt rá
                                                senki eléggé,
                                                hiába
                                                kiabált,
                                                toporzékolt,
                                                fetrengett.
                                    Emlékszem, mielőtt lezárták volna a koporsót,
                                    az anyja egyre hívta a körülötte álldogálókat,
                                    hogy csókolják meg a halottat.
                                    Mintha egy halott gyereket olyan könnyű lenne
                                    megcsókolni.
                                                Az öregekkel mégis más a helyzet,
                                                amikor takarják épp le a fejüket a szemfedővel,
                                                az embernek olyan érzése van,
                                                hogy már megérdemelték a halált,
                                                és máshogy nem is történhetett volna.
                                                És a lecsukott szemük,     
                                                az a rezzenetlen arcbőr
                                                nem olyan félelmetes, mint
                                                egy halott gyerek
                                                teljesen lebénult,
                                                sápadtra keményedett
                                                arcbőre.                
                                    És húzott oda engem is Jovanka anyja,
                                    hogy csókoljam meg,
                                    köszönjek el tőle.
                                    Emlékszem, becsuktam a szemem,
                                    hogy legalább ne lássam,
                                    mit csinál a szám,
                                    és úgy csókoltam meg
                                    a kis halott Jovankát.
                                    Mintha egy domború
                                    bádoglapot csókoltam volna.
                                    Lassan felfordult a gyomrom,        
                                    lenyeltem minden
                                    félelmemet és hagytam,
                                    hogy a szám hűlésnek induljon.
                                    A kis halott meg,
                                    meg sem mozdult.
                                    Halottnak a csók, gondoltam,
                                    de az anyja olyan elismerően
                                    nézett rám.
                                    Később, mikor a koporsót
                                    zárták le éppen, láttam, hogy
                                    az anyja integet bele a koporsóba,
                                    és kiabálja a csukódó födél alá, hogy
                                    szia!
                                    szia!,
                                    csak akkor láttam, hogy tényleg,
                                    mint halottnak a csók, pont annyit ért
                                    ez az elismerő tekintet.
                        Minden anya beleőrül abba,           
                        ha a gyerekét koporsóban kell néznie,
                        amíg a virrasztás tart,
                        amíg le nem zárják,
                        de hiába is zárják le
                        a koporsó fedelét,
                        a halott gyerek arcát
                        és azt a borzasztó
                        csipkemintát
                        a szemfedő széléről
                        nem lehet elfelejteni úgysem.
                        Ezek az anyák azzal
                        az utolsó képpel a szemükben
                        alszanak el
                        és kelnek fel
                        minduntalan.
                        Mert a gyerek hiába hal meg,
                        utána sohasem történik semmi.
                        És marad a szívben egy repedés,   
                        a repedésben meg lerakódik a félelem,
                        hogy akárhány gyereket is szülünk,
                        az mind meg fog halni.
                        Ezek az anyák néha
                        magukra gyújtják a házat,
                        vagy, hát, kinyitják a gázt.
            Joška végül lenyelte azt a pálinkát,
            de nem tudott táncolni, továbbra sem.
            Nézett rám, én meg úgy tettem,
            mintha nem is látnám.
            Aztán valószínűleg
            összecsúszott teljesen
            tekintetének párhuzamosa,
            olyan közelre látott csak,
            amilyen közelre már nem érdemes.
            Megindult a konyhaasztal kerek lapján,
            kicsi lábai bukdácsoltak,
            Goran tapsolni kezdett,
            azt hitte, a gyerek most már táncol,
            a vendégek lassan már szégyellték
            az egészet, rá se néztek,
            énekelték a saját dalaikat.
            Bámultam az újszülöttömre,
            mellemmel a szájában aludt el,
            minden hangzavar és a bátyja
            tántorgó tánca dacára,
            mintha még mindig nem lenne
            körülötte a világ.
            Csak aludt, arcán azzal
            a kifejezéstelenséggel,
            és legbelül reméltem, nem szülök
            több fiút, s Goran ezt a gyereket
            nem itatja majd le.

© Anna Terék
from: Halott nők
Újvidék: Forum Könyvkiadó, 2017
Audio production: Haus für Poesie, 2019

JELENA (Auszug)

немецкий

Am Anfang roch das Gas gut.

Stank süßlich, wie wenn 

der Herd nicht anspringt. 

            Da klackert man mit dem Feuerzeug 

            über einer Gasflamme, aber das Gas,

            das durch die kleinen Löcher strömt,

            löscht immer wieder die Flamme. 

            Und der süßliche Gestank

            beißt in der Nase. 

Da war ich schon seit siebenundvierzig Tagen

alleine und wusste nicht, wo Goran war, 

und welchen Weibern er in seiner Uniform 

gerade die Schenkel begrapscht. 

            Frauen stehen in Wahrheit 

            nicht auf Uniformen. 

            Nicht, solange sie sich nicht 

            die Phantasien der Männer angehört haben, 

            die sich bekanntlich einbilden, 

            die Höschen der Frauen würden 

            vom bloßen Gedanken an Uniformen 

            so feucht, dass sie Löcher bekommen.

            Mich etwa beeindrucken Feuerwehrleute

            so wie viele andere Frauen, 

            die schon als kleine Mädchen 

            eingeflüstert bekamen, 

            Uniformen hätten eine ähnlich 

            große Wirkung auf sie 

            wie jeder x-beliebige nackte Frauenkörper

            auf jeden x-beliebigen Mann. 

Vielleicht hätte man nicht.

Vielleicht hätte man nicht zulassen dürfen, dass die Dinge 

in diesem langsamen, wichtigtuerischen Rhythmus 

ihren Gang gehen. 

            Ich erinnere mich daran, wie unser zweites Kind

            geboren wurde: Goran machte unseren damals 

            vierjährigen Sohn Joška betrunken. 

            Wir standen mit den Gästen in der Küche.

            Das Kind, auf den Küchentisch gestellt,

            wusste nicht, wohin es schauen sollte:

            wo es sich vor uns verstecken könnte.

            Wir alle lachten und Goran fragte Joška 

            immer wieder, ob er denn tanzen wolle,

            wenn er ihm sein Lied singe.

            Und das Kind stand einfach nur da

            auf der Tischplatte, 

            starrte in das Gesicht seines Vaters, 

            um doch noch zu begreifen,

            was der eigentlich von ihm will. 

            Goran aber 

            sagte immer wieder, 

            es solle endlich tanzen. 

            Dann gibt es Zigaretten 

            dann gibt es Schnaps, 

            auf dem Tisch solle es tanzen: 

            denn sein kleiner Bruder sei geboren.

            Das Kind schaute mich an, 

            aber vergeblich, denn ich selber starrte 

            auf Gorans abgeknicktes Handgelenk, 

            mit dem er immer wieder die Schnapsflasche

            auf den Mund des Kindes drückte, 

            damit er trinkt und endlich tanzt.

            Das aber hustete vom Birnenschnaps, 

            der in der Kehle brannte. Es war wie bei den unartigen Kindern, 

            die den Deckel vom Chlorreiniger abschrauben

            und große Schlucke nehmen von der ätzenden Flüssigkeit. 

            Mir war eigentlich schon immer klar,

tief im Innern ahnte ich immer schon, 

                       wenn ich sowas in den Nachrichten hörte,

                       dass diese Kinder nicht ganz dumm sind.

                       Sie wissen ganz genau,

dass sie dem Tod und unseren Augen

                       mit jedem einzelnen Schluck 

                       ein Stück näher kommen.

                                   Ich weiß noch, wie wir Jovanka begruben, 

                                   alle Erwachsenen starrten gebannt

                                   mit glasigen Fischaugen 

                                  auf den kleinen weißen Körper im Sarg. 

                                   Ganz steif lag er da, 

                                   mit geschlossenen Augen, 

                                   man konnte den Widerstand 

                                   dieses Körpers fast 

                                   auf der Handfläche spüren. 

                                   Seine Starre. 

                                   Die es nicht mehr zuließ, 

                                   dass man diese kleinen Hände, kleinen Beine 

                                   noch hätte drehen oder beugen können. 

                                   Die Menschen 

                                   schauten auf diese kleine Tote, 

                                   als warteten sie darauf: dass sie endlich was sagt,

                                   erzählt, wie es im Jenseits ist,

                                   was sie dort sieht,

                                   wie es dort riecht,

                                   wohin sie gegangen ist, 

                                   während keiner auf sie geachtet hat.

                                              Als könne der Mensch seine Schuldgefühle 

                                              mit dieser Aufmerksamkeit loswerden,

                                              im Betrachten der Toten

                                              Erlösung finden,

                                              als könne er vergessen

                                              – wie das tote Kind selbst –,

                                              dass es nie genügend

                                              auf jemanden geachtet hat,

                                              vergeblich

                                              hat es geschrien, 

                                              hat es getobt, 

                                              sich auf dem Boden gewälzt. 

                  Ich weiß noch: Bevor sie den Sarg verschlossen, 

                  forderte ihre Mutter alle Umstehenden auf, 

                  die Tote zu küssen. 

                  Als sei es so einfach, ein totes Kind

                  zu küssen. 

                         Bei den Alten ist es doch anders,

                                    wenn man sieht, wie ihr Gesicht

                                    mit dem Leichentuch bedeckt wird,

                        hat man das Gefühl:

                                   es ist richtig, dass sie tot sind,

                                    es hätte gar nicht anders kommen können. 

                                    Und ihre geschlossenen Augen,

                         ihre regungslose Haut

                         sind nicht so unheimlich

wie diese vollkommen blasse, erstarrte

Haut eines toten Kindes.

Deutsch von Orsolya Kalász & Christian FilipsAus: Dies wird die Hypnose des Jahrhunderts: Ungarische Lyrik der Gegenwart. Hrsg. von Orsolya Kalász und Peter Holland. (KLAK Verlag, Berlin, 2019)

Fak You

английский | Lalnunsanga Ralte

And before you take your head back
Understand
I am from a people with names
Such as Faka and Faki
And coincidentally you probably have guessed their gender correctly
See in my language, 
Fak, spelled F A K, is a good word
It is a word that blesses
It means to praise or to exalt.
So fak elliot and fak shakespeare 
And fak you...!!!!
Now that you have learned a word in my language
Maybe I will learn one in yours
And then maybe the boxes we have put each other into
Will start to take the shapes of people
Standing across each other amidst the rubble
Arranging the stones trying to make something beautiful
Maybe my word will replace yours
And yours mine
Maybe then the falconer will hear the falcon
And things won't fall apart so often
But Until then,
From inside this box
dreaming
Fak everybody.

© Lalnunsanga Ralte
Audio production: Goethe Institut, 2016

Fak you / Fak you

немецкий

Und eh du dich gleich wieder abwendest,

hör erstmal zu:

Meine Leute tragen Namen

wie Faka oder Faki

und vielleicht hast du zufällig auch gleich ihr Geschlecht erraten

Du musst wissen, in meiner Sprache

ist Fak, F A K, ein gutes Wort

Ein Wort, das segnet.

Es heißt: lobpreisen, bejubeln.

Also fak Elliot, fak Shakespeare

Und fak you…!!!

Jetzt, da du ein Wort in meiner Sprache gelernt hast,

lerne ich vielleicht auch eins in deiner.

Vielleicht nehmen so die Schubladen, in die wir einander stecken,

endlich mal die Umrisse von Menschen an,

die einander mitten in Ruinen gegenüberstehen

und Stein für Stein neu anordnen, um etwas Schönes zu schaffen.

Vielleicht wird mein Wort deines ersetzen

und dein Wort meines

Und vielleicht hört der Falkner dann endlich den Falken

und alles driftet nicht gleich wieder auseinander.

Aber bis dahin

hier ein verträumter Gruß

aus dem Innern dieser Schublade:

Fak Allemann!


Übersetzung: Christian Filips


Fak you


Und bevor du mich schief anguckst,

Musst du wissen:

Ich gehöre einem Volk an mit Namen

Wie Faka und Faki

Und – zufälligerweise – hast du wahrscheinlich

Ihr Geschlecht schon richtig geraten.

Siehst du, in meiner Sprache

Ist fak, buchstabiert F A K, ein anständiges Wort.

Es ist ein Wort, das segnet,

Es meint ‚preisen’ oder ‚verherrlichen’.

Also, fak Elliot und fak Shakespeare

Und fak you …!!!


Jetzt, wo du ein Wort in meiner Sprache gelernt hast,

Lerne ich vielleicht auch eins in deiner.

Und dann würden vielleicht die Kästen,

In die wir uns gesteckt haben,

Langsam menschliche Formen annehmen,

Als zwei Gegenüber inmitten von Schutt

Die Steine anordnen zu irgendwas Schönem.

Vielleicht wird mein Wort deins ersetzen,

Und deines meins.

Vielleicht wird dann der Falkner den Falken hören,

Und alles geht nicht ganz so oft kaputt.


Doch bis dahin,

Aus diesem Kasten heraus,

Träumend:

Fak alle miteinander.


Übersetzung: Judith Zander

Übersetzungen: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

LISTE DES LANGUES QUE JE PARLE

французский | Christian Prigent

Je parle :

En cambré du kiki en qui
En écrit en bestiau
En ziau en fiou en artiau

En mégère vit poivré
En alectrop
En harpi plu-humé

En glas en pis
En pire en père pipi
En ni

En nenni en ni
En pot d'lati
En tapin en salingue

En cuisse en trique
En sac loustic

En déglingue
En églin lacté
En dératé

En lutin gris en crise
En cheese ! en cheese !

En anglois
En moyen haut émoi
En étrusque en osque en atrosque
En truc à s'moquer du
Loquedu

En gallo en gaulois
Gan l'oumois
Ango ! ango !
En angoûmois
En glottois en novarinois

En mourmé en belligéré
En digéré
En joychien
En petit chien

En argon en gergon
En dourbesque en germanon
En calao ren otwelsh
En cant en cockney en belche

En coquillart en soudard
En populolacan
En guyotard

En gland en gluche en francillot
En bamboché en boché
En ritalon

En pariglotte en pampluchion
En jigollier
En sabir

En euple blanc en pli d'pélite
En hoplite en peuhl
En bêche-de-mer en piedgin
En jean ! en jean !

En lingua franca
En moi
En moi

En blin blesquin en loucherbem
En largonji
En nargondu
En javanais
En back-slang du Touquet

En petit nègre comme la pègre
En bourge en besque en bourbesque
En arabesque

En bran en coprocopte
En linéaire en B
En cul d'néiforme
En égypton
En japonié

En litterletter
En cerveaucrobate
En mamerdloque
En célinien
En mécrit

En neuf glotté en grappe
En gland vieux slave
En verlan
En vers et contredanse
En cadence

En haut-landais
En betterave
En flemme ingambe
En viande de geôle
En gnole de jambe

En os-vrai-chien
En sue-des-doigts
En fin d'langué
En chair-de-main
En merde-de-chien

En han
En han han han
En hi han
En ahan
En nanan
En non

En non !
En non !

En sou arable
En dule de garp
En tambouille en décline

En import en déglaise
En chlic de chloc
En excitant
En breton
En breton !

En oualon zorrifique
En glamoureux
En ego défectueux
En jacte de marque
En txtien
En chien

En trou

En trou

En rien du trou
En vers et contre tout
En cours d'étrou
En vis et en versa
En rut et en bagout
En caca

En caca

En caca

- Et cetera !



*


NOTICE :
Dans la langue il y a plusieurs langues. Dans la voix, il y a plusieurs voix. L'objectif d'une écriture «poétique» peut être de faire surgir cette pluralité déstabilisante.
Pour faire surgir quelque chose de ce pluriel monstrueux, je me suis ici appuyé sur un jeu pratiqué par les femmes esquimaux Inuit : le Katajjak. Ce jeu se joue à deux. Bouche contre bouche, deux femmes récitent des listes (animaux, noms d'ancêtres, toponymes, cris de bêtes, voire syllabes sans signification particulière). Cette récitation se fait sur un rythme de halètement. La première qui rit a perdu.
J'ai adapté ce jeu à ma propre voix, pensée comme double (voix de tête, voix de ventre). Et j'ai aligné dans le rythme du Katajjak des listes de langues qui pour les unes existent réellement (les divers argots, par exemple), pour les autres sont inventées à partir de divers jeux phoniques.

© Christian Prigent
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

LISTE ALLER SPRACHEN, DIE ICH SPRECHE

немецкий

Ich spreche:

 

Bogisches Pimmlimännisch Wiesch

Schriftlich wie tierisch

Ziau Miau Artgenau


Ärmliches Volksmegärisch

Alcopopisch

Harpyisch angehaucht


Klingisch und Pissisch

Schlimmisch Papst-Pipisch

Und Nie


Und Nimmer Nie

Und Pot Latin

Tapirsch im Salinenslang


Auch Pestisch Romanestisch

Und kaltes Plattensacksch


Kaputtisch

Putttisch

Und Per Du


Sprech Goldig Krisengrollisch

Und Käsisch! Käsisch auch!


Und Änglisch

Mittel Hochmütisch

Auch Brüsk Etruskisches Kross

Und Ulkisch unter Druck

Und Lumpendutch


Gallsch sprech ich und Gaulois

Schwäbisches Manisch

Ango! Ango!

Afropanisch auch!

Mit glottischem Pastiorsch im Ohr


Murmlisch Kriegrisch

Magengrummsch

Freudenhündisch

Hündslatein


Ich spreche Argon, Gergon

Teutonisch nur in Dur

Sprech Otwelsch Ren Calao

Marisch Cockmelsch Belsch


Sprech herbes Soldateska

Elkoserbisch

Derbes Erbsch


Ich spreche Stotter Water Fothsch

Auch Prassel und Vermassel

Natürlich Ritalon


Auch Pariglott und Grüßgott

Auch gigglisch

Sybillinisch


Ein weisses Olk Ein Faltenliedsch

Ein Hoplitsch und ein Speedsch

Ein Spalten-Seeisch Platt-Pidgin

Und Jeansch! Und Jeansch!


Ich sprech die Lingua Franca

Michisch

Michisch


Feilsch sprech ich Luscherbmisch

Auch Largondüsch

Auch Nargondüsch

Auch Javadütsch

Und Kottbusser Back-Slang


POC-Wauderwelsch wie Kölsch

Pott Snob Sockenbaskisch Bourbonsch

En arabesque


Sprech hyppes Ökokryptisch

Rein lineares B

Floriertes Poe

Ägypton

Nippon nie


Sprech Litterletter

Kopfkrobatisch

Sprech Mameluksch

Celinisch

Stimmsch


Mit neuer Grappa-Glottis

Mit altslawischer Drüse

Mit Verlan-Elan

Mit Vers und Gegentanz      

Mit der Kadenz


Sprech Hochlandsch

Hochbettsch

Faules Gambisch

Sprech Kerkerfleischlich

Geigenbeinschnapsch


Sprech Hunds-Knoch-Wahr

Sprech Schwitz-Fing-Doi

Sprech Endzeitfinnisch

Hand-Lapp-Ländisch

Läckmisch


Sprech Ächz

Sprech Ächz Ächz Ächz

Öchz Ächz

Sprech Ähächz

Und Nähnächz

Und Nein

 

Und nein!

Und nein!


Sau Räbisch

Garbotüllsch

Tambourisch, dekliniert


Sprech Import Zackisch

Sprech Klick Klack

Sprech Sächsaltiert

Bretonsch

Bretonsch!


Sprech Horrorwallonisch

Sprech Glamournervös

Sprech Egoporös

Sprech Marktgemacht

Sprech Sinn nd Porn

Sprech Hundeform


Sprech Loch


Sprech Loch


Sprech Lochnicht

Sprech Vers und Dagegen

Sprech Aufwasnoch

Sprech Visum Sprech Versa

Sprech Brünstig Bagoutsch

Sprech Kaka


Sprech Kaka


Sprech Kaka


- Und Cetera!


*

NOTIZ:

Innerhalb der Sprache gibt es viele Sprachen. Innerhalb der Stimme gibt es viele Stimmen. Das Ziel einer „poetischen“ Schrift kann es nur sein, diese destabilisierende Pluralität herauszuarbeiten. Um etwas von dieser monströsen Pluralität sichtbar zu machen, habe ich mich hier auf ein Spiel eingelassen, das die Inuit-Frauen spielen: Katajjak. Dieses Spiel wird zu zweit gespielt. Von Mund zu Mund rezitieren zwei Frauen Listen (Tiere, Namen der Ahnen, Ortsnamen, Tierschreie, sogar Silben ohne besondere Bedeutung). Die Rezitation hat einen keuchenden Rhythmus. Die erste, die lacht, hat verloren.

Ich habe dieses Spiel meiner eigenen Stimme angepasst, die ich als eine doppelte denke (Kopfstimme, Bauchstimme). Und ich habe mich vom Rhythmus des Katajjak leiten lassen und Sprachen aufgelistet, die einerseits wirklich existieren (die diversen Slangs zum Beispiel) und andererseits phonetische Erfindungen sind, die das Spiel hervorgebracht hat.

Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

शब्दहरुको पुनर्वास

непальский | Rajendra Bhandari


शब्दहरुको पुनर्वास

शब्दको सबभन्दा ठुलो शत्रु शब्द नै हुन्छ ।
शब्दहरुको भिड़मा कुन शब्द फिदायीन हो
चिन्न सकिन्न ।

शब्दहरुको भीडमै
पड्किन्छ कुनै शब्द ।
अनि धेरै शब्द मर्छन् ।
धेरै घाइते हुन्छन् ।

स्वतन्त्र जीवन बिताइरहेका शब्दहरुलाई
कुनै चरमपन्थी अर्थले अपहरित गर्छ
र फिरौतीमा माग्छ सिङ्गै चेतना ।

ट्राफिकिङ गरेर बेचिन्छ शब्दहरु
बिज्ञापनका रेडलाइट बस्तीहरुमा ।

आत्मरक्षाका लागि कविता खोज्छन् शब्दहरु ।
भरोसाका वाक्य खोज्छन् ।

कती शब्द दाह–संस्कार नपाएर ्
बाटा–चौबाटोभरि अलपत्र गन्हाइरहन्छन् ।
ठाउँथलाबाट उठिबास लागेपछी
गाउँगाउँ उजाड बन्छ ।

पुस्तकालय, मन्दिर, गिर्जा, गुम्बा, स्कुल
शब्दहरु पसारो परेका छन् जताततै ।

आपदकालीन सभा डाकेका छन् कविहरुले
शब्दहरुको पुनर्वासको लागी ।

© Rajendra Bhandari
Audio production: Goethe Institut, 2016

Der Wörter Umsiedlung

немецкий

Der Wörter Umsiedlung


Das Wort, der Wörter allergrößter Feind.


Man weiß nicht, welches von ihnen

in der Menge zu einem fidayeen wird,

bereit zum Selbstmordattentat.


In dem Gedränge der Wörter

geht plötzlich ein Wort hoch

Stirbt plötzlich ein Wort noch

oder ist schwer verwundet.


Wörter, die ein freies Leben führten, 

werden von einer extremen Bedeutung entführt 

und verlangen dein Bewusstsein als Lösegeld.


Wörter, an den Handel verschachert,

in den Advertisements, auf dem Strich.


Wörter, die nach Gedichten suchen,

zur Selbstverteidigung, nach Sätzen ihres Vertrauens.


Wörter, die man nach ihrem Tod nicht verbrannt hat,

irren umher, stehen stinkend an Kreuzungen rum,

werden aus allen Städten vertrieben,

all ihre Dörfer sind verwaist.


Vor Bibliotheken, Tempeln, Kirchen, Klöstern, Schulen

lungern die Wörter, sprachlos, zerstreut.


Die Dichter aber halten Notfallsitzung.

Ihr Plan ist: Aller Wörter Umsiedlung.


Übersetzung: Christian Filips 


Zurückeroberung der Wörter


Der allergrößte Feind des Wortes ist das Wort selbst.

Welches Wort im Gedränge der Wörter ein fidayeen* ist,

Bleibt unerkennbar.


In diesem Gedränge der Wörter

Sprengt sich ein Wort in die Luft.

Viele Wörter sterben.

Viele verletzen sich.


Wörter, einst freie Leben führend,

Werden entführt von extremen Bedeutungen.

Sie verlangen ein ganzes Bewusstsein als Lösegeld.


Mit Wörtern wird Handel getrieben, man schickt sie

Auf den Strich der Reklamesprache.


Die Wörter suchen nach Selbstverteidigung in Gedichten,

Sie suchen nach vertrauenswürdigen Sätzen.


Manche Wörter stinken uneingeäschert

Auf den Straßen vor sich hin, an Kreuzungen im Stich gelassen.

Werden sie vertrieben von ihren angestammten Orten,


Sterben die Dörfer aus.

In Bibliotheken, in Klöstern, in Kirchen, in Schulen,

Überall liegen die Wörter sprachlos, zerstreut.


Die Dichter müssten eine Notsitzung einberufen

Zur Zurückeroberung der Wörter.


arabisches Wort für „Selbstmordattentäter“


Übersetzung: Judith Zander 

Übersetzung: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

एउटा सहरको रोजनाम्चा

непальский | Rajendra Bhandari


मोबाइल टावरमास्तिरबाट
एउटा चतुर घाम हाम्फाल्छ सहरमा ।
खबरकागजमा हेडलाइनहरु लटरम्म झुल्छन ।
कविहरु साइँसुत्त हराउँछन् ।

ठुल्ठुला कार्यालयका चेपचापमा
सानासाना मान्छेहरु लुक्छन् ।
पैतालामुनि को कती टेकिँदैछन्
जुत्ताहरुलाई थाहै हुँदैन ।

जुताहरुको गोप्य साँठगाँठ
दुरुह सही र घुमाउरा बाटाहरुसित हुन्छ
चश्माहरु टाइलाई स्वस्ति गर्छन
कलमहरु नाच्दै आएर बादलको मसीले आकाशमा नोटिङ लेख्छन् ।
र धरतीको पेपरवेटले थिच्छन् ।

फलामलाई फलामले
बोलीलाइ बोलीले
कलमलाई कलमले काट्छ भन्ने लोकविश्वासमा
बुढापाकाहरु ढुक्कले निदाउँछन् ।
सिलिङ फ्यानबाट पनि सत्ताको तातो हावा खस्छ ।
सत्ताको घामले बाहिर झन् पोल्छ ।
र पोलेकाहरु सियाँल खोज्दै बिल्डिङका छायामुनि सुस्ताउँछन ।

जता पानी जम्छ
जम्मै भ्यागुता उतै पस्छन् र टर्टराउँछन ।
पस्न नपाउनेहरु छट्पटिँदै मर्छन ।
जता चर्को बाजा बज्छ
खुट्टाहरु त्यसैमा नाच्छन् ।
नाच्न नजान्नेहरु पिँजराको सुगालाई भविष्य सोध्नपुग्छन् ।

महँगा गाड़ी
र किफायती तरुणीहरुको बिगबिगी भएको त्यस सहरमा
चर्को अर्केष्ट्रामा थिचिएर
सारङ्गीहरु रुन्छन्
एकलास चोकहरु सुन्छन् ।

एउटा एश्वर्य
चिडियाखानाको सिँहझंै सुतेको देखिन्छ ।
अर्को पीड़ा
डुलुवा कुकुरझंै गल्ली–गल्ली डुलेको भेटिन्छ ।

कवि कम तर कविताहरु धेरै
खबर कम तर पत्रकारहरु धेरै भएको
त्यस सहरमा
सुख सधैँ आतङ्क छ ।
दुःख सधैँ लठेप्रो छ ।   

© Rajendra Bhandari
Audio production: Goethe Institut, 2016

Tagebuch einer Stadt

немецкий

Oben vom Mobile Tower stürzt sich

listig eine Sonne hinab auf die Stadt.

Wo in den Journalen die Schlagzeilen blühn,

machen die Dichter sich rasch aus dem Staub.


In Gassen und engen Großraumbüros

verbergen sich die gewöhnlichen Menschen.

Am Profil der Schuhe lässt sich nicht ablesen,

wie viele man bereits zertrampelt hat.


Sie halten in heimlichen Sitzungen Rat,

laufen leidend durch kurvige Straßen,

Brillenträger grüßt Krawattenträger.

Da kommen die tanzenden Füller und schreiben

mit ihrer Tinte Schulnoten in Wolken


und drücken alles mit Briefbeschwerern zu Boden.

Im Vertrauen auf das Gesetz, dass Eisen von Eisen,

Sprache von Sprache, Füller von Füller gelöscht wird,

so schlafen die alten Menschen ruhig, sie sind das Volk.

In den Stuben verteilen Ventilatoren die heiße Luft der Macht,

die Hitze brennt, versengt den Raum, auch draußen,

die Abgebrannten flüchten in den Schatten kühler Gebäude.


Wo eine Pfütze ist,

quaken und springen die Frösche.

Wer keinen Platz hat, verreckt ohne Quappen.

Wo laute Musik spielt,

tanzen die Beine.

Und wer nicht tanzen kann, befragt das Papageien-Orakel.


In der Stadt

gibt es teure Autos und dienstbeflissene Huren.

Dort heulen die Sarangis,

von hupendem Lärm übertönt.

Wer an der Kreuzung steht, hört ihnen zu.


Ein Reicher blickt drein

wie ein schlafender Löwe im Zoo.

Ein Armer blickt drein

wie ein Strassenköter.


In dieser Stadt, wo es wenige Dichter gibt,

aber sehr viele Gedichte, wenige Nachrichten,

aber sehr viel schlechte Presse,

ist das Glück stets in Gefahr

und ohne Sprache die Armut.

Übersetzung: Christian Filips Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

बेरोजगार युवाको आइडेन्टिटी कार्ड

непальский | Rajendra Bhandari


नाउँ                :         धनबहादुर ।
बाबुको नाउँ        :           रनबहादुर
आमाको नाउँ       :           बिर्खमाया
ठेगाना             :            जहाँबाट काञ्चनजङ्घा देखिन्छ ।
                       अलिकती हिँडे कछार भेटिन्छ ।
जहाँ खोलाहरु लोकगीत गाउँछन ।
जहाँ मान्छे शोकगीत गुन्गुनाउँछन् ।
डाक संपर्क         :           कुनै पनि अलैंचीबारी, धानबारी, चियाबारी ।
                              गौचर, नागी, बाँसघारी ।
उमेर              : पाखुरामा आगो बगेजति ।
      आँखामा सपना फुलेजति ।
इ : यहाँ टाँस्नुपर्छ पासपोर्ट साइजको फोटो ।
फोटो यस्तो होस्–
दुइवटा कान देखिएकै हुनुपर्छ ।
एउटा बजारको भाषाण सुन्नलाई ।
अर्को घरको कचकच सुन्नलाई ।

खुट्टा निस्किनुहुँदैन
किनभने तिमीले पुग्नु कतै छैन ।

छातीचाहिँ देखिएको हुनुपर्छ पेट काटिएको ।
छाती भएको पेट नभएको तिम्रो फोटोलाई ।
सत्यापित गर्नुपर्छ कुनै छाती नभएको
पेट मात्र भएको गजेटेड अफिसरले ।

बस तिम्रो आइडेन्टिटी कार्ड तयार ।
त्यो बोकेर
तिमी निर्धक्क जतासुकै हिँड्नसक्छौ
सियाचिनदेखी कन्याकुमारीसम्म
छम्बलदेखी डिमापुग्सम्म
मन सिउरिने काँटि खोज्दै हिँड कि
पेट सुधार्ने थाल खोज्दै हिँड़ । 

© Rajendra Bhandari
Audio production: Goethe Institut, 2016

Identitätsnachweis eines jungen arbeitslosen Inders / Identität eines arbeitslosen jungen Mannes

немецкий

Identitätsnachweis eines jungen arbeitslosen Inders


Name: Dhan Bahadur

Name des Vaters: Rana Bahadur

Name der Mutter: Birkha Maya

Wohnort: Dort, von wo aus man den Berg

Kanchanjunga sehen kann  

Unweit davon gelegen: Kachaar  

Wo die Bäche Volkslieder singen

Wo die Menschen Grablieder murmeln  

Postanschrift: Der Kardamon-Acker

Das Reisfeld Die Teeplantage

Brachwiese Steppe Bambuswald  

Alter: So viel Feuer noch unterm Hintern


So viele Träume noch hinter den Lidern

Hier: Bitte das Passbild einkleben

    

Das Passbild muss zwei Ohren zeigen,

eines für die Ansprache auf dem Basar,

eines für das Gemecker daheim. 

Keinesfalls dürfen die Beine aufs Bild.


Du sollst ja kein Ziel mehr erreichen.

Die Brust muss sehr gut sichtbar sein,

gut abgeschnitten hingegen der Bauch,

das Bild: mit Brust, ohne Bauch,

hat ein Beamter zu stempeln,

mit großem Bauch, beinah brustlos.

Da hast du sie, deine Identität,

mit ihr kannst du fortan sorgenfrei reisen

von Siachin bis nach Kanyakumari

von Chhambal bis nach Dimapur,

und einen Haken suchen für die Heimat,

für deine Emotionen, einen Teller voller Sachen,

die dir bald schon einen Schmerbauch machen. 



Übersetzung: Christian Filips 


Identität eines arbeitslosen jungen Mannes


Name:Dhan BahadurName des Vaters:Rana BahadurName der Mutter:Birkha MayaWohnort:on wo aus man den Kanchanjunga sieht,

etwas weiter und man trifft auf flaches Land.

Wo die Bächer Volkslieder singen.

Wo die Menschen Trauerlieder summen.Anschrift:Kardamomfeld,

Reisfeld, Teeplantage,

Wiese, Brache, Bambuswald.Alter:So viel Feuer in den Händen.

So viele Träume in den Augen.  Hier muss ein Passfoto aufgeklebt werden.  Und zwar

Müssen zwei Ohren zu sehen sein,

Eins, um das Marktpalaver zu hören,

Eins für das Gemecker zu Hause.

Die Beine sind überflüssig,

Du kommst ja doch nirgendwohin.  Zu sehen sein muss die Brust, der Bauch gehört abgeschnitten.

Dein bauchloses Brustbild

Ist abzustempeln von einem Beamten, der keine Brust, aber Bauch hat. Da hast du sie nun, deine Identität.

Mit ihr kannst du fortan

Selbstbewusst überall hin.

Von Siachin bis Kanyakumari,

Von Chhambal bis Dimapur.

Kannst dich auf die Suche machen nach einer Existenz oder

Genug zu essen.


Übersetzung: Judith Zander 

Übersetzung: Christian Filips und Judith Zander Poets Translating Poets - VERSschmuggel mit Südasien, organisiert vom Goethe Institut in Zusammenarbeit mit der Literaturwerkstatt Berlin, 2016

Stebuklų metas

литовский | Aivaras Veiknys

Grandinėms žvangant baigsis lapkritys,
pietų kryptim tirštai raitysis dūmai,
žiupsnelis druskos, purvas, nešvarumai –
per naktį viską, žvelk, ir užpustys

pirmasis sniegas; einant prakurų
girgždės pasaulis, kiaulės melsis tvarte –
išvengta durklo širdyje, tad šerti
dabar tau teks jas; ties langais būriu

ganysis vištos, kudakuos, stos gruodis –
danguj akis Veneros pasirodys,
tai akiai stebint miegančius vaikus,

eglyno vidurius praretins pjūklas,
ir banalus, tačiau vis tiek stebuklas –
tave romėnams nebylys įskųs.

© Aivaras Veiknys
Audio production: Haus für Poesie, 2017

Zeit für Wunder

немецкий

Klirrend, in Ketten, vergeht der November,

dicht schlängelt der Rauch sich gen Süden,

Schlamm, Salz, ein paar dreckige Lügen –

schau, über Nacht hat sich alles verändert,


der erste Schnee; man geht nach Zündelholz,

es knarrt die Welt, im Stall beten die Schweine –

der Dolch hat sie verschont, kein falscher Stolz,

los, geh sie füttern; die Hühner sind deine,


die unterm Fenster picken, gackern, im Dezember -

zeigt am Himmel sich das Venus-Auge,

das nachts im Schlaf die Kinder hüten kann,


und eine Säge lichtet die Eingeweide im Tann.

Wem Wunder zu banal sind, bleibt der Glaube –

ein Stummer zeigt dich bei den Römern an.

Übertragung ins Deutsche von Christian Filips entstanden im Rahmen des Versschmuggel litauisch-deutsch (2016)

[Il était une fois...]

французский | Arno Calleja

Il était une fois, je n'étais pas encore né, et les rivières coulaient déjà depuis longtemps. Il y avait du temps et il y avait de l'eau voilà ce qu'il y avait. Le reste n'importait pas car le reste c'était de l'air.

Plus tard je suis né et je me suis baigné, dans la rivière, et je me suis mis à lui boire son eau à la rivière, et les choses étaient commencées. Je date l'instant de ma naissance à la fois où, je date ma naissance à l'eau qui coule et qu'on boit, et pas au calendrier.

Un jour tu es devant la rivière, et tu te penches et tu la bois, et alors tout peut mourir. Je revois la scène, et je me dis. Tant que tu gardes en mémoire l'image de la scène de toi accroupi et qui boit, tu peux mourir heureux, et alors tu peux commencer à vivre. Après, cela n'a plus d'importance et tu peux remplacer la rivière par un bar, et cela n'a plus aucune importance.

J'ai commencé à vivre sans importance au jour où j'ai revu la scène en image, la scène de la rivière, en mémoire, et je peux dire depuis cet instant je vis heureux.

Le remplacement de la rivière par un bar vaut le remplacement de la parole par la radio, vaut le remplacement du mental par la télé. C'est les choses, on peut les faire valoir. Surtout du fait que les choses se valent.

La nuit, enfants, avec ma mère mes sœurs, pendant les vacances, après le dîner, nous sortions en forêt, et là haut le ciel de mer s'enfonçait dans les arbres, et alors, alors les branches étaient des algues. Depuis pour toi les branches sont des algues.

Il est difficile de se parler la nuit quand on marche dans la forêt à cause du froid et aussi à cause de la peur. La peur on ne peut pas l'éviter, qui qu'on soit. La peur est le grumeau dans le liquide quelque chose de tous côtés qui te parle et te dis tu vas mourir. Quand on l'entend, pour ceux qui sont prêt à l'entendre, suffisamment épluché pour l'entendre, alors on vit plus heureux.

On meurt toujours en mer, où qu'on soit, surtout en forêt on meurt toujours en mer, à moins de se sentir soudain être ciel. Même vaguement. Un ciel aussi a besoin d'une maison, a besoin de cheveux, de nourriture et d'habits secs.

Un jour j'étais enfant et je marchais dans la forêt un adulte dans la main. Et dans le touché de sa peau, l'adulte c'était ma mère, et dans le touché de sa peau dans le froid de sa main j'ai senti que pour l'adulte le ciel n'était plus une mer, que le ciel n'était plus une mer depuis longtemps mais une masse, une masse figée, une masse opaque qui le menaçait en passant du bleu au noir, en rythmant ses jours, ses jours d'adulte dans la terreur. Et j'ai senti que pour un adulte la mort était le socle de sa pensée.

C'est de ce jour que j'ai vu en vrai la mer bouger en haut depuis la forêt.

Et j'avais mon petit sac à dos avec dedans un gouter et alors, ce qu'il te reste à faire, ce qu'il restait à faire je le faisais, tu prends le sac à dos et tu le lances dans le ciel et il tient, il tient dans le ciel, et tu dis ho un ballon, regarde il flotte, et il y a un calme à le voir flotter. Ma mère ne l'a pas vu le ballon, ma soeur ne l'a pas vu, parce que c'était la vue de l'enfant sur la scène qui faisait tenir le ballon dans le ciel.

Alors depuis ce jour là le ciel pour moi est une mer, qu'il avait en fait toujours été. Un mouvement de mouillé, bleu et blanc délavés, comme un glaviot laissé dans un mouchoir plié, dans la poche de ton short. De ce jour j'ai su que je serai heureux. De ce jour là le voyage a commencé, pour moi, dans la forêt.



© Arno Calleja
from: La performance
Nantes : éditions joca seria, 2011
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2011

[es war einmal...]

немецкий

es war einmal, da gab es mich noch nicht, und die flüsse flossen lange schon. und es gab die zeit und gab das wasser, und das wars dann aber auch. und was es sonst noch gab, das war die luft, und die war ganz egal.


und viel, viel später gab es mich, und ich nahm ein bad im fluss, und fing an, sein wasser auszutrinken, und so nahm das alles seinen lauf. und mich gibt es seit, gibt mich geboren, seit das wasser fließt und seit man davon trinkt, und im kalender nichts davon zu finden.


und eines tages stehst du vor dem fluss und bückst dich hin und trinkst, und schon ist alles das zum sterben froh. und alles das steht mir vor augen und ich sag zu mir. solang du weißt, wie du dich gebückt hast und getrunken, bist du zum sterben froh, und also zum leben bereit. danach ist dann auch das egal und du kannst sagen bar statt fluss und alles ist, ich sags nochmal, egal.


und ich bin meines lebens froh seither. seit diesem tag, da mir das klar vor augen stand, das bild am fluss, die szene, in gedanken.


egal, ob du nun bar sagst oder fluss, das radio andrehst, um nicht zu reden, den fernseher andrehst, um nicht zu denken. so liegen halt die dinge, eins wie's andre. am ende wiegen sie alle gleich viel.


wir kinder gingen in den ferien nachts mit mutter und mit schwester brav nach dem abendessen in den wald, und über uns, da war ein meer, ein meer, das in die äste sank und alle alle äste waren algen. Und seither sagst du algen, wenn du äste meinst.


und schwer fällt dir nachts das reden im wald. denn es ist kalt. die angst geht mit. der angst entgehst du nicht, wer du auch bist. die angst, die steckt im klumpen im schlamm. von allen seiten flüstert's und sagt dir, du wirst sterben. und wer ihr sehr gut zuhört, wer bereit ist, auf sie zu hören, ja, sich gar von ihr häuten zu lassen, der wird seines lebens froh.


und immer stirbt sich’s auf dem meer, ganz gleich, wo man auch ist, der wald ist meer, wenn du denn nicht grad ein himmel bist. auch beinah himmel sein ist schon genug. doch auch im himmel braucht's ein haus, paar haare, nahrung, trockne kleider.


und eines tages war ich kind, ging durch den wald an einer alten hand. und an der haut der hand wurde mir klar, das ist mama, und an der haut der hand, die kalt war, wurde klar, daß für die alte da mein himmel-meer kein meer mehr war, schon lang nicht mehr, kein meer, nur masse war, nur masse, durchscheinbar, nur ein drohen, blau und schwarz, nur das gab ihrem tag den takt, ihrem alten schreckenstag. und ich spürte, für mama ist der tod der grundstein der gedanken.


in echt, ich sah das meer seit diesem tag in echt, wie es da oben wogte überm wald.


und mein kleiner rucksack mit dem pausenbrot und sonst, was noch, was noch, du hast doch schon, und packst den rucksack, wirfst ihn in die luft, die luft, er schwebt, schwebt in der luft, und da sagst du o schau ein Ball, schau da, das schwebt, und ruhig, ganz ruhig siehst du ihm dann beim schweben zu. mama hat keinen ball gesehen. auch schwester nicht. allein mein kinderblick hielt den rucksack in der luft.


und seither ist himmel für mich meer. war im grunde auch schon meer vorher. ein nasses regen, blau und weiß verwaschen, rotze, fein ins taschentuch gefaltet, das in deiner hosentasche ruht. Und seither bin ich des lebens froh. da ging die reise los, zu mir, im wald.

Deutsche Fassung von Christian Filips.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel

Vandžiogala

литовский | Aivaras Veiknys

Kapinės, kuklios lenkų kapinaitės,
kuriose – su visais kitais – amžino atilsio
atgulė Č. Milošo seneliai;

vidudienio saulėje besimurkdantis darželis,
nedidelis vaikų darželis: mergaitės, berniukai; aš –

žmonos atbogintas uošvijon, lėtai vaikštinėjantis
siauru takeliu, svetimas, varstomas

miestelio gyvųjų bei mirusiųjų,
vienas nuo kito atsiribojusių keliomis dešimtimis
nebegyventų metų, krūmokšniais,

vienintele juos jungiančia tvora.

© Aivaras Veiknys
Audio production: Haus für Poesie, 2017

Vandžiogala

немецкий

Ein Friedhof, polnisch, schlicht, ein Friedhofsgärtchen,
hier haben – unter all den andern – Czesław Miłoszs
Großeltern die letzte Ruhe gefunden –

Mittags, in der Sonne badet ein Garten mit Kindern,
ein kleiner Kinderspielplatz: Mädchen, Buben; ich –

verschleppt zur Stippvisite bei der Sippschaft meiner Frau –
schlendre gemächlich den Pfad entlang, fremd,

belauert von den Blicken der Lebenden, der Toten,
die in diesem Städtchen seit Jahren geschieden sind voneinander,
seit vielen ungelebten Jahren, geschieden von Hecken, verbunden

durch nichts als den Zaun.

Übertragung ins Deutsche von Christian Filips
entstanden im Rahmen des Versschmuggel litauisch-deutsch (2016)

Akmens amžius

литовский | Aivaras Veiknys

Akmenys lygiai kaip žmonės – mėgo sakyti –
kiekvienas su savo slaptu gyvenimu,
kieta tartum žemė atmintimi...
                                Pamenu,

tvirtos ir dailios gaudavos tvoros –
vertos visų tų premijų, kurias dalimis
prašvilpdavo...

Mano tėvas buvo galingas tvėrėjas,
daug galingesnis už tuos, su kuriais mane
lygina neišmanėliai kritikai –

sunkus nei jo akmenys,
gal net sunkesnis už visą priekabą, pririnktą
per akmenkasį kur nors ties Biržais...

Du visada nešiodavos kelnių kišenėse –
pajuodusius ir sudiržusius, kumščio didumo,
neduok tu švenčiausias jei išsitraukdavo...

Mano jau nesantis tėvas vis dar yra kertinis
šiurkščiam akmenų pasaulyje –
šitiek sutvėręs per savo gyvenimą,

šitiek per jį sugriovęs.

© Aivaras Veiknys
Audio production: Haus für Poesie, 2017

Steinzeit

немецкий

Steine sind wie Menschen – pflegte er zu sagen –
jeder hat sein Eigenleben, insgeheim,
seine Erinnerung, wie Erde schwer...
                                              Ich weiß noch,

seine Mauern, fest und schön gebaut –
sie haben all die Preise verdient,
die er verprasst hat, einen nach dem andern.

Mein Vater war ein wahrer Schöpfer, ein Meister,
viel meisterlicher als alle, mit denen ihr mich vergleicht,
ihr ahnungsloses Kritikerpack –

Schwer war er, wie seine Steine,
wohl schwerer noch als sein Lastenanhänger, bepackt
beim Steine-Lesen, in der Gegend von Biržai.

Zwei hatte er immer dabei, in der Hose –
schwarz, rissig, und zur Faust geballt,
Erbarm dich Herr, wenn er sie zückt ...

Mein Vater, auch wenn er schon fort ist, er bleibt
der Grundstein dieser rauen Steine-Welt.
So viel hat er in seinem Leben erschaffen,

so vieles zerstört.

Übertragung ins Deutsche von Christian Filips
entstanden im Rahmen des Versschmuggel litauisch-deutsch (2016)

la forêt

французский | Arno Calleja

il n'y a rien à faire, je laisse les cheveux pousser, la nature est grande autour et les choses se font, les ongles et le temps vers la mort avancent et je laisse pousser, les poils sont rien à faire, noirs,


la nature est manifeste, elle est une forêt autour de chez moi, je sors de chez moi il n'y a rien d'autre à faire, et je marche dans la forêt et dure des heures de marche et jusqu'au noir de la nuit, arrivent, bonsoir, les pensées viennent,


en marche les pensées viennent et pas les idées, ni les images ni les souvenirs mais les pensées seules dans la marche, je ne censure rien tous les clapets me sont ouverts et de tous côtés ce qui vient c'est les pensées,


la coule des pensées, blanches et rouges, la forêt, j'avance au balancement du pas dans les feuilles entre le coulement rouge et blanc des pensées, le miel derrière les yeux,


les pas sont dans le noir, les couleurs ici plus puissantes que les mots, ce sont elles qui pensent, et l'on pourrait dire envahissent, la mort n'existe pas dans la forêt, derrière les yeux le miel rouge et le miel blanc des pensées envahissent,


autour de la forêt est noire pour qui la mort n'existe pas, c'est en marchant comme ça au noir que souvent je me pleure, à cause du grand se-sentir-vivant qui me prend, les mots débandent dans la couleur, c'est par elle l'envahissement, et les pleurs de la marche, dans la sève, du se-sentir-vivant,


alors je me sens être sexe, et les pensées qui me viennent ont les filles dedans, et dans les pensées ce n'est pas l'image des filles mais le se-sentir-vivant des filles pour moi qui arrive,


alors il y aura des gestes, et nous irons faire les gestes dans la chambre, et la peau éteindra la lumière,


quand je marche dans la forêt dans le rouge et dans le blanc il y a mille gens, je marche en larme et quelque part je serai toujours vivant, je le dis c'est drôle mais c'est comme ça,


à la place des mots le rouge et le blanc pour les pensées convoquent les gestes, les gestes sont toujours des gestes de sexe, l'envahissement a lieu dans la forêt, à ce point on ne dit plus je,


pour les pensées les gestes font les phrases, des dessins dans l'air, aux mouvements de chauve-souris, les manières des mains singent l'ancienne manière des bouches, à ce moment là j'ai dedans mille gens,


alors je sors de la forêt, vers le chez moi, j'ai eu le sexe dans le noir par la marche, avec les deux couleurs, ma peau a tourné autour de l'axe de mon torse, je suis mort et le jeu a commencé, tant qu'on meurt toujours le jeu commence,

© Arno Calleja
from: La performance
Nantes: éditions joca seria, 2011
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2011

der wald

немецкий

nichts zu machen, das haar wächst, groß ist mutter natur und alles macht sich, zeit und nägel wachsen sich tot, und haare wachsen, nichts zu machen, schwarz,


die natur ist schon mal da, sie ist ein wald, steht um mein haus herum, und ich geh um mein haus herum, was soll ich sonst auch machen, als gehen durch den wald, durch stunden gehen, bis nachts gedanken kommen, ja, guten tag! gedanken,


gedanken, die kommen und gehen, nicht ideen, und nicht die bilder, nicht erinnerungen, nur die gedanken, die ein gehen sind, nichts wird zensiert und alle schleusen offen und was von allen seiten kommt: gedanken,


im fluss gedanken, weiße, rote, wald, weiter im wiegenden schritt zwischen blättern, ihrem fließen, dem roten, und dem weißem der gedanken, honig hinterm aug,


im dunkeln schritte, die farben hier stärker als wörter, sie sind es, die denken, ja, wimmeln, es gibt keinen tod im wald, roter honig hinterm aug, und weißer honig wimmelnder gedanken,


schwarz ist’s um den wald herum, und der tod ist schon mal weg, wenn ich nicht ins schwarze treffe, heul ich mich aus am großen lebemann, der mich bei der hand nimmt, die wörter machen schlapp vor farben, sie bedingen das wimmeln, das heulen im gehen, im lebemann die säfte,


jetzt fühl ich mich geschlecht, und die gedanken, die kommen, ja, die haben leibchen an, und was in den gedanken steckt, ist nicht das bild von leibchen, nein, was sich da naht, ist ganz allein mein großer lebemann,


jetzt fangen große gesten an, und mit den gesten gehen wir aufs zimmer, und die haut, die löscht das licht,


und wenn ich geh im wald, im roten, weißen, dann steht da rum so allerhand, ich geh und tränen, irgendwie bleib ich am leben, ist halt so,


nicht die wörter, rot und weiß nur rufen diese gesten in gedanken wach, die gesten sind geschlecht, das wimmeln ist im wald, und hier kann kein ich mehr stehen,


in gedanken ist, was satz war, geste, was der mund gesagt hat, ist jetzt hand, hier steht im augenblick sehr viel herum.


jetzt raus aus diesem wald und heim zu mir, im gehen durch die nacht war ich geschlecht, in zwei farben, meine haut gedreht um die achse meiner wirbelsäule, ich bin gestorben und das spiel fängt an, mit jedem sterben wieder dieses spiel,

Deutsche Fassung von Christian Filips.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des http://www.literaturwerkstatt.org/index.php?id=1016" ">Poesiefestivals Berlin 2011