Brigitte Oleschinski 
Translator

on Lyrikline: 59 poems translated

from: польский, французский, русский, каталанский, греческий, немецкий, корейский, арабский, английский to: немецкий, голландский

Original

Translation

[Zeskanowałem swoje zdjęcie...]

польский | Tadeusz Dąbrowski

* * *

Zeskanowałem swoje zdjęcie z pierwszej klasy
podstawówki: krzywo przycięta grzywka, grube
policzki, delikatnie przygryziona warga,

przerażająco ufne oczy. Powoli przesuwam
pasek kontrastu i z mlecznej nicości wyłania się
kształt, który staje się rzeczywisty w połowie

skali, a potem znów zapada się w tło. Szczęśliwy,
kto umiera w taki sposób. A teraz patrzę w lustro
i muszę się zgodzić na kilka zmarszczek, których

niedawno nie było (czy kiedykolwiek mogło
ich nie być?). Więc to ja, znowu ja, wszystko ja,
włącznie z blizną po trądziku, dziurą w zębie, a

kiedyś, być może – dziurą po zębie. Za dużo
tego ja, żebym mógł je ogarnąć, wziąć za swoje.
Zważywszy, że jesteśmy dopiero przy ciele.

© Tadeusz Dąbrowski
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

[Ich habe ein Bild von mir...]

немецкий

* * *


Ich habe ein Bild von mir aus der ersten Klasse

eingescannt: schief geschnittene Ponyfrisur,

Pausbäckchen, dezent zerbissene Lippen,


schockierend treuherziger Blick. Langsam verschiebe ich

den Kontrastregler und aus dem milchgrauen Nichts taucht

eine Gestalt auf, die auf der Mitte der Skala halb wirklich


erscheint, dann wieder mit dem Hintergrund zusammenfällt. Glücklich,

wer auf eine solche Weise stirbt. Und jetzt schaue ich in den

Spiegel, muss mich mit ein paar Falten abfinden, die


vor einiger Zeit noch nicht da waren (kann es sein, dass es sie

irgendwann nicht gegeben hat?). Nun, das bin also ich, wieder ich,

all das, auch mit den Akneflecken, dem Loch im Zahn, irgendwann


vielleicht – mit dem Loch nach dem Zahn. Zuviele von diesen

Ichs; wenn ich sie nur einsammeln könnte, zu einem Ich versammeln.

Und dabei, überleg’ mal, sind wir gerade erst beim Körper.



Aus dem Polnischen von Andre Rudolph


- - - - - - - Alternative Übersetzung - - - - - - - 

* * *

Ich habe mein Erstklässlerfoto eingescannt: schief

geschnittener Pony, Pausbacken, verlegen

an der Lippe nagend,

schrecklich vertrauensselige Augen. Am Regler verschiebe ich

die Kontraste, langsam, und aus dem milchigen Nichts taucht

ein Umriß auf, der in der Mitte der Skala halb

wirklich wird und bald wieder mit dem Hintergrund verschmilzt. Glücklich,

wer auf diese Weise stirbt. Blicke ich jetzt in den Spiegel,

muss ich mich abfinden mit Falten, die es

neulich noch nicht gab (was, wenn sie niemals angelegt

gewesen wären?). Also das bin ich, ewig dieses Ich, jenes Ich, noch

die Aknenarbe bin ich, das Loch im Zahn, und

irgendwann, vielleicht – die Lücke im Gebiß. Zuviel

von diesen Ichs, sie alle zu erfassen, alle als meine

zu verbuchen. Obwohl wir doch erst beim Körper sind.

Deutsche Fassung von Brigitte Oleschinski.

Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2009.


Tout arrive

французский | Dominique Fourcade

tout arrive y compris que la femme entre cou coupé dans ton
lit mais ce n’est rien par rapport à ce qui est arrivé quand j’ai
vu que Manet avait choisi ces mots comme en-tête de son papier
à lettres je les ai transcrits à la craie au tableau comme je fais
à chaque événement qui compte et, j’ai eu si peur, je les ai
aussitôt effacés j’avais conscience d’entrer dans un apprentis-
sage étincelant


Deuxième visite à l’exposition Mallarmé. J’ai rendez-vous avec
Olivier Cadiot. Je suis à l’heure mais Olivier, en avance, tourne
en m’attendant dans la première salle. Me montre illico le billet
de Manet remerciant Mallarmé de son soutien après le refus de
deux tableaux par le jury du Salon de 1874 – « tu as vu ça ? ».
Effectivement je l’avais vu lors de ma première visite ; le texte
de Manet est banal et parfaitement connu, et je ne comprends
pas ce qui mérite qu’on s’y attarde. « Non, ça ! », dit-il en
pointant sur l’en-tête du papier à lettres de Manet. Stupeur


– je lis la formule : « Tout arrive » , comment pareille magie
a-t-elle pu m’échapper ? J’étais loin d’avoir vu ça. Cadiot
aurait voulu me faire don de l’électricité et de la foudre qu’il
ne s’y serait pas pris autrement.


Ou bien :
deux mots se sont choisi un moi, c’est très ordinaire


Si j’avais été plus attentif, j’aurais trouvé mention de ce
papier à lettres dans la première édition de Mallarmé dans la
Pléiade, parue en 1945 et dont un exemplaire ne m’a pas
quitté depuis le milieu des années cinquante. Page 1619 Henri
Mondor note l’existence de la lettre et de la devise. Qui
n’auraient pas dû m’échapper non plus dans le livre de Juliet
Wilson-Barreau, Manet by himself, publié en 1991 – tout est
reproduit page 167. Où ai-je les yeux ? A quoi suis-je bon ?
C’est à hurler. J’ai toujours refusé de considérer qu’il y avait
un temps pour la bonne perception des choses et un temps où
elle est improbable : il n’y a aucune autorisation de ne pas
percevoir tout tout de suite. Mais le cerveau de la poésie est
parfois ultrarapide, parfois très lent, rien ne me désoriente
plus. Cerveau pourrissant.


l’effet celui de l’onde que crée un choc porté sur un câble tendu
l’onde parcourt le câble rebondit au point d’attache et revient
amplifiée au point de départ je n’ose poursuivre: nous mar-
chons sur un câble connu de nous seuls parfois même nous
marchons sur un câble qui nous est inconnu là pour le câble
je savais mais rien du choc qui m’attendait – surtout nulle
équivoque, pas la séduction du funambule ici – ce n’est que du
somnambulisme pauvre, et le câble est enfoui – ni équivoque
ni métaphore.


Dix années, il m’aura fallu tout ce temps, pour comprendre,
vérifier, vérifier-étaler, transcrire, étaler encore, l’intuition
selon laquelle les peintres, de Manet à Cézanne, avaient pensé
et réalisé le moderne de façon plus ample et plus fluide, plus
avancée plus aboutie que les écrivains du même temps. Dix
années et voici qu’en une seconde, la seconde que durent les
mots « tout arrive », cette poétique m’est exposée dans la plus
grande ouverture. En forme de vertige. Comme nue. Une très
précise seconde. Qu’aurais-je gagné si je n’avais pas manqué
les deux occasions ? Probablement rien, parce que la poésie est
aussi faite, criminellement, des occasions manquées, des som-
mations dont nous n’entendons le coup de feu que beaucoup
plus tard ; en somme, je dois l’admettre, elle est faite d’une
inattention fatale. Elle se tisse d’une série de revers. Olivier
Cadiot avait saisi en un rien de temps la bouleversante petite
banderole, bien au-delà du modernisme deux mots à jamais
dans la tête, sa beauté, tant d’instantanéité et tant et tant
d’implications, et je suis sûr qu’il pouvait savoir, bien que je
me sois gardé de m’en ouvrir à lui sur le moment, ce qu’ils
représentaient pour moi de résumé, d’éblouissement et de
relance.


mots
dalles
bascule
à Venise
tout le monde connait ça


Dans quel engrenage ai-je mis la main les souvenirs affleurent,
m’accusent, et je ne maîtrise plus rien : je comprends seulement
maintenant que j’ai aussi vu la lettre à Mallarmé dans l’expo-
sition Manet chez Huguette Berès en 1978 – j’étais alors au
bord de recommencer d’écrire, gaucherie, à fond d’inquiétude,
et pourtant... les deux mots... résonance... non, pas. Décidé-
ment ce que je fais relève d’un aveuglement sans frontière, au
moins aussi actif chez moi que toute autre faculté. Sans parler
d’une sportive surdité.


évidemment les conditions ont un peu changé avec les caméras
actuelles d’où je suis je vois dans ma tête la fleuriste composer
le bouquet se gratter penser à acheter un grille-pain piloter ma
journée j’en ai parlé aux gens du poème chez Canon on ne peut
plus se suffire de surveiller le trafic du boulevard périphérique
il y a aussi à filmer la croissance de la salade


À peine je lève le petit doigt je suis puni et vous ? Par exemple,
deux nuits après avoir fini, pour les Cahiers de la Bibliothèque
Littéraire Jacques Doucet, le texte relatant ma première visite


à l’exposition Mallarmé, un des textes les plus graves de ma
vie, j’osais enfin dire que dans le poème de Mallarmé, à qui
je dois tout mais il a fallu s’en arracher, tout n’arrive pas, et
il a fallu s’en arracher précisément quand j’ai eu compris,
j’avais entre trente et quarante ans, que tout n’arrivait pas,
eh bien la riposte n’a pas tardé, sous forme d’un cauchemar,
on me menottait à Mallarmé, qui sentait mauvais, et il s’est
mis à me donner des coups, à me mordre, et à mesure il se
transformait en furet, me faisant si mal que j’ai dû lui écraser
la tête avec mon talon, et il poussait des cris de putois, oui
c’est ça, un furet poussant des cris de putois, j’en ai vomi des
jours durant.


objets toutarrivesques sentinelles type le kaléidoscope lampe à
pétrole de l’enfance Marcel Proust
moments toutarrivesques solo de Dominique Mercy dans Nur
du c’est la souplesse de la structure qui autorise les émerveil-
lants moments-hommes
regard simplissime lanterne magique de discrètes séries


Dickinson Stein Oppen
pas de décrets
tous les instants du temps rentrent les uns dans les autres vers
les extérieurs et les points de la surface veulent les uns des
autres s’évadent immobiles


Si j’écris : comme je l’ai pressenti dans l’enfance, l’histoire de
la langue, de sa grammaire et de sa syntaxe à chaque instant
si violemment nouvelles, de son placement dans le temps sur
tous les points de la surface de la page, de son déportement
aux frontières toutes diagonales comprises, ce dans une simul-
tanéité presque affolante, n’est pas une histoire heureuse, car
il faut rompre non seulement avec ce qui est établi mais avec
ses maîtres les plus avancés et les plus chers, et renoncer même
à ses frères, et parce que, de toutes les phases énoncées en
ligne, aucune n’est au départ naturelle,
je mens un peu
car cette béance
je n’ajoute pas
que je m’y engouffre aujourd’hui


la caméra, l’installer sans se forcer
j’ai simplement indiqué au logiciel de capture les intervalles
auxquels prendre les clichés
et puis j’ai acheté un petit partagiciel
pas besoin d’incruster date et heure l’image dit d’elle-même ce
qu’il faut en savoir
Et pour la rafraîchir il suffit d’intégrer les instructions dans le
code HTML de la page Web. Pour cela, insérer la ligne ‹meta
http-equiv=«refresh» content=«30»› ; le chiffre 30, ou autre,
indique en secondes, la fréquence de rafraîchissement de
l’image.


je suis avec une fille dans les toilettes, qui identifie tout de suite
le sang de furet sur mes menottes, ne me demande même pas
le mot de passe, et qu’elle ne me dénonce pas me lie à elle pour
la vie


Voici ce que je pense : il n’y a pas eu, en ce siècle et demi,
d’événement plus décisif que le fait qu’un homme choisisse ces
deux mots pour poétique, qui ne sont pas wittgensteiniens, ou,
plus important, se laisse choisir par ces deux mots entêtants,
ou, plus important encore, agisse (dans son cas : peigne) comme
si ces deux mots allaient de soi, sorte d’adorable spinnaker,
mais il faut l’esprit le plus ouvert et le plus aventureux pour
régater sous cette voile.


sitôt que j’ai vu ça la journée s’est ouverte jusqu’à dissolution
et je n’ai que des obscurcissements à vous donner

© P.O.L., Paris
from: Est-ce que je peux placer un mot?
Paris: P.O.L., 2001
Audio production: 2002, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Geht alles

немецкий

geht alles auch daß diese frau durchschnittenen halses in dein bett steigt aber nichts ist das gegen das was vorging als ich sah daß Manet diese worte gewählt hat für seinen kopfbogen ich schrieb sie mit kreide an die tafel wie alles was zählt und, bekam solche angst, wischte sie sofort aus war mir bewußt einzutreten in eine leuchtende lehre


Zweiter Besuch in der Mallarmé-Ausstellung. Ich bin verabredet mit Olivier Cadiot. Ich komme pünktlich, aber Olivier war zu früh da, er sieht sich im ersten Saal um, während er auf mich wartet. Zeigt mir sofort den Zettel von Manet, auf dem er Mallarmé dankt für seine Unterstützung, nachdem die Jury des Salons von 1874 zwei seiner Bilder abgelehnt hatte. – “Kennst du das?" – Tatsächlich, hatte ich schon gesehen bei meinem ersten Besuch; die Worte Manets sind banal und wohlbekannt, ich begreife nicht, weshalb sie seine Aufmerksamkeit erregen. “Nein, hier!" sagt er und zeigt auf Manets Briefkopf. Verblüffung


– ich lese das Motto “Geht alles", wie konnte mir diese Magie entgehen? Hatte ich völlig übersehen. Hätte Cadiot mich mit der Entdeckung der Elektrizität oder einem Blitzschlag beschenken wollen, er hätte es nicht besser machen können.


oder auch:
zwei wörter suchten sich ein ich, das ist völlig normal


Wäre ich aufmerksamer gewesen, hätte ich einen Hinweis auf dieses Briefpapier in der ersten Mallarmé-Ausgabe der Pléiade von 1945 entdeckt, die mich seit Mitte der fünfziger Jahre begleitet. Auf Seite 1619 erwähnt Henri Mondor den Brief und das Motto. Was mir auch nicht hätte entgehen dürfen in dem 1991 erschienenen Band Manet by himself von Juliet Wilson-Barreau – ist alles auf Seite 167 reproduziert. Wo hatte ich bloß meine Augen? Bin ich blöd? Es ist zum Heulen. Immer habe ich mich dem Gedanken verweigert, es gebe etwas wie den richtigen Zeitpunkt für die Wahrnehmung bestimmter Dinge und andere Zeiten, in denen sie sich entziehen: nichts rechtfertigt doch, nicht alles auf der Stelle wahrzunehmen. Aber das Hirn der Dichtung arbeitet manchmal rasend schnell, dann wieder sehr langsam, nichts verstört mich mehr als das. Rottendes Hirn.


die wirkung die der welle die ein schlag gegen ein gespanntes seil erzeugt die welle läuft durch das seil schlägt an der befestigung auf und kehrt verstärkt zum ausgangspunkt zurück ich wage nicht weiterzugehen: wir laufen auf einem nur uns selbst bekannten seil manchmal auf einem das wir überhaupt nicht kennen hier dieses seil kannte ich aber ahnte den schlag nicht der mich erwartete – nur kein doppelsinn keine verführung durch den seiltänzer – kein doppelsinn keine metapher


Zehn Jahre, ich habe diese lange Zeit gebraucht, um die Intuition zu verstehen, sie zu prüfen, zu prüfen-entfalten, zu umschreiben, sie weiter zu entfalten, mit der die Maler von Manet bis Cézanne die Moderne dachten und umsetzten, umfassender und freier, weitsichtiger und vollkommener als die Schriftsteller derselben Zeit. Zehn Jahre, und jetzt, in einer Sekunde, der Sekunde, die die Worte “geht alles" dauern, offenbart sich mir ihre ganze Poetik. Als schwindelerregende Erscheinung. Gleichsam nackt. Die präziseste Sekunde. Was hätte ich gewonnen, wenn ich die beiden Gelegenheiten nicht verpaßt hätte? Wahrscheinlich nichts, weil die Poesie selbst, kriminellerweise, aus verpaßten Chancen besteht, aus Aufforderungen, zu denen wir den Auslöser erst viel später erkennen; im Grunde, muß ich zugeben, besteht sie aus schicksalhafter Unaufmerksamkeit. Sie fügt sich zusammen aus einer Serie von Fehlschlägen. Olivier Cadiot hatte den beunruhigenden kleinen Spruch im Nu verstanden, weit über den Modernismus hinaus zwei Worte, die für immer im Sinn bleiben, ihre Schönheit, etwas so Augenblickliches und Folgen und Folgen daraus, und ich bin sicher, er hat es wissen können, obwohl ich mich gehütet habe, ihm in diesem Moment zu verraten, was sie mir bedeuten an Dichte, blendendem Reiz und neuem Schwung.


Worte
Steinplatten
Waage
in Venedig
das kennt jeder


In welche Presse habe ich meine Hand gesteckt, die Erinnerungen quellen hervor, klagen mich an, und ich beherrsche nichts mehr: jetzt erst begreife ich, daß ich den Brief an Mallarmé auch 1978 bei Huguette Berès in der Manet-Ausstellung gesehen habe – damals war ich beinahe soweit, wieder zu schreiben, Unbeholfenheit, Ängste im Hintergrund, und doch ... die beiden Worte ... Widerhall ..., nein, das nicht. Entschieden kommt das was ich unternehme aus einer grenzenlosen Blindheit, die mindestens ebenso wirksam ist wie jede andere meiner Fähigkeiten. Ganz zu schweigen von sportlicher Taubheit


offenkundig haben sich die verhältnisse ein wenig verändert mit den heutigen kameras dort wo ich bin sehe ich ím geist die floristin einen strauß zusammenstellen sich kratzen an den kauf eines toasters denken meinen tag steuern ich habe den gedichtleuten bei Canon davon erzählt daß es nicht reicht den verkehr auf dem außenring zu überwachen auch das wachsen des salats muß gefilmt werden


Kaum rühre ich den kleinen Finger, schon werde ich bestraft, und ihr? Zum Beispiel, zwei Nächte nachdem ich den Text beendet hatte, für die Cahiers de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, der meinen ersten Besuch


in der Mallarmé-Ausstellung schildert, einen der gewichtigsten Texte meines Lebens, wagte ich endlich zu sagen, daß in dem Gedicht Mallarmés, dem ich alles verdanke, doch mich davon losreißen mußte, nicht alles geht, und mußte mich davon losreißen gerade als ich begriff, ich war zwischen dreißig und vierzig, daß nicht alles ging, und prompt ließ die Antwort nicht auf sich warten, in Form eines Albtraums, man klickte mich mit Handschellen an Mallarmé, er roch schlecht und fing an, mich zu schlagen, zu beißen, und dabei verwandelte er sich langsam in ein Frettchen, tat mir so weh, daß ich seinen Kopf zertreten mußte mit meinem Absatz, und er schrie wie ein Iltis, ja, genau das, ein Frettchen, das wie ein Iltis schrie, und ich kotzte tagelang.


geht-alles-objekte wachposten nach art des kaleidoskops petroleumlampe aus der kindheit des Marcel Proust
geht-alles-momente solo von Dominique Mercys in Nur du die
geschmeidigkeit der struktur die die erstaunlichen menschen-momente
erlaubt
einfältigster blick laterna magica der diskreten serien


Dickinson Stein Oppen
keine vorschriften
alle augenblicke der zeit schieben sich ineinander zu den außenseiten und
die oberflächenpunkte wollen einander entfliehen sich unbeweglich


Wenn ich schriebe: wie ich schon in der Kindheit empfand, die Geschichte der Sprache, ihrer Grammatik und ihrer Syntax in jedem Augenblick so überwältigend neu, ihre Anlage in der Zeit über allen Oberflächenpunkten, ihre Verschiebung zu den Grenzen einschließlich aller Diagonalen, ist es keine glückliche Geschichte, denn wir müssen nicht nur mit den avanciertesten und am meisten geschätzten Vorbildern brechen, sondern uns auch von Brüdern lossagen, weil, alle Phasen aufeinanderfolgend ausgesprochen, keine mehr naturgemäß die erste ist,
würde ich ein wenig lügen
denn dieses Klaffen
ich erwähne gar nicht
daß ich mich hineinstürze heute


die kamera, sie einrichten ohne sich anzustrengen
ich legte einfach im Screenshotprogramm die Intervalle für das
Zwischenspeichern fest
und dann erwarb ich ein kleines Sharewareprogramm
nicht nötig Datum und Uhrzeit einzufügen das Bild sagt schon alles was
man wissen muß
Und zum Aktualisieren reichen die HTML-Anweisungen von der Webseite.
Einfügen der Zeile ‹meta http-equiv=«refresh» content=«30»› ; dabei
bedeutet 30, oder eine andere Zahl, in Sekunden die Häufigkeit der
Aktualisierung des Bildes.


ich bin zusammen mit einem mädchen in einer toilette, das sofort das frettchenblut auf meinen handschellen erkennt, mich nichtmal nach dem paßwort fragt, und daß sie mich nicht anzeigt, fesselt mich lebenslang an sie


Das ist es, was ich darüber denke: es hat, in diesen anderthalb Jahrhunderten, kein wichtigeres Ereignis gegeben als den Umstand, daß ein Mann sich diese beiden Worte zur Poetik wählte, die nichts Wittgensteinisches haben, oder, noch wichtiger, sich von diesen beiden zu Kopf steigenden Worten wählen ließ, oder, noch viel wichtiger, sie handhabte (in seinem Fall: malte), als verstünden sie sich von selbst, eine Art wunderbarer Spinnaker, aber es braucht den offensten und abenteuerlichsten Geist, um dieses Segel zu blähen.


sobald ich das gesehen hatte, öffnete sich der tag bis zum zerfließen und ich habe euch nichts mehr zu geben als finsternisse

Übersetzt von Brigitte Oleschinski

Przegapiłem swój moment

польский | Tadeusz Dąbrowski

A jak go nie przegapić, czytając w internecie
jutrzejszą prasę, słysząc piosenki białych karłów
rocka, którzy udają supernowe. Widząc,

jak tsunami sprzed lat nadal pochłania te same
wioski, a wieże World Trade Center co noc
w pośpiechu odbudowuje się po to, by mogły leniwie

runąć za dnia. No, powiedz, jak nie przegapić swojego
momentu w świecie, w którym jedna gazeta
ukazuje się w czterech wersjach: zachowawczej,

postępowej, umiarkowanej i bez tekstu. W czasach,
gdy niewykorzystane minuty przechodzą na następny
miesiąc. Przegapiłem swój moment. Kiedy, gdzie?

A może to on przegapił mnie? Zniknął
za horyzontem, roztył się nieskończenie.

I czeka.

© Tadeusz Dąbrowski
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Ich habe meinen Augenblick verpasst

немецкий

Wie soll man ihn auch nicht verpassen, wenn man im Internet
die Zeitung von morgen liest, die Songs der schwach leuchtenden Rock-
Sternchen hört, die sich als Supernovas ausgeben. Wenn man sieht,

wie der Tsunami von vor Jahren immer noch dieselben
Dörfer verwüstet und die Türme des World Trade Centers sich jede Nacht
rasend schnell selbst wieder aufbauen, um dann am Tag faul

wieder einzustürzen. Ja, sag, wie soll man ihn auch nicht verpassen,
seinen Augenblick, in einer Welt, in der eine Zeitung
in vier Versionen rauskommt: einer konservativen,

einer liberalen, einer gemäßigten und einer ohne Text? In Zeiten,
in denen die ungenutzen Minuten aufs Konto des nächsten Monats
gutgeschrieben werden. Ich habe meinen Augenblick verpasst. Wann, wo?

Oder vielleicht hat er mich verpasst? Ist hinter dem
Horizont verschwunden, hat sich ausgebreitet in die Unendlichkeit.

Und wartet.


Aus dem Polnischen von Andre Rudolph


- - - - - - - Alternative Übersetzung - - - - - - - 

Ich habe meinen entscheidenden Augenblick verpaßt

Aber wie wäre er denn nicht zu verpassen, während wir im Internet
die Zeitungen von morgen lesen und die Rocksongs weißer Zwerge
hören, die Supernovas imitieren. Während wir zusehen,

wie derselbe verjährte Tsunami wieder und wieder dieselben
Dörfer verschlingt und die Türme des World Trade Centers jede Nacht
blitzschnell wiederaufgebaut werden, damit sie am Tag nochmal langsam

zusammenstürzen können. Mensch, wie wäre der entscheidende Augenblick
nicht zu verpassen in einer Welt, in der jede Zeitung
in vier Versionen erscheint: eine konservativ,

eine progressiv, eine gemäßigt und eine ohne Text. In Zeiten,
in denen wir die unverbrauchten Minuten auf den nächsten
Monat übertragen. Ich habe meinen Augenblick verpasst. Wann, wo?

Oder hat er vielleicht mich verpasst? Verschwunden
hinter dem Horizont, unendlich aufgebläht.

Und wartet.

Deutsche Fassung von Brigitte Oleschinski.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2009.


Wiersz współczesny

польский | Tadeusz Dąbrowski

jest jak nietoperz,
zamieszkuje piwnice,
poddasza, jaskinie,
w dzień śpi,
poluje w nocy,
wisi głową w dół.

Trzeba wielkiej wyobraźni,
by go porównać do ptaka.

Jest ślepy,
wysyła sygnały,
odbiera sygnały.
Można powiedzieć: słyszy
jedynie samego siebie.

Kiedyś sądzono, że żywi
się ludzką krwią, ale on
zadowala się muchą,
chrabąszczem albo ćmą.

Gdy byłem mały,
wychodziłem o zmierzchu
„na nietoperze”.

Rzucałem w górę kamienie,
a nietoperz pikował
za nimi, w ostatniej chwili
orientował się, że
to podstęp i natychmiast
korygował lot.

Zdarzało się, że gdy kamień
był większy, nietoperz w niego
uderzał i spadał na ziemię. Poezja,

jeśli jest, przypomina
dziś kamyk,
czasem cegłę.

© Tadeusz Dąbrowski
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Das zeitgenössische Gedicht

немецкий

ist wie eine Fledermaus,
bewohnt Kellergewölbe,
Dachkammern, Höhlen,
am Tag schläft es,
es jagt nachts,
kopfüber hängt es herab.

Es wäre einige Phantasie nötig,
es für einen Vogel zu halten.

Es ist blind,
es sendet Signale,
empfängt Signale.
Man könnte sagen: Es hört
allein sich selbst.

Früher nahm man an, es ernähre
sich von menschlichem Blut, aber es
begnügt sich mit Fliegen,
einem Maikäfer, einer Motte.

Als ich ein Kind war,
ging ich in der Dämmerung nach draußen,
“auf Fledermausjagd”.

Ich warf Steine in die Höhe,
die Fledermaus schnappte
nach ihnen, im letzten Moment
merkte sie, dass es
ein Anschlag war und korrigierte
sofort die Flugbahn.

Wenn der Stein größer war, kam es vor,
dass die Fledermaus dagegenknallte
und zu Boden fiel. Die Dichtung,

wenn es sie gibt, erinnert
heute an einen Kiesel,
manchmal an einen Ziegel.


Aus dem Polnischen von Andre Rudolph

- - - - - - - Alternative Übersetzung - - - - - - -

Zeitgenössische Lyrik

ist wie eine Fledermaus,
bewohnt Keller,
Dachböden, Höhlen,
tagsüber schläft sie,
jagt in der Nacht,
hängt kopfunter.

Man bräuchte reichlich Phantasie,
sie mit einem Vogel zu vergleichen.

Sie ist blind,
sendet Signale,
empfängt Signale.
Man kann sagen: sie hört
nur sich selbst.

Früher glaubte man, sie ernähre
sich von Menschenblut, aber sie
begnügt sich mit einer Fliege,
einem Maikäfer, einer Motte.

Als ich klein war,
ging ich in der Dämmerung
„nach den Fledermäusen”.

Ich schleuderte Steinchen in die Luft
und die Fledermaus stürzte sich
auf sie, begriff im letzten Augenblick
die Täuschung und auf Anhieb
änderte sie ihre Flugbahn.

Bei einem größeren Stein kam es
vor, dass sie dagegen prallte
und zu Boden fiel. Die Poesie,

wenn es sie gibt, gleicht heute
einem Kiesel,
manchmal einem Ziegel.

Deutsche Fassung von Brigitte Oleschinski.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2009.


[Piątek]

польский | Tadeusz Dąbrowski

Piątek: chodzę po mieście, którego harmonii
nie jest w stanie zachwiać nawet sąsiedztwo kościołów
i burdeli, cmentarzy i solariów, przed chwilą
przeszła tędy pewnym krokiem burza, gałęzie
starych drzew kołysały się bezwolnie jak
nastolatki w filmach porno, chodzę po mieście,
spotykam poetów, muzyków, malarzy, dzieci
rewolucji ’68, siedzą w kawiarniach
jak orzechy we wnętrzu wielkiego tortu, czasami
marzą tylko o tym, żeby ktoś im ustąpił
miejsca w tramwaju, lecz nie mają odwagi
się o to upomnieć, chodzę i słucham „Requiem”
Mozarta, zadając sobie pytanie, kto z nas
zasługuje na takie pożegnanie, na taką
cześć. Rozpogadza się, w parku koścista pani
czyta Biblię, kawałek dalej młodzi udają,
że chcą się rozmnożyć. Trafiam na pomnik Keplera
i jego pierwsze prawo: planety poruszają się
po elipsach. Dokąd jeszcze zaprowadzi mnie
święta geometria tego miasta. Turysto z Polski,
otwórz się, usiądź na trawie, spójrz na wróble,
zrozum wreszcie, że park nie jest zgwałconym lasem.

© Tadeusz Dąbrowski
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

[Freitag]

немецкий

Freitag: ich streife durch die Stadt, deren Harmonie
nichtmal die Nachbarschaft von Kirchen
und Puffs, Friedhöfen und Sonnenstudios stört, vorhin
zog hier mit festem Tritt ein Gewitter durch, die Äste
der alten Bäume wippten haltlos mit wie
Teenies in Pornofilmen, ich streife durch die Stadt,
treffe Dichter, Musiker, Maler, Kinder
der Revolte von ’68, sie hocken in den Cafés
wie Nüsse im Inneren einer großen Torte, inzwischen
nur noch davon träumend, dass jemand in der Straßenbahn
ihnen seinem Sitzplatz anbietet, aber sie haben nicht den Mut,
darauf zu bestehen, ich streife umher und höre das „Requiem”
von Mozart und frage mich, wer von uns denn
einen solchen Abschied verdiente, solche
Ehre. Es heitert sich auf, im Park liest eine knochendürre Frau
in der Bibel, ein Stück weiter simuliert Jugend das Vermehren.
Ich stoße auf ein Denkmal von Kepler
und sein erstes Gesetz: die Umlaufbahnen der Planeten sind
Ellipsen. Wohin führt mich
die heilige Geometrie dieser Stadt noch. Tourist aus Polen,
entspann dich, setz dich ins Gras, schau auf die Spatzen,
kapier doch, der Park ist kein vergewaltigter Wald.

Deutsche Fassung von Brigitte Oleschinski.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2009.

[Кто наблюдает рассвет в грандиозной восточной столице...]

русский | Elena Fanajlova

Кто наблюдает рассвет в грандиозной восточной столице,
Вряд ли забудет её золотые кошачьи глаза,
Чёрное жерло метро в половине седьмого утра
Между Спортивной и Фрунзенской; вскрытое горло реки;
Призрачный стадион, очертания тайные метеобашен;
Хрупкую казнь тараканов янтарных на кухне,
Меднокрылых и лёгких, безумных, как ветер;

Вряд ли забудет, как кожа превращается в газировку:
Пузырьки прозрачных мурашек бегут по ней.

(1989)

© Елена Фанайлова
from: Путешествие
Санкт-Петербург: Северо-Запад-Митин журнал, 1994
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Den Sonnenaufgang sehen in der grandiosen östlichen Hauptstadt...]

немецкий

Den Sonnenaufgang sehen in der grandiosen östlichen Hauptstadt, unvergesslich
ihre goldenen Katzenaugen über dem schwarzen Schlund
der Metro um halb sieben morgens zwischen den Stalin-
Stationen Sportivnaja und Frunsenskaja, die klaffende Kehle
des Flusses, das unwirkliche Stadion, die blassen Umrisse der Meteomasten;
die in einem Knirschen hingerichteten Kakerlaken in der Küche, ihre bernsteinfarben
gehungerten Flügeldecken, ein heller, verstörter Wind;

unvergesslich, wie die Haut erschauert wie Sprudelwasser in lauter durchsichtig
drüber hinlaufenden Ameisenbläschen

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[totes les pedres del cami, totes]

каталанский | Anna Montero

totes les pedres del camí, totes
les ones del camp i els solcs
que la mar solquen.
tots els núvols de la nit
i els estels que l'habiten
de nit i de dia a l'argila
dormen. tots els passos
que has fet i tots els camins
que et porten i els vaixells
que has vist salpar
i els que somien
al fons de totes les mars.
i els tu i jo que fórem
i els tu i jo que serem.
i tots els somnis que somiàrem
i tot l'espai que a dintre s'arbra
i tot l'espai...

© Eumo Editorial
from: com si tornés d’enlloc
Barcelona: Eumo Editorial, 1999
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

[alle steine auf dem weg, alle...]

немецкий

alle steine auf dem weg, alle
wellen im feld und die furchen
die das meer pflügen.
alle wolken in der nacht
und die sterne, die in den nächten wohnen
und bei tag schlafen sie
im lehm. alle schritte
die du getan und alle wege
die dich führen und die schiffe
die du hast ausfahren sehen
und die, die träumen
auf dem grund aller meere.
und du und ich, wie wir waren
und du und ich, wie wir werden.
und alle träume, die wir schon träumten
und all dieser raum, der sich im innern verzweigt
wie ein baum
all dieser raum ...

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

[hem vist ja tants vaixells salpar]

каталанский | Anna Montero

com el riu que ens porta subterrani d’edat en edat.
          m’espanta el murmuri de tant de silenci entre les  roques
          que les aigües llepen, i un cel tan buit a sobre.


hem vist ja tants vaixells salpar.
a l'horitzó un velam pot ser el núvol
o potser l'estela d'un record.
però quin temps estrany ens creix a dintre.

tots els ports de totes les ciutats
tenen un nom.
secretament l'hem buscat
pels viaranys de la paraula.
secretament tu i jo,
al fons de la paraula
o entre la remor dels dies.

© Proa
from: serenitat de cercles
Barcelona: Proa, 2004
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

[so viele schiffe sahen wir schon stechen in see...]

немецкий

so viele schiffe sahen wir schon stechen in see
die segel am horizont vielleicht eine wolke
oder die kielspur einer erinnerung.
welch erstaunliche zeit wächst ins uns.

all die häfen aller städte
haben einen namen.
geheimere suchten wir ihnen
in den irrgärten der wörter
heimlich du und ich
am grund aller worte
oder im rauschen der tage.

wie der fluss, der uns unterirdisch von alter zu alter trägt
erschreckt mich das murmeln von soviel stille inmitten der felsen
an denen das wasser leckt. und ein so leerer himmel darüber.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

[he habitat la teua pell]

каталанский | Anna Montero

he habitat la teua pell,
els teus somnis.
enllà de tu i de mi
una nostàlgia de vells horitzons
s'insinua.
des de la llum més incerta
veurem passar les nits, els dies,
la fosca i les distàncies.
veurem passar el seguici
dels absents,
i la por ens mirarà per la finestra.

he habitat la teua pell
i els teus somnis
i dins la casa hem bastit
una estança o un riu
que ens porta
vers altres somnis
que potser ens somiaran
fins a la mirada última.

© Proa
from: serenitat de cercles
Barcelona: Proa, 2004
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

[ich habe in deiner haut gewohnt...]

немецкий

ich habe in deiner haut gewohnt
in deinen träumen.
draußen von dir und mir
das alte verlangen nach uralten
horizonten.
in einer ahnung von licht
sehen wir die nächte vergehen, die tage
die dunkelheit, die entfernungen.
sehen den zug der abwesenden
ziehen
und die angst schaut nur zum fenster herein.

ich habe in deiner haut gewohnt
und in deinen träumen
und im haus haben wir uns ein floß
gefügt oder einen fluss
der uns trägt
hin zu anderen träumen
die vielleicht uns sich erträumen
bis zum allerletzten blick.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

[Чёрным по белому, с блистающей слюнкой на подбородке...]

русский | Elena Fanajlova

Чёрным по белому, с блистающей слюнкой на подбородке,
Выбрей мне голову, подождём, подождём,
Как Фредерик Балсара, в фашистском кителе сверху,
В клоунских красных штанах, в бархате, в разных шелках.

Помнишь, во сне ты летала, как женский ангел могил,
Мимо земли и воды, и погибших истлевших сердца загорались,
Под океаном утопленники отдавали салют,
Как если бы ты была их капитан,

Девочка-мальчик с собакой в ногах, надгробие, Мнемозина,
Парковая скульптура, гермафродитка, эфеб,
Чудная девичья мумия с киноварным румянцем,
В кольцах-браслетах серебряных и золотых.

(1993)

© Елена Фанайлова
from: Путешествие
Северо-Запад — Митин журнал, 1994
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Schwarz auf weiss, ein glibbriges Speicheltröpfchen am Kinn...]

немецкий

Schwarz auf weiss, ein glibbriges Speicheltröpfchen am Kinn:
Rasier mich kahl - finden wir raus, was passiert -
wie Frederic Bulsara, oben die Nazi-Uniform, unten
die rote Pumphose, in Samt und Seiden.

Erinnere dich, im Schlaf bist du geflogen wie eine Grabengelin,
über Erde und Wasser, die zerfallenden Herzen der Toten entflammend,
  während unten
im Ozean die Ertrunkenen salutierten, als wärst du
ihr Kapitän,

ein Tomboy mit einem Hund zu Füssen, Grabmal, Mnemosyne,
Skulpturen im Park, hermaphroditischer Ephebe
oder die wundersame Mädchenmumie mit zinnobergefärbten Wangen,
mit Ringen und Armreifen aus Silber und Gold.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[Человеческая ласка и забота...]

русский | Elena Fanajlova

Человеческая ласка и забота
Долго, долго в чёрном теле
Были все измучены посредством взвода или КЗОТа,
Серной кислоты и жидкого азота
Лёгкие тела, вы быстро опустели

Ничему не надо оправданий
В мёртвом доме, материнском лоне
Нужно быть суровее и непреклонней,
Словно трахаешься в каменном гондоне
Хитроумнее и изощрённей,
Словно предстоишь ментам на беженском кордоне

Нужно зажимать в зубах свинцовый карандашик,
Как безрукий пишет, а слепой рисует
А безногий пляшет
А другое не интересует

(1999)

© Елена Фанайлова
from: Трансилъвания беспокоит
Москва: О. Г. И., 2002
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Zärtlichkeit, menschliche Fürsorge...]

немецкий

Zärtlichkeit, menschliche Fürsorge –
wie lange, lange alle geschunden unter der Knute von Truppe und
Arbeitslager,

von Schwefelsäure zerfressen, von flüssigem Stickstoff,
billige Knochen, schnell aufgelöst

Nichts muss sich rechtfertigen
in diesem Totenhaus von einem Mutterschoss,
der uns hart und unbeugsam will
wie einen Fick mit einem steinernen Präser,
uns schlau und durchtrieben will
wie beim Zusammenstoß mit den Bullen am Flüchtlingszaun

Wir können uns nur den bleiernen Stift zwischen die Zähne klemmen,
schreiben wie ein Armloser schreibt und ein Blinder malt
und ein Beinloser tanzt.
Und sonst zählt nichts.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[С лицом, подтаявшим, как леденец, с грустным лицом...]

русский | Elena Fanajlova

С лицом, подтаявшим, как леденец, с грустным лицом,
Будешь губы облизывать, таять, чай пить,
О, ещё не скоро зима, — дети в автобусе сообщат,
Очарованные, с повязками на глазах,
С чёрными, белыми кошками, как насвистел Ариэль,
С прозрачным профилем, с половинкой Луны во рту,
Со звёздочкой из фольги на скуле,
Ни о чём вспоминать не будешь, ни о боли, ни о чём,
Целый год с ароматической палочкой взаперти,
С алмазной пылью под кожей, с оптикой для чудес,
С хвойным, ментоловым запахом смерти, пока осядет в ноздрях,
С голубым излучающим мозгом, со счётчиком Гейгера в головах,
С чёрными созвездиями наяву.

(1992)

© Елена Фанайлова
from: Путешествие
Санкт-Петербург: Северо-Запад — Митин журнал, 1994
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Das Gesicht dahinschmelzend wie ein Bonbon, verloren...]

немецкий

Das Gesicht dahinschmelzend wie ein Bonbon, verloren
wirst du dir die zergehenden Lippen lecken, Tee trinken,
O, ist noch lange nicht Winter - verkünden die Kinder im Bus,
ihre Augen verzaubert von schwarzen
und weissen Katzen, die Ariel herbeiflötet, so durchsichtig
im Profil, einen halben Eismond im Mund und silberne
Sternchen auf den Jochbeinen, während du
dich an nichts erinnern wirst, weder den Schmerz noch irgendwas,
ein ganzes Jahr lang einschlossen mit einem Räucherstäbchen,
dem Diamentenschauder auf der Haut und einem Zauberspiegel
im Fichtennadel-, im Mentholduft des Todes, der sich in die Nasenlöcher
setzt, blau strahlendes Gehirn wie ein Geigerzähler am Kopfende
und schwarze Sternbilder in aller Wirklichkeit.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[Ну, такого никто не простит...]

русский | Elena Fanajlova

Ну, такого никто не простит,
Как сказал гомофоб-сосед,
Разве что судья-трансвестит,
Доставая за всех кастет.

(2001)

© Елена Фанайлова
from: Трансильвания беспокоит
Москва: О. Г. И., 2002
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Na bitte, sowas verzeiht keiner...]

немецкий

Na bitte, sowas verzeiht keiner,
gab der homophobe Nachbar zu,
als der Transvestit in der Richterrobe
auf ihn mit dem Schlagring losging

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[Нет, не хочу я в Москву, чтобы видеть там что?...]

русский | Elena Fanajlova

Нет, не хочу я в Москву, чтобы видеть там что?
Вот ни Красную площадь, ни Лобное место.
Ни Василья Блаженного, ни Ивана Великого.
Ни, тем более, Рижский вокзал.
И ни площадь Сен-Марко, ни Ринген-Штрассе,
Ни музей Виктории и Альберта,
Ни имперскую архитектуру, ни Александер-плац,
Ни тебя, потому что у этой любови немецкий язык,
Ни цепочку огней с высоты, ни звезду Марлен
На асфальте южного города, белый шёлк, ацетилен,
Ничего романского, пышного, жизнелюбивого,
Ничего барочного, великого.

А хочу я Петровский сквер, Первомайский сад,
Где тусуются гомики возле белого туалета,
Маленькую церковь, где бедные, жалкие фрески,
Ветхий театрик, красный и золотой,
Где три дивы поют фальшивыми голосами,
Где заезжие авантюристы, как в девятнадцатом веке,
Итальянские гастролёры, глотатели змей, толпа,
Здания жёлтые с белым и голубые в снегу,
Словом, нечто попранное, лишённое величья,
Трогательное, означающее распад, несовершенство.

И вот, не забыть о самых лучших на свете,
О волшебниках “Парцифаля”, о ледяных дудках,
О том, как весна хотела к нам в сердце, и мы гуляем
И спускаемся медленно с сине-зелёной горы.

(1995)

© Елена Фанайлова
from: С особым цинизмом
Москва: Новое литературное обозрение, 2000
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Nein, ich will nicht nach Moskau, was wollte ich da sehen?...]

немецкий

Nein, ich will nicht nach Moskau, was wollte ich da sehen?
Keinen Roten Platz, keine Schädelstätte dort,
Keinen Seligen Vasilij, keinen Ivan den Schrecklichen.
Und erst recht nicht den Rigaer Bahnhof.
Auch keinen San-Marco-Platz, keine Ringstrasse,
kein Victoria-und-Albert-Museum,
keine wilhelminische Architektur, keinen Alexanderplatz,
nichts von dir, weil diese Liebe deutsch spricht.
Keine Lichterkette von oben, keinen Marlene-Stern
auf dem Asphalt einer südlichen Stadt, weisse Seide, Acetylen,
nichts Romanisches, Prunkvolles, Überschäumendes,
keinen Barock, keine Größe.

Ich will Woronesch, den Petrowskij Skwer, den Perwomainskij Sad,
wo die Schwulen rumhängen vor der weissen Toilette,
die kleine Kirche mit ihren armselig kläglichen Fresken,
das baufällige Theaterchen, golden und rot,
in dem drei Diven singen mit verstellter Stimme,
reisende Glücksritter wie im neunzehnten Jahrhundert,
italienische Gaukler, Schlangenschlucker, gaffende Menge,
die Gebäude gelb mit Weiss und blau im Schnee,
etwas Profanes also, ohne Anspruch, etwas
Rührendes in seinem Verfall, seinen  Mängeln.

Gar nicht zu reden von den Besten der Welt,
den Zauberern im "Parzifal", der eisigen Sphärenmusik,
als der Frühling uns ins Herz drang, und wir gehen spazieren
und steigen langsam den blau-grünen Hügel herab.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[Каждый считает, что с ними бог...]

русский | Elena Fanajlova

Каждый считает, что с ними бог.
Рубит друг друга, как дровосек,
Чертит рубины наискосок,
Падает мордой в снег.

Они полагают, что с ними Он,
Садясь в телячий вагон,
Доставая калашниковы палаши
(Чёрная ночь душный барак жирные вши)

Они уверяют, идя на убой,
Ненавидя, срываясь на вой,
Что с ними Бог, с его стороной,
С евонной червонной братвой.

Он уже обессилел и вышел весь
На полях сердечных сражений,
И Его любовь существует здесь,
Как политика пыток и унижений.

У Него не хватает ни рук, ни глаз,
Вседержителя многоочита,
Проследить, чтоб прилично на этот раз,
Не как висельник и пидарас,
Умер Сын Его нарочито.

Я пишу этот малопристойный памфлет,
Полный общеизвестных истин,
В каковом действительной скорби нет:
Всё равно Он всем ненавистен.
Всё равно Он всем неизвестен,
Как последний во тьме солдат.

(1998)

© Елена Фанайлова
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Gott mit uns!, glauben sie immer...]

немецкий

Gott mit uns!, glauben sie immer,
wenn sie einander umhacken wie Holzfäller,
mit einem einzigen blutigen Säbelhieb,
auf die Fresse fallend im Schnee.

Glauben noch, dass ER mit ihnen sei,
wenn man sie in die Viehwaggons treibt
mit gezückten Kalaschnikows oder Macheten
(schwarze Nacht schwüle Baracke fette Läuse)

Beschwören IHn auf dem Weg zur Schlachtbank,
aufheulend im Hass, dass GOtt doch
bloss ihnen gehöre
und ihrer verdammten Gaunerbande

ER schon ganz fertig und abgekämpft
auf diesen Schlachtfeldern in allen Herzen,
auf denen SEine Liebe nur zu
Martern und Demütigung dient

ER hat nicht genug Arme, nicht genug Augen,
der Allmächtige, Allsehende, um
wenigstens diesmal SEinen Sohn anständig,
nicht als Gehenkten, als armseliges Arschloch,
sterben zu lassen

Ich schreibe dies eher unanständige Pamphlet
voll Binsenweisheiten trotzdem
ohne echte Wehmut:
Sowieso ist ER doch allen verhasst,
sowieso erkennt IHN keiner mehr,
den letzten Soldaten in der Finsternis.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

[Все, бл., Лили Марлен...]

русский | Elena Fanajlova

Все, бл., Лили Марлен.
Воздуха больше нет.
Слышно, как предают.
Стоит ли жить в плену?
Кто заключает в плен?
Я до сих пор живу.

— Я тебя прокляну, —
Жизнь говорит врачу.
Вызова не приму.
Если она опять
Клеится, бл., ко мне,
— Я её не хочу.

(2000)

© Елена Фанайлова
from: Трансилъвания беспокоит
Москва: О. Г. И., 2002
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

[Sch..., das war's, Lilli Marleen...]

немецкий

Sch..., das war's, Lilli Marleen,
kriegst keine Luft mehr,
verraten von jedem Atemzug.
Muss man in diesem Gefängnis bleiben?
Wer sperrt uns ein?
Noch lebe ich.

"Ich verfluche dich!"
sagt die Liebe zum Lungenarzt.
Ich lass mich nicht fordern zu diesem Duell.
Wenn sie wieder, ach Sch....,
wie eine Klette an mir klebt,
"Ich mach's nicht!"

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

(από την ΚΩΜΩΔΙΑ)

греческий | Stratis Paschalis

Είδα προχτές την Ομορφιά
να μπαίνει αδιάφορη
σ' ένα βαγόνι

στο δρόμο οι άνθρωποι περνούσαν
αγέλαστοι ανεξερεύνητοι κι ίσως μοιραίοι

© Stratis Paschalis
from: Komodía [Comedy / Komödie].
Athen: To Rodakio, 1998
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

[aus dem Band KOMÖDIE]

немецкий

vorgestern sah ich die Schönheit
ganz beiläufig ein Abteil
betreten

draußen gingen mürrische Menschen vorbei,
unfaßlich und fast verhängnisvoll

Deutsche Nachdichtung von Brigitte Oleschinski

Wieder die Wespe sein, die morgens

немецкий | Brigitte Oleschinski

durch ein fremdes Zimmer taumelt, flirrend hoch
über den Baustellenwaben, den weit in den Beton hinaus gefächerten

Lastwagentrassen, den am Boden verstreuten Wäsche-
stücken, Bungee war das

an einem Seidenfaden, Bun-

gee –

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Weer een wesp zijn, die 's ochtends

голландский

door een vreemde kamer tolt, trillend hoog
boven de bouwwerfraten, de ver in het beton uitgewaaierde

vrachtwagentracés, op de grond verspreide stukken
wasgoed, bungee was het

aan een zijden draad, bun-

gee –

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


Wie der hüpfende Atem

немецкий | Brigitte Oleschinski

des Akkordeons hier die Fetzen übers Pflaster treibt, die alle im selben Viertel
wohnen, in derselben Niederlage. Getarnt. Zwischen Radkappe

und Rinnstein grinst ein verklemmter Heliumfisch, schlaffsilbern
von Kieme zu Kieme, der hauchblassen Snifftüte nach, die umherweht, bis sie
die Stufen findet. Zögert, sich umstülpt und auf ihren Ballerinastümpfen

aufwärts tanzt, weil im selben Luftschwall der Fisch
sich aufrichtet und applaudiert

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Zoals de huppelende adem

голландский

van de accordeon hier de flarden over straat jaagt, die allemaal in dezelfde wijk
wonen, in dezelfde nederlaag. Gecamoufleerd. Tussen wieldop

en gootsteen grijnst een verkrampte heliumvis, slapzilver
van kieuw tot kieuw, het ragbleke snuifzakje achterna, dat rondwaait, tot het
de treden vindt. Aarzelt, binnenstebuiten draait en op ballerinastompen

omhoog danst, omdat in dezelfde stortvloed van lucht de vis
zich opricht en applaudisseert

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


Wie das trudelnde, trudelnde Linden-

немецкий | Brigitte Oleschinski

blatt, mitten im zärtlichsten Blutbad, berührt
deine Hand mich, viel zu blond

flammt

aus der Schulter jetzt
dieser steile

Achilles-

flügel

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Als het dwarrelende, dwarrelende linden-

голландский

blad, midden in het tederste bloedbad, raakt
je hand me aan, veel te blond

vlamt

nu uit je schouder
deze steile

Achilles-

vleugel

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003



sistema filosòfic sobre fons roig

каталанский | Anna Montero

al fons, dius, és el roig.
i tant se val l'esclat de sang
o de foc. tant se val l'espai
on la forma assoleix
un moviment exacte.
al fons, dius, el fum esdevé escorça
i uns raïms rescriuen
la lenta mort dels aiguamolls.
dius que mires amb la llum
d'altres ulls que van mirar fa temps
i el teu esguard obri de bat a bat
camins a la llum i la llum esdevé
densa i material i el món ja no és
sinó una llum o forma.
potser la basarda de l'aiguamoll,
dius, no és l'horitzó llunyà,
sinó la nostra por antiga i fosca.
dius que el record és una llum
que esdevé forma,
que les formes amaguen formes
i que el record és un esguard.
que el món és un esguard.

© Edicions Proa
from: el pes de la llum
Barcelona: Edicions Proa, 2007
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

philosophisches system auf rotem hintergrund

немецкий

im hintergrund, sagst du, ist das rot.
ganz egal, ob als blutschwall
oder feuer. ganz egal für den raum,
in dem die form
eine klare bewegung bindet.
im hintergrund, sagst du, wächst dem rauch eine rinde
und ein paar  braune trauben beschreiben
das langsame sterben der sümpfe.
du sagst, dass du im licht
fremder augen siehst, die vor langer zeit geschaut
und dein blick öffnet nach und nach
wege zum licht und das licht wird
dicht und greifbar und die welt ist nur
noch licht oder form.
vielleicht ist das beunruhigende an sümpfen
sagst du, nicht der unerreichbare horizont
sondern unsere uralte angst im dunkeln.
du sagst, dass die erinnerung licht ist,
das form wird und
dass die formen formen verbergen
und die erinnerung eine ansichtssache ist.
dass die ganze welt eine ansichtssache ist.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

Rozdzielczość

польский | Tadeusz Dąbrowski

Dzisiaj z twojego aktu wybrałem sobie oko
i powiększałem je aż do granic ekranu, do
granic rozdzielczości (a ta jest na tyle wysoka,
że można już w ciebie uwierzyć). Powiększałem

twoje prawe oko, chcąc za ostatnim kliknięciem
przeskoczyć na drugą stronę, obejrzeć duszę
albo przynajmniej siebie rozklikanego. W
pobliżu czterdziestego czwartego powiększenia

zobaczyłem swoją niewyraźną sylwetkę,
przy sześćdziesiątym szóstym zarys aparatu
fotograficznego, czytelny tylko dla mnie. A
dalej już nic więcej nad szare prostokąty
 
poukładane ściśle jak cegły w murze, jak
kamienie w ścianie płaczu, przed którą staję
w dzień i w nocy, aby wytrwale rozsadzać spojenia
karteczkami z moimi wierszami.

© Tadeusz Dąbrowski
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Zoomen

немецкий

Heute habe ich mir aus deinem Nacktbild ein Auge
ausgesucht und auf Bildschirmgröße gezogen, bis
an die Grenzen der Auflösung (die so hoch ist, dass
man schon fast an dich glaubt). Ich habe dein

rechtes Auge gezoomt, wollte mit dem letzten Klick
auf die andere Seite springen, deine Seele
schauen oder wenigstens mein eigenes, völlig
aufgeklicktes Selbst. Ungefähr bei der vierundvierzigsten

Vergrößerung erkannte ich undeutlich meinen Schatten-
riss, bei der sechsundsechzigsten kurz die Umrisse
einer Kamera, die keiner sieht außer mir. Und
dann nichts als graue Rechtecke,

dicht verfugt wie eine Ziegelwand, wie
die Blöcke der Klagemauer, vor der ich Tag und Nacht
ausharre, hartnäckig ihre Ritzen zersetzend
mit meinen Zetteln voll Gedichten.

Deutsche Fassung von Brigitte Oleschinski.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2009.

pluges

каталанский | Anna Montero

...la lluvia es una cosa
que sin duda sucede en elpasado

j. l. borges

plou aquesta tardor contra els vidres
del vespre.
plou contra la por i plou llum.
plouen els cels una aigua tenaç,
record d'una altra primavera
que regalimava per les façanes
sobre l'asfalt i sobre les galtes
i embullava els cabells i omplia la tarda
de llums i de riures.
plou aquesta tardor
com plovia a istanbul
aquell final d'estiu quan el temps
a penes s'insinuava en un vent
lleugerament més fred,
en un sol lleugerament més trist,
quan ja les oronetes iniciaven
el retorn o la fugida mar enllà.
plou aquesta tardor
com mai no va ploure quan l'estiu
era una platja immensa de pedres blanques,
plou tristesa com una platja de pedres grises,
on no tornarem perquè el temps s'acaba
i perquè ara sabem
que cada matí és ja sense retorn.
plou una tristesa dolça
que s'escampa pel jardí
i els dits de l'aigua piquen el ritme
d'altres tardors i d'altres jardins
i diuen que ens ha arribat el temps
d'una altra serenitat.

© Edicions Proa
from: el pes de la llum
Barcelona: Edicions Proa, 2007
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

regenchronik

немецкий

... der regen ist etwas,
das zweifellos in der Vergangenheit geschieht

j. l. borges

wieder regnet es diesen herbst an die
schwarzen fenster.
regnet gegen die angst und regnet licht.
regnet unnachgiebig vom himmel, nass und nässer.
wie die erinnerung an einen anderen frühling
der an den fassaden herunterrann
auf den asphalt und die wangen
und die haare zerzauste und den nachmittag
mit licht und lachen überströmte.
es regnet diesen herbst
wie es in istanbul regnete
an jenem sommerende, als sich die jahreszeit
noch kaum ahnen ließ im wind
nur ein bisschen kälter
die sonne ein bißchen trauriger
wenn die schwalben schon
ihren rückflug beginnen oder die flucht über das meer.
es regnet diesen herbst
so wie es nie geregnet hat, als der sommer
noch ein endloser strand voll weißer steine war
es regnet trauer auf einen strand voll grauer steine
an den wir nicht zuückkommen, weil die zeit um ist  
und jeder morgen ohne wiederkehr.
es regnet eine süße traurigkeit
die sich im garten ausstreut
und die finger des wassers trommeln den rhythmus
anderer herbste und anderer gärten
und sagen, dass die zeit
für die nächste lösung kommt.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

Ohne Hymen geboren, die Ohren

немецкий | Brigitte Oleschinski

dir nach dem Munde redend, war ich dein flehendes
Echo. Ich kann nur antworten. Wenn mich der Wind packt, antworte ich.
Wenn in den Baugruben das Wasser glitzert, antworte ich.
Du hast mich gerufen

wie die Windböe über den Brennesselhalden, wenn aus den Wipfeln
der Kräne eine Wolke von Krähen steigt. Dein Ruf
riß mir die Stimme aus dem Leib, ich sang.

Schamvolle Glieder, im Singen
ausgestreut. Nur Hunde

besprangen ihre Spur

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Zonder hymen geboren, met oren

голландский

die jou naar de mond praten, was ik je smekende
echo. Ik kan slechts antwoorden. Wanneer de wind me grijpt, antwoord ik.
Wanneer in de bouwputten water glinstert, antwoord ik.
Je hebt me geroepen

als de windbui boven de brandnetelbergen, wanneer uit de kruinen
van de kranen een wolk kraaien opstijgt. Je roep
rukte mijn stem uit mijn lijf, ik zong.

Ledematen vol schaamte, bij het zingen
uitgestrooid. Slechts honden

besprongen hun spoor.

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


Nur

немецкий | Brigitte Oleschinski

war deine Nähe nicht eßbar, leer
bäumt sich der Magen nach dir, speit
seinen Hunger nach diesem hohen Hundeton
über allen Deutschfrequenzen, speit,

speit –

Erbrechen wollte ich mich vor Glück
mit deinem schmelzenden Margarinewürfel
im Leib, im Gleichtakt des Stechzwangs
spukblaß

wie links und rechts am Bett
die echten Rindsblasenschirme

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Alleen

голландский

was je nabijheid niet eetbaar, leeg
springt de maag naar je op, spuwt
zijn honger naar deze hoge hondentoon
boven alle Duitse frequenties, spuwt,

spuwt –

Braken wilde ik van geluk
met je smeltend blokje margarine
in het lijf, in het gelijke ritme van de steekdwang
bleek als een spook

zoals links en rechts naast het bed
de lampenkappen, echte runderblaas

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


Niemand hier

немецкий | Brigitte Oleschinski

berührt dich. Es ist nur dein Atem, der

die Wände beschlägt und in der Ecke
den umgestülpten schwarzen Eimer. Der Atem
bläht sich und stinkt

wie ein Scheuerlappen. Niemand hier
berührt dich

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Niemand hier

голландский

raakt je aan. Er is slechts je adem die

de muren beslaat en in de hoek
de omgekeerde zwarte emmer. Je adem
zwelt op en stinkt

als een dweil. Niemand hier
raakt je aan

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


Старый Новый год

русский | Elena Fanajlova

Свет идёт. Курим в саду.
Жёлтый спускается сверху.
Замёрзшее яблоко на высоте –
Красное до сих пор.

Старые церкви светятся зимой,
Прозрачные изнутри.
Белые ангелы на горе
Играют для нас хиты.

(1995)

© Елена Фанайлова
from: С особым цинизмом
Москва: Новое литературное обозрение, 2000
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

Altes Neujahr

немецкий

Licht schneit herab. Wir rauchen im Garten, der gelbe
Schein senkt sich auf uns. Ein gefrorener Apfel
am Ast –
immer noch rot.

Alte Kirchen leuchten im Winter, durchsichtig
von innen. Weisse Engel
auf dem Berg
spielen Hits für uns.

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

Из записок маньячки

русский | Elena Fanajlova

Как неверная нервная тварь – хвостом
На песке, во сне, гладиатор – хлыстом,
Как Морозова чёрным перстом – двумя
(Бог, не смотри на меня!) –

Как по рекам тела – по голубым
Векам (забудь, что любим!)
Белый огонь, арестантский вагон,
Чёрный наган, бесконечный разгон,
Превращение крови и тверди в дым.

(1998)

© Елена Фанайлова
from: С особым цинизмом
Москва: Новое литературное обозрение, 2000
Audio production: 2006, Literaturwerkstatt Berlin

Aufzeichnungen einer Irren

немецкий

Wie ein unzähmbares, unruhiges Tier - mit dem Schweif
zuckend im Sand, im Traum - wie ein Gladiator mit der Peitsche, wie die
Morosowa mit dem beschwörenden Doppelfinger –
(Gott, sieh mich nicht an!) –

Wie durch den Körper fliessend – bis an die bläulichen
Lidränder (vergiss, dass dich einer liebt!) – als weisses Feuer, Viehwaggon,
schwarze Mauser, ein endloses Zielen
auf die Erlösung von Knochen und Blut in Rauch

Aus dem Russischen übertragen von Brigitte Oleschinski

maria joâo pires interpreta chopin

каталанский | Anna Montero

que la limita de la dura prosa
carmen bosch

partir d'aquesta estació
on venia a buscar-te,
amb por que no arribares.
no té sentit aquest viatge
des del no res de les vies
brutes d'espera i de nit.
voldria parlar-te d'allal
que ha desaparegut
amb el seu somriure d'arena.
voldria parlar-te de michal,
del blau tan fràgil dels seus ulls.
i voldria dir-te que no és fàcil
portar l'alegria dins la bossa
amb el billet del concert
i amb la consciència de tanta incertesa
que travessa les vies
entre runes i desfeta.
i voldria que parlàrem
del meu passar sense mirar
aquestes vies brutes
de cansament i renúncies.
i voldria que parlàrem
del meu passar sense mirar
aquest món que quedarà
fora de la sala on maria joâo pires
crearà una mar de llum que ofegarà
la tristesa quotidiana.
i voldria dir-te que el crepuscle
corre amb el tren cap a l'oblit,
que el crepuscle és una barca
que naufraga contra la vida.
i voldria esperar-te en aquesta estació
on sempre arribaves.

© Edicions Proa
from: el pes de la llum
Barcelona: Edicions Proa, 2007
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

maria joâo pires spielt chopin

немецкий

leben, das immer seine freude bewahrt
in abgrenzung von der harten Prosa

carmen bosch

von diesem bahnhof abzufahren
an dem ich dich immer abgeholt habe
voller angst, dass du nicht ankämst.
diese reise ergibt keinen sinn
auf den gleisen ins nichts
zugemüllt vom warten und von der nacht.
wollte dir so gern von allal erzählen
der verschollen ist
samt seinem lächeln aus sand.
oder wollte von michal erzählen
von seinen so zerbrechlichen blauen augen.
wollte dir sagen, dass es nicht leicht ist
diese freude in der tasche zu tragen
mit der konzertkarte
und dem wissen um soviel ungewissheit
wenn sie die gleise überquert
zwischen lauter trümmern und niederlagen.
ich wollte so gern mit dir besprechen
wie ich blicklos
diese von müdigkeit und verzicht
zugemüllten gleise überquere.
und wollte so gern mit dir besprechen
wie ich blicklos
diese welt durchquere, die draussen bleiben wird
aus dem saal, in dem maria joâo pires
ein meer aus licht erschafft, das
die alltägliche traurigkeit ertränkt.
und wollte dir sagen, dass die dämmerung
mit dem zug ins vergessen fährt
dass die dämmerung ein schiff ist
vom leben versenkt.
und wollte auf dich warten in diesem Bahnhof
an dem du immer angekommen bist.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

지평선

корейский | KIM HyeSoon

누가 쪼개 놓았나
저 지평선
하늘과 땅이 갈라진 흔적
그 사이로 핏물이 번져 나오는 저녁

누가 쪼개 놓았나
윗 눈꺼풀과 아랫 눈꺼풀 사이
바깥의 광활과 안의 광활로 내 몸이 갈라진 흔적
그 사이에서 눈물이 솟구치는 저녁

상처만이 상처와 서로 스밀 수 있는가
내가 두 눈을 뜨자 닥쳐오는 저 노을
상처와 상처가 맞닿아 
하염없이 붉은 물이 흐르고
당신이란 이름의 비상구도 깜깜하게 닫히네

누가 쪼개 놓았나
흰 낮과 검은 밤
낮이면 그녀는 매가 되고 밤이 오면 그가 늑대가 되는
그 사이로 칼날처럼 스쳐 지나는
우리 만남의 저녁

© Kim Hyesoon
from: Zeitschrift Munhak Dongne
Seoul: Munhak Dongne, März 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Horizont

немецкий

Wer hat ihn gespalten, den Horizont
Zwischen Himmel und Erde, klaffender
Abend, aus dem das Blut strömt

Wer hat ihn gespalten zwischen
Oberlid und Unterlid, klaffende Wunde zwischen innen und außen
Aus der am Abend Tränen quellen

Kann nur eine Wunde eine Wunde heilen?
Das einströmende Abendrot, wenn ich die Augen öffne,
Wunde an Wunde, verklebter Ausweg
„Du“

Wer hat sie gespalten
In Tag und Nacht, darin sie
Als Falke fliegt und er als Wolf heult, nur eine Klingenbreite
Abend, uns zu treffen

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

Το παιδί στο μουσείο

греческий | Antonis Fostieris

Ένα παιδί κοιμάται στο μουσείο
Εδώ και τέσσερις χιλιάδες χρόνια.
Τα κόκκαλά του φρίξαν απ’ το κρύο
Γεμίσαν τρύπες απ’ το πείσμα του αμετάκλητου.

Ένα παιδί σηκώνεται τη νύχτα απ’ το κρεβάτι του
Ανοίγει τις κουρτίνες στο φεγγάρι
Τ’ άγριο φως το τρόμαξε υπνοβατεί στη στέγη
Λίγο ακόμα θ’ ανεβεί στα σύννεφα
Λίγο ακόμα θα μαδήσει τη γενειάδα του Θεού.

Ψέματα ψέματα ένα παιδί κοιμάται στο μουσείο
Οι αιώνες κελαρύζουν μέσα του κρύο νερό
Οι αιώνες στα μηνίγγια του βουίζουν μέλισσες
Μυρμήγκια οι αιώνες γύρω από το στρώμα του
Λίγο ακόμα θα ξεσκίσει την κουρτίνα του ύπνου του
Θα σηκωθεί ν’ αγκαλιαστούμε κλαίγοντας.

© Antonis Fostieris
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

DAS KIND IM MUSEUM

немецкий

Ein Kind liegt im Schlaf im Museum
Seit viertausend Jahren.
Seine Knochen schaudern in der Kälte,
Brüchig vom Starrsinn des Unabwendbaren.

Das Kind steht auf aus dem Schlaf
Und öffnet den Vorhang zum Mond,
Der wilde Schein zieht es taumelnd zum Dach hinauf,
Noch einen Schritt, und es steigt in die Wolken,
Noch einen Schritt, und es zupft Gott den Bart.

Ach nein, das Kind liegt im Schlaf im Museum.
Wie kaltes Wasser glucksen die Jahrhunderte
In seinen Schläfen, wie Insekten summen sie,
Ameisen um seine Lagerstatt.
Noch einen Schritt, und es zerreißt den Vorhang des Schlafs,
Es steht auf, mich zu umarmen, es weint.

Übertragung: Brigitte Oleschinski
© bei der Übersetzerin

ΣΤΑ ΞΕΝΑ

греческий | Dimitra Christodoulou

Εκεί, στο δάσος με τα κυπαρίσσια,
Είν’ ένα μυστικό βενζινάδικο
Όπου αγρυπνά ο χοντρός με το σκύλο.
Δεν περνούν από κει μεγάλοι δρόμοι.
Μονάχα λύκοι νηστικοί
Και μερικοί νυχτερινοί φορτηγατζήδες
Με τα σπασμένα τζάμια στο κούτελο.

Πέρα, στην έρημη λεωφόρο,
Γυρνούν οι ρόδες στον αέρα
Βαρύ τραγούδι των τροχών
Για κείνον που αδιάφορος κοιμάται
Με μάτια ορθάνοιχτα στο κρύο
Για τη βροχή που ξέσπασε κουφός.

Ω, μακρινά βουνά του πόνου,
Όπου γεννήθηκαν και ζήσαν οι οδηγοί
Και κάτι απόχτησαν
Άλλοτε σαν εργατικά μυρμήγκια
Κι άλλοτε με την μπίρα και τα χαρτιά,
Ένας λιγότερος απόψε.
Πέφτει η δροσιά της νύχτας
Σαν μοναχής γυναίκας νυχτικιά.
Ένας λιγότερος. Κανείς ως το πρωί δε θα το μάθει
Εξόν από το νυσταλέο σκύλο,
Που υποδέχεται τον αθόρυβο ίσκιο τους.
Τ’ αθάνατά τους φορτηγά τ’ αφήνουν
Πρώτη φορά για μια μικρή πεταλούδα.
Και μες στη μυρωδιά της βενζίνας
Ακούνε που γλιστρούν κυπαρισσόμηλα.
Ο γέρος δεν κουνιέται από τη θέση του.
Ξέχειλος μες στην πέτρινή του πολυθρόνα
Εισπράττει.
Απόψε να κουρνιάσει η χελώνα.
Έντομο μην ανάψει κάτω απ’ τ’ άστρα.
Γιατί είναι κάτι σπίτια που περιμένουνε
Στου φεγγαριού το αραιό λιβάνι
Κι εκείνος που μετρούσε την αϋπνία τους
Δε θα ξανάρθει πια από το πρατήριο.
Τώρα χαϊδεύει μια γριά αλεπού.
Μιλάει τη γλώσσα του γκιώνη.

Πλένε το δρόμο, βροχή.
Κανείς δεν μπορεί να ξεχάσει.

© Dimitra Christodoulou
from: ΠΡΟΣΕΥΧΗ ΤΟΥ ΑΝΑΙΔΟΥΣ
Αθήνα / Athen: Καστανιώτης / Kastaniotis, 1991
Audio production: 2001 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

IN DER FREMDE

немецкий

Jenseits, im dunklen Wald der Zypressen
liegt eine Tankstelle versteckt,
die ein alter Fettwanst bewacht mit seinem Hund.
Keine Straße führt vorbei.
Nur hungrige Wölfe irren umher
und ein paar nächtliche Lastwagenfahrer
mit den Splittern zerbrochener Windschutzscheiben in der Stirn.

Drüben, auf der verlassenen Autobahn
drehen sich noch die Reifen in der Luft
eine schwermütige Räderballade
für den, der so fühllos schläft,
die Augen in der Kälte weit offen
und taub für den Regen, der einsetzt.

Ihr von ferne schmerzenden Berge,
wo die Fernfahrer zur Welt kamen
und es zu etwas brachten
in emsiger Ameisenarbeit
oder bei Bier und Kartenspiel:
einer weniger heute abend.
Wie ein kaltes Nachthemd über den Körper
einer einsamen Frau fällt die Kühle herab.
Einer weniger. Keiner wird es erfahren bis zum Morgen
außer dem schläfrigen Hund,
der die lautlosen Schatten begrüßt.
Sie steigen auf aus den unvergänglichen Lastwagen
wie schutzlose Schmetterlinge
Und im Geruch des Benzins
hören sie zum ersten Mal das Prasseln der Zypressenzapfen.
Der fette Alte rührt sich nicht
aus seinem steinernen Sessel, ungerührt
kassiert er ab.
Heute nacht soll die Schildkröte sich fest einrollen in ihren Schlaf,
kein Glühwürmchen soll leuchten unter den Sternen
Denn irgendwo unter der spärlichen Weihrauchfahne
des Monds warten die Häuser, aber
der, der ihre Schlaflosigkeit durchmaß,
Wird nicht wiederkommen von der Tankstelle.
Eben streichelt er einen lahmen Fuchs
und spricht schon die Sprache des Waldkauzes.

Wasch die Straße ab, Regen.
Niemand vergißt.

Übertragung von Brigitte Oleschinski

ΠΡΩΙΝΗ ΑΥΡΑ

греческий | Stratis Paschalis

Η γραφίδα χαράζει πάνω στ' άσπρο χαρτί
κυανές, βαθυγάλαζες φράσεις

κι ενώ γράφω σκυμμένος, στο τραπέζι ακουμπώντας,
και οι λέξεις πυκνώνουν -ένα πέλαγος μπλάβο-
νιώθω τώρα να γέρνω σε μια κουπαστή καραβιού
κι αγναντεύω κοπέλες με στυγνή ομορφιά
να φωλιάζουν στα βράχια, να παφλάζουν στο κύμα,
να γλιστράνε στις πράσινες πέτρες, να βουτούν στο νερό
και να σβήνουν σαν λιωμένο ασήμι,
πρωινό, πλησιάζοντας σε νησιά ναρκωμένα
μες στα ρίγη της θάλασσας στην καρδιά του Αυγούστου

© Stratis Paschalis
from: ´Anthi tou neroú. [Waterflowers / Wasserblüten].
Athen: Ikaros, 1994
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

BRISE AM MORGEN

немецкий

In das helle Papier gräbt die Feder
blaue, tiefblaue Sätze.

Während ich über den Tisch gebeugt schreibe
und die Worte sich verdichten – ein Meer von Ultramarin –,
finde ich mich auf einmal über eine Reling hinabschauen
auf junge Mädchen von verstörender Schönheit,
die in Felsen nisten und mit den Wellen aufschäumen,
über die grünen Steine gleiten, ins Wasser tauchen
und verlöschen wie glühender Stahl,
morgens, während wir uns den schlaftrunkenen Inseln nähern
im Erschauern des Meeres mitten im August.

Deutsche Nachdichtung von Brigitte Oleschinski

ΠΕΡΣΕΦΟΝΗ

греческий | Dimitra Christodoulou

Όλη τούτη την ατέλειωτη άνοιξη
Θ’ ακούς τη βοή της χλόης,
Που όλο κυλάει στην πλαγιά και ξετυλίγει
Τα ρείκια, τα νερά τα βελάσματα.
Λεία και δροσερή περνά σαν φόρεμα
Πάνω απ’ το σώμα μιας μικρής κοπέλας,
Την ώρα που τραβάει ο κατάδικος
Τη μαχαιριά στο λαιμό της.
Το αίμα κυλάει ως το καλοκαίρι.
Ψοφάνε από το θειάφι του τα χόρτα
Και σέρνει εδώ κι εκεί ξέφτια απ’ το ρούχο της
Ένας απαρηγόρητος ήλιος.

Μα όταν οι πρώτες βροχές
Θ’ αρχίσουνε το σάρωμα των φύλλων,
Όταν δέσουν σταφύλια και κάστανα
Κι όταν, φτυαριές φτυαριές, ο χειμώνας
Σκεπάσει ως και στη φωλιά τους τ’ αετόπουλα,
Κουκουλωμένη κάτω από το χιόνι
Πάλι βαριά θ’ αναστενάζει η χλόη.
Για ένα πέρασμα με πόνο θερμό
Πάνω από τ’ απαλά της στήθη,
Για ένα τύλιγμα γύρω απ’ τη μέση της,
Για μια λιγόζωη χλιδή.

© Dimitra Christodoulou
from: ΚΥΠΑΡΙΣΣΙ ΤΩΝ ΕΡΓΑΤΙΚΩΝ
Αθήνα / Athen: Καστανιώτης / Kastaniotis, 1996
Audio production: 2001 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

PERSEPHONE

немецкий

Für immer in diesem endlosen Frühling
wirst du das Gras tosen hören, wie es
immer weiterfließt über den Abhang und das Heidekraut
fortschwemmt und das Blöken der Schafe.
Wie kühle Seide gleitet es
über den kindlichen Leib, als der Verbrecher
ihr das Messer an den Hals setzt.
Das Blut fließt bis zum Sommer,
in seinem Schwefelstrom ertrinken die Gräser,
treiben Kleiderfetzen hierhin und dorthin
unter der untröstlichen Sonne.

Erst wenn im ersten Regen
sich die Blätter färben, wenn
die Trauben reifen und die Kastanien, wenn
endlich, Schaufel um Schaufel, der Winter
die Adlerbrut in ihrem Horst bedeckt:
Eingemummelt in Schnee
wird die Graswelle noch einmal aufseufzen
unter dem dichten Schmerz, der
über ihre weichen Brüste streicht,
sich um ihre Taille legt,
eine kurzlebige Pracht.

Übertragung von Brigitte Oleschinski

입술

корейский | KIM HyeSoon

저 파도치며 달려온 산맥을
몸 속에 담근 밤바다
그 밤바다를 수수만년
진간장처럼
달이고 달이면
가장 깊은 밑바닥에서
이것을 얻을 수 있다
세상에서 가장 부드러운

이것이
서로 맞닿으면 침묵의 인장이 되지만, 대신
몸 속의 산맥들이 줄줄이 넘어지게 된다
네 몸이 매단 억만 겹의 꽃술
오므리면 뾰족한 가위가 되고
펼치면 해 저무는 저 바다가 되는
붉은  

멀리서
내 입술이 활처럼 휘고
거기서 작은 올빼미들이 튀어나와
쉴새없이 네 이름을
부르는

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Lippen

немецкий

Die Nachtgebirge in deinem Körper und ihr Zusammenstoß
Mit den Meeresgipfeln, eingekocht
Wie Sojasauce in Zehntausenden von Jahren
Köchelnd, köchelnd, bis das hier
Entsteht, die weichsten Falten der Welt

Stilles Siegel, wenn sie sich berühren, und doch
Stürzen die Gebirge in dir zusammen, so leicht wie
Millionen von Blütenblättern
Klapp sie zusammen wie eine Schere,
öffne sie wie einen Sonnenuntergang über dem Meer

Weiter weg
Krümmen meine Lippen sich zu einem Bogen, winzige Eulen
Flattern daraus auf, rufen unablässig
Deinen Namen

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

Die sirrenden Forsythien über den aus-

немецкий | Brigitte Oleschinski

wärtigen Handelsstöcken, die wie schwarz-gelbe Ziffern alle zum Abflug
blinken, bis sich hier auf der körnigen Außenmauer, kopfunter

zwischen lauter Rauhputzmänteln, mitten im März diese frierenden
Taillen krümmen:

Where do you come from?
Your passport is not guilty –

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

De gonzende forsythia's boven de buiten-

голландский

landse handelskorven die als zwartgele cijfers allemaal het vertrek
aankondigen, tot zich hier op de korrelige buitenmuur, ondersteboven

tussen alleen maar ruw beraapte mantels, midden in maart de rillende
tailles krommen:

   Where do you come from?
   Your passport is not guilty.

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


움켜쥔 마침표 하나

корейский | KIM HyeSoon

내 주먹 속 작은 마침표 하나
내가 내 심장의 안전핀을 뽑아 움켜쥔 점 하나
현미경으로 보면 집채만할 지도 몰라
뇌염모기처럼 주먹을 물어뜯고 있지만
육안으로 보면 그저 조그만 점 하나
돋보기 아래 어젯밤의 내 미친 방을 놓고
햇볕을 모아서 태워버렸어
정오의 태양 아래 타버린 그 방을 굳세어라
주먹 속에 넣고 혼자 서 있는 이 참담
담뱃불로 지진 살이 점점 가려워질 때
드디어 희망이 썩어버린 네 뒤통수
그 마침표가 가려워, 참을 수가 없어
밤을 수축시켜 제 그림자에 가둔 전구의 필라멘트를
움켜쥔 것처럼 뜨거워, 앗 뜨거, 견딜 수가 없어
피를 가득 머금어 드디어 정신이 나가버린
내 심장을 더 이상 이렇게 가눌 수는 없어

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Schlußpunkt

немецкий

Winziger Punkt in meiner Faust
Den ich festhielt, die Zündnadel aus der Herzgranate ziehend
Unter dem Mikroskop vielleicht so groß wie ein Haus
In meiner Faust sticht er wie eine Malariamücke
Nur ein Punkt mit bloßem Auge
In der Linse sammelte ich die Sonnenstrahlen und verbrannte damit gestern
Nacht mein fiebriges Zimmer
Unter der Mittagssonne brennender Schmerz
So allein in meiner Faust
Und stärkeres Jucken an der Stelle, an der mich die Zigarette
Verbrannte, als im Hinterkopf jede Hoffnung verreckte
Juckend heißer Punkt, nicht auszuhalten
So heiß wie ein Glühfaden in der Hand, die Glühbirne
Verkleinert die Nacht zu ihrem eigenen Schatten
Heiß, zu heiß, nicht auszuhalten
Soll doch endlich bluten!, der Punkt, soll doch mein fieberndes Herz
Endlich explodieren

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

Κατοικίδιο δάσος

греческий | Antonis Fostieris

Στο δροσερό σαλόνι σας θροΐζει ένα δάσος.
Αυτά τα έπιπλα που ακούτε ν’ ανασαίνουν
Φυλάνε ακόμα ενστικτώδη φτερωτά
Μες στα φυλλώματα. Κι αν τρίζουνε
Κάθε που μπαίνει νέος επισκέπτης
Θα’ ναι που νιώθουνε κρυμμένο το τσεκούρι
Να τροχίζεται. Σε ανώδυνο χαμόγελο
Αβροφροσύνης τούτη τη φορά.
Τις νύχτες αλαφιάζονται
Και το χοντρό τους νύχι από ρίζα
Χώνεται
Στο βράχο του τσιμέντου. Οι κλώνοι τους
Ρημάζουν τα ταβάνια – να οι ρωγμές
Του ξύλου που μουγκρίζει. Αφήστε τα·
Ούτε μ’ αλήθεια ούτε με πλάνη λειαίνονται
Οι ρόζοι σε μια φλούδα γηρατειών· αφήστε τα.
Κι αν το τικ τακ του σκουληκιού υποδύεται
Το χτύπο της καρδιάς τους
Αυτά ονειρεύονται το ηρωικό λαμπάδιασμα
Να ‘ρθεί επιτέλους να χωρίσει πνεύμα
Από κορμί
– Λάμψη και κάρβουνο.

© Antonis Fostieris
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

GEZÄHMTER WALD

немецкий

In eurem schattigen Empfangszimmer rauscht ein Wald.
Die Möbel, die ihr atmen hört,
bewahren noch immer empfindsame Hautflügler
in den Blättern. Wenn sie ächzen,
sobald jemand eintritt,
liegt es daran, daß sie die heimlich geschärfte
Axt spüren: im fühllosen Lächeln
der Feinfühligkeit.
In den Nächten fürchten sie sich
und ihr dicker Nagel aus Wurzelhorn
gräbt sich tief
in den Zementfelsen. Ihre Äste
sprengen die Zimmerdecke – sieh nur die Risse
im stöhnenden Holz. Laßt sie,
weder Wahrheit noch Lügen glätten
die Astlöcher in ihrer alten Rinde, laßt sie.
Und wenn das Ticktack des Holzwurms
ihren Herzschlag aufnimmt,
träumen sie von einem heroischen Aufflammen,
das den Geist vom Körper
trennen wird
– Glanz von Kohle






Übertragung: Brigitte Oleschinski
© bei der Übersetzerin




ΚΥΒΟΙ

греческий | Dimitra Christodoulou

Το δέντρο φύτρωσε μες στη σάλα.
Δίπλα του φωτισμένη η αδελφή μου
μού έδενε σοβαρή κι επιδέξια
τα γυάλινά μου κορδελάκια.
Γιατί, της έλεγα, γιατί, Θεοδώρα,
γιατί δε ζούμε σαν τους δούλου του Κυρίου
ούτε μες στη χημεία του αυτοκράτορα
ούτε στην ήρεμη ακτή του σιδερά;
Θυμήσου τον ποταμό, έγνεφε εκείνη,
χρειάζομαι έναν ποταμό μπρος απ’ το σπίτι
με καλαμιές, με βότσαλα
και προπαντός μ’ ένα ρολόι μες στα βούρλα
για τα μεγάλα δευτερόλεπτα του βυθού.
Θυμήσου πιο πολύ τα χαράματα
ένα πρωινό ξύπνημα στη δροσιά.
Ο αέρας ν’ αστράφτει ανασαίνοντας
τα περίπτερα να μπαρκάρουν προς βορράν
τα λεωφορεία να γλιστρούν ένα ένα
κι ο θρος των εφημερίδων αργός.
Κάτω απ’ τη σκάλα άλλο δέντρο φουντωμένο
κινούμενο με τις ψιχάλες στα ψηλά
όπου η χελιδωνοφωλιά ακατοίκητη
και σπάνιο το πέρασμα του χιονιού.
Όλα στον ποταμό, με το ποτάμι
πεντακάθαρα, με χρώματα ζωηρά
κόκκινο το βουνό καφετής ήλιος
άσπρα τα χαμομήλια τ’ ουρανού
γαλάζια και κίτρινα ζωάκια τρεχάτα
αστράφτουν στη στροφή προς τη θάλασσα.
Όλα τόσο σοβαρά, τόσο λεία
όσο το χάδι στο γοβάκι
από το πέρασμα ενός σαλιγκαριού.
Καταλαβαίνεις, δεν είναι που ζεις
είναι που δε σε θυμούνται πια
χειροκροτεί το φεγγαράκι πότε πότε
ούτε συ ακούς, ούτε εκείνο.

© Dimitra Christodoulou
from: ΧΩΜΑ
Αθήνα / Athen: Κέδρος / Kedros, 1985
Audio production: 2001 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

BAUKLÖTZCHEN

немецкий

Der Baum wuchs mitten im Raum.
Daneben wie erleuchtet meine Schwester
sie band mir ernsthaft und geschickt
die gläsernen Schleifen.
Warum, beschwor ich sie, warum, Theodora,
leben wir nicht voller Demut
entweder im Dunstkreis des Kaisers
oder [weit weg] an der stillen Küste des Schmieds.
Vergiß nicht den Fluß, wandte sie ein,
ich brauche einen Fluß vor dem Haus
mit Binsen am Ufer und Kieselsteinen
und einer Uhr im Schilf
für die unermeßlichen Sekunden der Tiefe.
Vergiß ihn nicht im Morgendämmer
beim ersten Erwachen in seiner sanften Kühle
aufatmend in der blitzenden Brise, in der
die Kioske davonsegeln nach Norden
und die Busse einer nach dem anderen
vorbeigleiten im Rascheln der Zeitung.
An der Treppe wächst noch ein Baum empor
unter den hellen Regentropfen, höher als
das verlassene Schwalbennest, über die
Schneegrenze hinaus.
Alles strömt mit in diesem Fluß,
so strahlend sauber, in lebendigen Farben:
rot der Berg, braun die Sonne,
so weiß die Kamillen am Himmel,
hellblaue und gelbe Tierchen flimmernd
in der Biegung zum Meer.
Alles so ernsthaft, so glänzend
wie die zärtliche Spur einer Schnecke
auf einem Frauenschuh.
Versteh doch, wichtig ist nicht, daß du lebst, sondern
daß sich irgendwer an dich erinnert.
Nur der Mond lächelt dann und wann
Keiner von euch bemerkt es.

Übertragung von Brigitte Oleschinski

Η αράχνη

греческий | Antonis Fostieris

Καθόμουν ώρες μες στην πλήξη μου και χάζευα
Όπως το κάνουν όλοι αυτοί που κουραστήκανε
Από τα τόσα που ελπίζουν ότι ζήσανε
Στο χλιαρό κενό του να μη σκέφτομαι καθόμουνα
Παρατηρώντας μιαν αράχνη που αιωρείτο.
Εκείνη κάτι θα σκεφτότανε φαντάζομαι
Γιατί όλο ανέβαινε το σιχαμένο ιστό της
Έμενε ακίνητη συσπώντας τις κεραίες κι έπειτα
Ακάθεκτη ορμούσε στο κενό.
Μύγα ή ζωύφιο δεν πέρασε, όσο είδα.
Όμως η θήρα προχωρούσε δίχως θήραμα
Με τη σοφία εκείνου που γνωρίζει πως το ανύπαρκτο
Θέλει δραστήρια τέχνη να το αδράξεις.
Σοφία ωραία λιλιπούτειου τέρατος
Που σε κλωστούλα σάλιου παραμόνευε
Να παγιδέψει το άπιαστο.
Και με χαψιές μεγάλες τέλος καταβρόχθισε
Τις ώρες μου, την πλήξη, το κενό.

© Antonis Fostieris
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

DIE SPINNE

немецкий

Stunden saß ich herum und starrte aus Langeweile
wie alle, die schon erschöpft sind
von dem, was sie nur zu gern erlebt hätten.
In dieser lauwarmen Gedankenleere saß ich
und beobachtete eine in der Luft schwebende Spinne.
Die sicher etwas dachte, nehme ich an,
denn ständig hangelte sie sich hinauf an ihrem ekligen Faden,
verharrte unbeweglich, mit zuckenden Zangen, und dann
stürzte sie sich in die Tiefe.
Eine Fliege oder anderes Insekt ließ sich nicht sehen, soweit ich sah.
Doch die Jagd ging vonstatten auch ohne Beute.
Welche Weisheit, die weiß, daß das Ungreifbare
Kunst und Geschick verlangt, um es zu ergreifen.
Solche Weisheit eines winzigen Ungeheuers
das an seinem Speichelfaden nur darauf lauerte,
das Flüchtige einzufangen.
Und mit gewaltigen Bissen verschlang es
die Stunden, die Leere und meine Langeweile.






Übertragung: Brigitte Oleschinski
© bei der Übersetzerin

얼음의 알몸

корейский | KIM HyeSoon

너는 흰눈을 저장해 둔 곳에 가본 일이 있으며
우박창고에 가본 적이 있느냐

너는 바다 밑 얼음창고에 가 본 적이 있느냐
너는 거기서 물로 빚은 물고기들이 숨죽이고 있는 걸 본 적이 있느냐

너는 마음 속에 눈이 내려  
높이 높이 쌓인 눈 속에 숨은 사람을 본 적이 있느냐
그 사람이 잠 깨어 눈 뜰 때
그 눈 속에 떠오르던 검은 달이
우는 걸 본 적이 있느냐

너는 쏜살같이 달려가는 기차에서
쏜살같이 달아나는 흰 산들을 잡으려 해 본 적이 있느냐
그 산들의 싸늘한 눈길을 견뎌 본 적 있느냐

땡볕 쏟아지는 여름 그 큰 얼음을 아픈 사람처럼 담요에 싸안고

눈물을 훔치며 가던 사람을 본 적이 있느냐
너는 그 적나라하게 뜨거운 얼음의 알몸을 만져 본 적이 있느냐

깊은 밤에 깨어나 우는 사람의 눈물을 받아 먹어본 적 있느냐
그 굳센 얼음이 녹는 기분이 어떨까 생각해 본 적 있느냐
그러니 잘 들어라 얼음아씨가 말하노니
너는 우박창고에 가 본 적이 있느냐
다 녹아서 흘러가 버린 우박 창고에 우두커니
서 있어 본 적이 있느냐

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Der nackte Leib von Eis

немецкий

Bistu gewesen da der Schnee herkompt?
Hastu gesehen / wo der Hagel herkompt?

Warst du je im Eiskeller zuunterst des Meeres?
Hast du die wässrigen Fische gesehen, wie sie den Atem anhalten?

Oder den Menschen, in dessen Seele es schneit, bis er sich ganz
in dieser Schneewehe verbergen kann?
Und wenn er aufwacht, die Augen ihm aufgehen, hast
du den dunklen Mond weinen sehen
im Aufgang seiner Augen?

Hast du in der rasenden Eisenbahn nach den wie rasend entschwindenden
Gletschern greifen wollen? Oder je ihren gletscherkalten
Blicken standgehalten?

Hast du jenen Menschen gesehen, der da in greller Sonne einen großen Eisblock
wie einen Patienten in eine Decke gewickelt trägt
und ihm die Tränen abwischt?
Hast du je den unermeßlich heißen Leib von nacktem Eis berührt?

Hast du jenes Menschen Tränen geschmeckt, der da zuinnerst der Nacht
erwacht ist und schmilzt?
ahnst du, was er fühlt, wenn der Hagel wegtaut?

So höre denn, wenn das Eisgeschöpf fragt,  ob du
gewesen, da der Schnee herkommt. Ob du dorten im Eiskeller
gestanden, kerzengerade, bis du ganz
Getaut.

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

얼굴에 쓴 글씨

корейский | KIM HyeSoon

출근 지하철 안에서 샛파란 처녀가
젖은 머리칼을 휘휘 내두르며
친구랑 떠들고 있다
신문 읽는 내 손등에 목덜미에
물이 뚝뚝 떨어져
옷속으로 스며 들었다
덩달아 신문도 젖어 버렸다
소녀 시절
여러번 같은 꿈을 꾸었다
누군가 붓에다 먹을 찍어
내 얼굴에다 자꾸 글씨를 썼다
눈을 떠 보면(여전히 꿈 속이었지만)
내 얼굴에 글씨를 쓰는 사람의
얼굴도 글씨로 가득했다
 (그는 누구였을까)
 (무슨 글자들이었을까)
실제로 출판사에 다닐 땐 내 입안에
글씨로 엉킨 실 뭉치가 가득 찬
날도 있었다
 (결핵성 늑막염으로 가래를 퉤퉤 뱉고 다녔다)
집에 돌아와 목욕탕에서 거울을 보며
먹을 찍어 얼굴에
글씨를 써 보았다
그러다 화들짝 놀라고 말았다
그 시절 내 얼굴에 글씨를
쓰던 사람의 얼굴을 보고 말았다

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Ins Gesicht geschrieben

немецкий

In der U-Bahn, unterwegs zur Arbeit, schüttelt eine blutjunge Frau
mit ihrer Freundin kichernd ihr nasses Haar.
Ich las Zeitung, auf meine Hände, in meinen Nacken
sprang das Wasser und sickerte in meine Kleider ein,
sickerte in die Zeitung.
Als Kind hatte ich mehrmals denselben Traum.
Irgendwer tauchte den Pinsel in Tusche und schrieb
auf mein Gesicht.
Wenn ich die Augen öffnete (immer noch im Traum) war auch
das Gesicht dessen, der mich beschrieb, vollgeschrieben.
(Wer war es?)
(Was für eine Schrift?)
Stimmt, als ich noch im Verlag arbeitete, verwirrten sich die Schriftzeichen
in meinem Mund zu einem dichten Knäuel, es gab
solche Tage –
(ich spuckte Schleim, tuberkulöses Rippenfell) –
Später zuhause, vor dem Spiegel im Bad, griff ich zur Tusche
und schrieb auf mein Gesicht.
Und erschrak,
denn im Spiegel sah ich den, der mir als Kind
das Gesicht beschrieb.

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

양파

корейский | KIM HyeSoon

남자가 수도꼭지 아래서 여자의 껍질을 벗겼어
여자는 깔깔거리며 양파처럼 잘도 벗겨졌어

어두운 밤이 한꺼풀 벗겨지자 투명한 낮이
신선한 알의 물컹한 속처럼 솟아올랐어

배수관을 타고 피가 쭉쭉 빨려나갔어
그러지마그러지마 느네들 왜 그래 누군가 울었어

낮을 쪽쪽 빨아먹으면 슬픈맛 매운맛 밤이 솟아오르고
천년만년 세세무궁 낮밤은 그 짓을 되풀이했건만

여자는 훌러덩 훌러덩 잘도 벗겨졌어
양파를 벗기던 남자는 눈이 매워서 울었어 여자도 덩달아 울었어

아 그리고그래서그럼에도 오늘 낮이 가고 밤이 왔건만
나는 어디 있었는지 매운 껍질의 갈피 어디 숨겨져 있었는지

자꾸만 물어보다 돌아보면 여자의 몸은 다시그대로
남자는 울면서 자꾸만 울면서 여자의 껍질을 벗겼어

양파처럼 다 벗겨지고나니 나는 없는데
나를 나라고 부르던 나는 어디 숨어 있었던 것인지

매운 껍질들 다 벗어놓고 밤은 마룻장밑에 숨어서 떨기만 하는데
저 바다는 바다를 벗었다가 또 입었다가 한없이 그러는데

여름엔더웠고 겨울엔추웠어 모두모두 흘러가 버렸어
세상에서제일아름다운이야기지?

  (원고 끝)

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Zwiebel

немецкий

Unter der Dusche schälte ein Mann eine Frau aus ihren Hüllen
Und sie, kichernde Zwiebel, ließ sich zu gern entblättern

Aus der entblätterten Nacht schälte sich der Tag
Wie ein frischer Eidotter

Blut floß in den Abfluß, und irgendwer, irgendwer
Weint – Warum macht ihr das?

Wenn der Tag ausgeschlürft ist, stößt wieder der traurige, scharfe
Nachtgeschmack auf, Jahrtausende, Jahrmillionen wiederholen sich Tag und
Nacht

Die Frau flatterte gern aus ihren Hüllen
Der Mann weinte beim Schälen, ein Zwiebelweinen, und sie
Weinte mit

Also verging der Tag und die Nacht kam, aber wo
Stecke ich in dieser Zwiebel?

Im Rückblick ist doch der Körper der Frau wieder ganz
Und doch weinte der Mann, weinte beim Zwiebelschälen

Bis es mich nicht mehr gab
Wo steckt also das, das mich „ich“ nennt?

Die abgeschälten Nachthüllen verstecken sich unter den Dielen
Und zittern bloß
Ebbe und Flut, nicht endende Anziehung

Im Sommer wieder heiß, im Winter wieder kalt, immer so weiter,
ist doch die schönste Geschichte der Welt – ?

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

ΑΝΑΝΕΩΣΗ

греческий | Stratis Paschalis

Αγροί με τα παράφορα λουλούδια
με σας η απόγνωση μοιάζει πιο ταιριαστή
αφού οι χυμοί σας οδυνηρά οργιάζουν
καθώς η ύλη πλάθει και πάλι πλάθει
χρώματα, όνειρα, μορφές,
ενώ τα σύννεφα ιχνογραφούν ψηλά
χάρτες ρευστής αιωνιότητας
και το γαλάζιο, κυανό
κρύσταλλο, απομένει

θλίψη είναι η ζωντάνια του πιο ευφρόσυνου σπασμού
τώρα που η άνοιξη σαν όλεθρος βγαίνει,
σπέρνοντας γύρω σπαραγμούς ολάνθιστου πολέμου,
και στον ορίζοντα πουλιά
με τάξη αγγέλων σχηματίζοντας
επιγραφές το διαλαλούν
πως ήρθε πια ο καιρός όλα ν' αλλάξουν
και να τελειώσει μια για πάντα
η χαρμόσυνη αυτή Καταδίκη

© Stratis Paschalis
from: ´Anthi tou neroú. [Waterflowers] [Wasserblüten]
Athen: Ikaros, 1994
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

ERNEUERUNG

немецкий

Diese Felder voll inbrünstiger Knospen
muten eher verzweifelt an
im schmerzhaften Aufschießen der Säfte, dem
Weltstoff zu immer neuen Farben,
Träumen, Gestalten,
während die Wolken hoch oben die Landkarten
einer unberührbaren Ewigkeit zeichnen,
eine bleibende kristallene Bläue –

Wie bestürzend dieser Lustkrampf, wenn
der Frühling ausbricht wie der Untergang, die Aussaat
eines blühenden Krieges
und am Horizont die Vögel
in der Formation von Engeln ein Zeichen
schreiben, das der Welt verkündet: alles
muß sich ändern, ein für alle Mal,
in dieser strahlenden Verfügung.

Deutsche Nachdichtung von Brigitte Oleschinski

[كنا ننحني كل صباح على صمتنا]

арабский | Sabah Zouein

© Sabbah Zouein
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2007

[krümmten wir uns jeden morgen in unser schweigen]

немецкий

krümmten wir uns jeden morgen in unser schweigen
erinnere mich nicht weder der zerbrochenen
krüge noch geschlossener fenster
kamen wir uns näher
in unserem kreis
aus verstecktem stottern

*


letzter tag
fragte mich nach welchem sinn
sinn vielleicht nur das bild
von zwei-frauen wie eine
in ewigkeit

*


erinnere mich an die paar poster
auf weißen tapeten im zimmer
erinnere mich nicht ob die vasen im haus
mit henkeln
oder ein schlüssel in der schreibtischlade

*


rückfahrt zu anfang
ahnte ich nichts von zwei-frauen wie
eine sahen mich an
auf dem nordbahnhof
ahnte nicht ich sähe sie
durch die fenster im abteil
fuhr bloß davon zur nächsten station


*


saß so lange im abteil
das draußen fing mein gesicht im fenster
die campingzelte in der frühlingskälte
cafés auf den bürgersteigen
männer
und häuser an den gleisen

*


rimbaud das gleiche poster auch da
wo ich als schatten durch die straßen ging
keine zeit uns zueigen
die orte wie nicht
mein nirgendwo spiegelnd in den zwei
frauen am bahnhof zwei frauen wie
eine zwei-frauen
schauten mich an
durchs fenster des zugs

Übertragung: Brigitte Oleschinski

[كنت أريد ان أموت]

арабский | Sabah Zouein

© Sabah Zouein
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2007

[wollte sterben]

немецкий

wollte sterben
trotzdem lachte ich
unter dem himmelbau
öffnete die fensterläden einen spalt
geräusch der züge im zimmer
abschüssiger tag aus
fragezeichen

*


auf dem rückweg kein regen
das kaltblau am himmel
wie ein fremder tod
und bunte sonnenflecken
tanzten auf meiner hand

*


der ort entschwand mir entschwand
mit der ecke
unterm weiten fenster
verschwand ich in dem endlosen
augenblick der zwei-frauen
mir fremd

*


stunden im zimmerlabyrinth
das schweigen das glas in der hand
trotzdem sank die nacht auf uns
am kommenden morgen wieder weg

*


erinnere mich an nichts als A
mochte vielleicht den namen
A vorletzte station
regen an den scheiben
klumpte die zeit zum tode

*


klumpten in unseren schmerzenden
körpern die tage zusammen
klebte als ich mich wegwandte
dort noch aller sinn
im verstörenden klang
der stunden gegenüber
zwielicht für immer

Übertragung: Brigitte Oleschinski

그녀, 요나

корейский | KIM HyeSoon

어쩌면 좋아요

고래 뱃속에서 아기를 낳고야 말았어요
나는 아직 태어나지도 못했는데
사랑을 하고야 말았어요
어쩌면 좋아요

당신은 나를 아직 다 그리지도 못했는데
그림 속의 내가 두 눈을 달지도 못했는데

그림 속의 여자가 울부짖어요
저 멀고 깊은 바다 속에서 아직 태어나지도 못한
그 여자가 울어요 그 여자의 아기도 덩달아 울어요
두 눈을 뜨고 당신을 보지도 못했는데 눈물이 먼저 나요
  
(나는 아직 태어나지 않은 게 분명하지요?
그러니 자꾸만 자꾸만 당신이 보고 싶지요)

오늘 밤 그 여자가
한번도 제 몸으로 햇빛을 반사해본 적 없는 그 여자가
덤불 같은 스케치를 뒤집어쓰고
젖은 머리칼 흔드나봐요
이파리 하나 없는 숲이 덩달아 울고
어디선가 보고 싶다 보고 싶다 함박눈이 메아리쳐 와요

아아, 어쩌면 좋아요?
나는 아직 태어나 보지도 못했는데
나는 아직 두 눈이 다 빚어지지도 못했는데

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Sie, Jonas

немецкий

Was soll ich tun
Mit diesem im Bauch des Wals geborenen Kind?
Bin selbst noch nicht geboren
Und habe schon geliebt

Was soll ich tun
Du hast mich noch nicht fertig gezeichnet, auf deinem Blatt
Habe ich noch keine Augen

Die Frau auf dem Blatt klagt laut
Und die Frau, die der Ozean noch nicht geboren hat, weint
Und mit ihr weint ihr Kind
Ich habe die Augen noch nicht öffnen können
Und dich sehen und weine doch schon mit ihnen

(Ist doch wahr, daß ich noch nicht geboren bin?
Und dich deshalb so vermisse)

Heute nacht hat diese Frau, deren Körper noch kein Sonnenstrahl berührt hat,
das Geritzel um sich gezogen wie ein Gebüsch
in dem sie die nassen Haare schüttelt
und das blattlose Gezweig mit ihr schluchzt
Irgendwoher ein Echo aus Schnee: vermisse, vermisse .. .

Was soll ich tun
Bin noch nicht geboren
Meine Augen noch nicht da

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

붉은 이슬 한 방울

корейский | KIM HyeSoon

저 머나먼 공중에 벙어리 방이 하나 떠 있어요
온몸의 구멍을 내 눈물이 다 막아버려서
구멍이 하나도 없는 방이 하나 떠 있어요
걸을 때마다 바닥이 물컹물컹 소리치는 방
내 피부 같은 물 도배지를 바른 방
나는 그 방에다가 밥상을 차렸어요
아버지가 집에 돌아올 때면
밥상 위의 그릇들이 벌벌 떨었어요
그래도 나는 벽장 속에다
갓 태어난 물방울 아가들을 숨겼어요
누군가 손가락 끝으로 누르기만 해도
기둥조차 없어 저절로 터져 버릴 방
천장도 창문도 없어 하늘이 그대로 눈부시지만
내 날개짓 멈추어 버리면 한없이
곤두박질쳐버릴 그 방이 하나 떠 있어요
아무도 모르게 나 혼자 너를 사랑하는 방
그 방이 하나 한없이 떨면서 떠 있어요

© Kim Hyesoon
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Blutiger Tautropfen

немецкий

Fern in der Luft hängt ein stilles Zimmer
Alle Löcher mit Tränen abgedichtet, schwebt
Es wie unverletzt

Bei jedem Schritt seufzt der weiche Boden,
Wasserwände wie eine Haut
Ich decke den Tisch in diesem Zimmer
Wenn mein Vater heimkommt
Zittert das Geschirr
Versteckt im Wandschrank meine neugeborenen
Tropfenkinder
Kindertropfen

Zwischen zwei Fingern zerdrückt
Zerplatzte das Zimmer sofort
Decken und Fenster ohne Augen, die der Himmel
Erleuchten könnte, aber
Ließe mein Flattern nach, stürzte es
Ab

In diesem heimlichen Zimmer allein
Liebe ich dich
Nur ein schwebender Tropfen,
unendlich zitternd

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

물 속에 잠긴 TV

корейский | KIM HyeSoon

TV는 마치 욕조와 같아
나는 TV욕조 속에서 하루종일 나오지 않는 그녀를 들여다보네
손가락이 쪼글쪼글해지고
거울은 뿌옇게 흐려지고
머리 속까지 밀려들어오는 미지근한 물
마치 더운물을 보충할 때처럼 돌려지는 채널
암흑 방에서의 TV 시청
점점 더 깊은 땅 속으로 끌려 들어가서는
묻혀서도 숨쉬는 허파처럼
끝나지 않는 TV시청 

그러나 자정 뉴스가 끝나면 그 뉴스에 이어서
그 뉴스를 견뎌내는 건  바로 그녀
오늘 밤 자정 뉴스는 오십명의 넥타이 맨 남자들을 보여 주었지만
여자들이 맡은 배역은 불에 타 죽은 아이를 껴안고
몸부림치며 우는 역할 뿐

나는 이어서 그녀라는 이름의 TV를 들여다보네
푸른 그늘이 용솟음치고, 침묵으로 얼어붙는 수초들
그 사이로 통곡하는 물고기들이 장의사 행렬처럼 떠가네
TV가 끝난 후 이 뇌파 어항의 불빛은 너무 춥고
곧 이어서 흘러나오는 죽은 아가들의 울음소리
그녀는 절대로 TV 눈꺼풀을 감지 않네
잠을 자는 것도 그녀에겐 일종의 말하기 방식
그녀는 잠 속에서도 우는 배역은 싫어
잉크도 종이도 없는 곳에서 흘러나오는
TV욕조 속 미지근한 물 속을  
무거운 고개만 이리저리 흔드네

© Kim Hyesoon
from: [Bitte, Herr Fabrikant einer Kalenderfabrick]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2000
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Unterwasserfernsehen

немецкий

Im Fernsehen wie in einer Badewanne.
Schaue der Frau zu, die den ganzen Tag
in dieser Fernsehwanne einweicht.
Die Finger schrumpeln.
Der Spiegel beschlägt weiß.
Das lauwarme Wasser schwappt bis in den Kopf.
Gießt man heißes Wasser nach, wechselt der Kanal.
Fernsehen im dunklen Zimmer wie in einer Lunge, die noch unter der Erde
begraben immer weiteratmet.
Fernsehen ohne Ende.

Dann Ende der Mitternachtsnachrichten, jetzt muß sie die Nachbilder
der Nachrichten aushalten.
In den Nachrichten heute fünfzig Männer mit korrekten
Krawatten, aber als weibliche Rolle nur die krampfhaft
schluchzenden Frauen, die ihre verbrannten Kinder
umarmten.

Ich schaue immer noch in den Fernseher mit Namen „Sie“ –
Bläuliche Schatten brodeln auf, die Wasserpflanzen in Schweigen
Erstarrt.
Dazwischen die klagenden Fische wie ein Leichenzug.
Nach Sendeschluß ist es zu kalt in diesem Hirnstromaquarium, nur noch
das Weinen der toten Säuglinge zu hören.

„Sie“ weigert sich, die Fernsehaugen zu schließen.
Selbst Schlafen ist für sie eine Art zu sprechen,
selbst im Schlaf will sie die Rolle der Klagenden nicht.
An so einem Ort ohne Tinte und Papier, im lauwarmen Wasser
der Fernsehwanne
Schüttele ich nur den schweren Kopf.

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

또 하나의 타이타닉호

корейский | KIM HyeSoon

솥이 된 ‘또 하나의 타이타닉호’

1911년 건조되었고, 선적지는 사우샘프턴
속력은 22노트, 여객선, 한 번 항해에 2천명 이상 탑승한 경력
내가 결혼한 해에 해체되었으며
지금은 빵 굽는 토스터, 아니면 주전자, 중국식 후라이팬,
한국식 압력 밥솥이 되었다
상처투성이의 큰 짐승
육지 생활에 여전히 적응 못하는 퇴역 선장
그래서 솥이 되어서도
늘 말썽이 잦다
나는 밥하기 싫은 참에 압력 밥솥 회사에 항의 전화를 걸었다
자꾸 김이 새잖아요?
내가 씻은 쌀이 도대체 몇 톤이나 될까. 새벽에 일어나 쌀을 씻고, 식탁을
차리고, 다시 쌀을 씻고, 솥을 닦고, 숫가락을 닦고, 화장실을 닦고, 다시 쌀을
씻는다. 닭의 뱃속에 붙은 기름을 긁어내고, 쌀을 씻고, 생선의 내장을 꺼내고,
파를 다진다. 다시 쌀을 씻는다. 망망대해를 떠가는 배, ‘또 하나의타이타닉’표
압력 밥솥, 과연 이것이 나의 항해인가. 리플레이,리플레이,리플레이
우리 집에 정박한 한국식 압력밥솥 ‘또 하나의 타이타닉호’
불쌍해라, 부엌을 벗어난 적이 없다
밥하는 거 지겨워
설거지하는 거 지겨워
그럼 그것도 안하면 뭐할 건데?
압력 밥솥이 내게 물었다
뱀처럼 밥 먹고 입을 쓰윽 닦지
내가 대답했다
영사기에서 쏟아지는 빛처럼 가스불이 솥을 에워싸자 파도가 끓는다
스크린처럼 하얀 빙산에 배가 부딪칠 때
밤바다로 쏟아져 들어가는 내 나날의 이미지
물에 잠겨서도 환하게 불켜고
필름처럼 둥글게 영속하는 천개의 방
느리디느린 디졸브로
솥이 된 여자, 그 여자가
곧, 스타들과 엑스트라들이 끓어오르는 흰 파도 속에서 잦아든다
그 이름 ‘또 하나의 타이타닉호’
화이트 스타 선박회사 건조
수심 4천 미터 속 부엌을 천천히 걸어다니며
짙푸른 바다 속에 붉은 녹을 풀어 넣고 있다

© Kim Hyesoon
from: [Ein Schälchen roter Spiegel]
Seoul: moonhak kwa jisungsa, 2004
Audio production: 2005, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Die nächste Titanic

немецкий

Die nächste Titanic, nach ihrer Wiedergeburt
als Dampfreiskocher.
Vom Stapel gelaufen 1911, Heimathafen South Hampton,
macht stolze 22 Knoten mit über 2000 Passagieren an Bord.
Verschrottet im Jahr meiner Hochzeit,
dann recycelt zu Toastern, chinesischen Billigpfannen
oder eben koreanischen Dampfreiskochern.
Echt ein Titanentier, überall Narben,
wie ein ausgemusterter Kapitän, der sich an Land nicht einleben kann.
Auch als Dampfreiskocher hat man noch seine Sorgen.
Sowieso, wenn man zum Reiskochen keine Lust hat. Beschwerte mich also
Bei der Dampfreiskocher-Hotline:
Dauernd dampft es aus diesem Ding!
Wieviele Bruttoregistertonnen Reis ich schon gewaschen habe!
Stand auf im Morgengrauen, wusch den Reis, wischte den Tisch
ab, wusch wieder Reis, kratzte den Kessel aus, spülte Besteck, putzte
das Klo, wusch wieder Reis.
Puhlte die Fettschicht aus einem Huhn, wusch Reis, nahm einen Fisch
aus, putzte Lauch. Wusch wieder Reis. Eine Galeere
Auf unendlichem Meer.
Aye, dieser Dampfreiskocher Marke Titanic
Muß meine Galeere sein.
Replay. Replay. Replay.
Sorry, du koreanischer Dampfreiskocher Marke Titanic, gestrandet
In unserem Haus und nie mehr aus der Küche rausgekommen.
Ich bin das Reiskochen so satt.
Ich bin das Spülen so satt.
Was dann?, fragt mich der Dampfreiskocher.
Ich wisch mir bloß den Mund ab wie eine faule Schlange,
sage ich.
Züngelt das Gasfeuer auf, Kinoflammen, und schon
Kochen die Wellen.
Die Galeere rammt einen Eisberg, auf der weißen Leinwand
Laufen die Alltagsbilder ins Nachtmeer aus.
Unter Wasser, noch hell erleuchtet, tausend Kabinen
In endloser Überblendung.
Dampfkessel Marke Frau, wie sie absäuft im weiß brodelnden Meer
Der Stars und Statisten. Name: Titanic.
Von der Werft White Star.
Ich sinke in der Küche viertausend Meter tief,
nachtblau unter Wasser zersetze ich
den Rest dieses rostigen Rots.

Aus dem Koreanischen übertragen von Brigitte Oleschinski

eurídice

каталанский | Anna Montero

sota la nit solitària em buscaves
mentre el cel s'entenebria de tanta llum.
vas baixar a les cavernes
sota les arrels del roure
i sota el cristall clar de la nit.
en el fang primer em buscaves
i en el silenci. sota les aigües profundes
del temps. en la nit solitària cantaves
un cant d'esperança.
i per un moment tot va ser un altre cop.
i per un moment vas oblidar la tenebra
que ja per sempre m'habitava.

© Anna Montero
from: unveröffentlicht
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

euridike

немецкий

gesucht hast du mich in der einsamen nacht
während der himmel verdämmerte in soviel licht.
du stiegst ab in die höhlen
unter den korkeichen
und der gläsernen klarheit der nacht.
suchtest mich im urschlamm
und in der stille. in den tiefen wassern
der zeit. in der einsamen nacht der gesang
deiner hoffnung.
und fuer einen augenblick begann alles noch einmal.
Fuer ein augenblick entfiel dir die dunkelheit,
die mich schon für immer umfing.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

eternitat

каталанский | Anna Montero

podria dir-te aquesta nit
que el temps no passa,
que no s'escola la llum
al cor de la llum,
que viurem en el record
i serem paraula en altres llavis.
podria dir-te que no creix l'oblit
ni el silenci a les avingudes
solitàries, que el foc ha cremat
la brossa quotidiana,
que no s'esborren els camins,
i sempre bategarà una mar
darrere del darrer horitzó.
podria dir-te aquesta nit
que totes les nits se'ns assemblen,
que el temps dels rius
retorna amb cada pluja
i cada núvol porta el record
dels peixos més foscos
fins a la llum primera.

© Edicions Proa
from: el pes de la llum
Barcelona: Edicions Proa, 2007
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

ewigkeit

немецкий

ich könnte dir sagen heut nacht
dass die zeit nicht vergeht
dass das licht nicht verfliesst
im herzen des lichts
dass wir in einer erinnerung weiterleben
und worte auf anderen lippen werden.
könnte dir sagen, dass das vergessen nicht anwächst
noch die stille auf den einsamen
straßen, dass das feuer das tägliche
allerlei verbrennt
und die wege nicht verschwinden
und immer pulst ein meer
hinter dem letzten horizont.
ich könnte dir sagen heut nacht
dass alle nächte sich gleichen,
dass die zeit der flüsse
mit jedem regen wiederkehrt
und jede wolke
an die dunkelsten fische erinnert
bis zum ersten licht.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

Chris Price - The audition

английский | Transit of Venus

I auditioned for a band called the High Rising Terminals but
I wasn’t born in this country.

Are you mono, bi or multi-culti?  
English will do for most

people, but the tui considers it a crude
approximation of his native foliage.

I sleep on my right-hand side here — one cheek
rests on water

one sea-ear listens for round vowels rising from
the mussel’s razor lips.

There is much I could have told you but I no longer
have it by heart.

Do you too hear the rain that raineth every day
as you lie on your bed of nails?

Have you armed the clattering cabbage-tree?  
Can you translate for me

this basket of steam, that slow pulsing
underneath the ground?

© Chris Price
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2012

Das Vorsprechen

немецкий

Ich sprach vor bei einer Band namens Signalphonetiker, aber dafür
bin ich im falschen Land geboren.

Bist du mono, bi oder multi-kulti?
Den meisten Leuten reicht

Englisch, aber der Tui hält das nur für eine grobe
Näherung an sein heimisches Blattwerk.

Ich schlafe hier auf meiner rechten Seite – eine Wange
ruht auf Wasser,

ein Seeohr horcht auf die runden Vokale, die
aufsteigen aus den Rasiermesserlippen einer Muschel.

Ich wollte dir noch viel mehr erzählen, doch
es ist mir entfallen.

Hörst du den Regen regnen alle Tage,
wenn du auf schmachtest auf deinem Nagelbett?

Hast du den klirrenden Lanzenbaum bewaffnet?
Übersetzt du mir diesen dampfenden

Bastkorb, den langsamen Puls
tief in der Erde?

Übertragung ins Deutsch von Brigitte Oleschinski während des Übersetzungsworkshop
Venustransit, Verstransit (Literaturwerkstatt Berlin, October 2012)

Chris Price - Poedua

английский | Transit of Venus

If you are a black dot on a white disk
I am a black dish on a white cloth.

If you are a bright spot in my dark sky
I am a wide dish receiving white noise.

If I am elliptical, capricious,  
you are point-to-pinpoint accurate.

If you are a white-draped goddess
I am your ear’s black pearl.

If you are a singular sceptre
I am a quarrel of feathered chiefs.

If I am a Polynesian princess
you are the red Queen and

when you speak, I lose my voice and
when I stand mute before you

on a painted wall, you see stars —
my innumerable motu

dazzle your rocky shores.
Now your world is no more

than a cloudy blue bead
at my throat but I foresee

the day it inundates me in
the way you repaint

my face.  If you are hungry
I will feed you, but  

I’m not so sure that you’ll
return the courtesy.

© Chris Price
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2012

Poedua

немецкий

Bist du ein schwarzer Punkt auf einer weißen Scheibe,
bin ich ein schwarzer Teller auf einem weißen Tisch.

Bist du ein heller Fleck an meinem dunklen Himmel,
bin ich eine weite Schüssel für das weiße Rauschen.

Bin ich elliptisch, unberechenbar,
bist du auf den Punkt punktgenau.

Bist du eine weiß-drapierte Göttin,
bin ich dein schwarzer Perlohrring.

Bist du ein einziges Zepter,
bin ich ein Gequengel von Häuptlingsfedern.

Bin ich die polynesische Prinzessin,
bist du die rote Königin und

wenn du sprichst, verliere ich die Stimme, und
wenn ich stumm vor dir stehe

auf einer Leinwand, siehst du Sterne –
meine unzähligen Inseln

blenden deine felsgrauen Küsten.
Deine Welt ist nun nichts

als eine milchig blaue Perle
an meiner Kehle, aber ich ahne

den Tag, an dem sie mich überflutet,
so wie du mein Gesicht

übermalst. Bist du hungrig,
will ich dich füttern, doch

bin ich nicht sicher, dass du
die Höflichkeit erwiderst.

Übertragung ins Deutsch von Brigitte Oleschinski während des Übersetzungsworkshop
Venustransit, Verstransit (Literaturwerkstatt Berlin, October 2012)

Chris Price - Fort Venus

английский | Transit of Venus

We chase the goddess
round the planet till she falls
exhausted in her seven sisters’
arms. How far we pry, in our
makeshift island hides.
We wholly disrespect
the privacies of sky. When

she comes, draped in romantic
mists, with a diadem of feathers
green and red that scatters
and refracts, we’re ready:
we brandish pen and ink
at first, and then unholster
photographic revolvers.
To the naked she’s fully clad
but our spyglass strips her.
From some she shyly turns

her face, but we are unperturbed —
the spurned set off in search
of other lovers while we take
her measurements with
astronomical clocks and
quadrants. We picture her from
every angle, elevation: a distant
kind of love, or its relation.

In pursuance of His Majesty’s
Pleasure we do not take
sides.  We try to listen to
the local guides, even if
their tongues are thick with
unfamiliar jungles. We eat
their greens, record the species,
pick up a few crude words,  
some temporary brides, and plant
gunpowder, children and
V.D. The goddess won’t

be back this way for a century
or so, but just now she is at home
on every isle. We seize the day.

© Chris Price
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2012

Fort Venus

немецкий

Wir jagen die Göttin
rund um den ganzen Planeten, bis sie
erschöpft in die Arme ihrer Sieben
Schwestern fällt. Wie tief wir in sie dringen
aus unseren windschiefen Inselverstecken.
Wir scheren uns keinen Deut um die
Privatsphäre des Himmels. – Wenn

sie erscheint, in romantische Nebel
gehüllt, in einem Diadem aus Federn,
die grün und rot zerstieben
und splittern, sind wir bereit:
Erst schwingen wir die Federhalter,
dann entsichern wir
die Fotorevolver.
Den Nackten scheint sie verhüllt,
doch unsere Fernrohre ziehen sie aus.
Von manchen wendet scheu

sie das Gesicht, doch wir bleiben ungerührt –
die Verschmähten suchen sich andere


Geliebte, während wir ihre Maße nehmen
mit astronomischen Uhren und
Viertelkreismessern. Wir fixieren sie

aus jedem Winkel, jedem Aufriss: eine Liebe
aus der Ferne, ein Verhältnis fast.

Im Verfolg der Wünsche Seiner
Majestät schlagen wir uns auf keine
Seite. Wir hören den einheimischen
Informanten zu, obwohl ihre Zungen
überwuchert sind von fremden
Dschungeln. Wir essen
ihr Grünzeug, verzeichnen die Art,
legen uns ein paar rohe Wörter zu,
Bräute auf Zeit, und säen
Schießpulver aus, Kinder und
Geschlechtskrankheiten. Die Göttin

kommt hier ein Jahrhundert oder so
nicht mehr vorbei, aber jetzt gerade ist sie
auf jeder Insel daheim. Wir ergreifen
die Gelegenheit.

Übertragung ins Deutsch von Brigitte Oleschinski während des Übersetzungsworkshop
Venustransit, Verstransit (Literaturwerkstatt Berlin, October 2012)

big band al molí

каталанский | Anna Montero

la nit és roja, blava, violeta
i té un gust com d'hores impossibles.
mai no hem anat junts
a un concert de jazz
però sé que un dia
una música estendrà el seu pont
de llum entre tu i jo,
malgrat els oceans i les illes
entre tu i jo. i sé
que els planetes giraran
de cercle en cercle i sé
que els estels lliscaran
d'edat en edat i que entre tu i jo
hi haurà una música
amb un gust com de temps perdut,
com d'hores roges, blaves, violetes
en una nit impossible.

© Edicions Proa
from: el pes de la llum
Barcelona: Edicions Proa, 2007
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

big band am moli

немецкий

die nacht ist rot, blau, violett
und schmeckt nach unmöglichen stunden.
nie sind wir zusammen
zu einem jazzkonzert gegangen
doch ich weiß, dass eines tages
die musik eine brücke aus licht
schlagen wird von dir zu mir
trotz der ozeane und inseln
zwischen uns. so wie ich weiß
dass die planeten ihre bahnen
ziehen und weiß
dass die sterne von alter zu alter
gleiten, weiß ich, dass es auch für uns
eine musik geben kann
die nach den verlorenen jahren schmeckt
wie nach roten, blauen, violetten stunden
in einer unmöglichen nacht.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

Aus dem Zittergras

немецкий | Brigitte Oleschinski

vor den Klinikfenstern tanzen sie wie Mücken davon, ein Schwarm glitzernder
Babyzellen

über der windigen Ebene, durch die mit allen Fingern das Licht
fährt, leere Parkplätze aufwirbelnd und die nickenden, wiegenden Prärie-
skalpelle, die unter rollenden Wolkenzügen das flüchtige
Bündel

eilends auseinanderstreuen in nichts
als flirrende

Augen-, Flügel-, Zehenpixel

© beim Verlag und bei der Autorin
from: Your Passport is not Guilty
Reinbek: Rowohlt Verlag, 1997
Audio production: 2001, M. Mechner, literaturWerkstatt berlin

Uit het bevende gras

голландский

voor de ramen van het ziekenhuis dansen ze als muggen weg, een zwerm glinsterende
babycellen

boven de winderige vlakte, waar met al zijn vingers het licht
doorstrijkt, lege parkeerplaatsen omhoogjagend en de knikkende, wiegende prairie-
scalpels, die onder rollende wolkenslierten de vluchtige
bundel

ijlings uit elkaar strooien in niets
dan zinderende

ogen-, vleugel-, tenenpixels

Translated by Erik de Smedt

© Erik de Smedt



from: Brigitte Oleschinski, Your Passport is Not Guilty (een keuze),

published by Zegwerk, Gent 2003


safo

каталанский | Anna Montero

és ací on tot es juga:
en equilibri sobre l’abisme.
la possibilitat d'estavellar-te
traça horitzons infinits.
és ací: entre el cel i l'aigua.
serenament desplaces els desigs
sobre la corda tibant del somni.
un pas i un altre i el penya-segat
com el cos d'una amant s'acosta
i s'obri a la fantasia de la terra i el buit.
és en el vertigen d'aquesta platja
on jugues a tot o res amb l'àngel
cada dia. els reflectors o l'onada
il ·luminaran la teua caiguda o glòria
vers un atzur que mai no havies anhelat.
un pas cap a l'eternitat i un altre cap al no-res
i un cos que dia a dia s'esfilagarsa
com el núvols que indiferents s'allunyen.

© Anna Montero
from: unveröffentlicht
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

sappho

немецкий

hier, genau hier:
im gleichgewicht über dem abgrund
reißt der mögliche absturz
alle horizonte auf.
hier: zwischen himmel und wasser
balancierst du gelöst die wünsche
auf dem straffen seil des traums.
einen schritt und noch einen und die klippe
kommt dir entgegen wie der körper einer geliebten
und öffnet sich der vision von grund und leere
im schwindel dieser küste
wo du jeden tag um alles oder nichts
mit dem engel spielst.
ein scheinwerfer oder die wellen
erhellen deinen fall oder deinen ruhm, beides
hast du nie erwogen in diesem rebellischen blau.
einen schritt hin zur ewigkeit und noch einen ins nichts
und ein körper, der tag für tag weiter ausfranst
wie die wolken, die sich gleichmütig entfernen.

Aus dem Katalanischen von Brigitte Oleschinski

[لست أعرف]

арабский | Sabah Zouein

© Sabah Zouein
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2007

[weiß ich wie die reise zuende]

немецкий

weiß ich wie die reise zuende
vielleicht endet sie nie
fährt mich der zug noch immer
die schwellen unter mir
jetzt zu wörtern
zerspellt

*


krümmte mich doch in bilder
und wände waren sie nicht
die enttäuschungen
und wieder morgen voll sonne
und fragen

*


die augenblicke im haus
wie falten in meinen kleidern
morgenstunden so
rein
wie unser letztes schweigen

*


an fuhr der zug
zurück zum nordbahnhof
die orte schwanden zusammen
in einen einzigen ort
die bäume so viele und sonntagsonne
die schmerzensorte bloß noch einer

*


hob sich das gleis und senkte sich
über die alte brücke aus stein
die bäume naß
am eingang der stadt
das gleis eine flüchtige sprache
oder geste ein räuspern
bloß

Übertragung: Brigitte Oleschinski