Quand parfois quelqu’un appelle

Quand parfois quelqu’un appelle,
J’entends reviens, j’entends comme un écho reviens.
Je fais un effort, je vois l’eau brune du canal,
Les balustres de pierre, l’allée d’ormes penchés.
Un cycliste passe sur l’autre rive. Les roues d’un camion
Grincent. Tout est si fortement là,
Même l’oiseau qui vole
Au-dessus des plaques d’herbe jaunie.
Je n’ai pas cette solide présence.
L’âme est un toi, je l’ai perdu.
Je fais un effort pour revenir. Quelqu’un dit te voilà.
Il y a ce gouffre secret par où je disparais encore.
La tristesse est le gouffre.

© Louise Bouchard
Extraído de: L’Inséparable
Éditions Les Herbes rouges, 1989
Produção de áudio: Union des écrivains et des écrivaines québécois, 2013

Wenn manchmal jemand ruft

Wenn manchmal jemand ruft
Höre ich komm zurück, ich höre wie ein Echo komm zurück.
Ich strenge mich an, ich sehe das braune Wasser des Kanals,
Die Geländer aus Stein, die Allee mit gebeugten Ulmen.
Ein Radfahrer fährt am anderen Ufer vorbei. Die Räder eines Lastwagens
Quietschen. Alles ist so präsent,
Sogar der Vogel, der fliegt
Über die Flecken vertrockneten Grases.
Ich habe diese solide Präsenz nicht.
Die Seele ist ein Du, ich habe ihn verloren.
Ich strenge mich an um zurückzukehren. Jemand sagt, hier bist du.
Es gibt diesen geheimen Abgrund, wo ich wieder verschwinde.
Die Traurigkeit ist der Abgrund.

Übersetzt aus dem Französischen von Hildegard Grüter und Christa Japel