Bernard Banoun 
Translator

on Lyrikline: 21 poems translated

from: allemand to: français

Original

Translation

Instant Krise mit Pommery

allemand | Christian Filips

O Pommery! O Pomerol!
Ich weiß nicht, wie ich weiterleben soll.
Seh ich Euch zwei hier vor mir stehn,
dann trink ich. Ihr vergeht. Ich trink

noch paarmal von dem Satz, la lie,
bis ebenso ich geh. Ins Bett
als Letzter. Immer wieder mich:
wie das Verstehen lerne ich?

Gefragt. Und wenn verstanden: wie
verkraften alles das? Vergehen
kann lustig auch am Morgen sein
und lieblich sein, am Abend ja

gewaltig winselnd wieder sein:
Das Echo der herzeignen Scherze
hinter der Bienenwachskerze
wäre nur ein Summen des Dekors,

ein summendes Dekor im Ohr
brennt alles hin, brennt ab, bevor.
O Pomerol. O Pommery.
Wie soll ich weiterleben? Wie?

© Christian Filips
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Crise instantanée avec Pommery

français

Ô Pommery ! Ô Pomerol!

Comment vivrai-je encore, ma parole.

Si je vous vois vous deux devant moi

Alors je bois. Vous passez. Je bois


encore quelques coups de la lie,

puis moi aussi je passe. Au lit

en dernier. Moi toujours moi :

Apprends-je à comprendre?

 

Question. Et si compris : comment

supporter tout ça ? Passer ce

peut être drôle au matin

être moelleux, et le soir, hein,


de nouveau sacrément pleurnichien :

Derrière la bougie de cire d’abeille

l’écho des blagues miennes

ne serait que ronronnant décor,


inanité, décor un or, or

tout brûle, tout se consume, clore.

Ô Pomerol. Ô Pommery. 

Comment vivrai-je encore? Vie?

Traduction: Bernard Banoun

… Schlaf

allemand | Christian Filips

ein Gletscher, jahrtausendealt
meine Hand.

Und in ihr ein Ziehn ... wohin?

Halt! Da-Greift etwas
Das

fühlt sich an

wie jeder
wie peitschendes
Leder wie Schnee

© Peter Engstler Verlag
Peter Engstler Verlag,
Audio production: Haus für Poesie / 2017

... Sommeil

français

un glacier, millénaire

ma main. 

 

Et dans ma main un tiraillement… vers où ?

 

Stop ! Là, quelque chose

Ça

 

on dirait

 

comme quiconque

comme du cuir

fouettant comme neige


Traduction: Bernard Banoun

Der Sohn kauft sich im Kaufland eine Mutter.

allemand | Christian Filips

Sie ist ein Block. Aus Eis. Gefroren. Er lässt die Mutter tauen, taut sie auf, auf dem Herd. Er fühlt sich fast wie neugeboren, als er ihre erste Schicht zerfließen sieht. Der Sohn hat das Messer gewetzt. Der Sohn kocht die aufgetaute Mutter in gesalzenem Wasser. Der Sohn gibt acht, daß das Wasser nicht verkocht, die Mutter nicht anbrennt. Der Sohn öffnet die Mutter mit dem Messer. Der Sohn gib acht (er wäre gerne besser), daß ihm die Mutter nicht gleich beim ersten Stich verspritzt. Ihr Fleisch wäre trocken nachher. Er serviert die Mutter, auf einem gläsernen Teller. Beträufelt die Mutter mit einer Zitrone. Schenkt sich und ihr jeweils ein Gläschen ein. Da merkt er: er ist beim Essen jetzt allein. Er ruft die anderen Kinder herein, zum Essen. Schart sie um einen Tisch. Sie schütteln den Kopf, sagen: Nein. Sie wollen die Mutter nicht essen.*

*Die anderen Kinder wollen sie nicht essen!

© Christian Filips
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Le fils s’achète une mère chez Carrefour.

français

C’est un bloc. De glace. Gelé. Il fait dégeler la mère, la réchauffe, sur la cuisinière. Il se sent presque renaître quand il voit couler la première épaisseur. Le fils a aiguisé le couteau. Le fils fait cuire la mère dégelée dans de l’eau salée. Le fils surveille l’eau, surveille la cuisson de la mère. Le fils ouvre la mère avec un couteau. Le fils fait attention (il s’améliorerait bien) que le jus de la mère ne gicle pas au premier coup de couteau. Sinon sa viande sècherait. Il sert la mère, sur une assiette en verre. Met quelques gouttes de citron sur la mère. Se remplit, lui remplit un petit verre. C’est là qu’il remarque : il mange seul. Il appelle les autres enfants à table. Les réunit autour d’une table. Ils secouent la tête, disent : Non. Ils ne veulent pas manger la mère.*


* Les autres enfants ne veulent pas la manger!

Traduction: Bernard Banoun

ein weißer Schnürsenkel-

allemand | Christian Filips

Blitz jetzt. Das ist
Mamas Hand, wie sie knotet! –

Verknoten beibringt mir
ihm beibringen will: sie
sitzt ihrem Sohn gegenüber
bindet die Senkel,
                        so, beide Hände
Hände beide linksrum in der Schlaufe
weiß sie
            – wierum? sorum? Löffelstil

gleich selber, nein hierum!
                                               nicht mehr –

ach spiegelverkehrt,
                                   Mutter Gottes!
Bald schnüren wir ihn
Bald er uns

© Peter Engstler Verlag
Peter Engstler Verlag,
Audio production: Haus für Poesie / 2017

un lacet blanc –

français

là un éclair. C’est

la main de maman, elle noue! –


À nouer elle m’enseigne

elle veut m’enseigner: elle

assise face à son fils

lace les lacets,

          là, les deux mains

mains par la gauche dans la boucle

sait-elle

       commeci ? pourqueci ? 


allez vas-y, non, parci !

                    fini –

avec le manche de la cuiller,


et non, le voici à l’envers,

           sainte Mère de Dieu !

Tantôt nous le laçons

Tantôt lui il nous lace

Traduction Bernard Banoun

Zehnmal klingle ich am Gartentor

allemand | Christian Filips

und höre es klingeln von oben,
zehnmal: Vater!
                           Vater? –
Steht er hinterm Zaun, hinterm Fenster,
hinter der Gardine, der vergilbten,
auf Zehenspitzen? Sieht hinaus
und durch mich durch nichts als sich selbst
wie ich auch ihn ja nur durch mich
Gilb : die Gardine sehe
als Fenster, Zaun, Spiegel der Luft
(Fata) Zigarette links, die Rechte
rafft den Vorhang, jetzt winkt sie
- He Papa aus der Batschka! - wischend mich
weg ...  Ja, hat er denn wirklich gewunken?
Der Vorhang senkt sich ... Weg! Weg!
Vielleicht war er betrunken? Vielleicht
kommt er gleich runter? Drohendes
Droben, zerstieben, zerstoben....
Nein, runter kann der von da oben
nicht kommen, solange er der
von da droben noch bleibt. Viel zu hoch
für ihn, für mich, von hier aus
vorm Fenster, vorm Zaun aus gesehn:
Immerhin! Vater mal Zehn.
Von hier unten bin ich fremd vielleicht
ihm wie eine seine Scham
(Gogols Streetview)
beäugende Drohne.

© Christian Filips
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Postulat du père absent

français

Dix fois je sonne au portillon

du jardin et là-haut j’entends, ça sonne,

dix fois : Papa !

Papa ? –

Est-il derrière la clôture, la fenêtre,

derrière le rideau jauni,

sur la pointe des pieds ? Il regarde dehors,

il voit à travers moi et ne voit rien qu’à travers lui,

comme moi je ne le vois qu’à travers moi.

Jauni : le rideau

vu comme fenêtre, clôture, mirage

(fata) cigarette à gauche, la main droite

saisit le rideau, fait un signe

– Hé, papa de la Bačka ! – m’efface

de la main… Oui, il a vraiment fait signe ?

Retombe le rideau… Parti ! Parti !

Il avait peut-être bu ? Peut-être

il va descendre ? Menaces tout

là-haut, méli-mélo, imbroglio…

Non, celui-là là-haut il ne peut pas

descendre tant qu’il reste celui-là là-haut. 

Bien trop haut pour lui, pour moi, vu d’ici

depuis la fenêtre, depuis la clôture :

Plus de papa. Je peux partir

D’ici-bas je suis peut-être étranger

à lui, comme si zieutée était

(Gogol’s Streetview)

sa pudeur par un bourdon. 


Traduction: Bernard Banoun

das neue reich

allemand | Lutz Seiler

fernsprechrauschen, vogelhusten: zuerst gehst du
noch einmal alles durch in den gedanken; die
blaue waffelkachel gab es schon, brusthoch

der braune sockel, öl und
die gebüsch-motive: nadelnd, fast
    musik ist das
herausrieseln der stimmen aus
den kugellampen. kein
labyrinth & keine chandoshysterien, nur

                   wortgeruch & falsche nelken: früher
war es nicht vergittert dieses fenster, nicht
gemarkert diese schrift komm in
den totgesagten technikpark – fischgrätenestrich

© Lutz Seiler
from: Die Anrufung
Warmbronn: Ulrich Keicher Verlag, 2005
Audio production: 2007, M. Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

le nouvel empire

français

télégrésillements, toux d’oiseaux : d’abord tu repasses
chaque chose dans ta tête ; elles existaient déjà les
faïences bleues en relief, à hauteur de poitrine

le socle marron, huile et
le motif de buisson : aiguilles qui tombent, presque
   de la musique ces
voix ruisselant des
globes lumineux. pas de
labyrinthe & pas d’hystéries à la chandos, rien

                qu’odeur de mots & des faux œillets : autrefois
cette fenêtre était sans barreaux, pas
au marqueur cette inscription entre dans
le technoparc que l’on dit mort – chape à chevrons

Traduit par Ann-Christin Arras, Maryse Jacob, Camille Pierrat, Deborah Marinkovic, Philippe Guerre, Bernard Banoun
Atelier de traduction pendant la résidence de Lutz Seilers à l'Université de la Sorbonne, mars 2019.

im felderlatein

allemand | Lutz Seiler

einmal begründet sind wir ein bast
  auf der borke
zu gast in der rinde & inneres kind
der ausfall strassen. diese

strassen sind eine leise gesprochene
sprache noch über das einmal
gesagte hinweg an den gärten
  ins felderlatein. dort

sitzt das kind auf einem hügel die
welt ist aus sand gemurmelte sprachen
rollen nach innen wollen
auch wasser brücken

            & strassen
benötigen leise
rollende sprachen das
eigene kind im felderlatein

© Suhrkamp
from: pech und blende
Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 2000
Audio production: 1999 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

dans le latin des champs

français

une fois établis nous sommes le liber
   sous l’écorce
hôte du bois & enfant intérieur
des routes de sortie. ces

routes sont une langue doucement
dite outrepassant ce qui
une fois fut dit le long des jardins
   vers le latin des champs. là

est assis l’enfant sur une colline le
monde est de sable des langues murmurées
billes roulant vers l’intérieur cherchent
aussi l’eau ponts

                    & rues
nécessitent des
langues doucement roulantes le
propre enfant dans le latin des champs

Traduit par Ann-Christin Arras, Maryse Jacob, Camille Pierrat, Deborah Marinkovic, Philippe Guerre, Bernard Banoun
Atelier de traduction pendant la résidence de Lutz Seilers à l'Université de la Sorbonne, mars 2019.

Widder

allemand | Yoko Tawada

Ich sei ein Tier mit Hörnern, sagte er,
würde immer in den ersten sieben Jahren des Lebens
verweilen. Verließe ich sie,
würde ich eingehen. Bleibe ich dort, gäbe es keinen
Sex. Mein Versuch, ein bewohnbares Alter zu finden.
Du hast es schon gefunden.
Offen die Hügellandschaft, Eingeschlossen
im Gehäuse der Kamera.
Es gibt keine Haiku über das Innere,
in dem es keine Jahreszeiten gibt.

© 多和田 葉子/Yoko Tawada
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Bélier

français

J’étais, disait-il, une bête à cornes 
je resterais toujours dans les sept premières années de la vie
Si je les quittais, je dépérirais
Si j’y demeurais, il n’y aurait pas de sexe 
Ma tentative de trouver un âge habitable
Tu l’as déjà trouvé 
Ouvert le paysage vallonné, enfermement dans le boîtier de l’appareil-photo
Sur l’intérieur dans lequel n’existent pas de saisons
Il n’existe pas de haïku 

Traduit par Bernard Banoun

Fukushima 24

allemand | Yoko Tawada

„Heute Ruhetag“ steht an der
Tür eines Friseursalons. Seit
drei Jahren hört der
Tag „Heute“ nicht
mehr auf und die Haare
wachsen woanders.

© 多和田 葉子/Yoko Tawada
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Fukushima 24

français

« Jour de fermeture », dit
la porte du salon de coiffure. Depuis
trois ans ce jour
n’en finit plus
et les cheveux
poussent ailleurs.

traduit par Bernard Banoun

Vor einem hellen Vokal

allemand | Yoko Tawada

Gleich werde ich meinen
Bauch zeigen und tanzen an einem
Teich wo eine deutsche
Eiche steht. Ein gottloses
Buch werde ich
euch schreiben und steige
hoch auf den Galgen. Ich bin ein fliegender
Teppich mit einem
Kopftuch. So ein
Pech! Kann ich fliehen? Kennst du das Land
CH?
Die Lesart der heiligen S-
chriftzeichen c und h bleibt weiter offen


© 多和田 葉子/Yoko Tawada
Audio production: Haus für Poesie / 2017

Ich nicht. Devant une voyelle claire

français

Gleich subito je vais vous faire une danse du
Bauch, me trémousser près d’une mare
Fraîche où se dresse un
Chêne allemand. Je vous écrirai un
Buch, livre impie et on me hissera
Hoch sur la potence. Je suis un
Teppich volant voilée d’un
Tuch. Quelle poisse ! Fuir  ? Ich  ? Connais-tu le pays
CH ?
La lecture des signes saints
c et h reste en suspens.

traduit par Bernard Banoun

Die zweite Person Ich

allemand | Yoko Tawada

Als ich dich noch siezte,
sagte ich ich und meinte damit
mich.
Seit gestern duze ich dich,
weiß aber noch nicht,
wie ich mich umbenennen soll.

© 多和田 葉子/Yoko Tawada
Audio production: Haus für Poesie / 2017

La deuxième personne Je

français

Du temps que je te vouvoyais
je disais je en parlant de
moi.
Depuis hier je te tutoie,
mais je ne sais pas encore
comment moi me désigner autrement.

traduit par Bernard Banoun

Zeus

allemand | Mario Wirz

Um dir zu gefallen
ahme ich Zeus nach
übermütig
trotze ich meinen Jahren
und springe
in jede Gestalt
die dich verführt
natürlich sind diese Verwandlungen
anstrengend
erschrocken schaust du
auf den ältlichen Fremden
der morgens im Bett
neben dir liegt

© Aufbau Taschenbuchverlag
from: Sieben Leben hat die Woche
Berlin: Aufbau Verlag, 2003
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Zeus

français

C’est pour te plaire
que j’imite Zeus
insolemment
je défie mes années
et bondis
sous toute figure
qui te séduise
ces métamorphoses bien sûr
sont fatigantes
avec frayeur tu regardes
cet étranger vieillissant
allongé le matin
dans le lit près de toi

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Weltwunder

allemand | Mario Wirz

Jemand hat leise den Eiffelturm
vor mein Fenster gestellt
als wäre es kinderleicht
das Weltwunder
Vor lauter Zuversicht
beuge ich mich
noch einmal
gläubig
dem Anfang
Endlos erscheint
der Höhenrausch
unseres Frühlings
Ich glaube ich träume
ruft meine Nachbarin
und schaut verwirrt
auf die Touristen
die in den Hinterhof
strömen

© Aufbau Verlag
from: Sturm vor der Stille
Berlin: Aufbau Verlag, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Merveille du monde

français

Quelqu’un a placé doucement
la tour Eiffel devant ma fenêtre
comme si elle était un jeu d’enfant
la merveille du monde
Tout confiant
je me penche
encore une fois
croyant
au commencement
Il me semble sans fin
le mal d’altitude
de notre printemps
Je crois que je rêve
s’écrie ma voisine
en regardant
confuse
les touristes
envahir
l’arrière-cour

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Traum des Mieters

allemand | Mario Wirz

Ich warte nicht
bis mir die Decke
auf den Kopf fällt
und Staub aufwirbelt
im möblierten Schlaf
der Jahre
Unverriegelt
bleiben alle Türen
auch die Fenster
öffne ich
dankbar den Dieben
die mich von den Dingen
befreien
Im leeren Raum
verschwimmt
der Boden unter den Füßen
ins Weite
Bevor die tapezierten Wände
stürmisch protestieren
gegen den Stillstand
fliegt das Dach
über dem Kopf
davon

© Aufbau Verlag
from: Sturm vor der Stille
Berlin: Aufbau Verlag, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Rêve du locataire

français

Je n’attends pas
que le plafond
me tombe sur la tête
et soulève la poussière
dans le sommeil meublé
des années
Les portes restent
non verrouillées
les fenêtres aussi
reconnaissant je les ouvre
aux voleurs
qui me délivrent
des choses
Dans l’espace vide
le sol s’estompe
sous les pieds
vers le lointain
Avant que les murs tapissés
ne protestent fougueusement
contre l’immobilité
le toit
au-dessus de la tête
s’envole

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Selbstbild

allemand | Mario Wirz

Von den vielen
die ich bin
sind alle
mir unbekannt
nur vom Hörensagen
kenne ich
den einen
die andere
flüchtig
bleibe ich
mir
auf der Spur

© Mario Wirz
from: Vorübergehend unsterblich
Aufbau Verlag, 2010
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Autoportrait

français

De tous ceux
que je suis
tous me sont
inconnus
je ne connais
que par ouï-dire
un tel
une telle
fugacement
je reste
sur
ma trace

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Mario Wirz

Salamanderschlaf

allemand | Mario Wirz

Unter der Sonne
schlief der Salamander
auf einem Stein
den ich aufhob
Stunden später
als der Salamander
mit der Sonne
verschwunden war
Stumm blieb
der Stein
vor allen Fragen
die ich durch
mein Leben schleppte
Jahrzehnte später
in schlafloser Stille
hütet der Stein
das Geheimnis
des Salamanders
jene ferne Stunde
unter der Sonne

© Aufbau Verlag
from: Sturm vor der Stille
Berlin: Aufbau Verlag, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Sommeil de salamandre

français

La salamandre dormait
sous le soleil
sur une pierre
que je soulevai
des heures après
quand la salamandre
eut disparu
avec le soleil
la pierre
resta muette
à toutes les questions
que je traînais
à travers ma vie
Des décennies après
dans un calme sans sommeil
la pierre garde
le secret
de la salamandre
cette heure lointaine
sous le soleil

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Nächtlicher Törn

allemand | Mario Wirz

der Wind in deinem Traum
bläht die Gardinen zum Segel
reißt alle Dinge die wir gesammelt haben
von ihrem Platz
im furchtsamen Licht der Nachttischlampe
suche ich vergeblich unsere Rettungswesten
hohe Wellen schlagen über deinem Schlaf
die Nacht auf die Seite des Mondes
vielleicht wärest du lieber als
Einhandsegler unterwegs
unbeschwert von meinen Ängsten
auch diese Frage werfe ich jetzt
über Bord
steige vorsichtig in deinen Traum
und folge seinem Kurs
das Meer das ich nicht gefragt habe
in all den Jahren
denkt sich in unserem Schlaf
eine neue Geschichte aus

© Aufbau Taschenbuchverlag
from: Sieben Leben hat die Woche
Aufbau Verlag, 2003
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Périple de nuit

français

le vent dans ton rêve
gonfle les rideaux en une voile
arrache à leur place
dans la lumière craintive de la lampe de chevet
toutes les choses rassemblées par nous
en vain je cherche nos gilets de sauvetage
des vagues hautes projettent par-dessus ton sommeil
la nuit du côté de la lune
peut-être préférerais-tu naviguer
en marin solitaire
insoucieux de mes angoisses
cette question aussi
maintenant je la jette par-dessus bord
prudemment je m’embarque dans ton rêve
je suis son cours
la mer que je n’ai pas interrogée
de toutes ces années
invente dans notre sommeil
une nouvelle histoire

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Liebestoll

allemand | Mario Wirz

Mit Tollkirschen
füttert sie mich
bis ich tobe
von Hoffnung
vergiftet
muss ich
Federn lassen
in diesem Sommer
Glücklicher Papagei
wiederhole ich
jeden Absturz
im Zweifelsfall
Liebe
nimmt sie
schon bald
ihren roten
Fingerhut

© Aufbau Verlag
from: Sturm vor der Stille
Berlin: Aufbau Verlag, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Fou d’amour

français

Il me nourrit
de belladones jusqu’à
ce que je sois enragé
empoisonné
d’espoir
je dois
laisser des plumes
dans cet été
Heureux papegai
je répète
chaque chute
en cas de doute
L’amour
déjà
prend
sa rouge
digitale

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Aufbau Verlag

Liebesbrief

allemand | Mario Wirz

Betört
von einer Wolke
tunkt
der Pelikan
seine Feder
in den Tintenfisch
und schreibt
auf das Blatt
der Windrose
Ich liebe dich

© Mario Wirz
from: Vorübergehend unsterblich
Aufbau Verlag, 2010
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Lettre d’amour

français

Envoûté
par un nuage
le pélican
trempe
sa plume
dans la seiche
et il écrit
sur la feuille
de la rose des vents
Je t’aime

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Mario Wirz

Fest

allemand | Mario Wirz

der Rausch der Rosen
im Regen
ist ein Fest
in der trunkenen
Nacht
feiern sie
vor unseren Fenstern
während wir
schlafen

© Mario Wirz
from: Vorübergehend unsterblich
Aufbau Verlag, 2010
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Fête

français

l’ivresse des roses
dans la pluie
est une fête
dans la nuit
ivre
elles font la fête
sous nos fenêtres
tandis que nous
dormons


/pre>

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Mario Wirz

Abendrot

allemand | Mario Wirz

die Sehnsucht
der Füchse
Abendrot
über
den Städten

© Mario Wirz
from: Vorübergehend unsterblich
Aufbau Verlag, 2010
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

Crépuscule

français

Le désir
des renards
Crépuscule
au-dessus
des villes

traduit par Bernard Banoun
© Bernard Banoun
© Originalfassung: Mario Wirz