François Mathieu 
Translator

on Lyrikline: 67 poems translated

from: alemán to: francés

Original

Translation

[… wollte den Baum näher bestimmen]

alemán | Steffen Popp

 

… wollte den Baum näher bestimmen, rieb mich
an seinen Rinden, meine Begriffe das Fell eines Esels
die schlammverkrustete Haut eines Erdfroschs
im Herbst – rieb mich mit meinen Bäumen, Hölzern

und Baumgesträuchen, am Baum. Der sprach nichts
warf lediglich Borken, Reste von Vögeln, Blätter ab
aus Stockwerken, die sich der Sicht entzogen
mir auf das singende Haupt. Blieb wahr, unerreicht

in seiner Langsamkeit, Nähe, die aus unendlicher
Ferne mich anstieß, zu närrischen Sprüngen, traurigen
Laubgesängen – so lebten wir nebeneinander
zwei Wesen, nun, wenn er was sagte, war ich es  

wenn er schwieg. Lange dachte ich, ich sei allein
ein etwas vergröberter Käfer an seinem hölzernen Leib  
später indes, über Felder nach Haus gegangen
schien mir, nur er war allein, unter Sternen, Getier

das Regungen, Stile, und sei es nur in Begriffen
ihm antrug, sich rieb, ihn umkreiste, davonging
ich war nur eines von ihnen, und er genügte uns allen:
zur Sprache, zur Liebe, zum Fraß.

© kookbooks
from: Kolonie Zur Sonne. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2008
Audio production: 2009, Literaturwerkstatt Berlin

[… voulais savoir de plus près quel était cet arbre]

francés



… voulais savoir de plus près quel était cet arbre, me frottais

à ses écorces, mes idées la fourrure d’un âne

la peau couverte d’une croûte de bourbe d’une grenouille terrestre

en automne – me frottais avec mes arbres, bouts de bois


et arbustes, à l’arbre. Il ne dit rien

ne jeta que des écorces, des restes d’oiseaux, des feuilles,

des étages qui à la vue se dérobaient

sur ma tête chantante. Resta véritable, hors de portée


dans sa lenteur, proximité, qui d’un lointain

infini me poussa à sauter comme un fou, à chanter

tristement la frondaison – nous vécûmes ainsi l’un de l’autre à côté

deux êtres, soit, quand il disait quelque chose, quand il se taisait,


j’étais ce dire, j’étais ce taire. Longtemps je pensais que j’étais seul

un scarabée rendu un peu brut  accroché à son corps de bois

plus tard pourtant rentré à la maison à travers champ

il m’a semblé, qu’il était seul à être seul, parmi des étoiles, des bêtes


qui lui suggéraient des pulsions, des manières, quand bien même

ce n’était qu’en idées, se frottaient, l’entouraient, s’éloignaient

je n’étais que l’un d’eux, et il nous suffisait à nous tous :

pour parler, pour aimer, s’empiffrer.

Traduction: François Mathieu

Rede mit Toten

alemán | Steffen Popp

 

Zu wenig Mittel, alles zu denken, was geschieht
pflanzliches Schicksal z.B.: Im Tontopf verfault.
Das Intensive, gelangweilt von unseren Stilen
spuckt uns ins Licht, Humus für Geist, Mikroben.

Was ist, sagt das Kind, außer Erinnerung nicht
gegenwärtig im Raum, unausgespuckt in der Zeit
es lernt an diesem Tag die Wörter Nougat
Honduras, Zentralnervensystem, Zwerg Nase.

Es lernt das Wort Babel und vergisst es nicht
nur seinen Sinn, es lernt das Wort Hobel
das Wort Hobelspäne, das Wort Hobelbank.

Signifikant: das Schicksal des Hamsters z.B.
der Spinnen. Das Kind sagt hier nur -kant:
Legt wortgenau Gräber an. Redet so mit Toten.

© kookbooks
from: Kolonie Zur Sonne. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2008
Audio production: 2009, Literaturwerkstatt Berlin

Entretien avec des morts

francés



Trop peu de moyens pour penser tout ce qui se passe,

la destinée végétale par exemple : pourri dans son pot de terre.

L’intense, ennuyé par nos manières

nous crache dans la lumière, humus pour esprit, microbes.


Qu’est-ce qui, dit l’enfant, en dehors du souvenir

n’est pas présent dans l’espace, non craché dans le temps,

il apprend ce jour les mots nougat

Honduras, système nerveux central, le nain Long-Nez.


Il apprend le mot Babel et ne l’oublie pas,

que son sens, il apprend le mot rabot

le mot barreau, le mot babil.


Convaincante : la destinée du hamster par exemple

des araignées. Là, l’enfant dit  -kant seulement.

Aménage à la lettre des tombes. Discourt lors avec des morts.

Traduction: François Mathieu

[Her mit dem Kelch, ich trinke, was ich muß...]

alemán | Christine Lavant

Her mit dem Kelch, ich trinke, was ich muß,
und meine Rechte stützt sich auf die Linke,
das ist die Erde, der ich schnell noch winke,
auch sie erträgt von oben jeden Guß,
und ihre Steine halten doch zusammen.
Es ist nicht not, von Sternen abzustammen,
um aus dem Toben heil hervorzugehen.
Ich trink den Zorn und bohre meine Zehen
durchs linde Laub hinab zum scharfen Lauch.
Metallen lärmt im alten Haselstrauch
ein winterharter Vogel über mir.
Ich weiß, ich brenne, ohne je bei dir
auch nur in Form des Weihrauchs anzukommen.
Von allen Sinnen einer steigt benommen
durchs Herz der Hasel in die Vogelkehle,
und meine Rechte zittert in der Linken.
Ein wenig Gold scheint ins Metall zu sinken
und läutet flüchtig für die arme Seele,
als stünde eine Wandlung ihr bevor.
Vom Himmelsrand neigt sich das Halbmond-Ohr
und täuscht mir Betenden Erhörung vor.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Par ici le calice, je bois ce que je dois...]

francés

Par ici le calice, je bois ce que je dois,

et ma droite s’appuie sur ma gauche,

c’est la terre, à laquelle vite encore je fais signe,

elle aussi supporte de là-haut toute averse,

et pourtant ses pierres sont solidaires.

Il n’est pas nécessaire de descendre des étoiles

pour sortir indemne de la fureur.

Je bois la colère et enfonce mes orteils

dans le doux feuillage vers l’ail qui sent fort.

Dans le vieux coudrier au-dessus de ma tête,

un oiseau qui résiste à l’hiver fait un bruit de métal.

Je sais, je me consume sans jamais arriver chez toi

ne fût-ce que sous la forme de l’encens.

Tout sens perdu, l’un traverse le cœur du noisetier

et monte dans la gorge de l’oiseau,

et ma droite tremble dans ma gauche.

Un peu d’or semble s’enfoncer dans le métal

et sonne furtivement pour la pauvre âme

comme si sa métamorphose était proche.

Au bord  du ciel, la demi-lune penche son oreille

et, tandis que je prie, fait celle qui exauce ma prière.

Traduit par François Mathieu

[Wieder brach er bei dem Nachbarn ein...]

alemán | Christine Lavant

Wieder brach er bei dem Nachbarn ein,
und ich hatte Tür und Fenster offen,
meine Augen waren vollgesoffen
wie zwei Schwämme vom Verlassensein.

Dumm verknäulte sich in meinem Mund
Schluchzen, Bitten und verbohrtes Drohen,
während drüben schon die Hühner flohen
samt der Katze und dem alten Hund.

Doch er kam nicht, nahm sich wieder nur
einen, der noch gerne leben wollte,
und die Monduhr, die verrückte, rollte
meine Stunde rasch aus seiner Spur

Bitter trocknen mir die Augen ein,
bitter rinnt der Schlaftrunk durch die Kehle,
bitter bet´ ich für die arme Seele
und zerkaue mein Verlassensein.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Une fois de plus, elle est entrée chez le voisin...]

francés

Une fois de plus, elle est entrée chez le voisin,

j’avais pourtant ma porte et ma fenêtre ouvertes,

mes yeux étaient comme deux éponges,

soûles jusqu’à plus soif de délaissement.


Bêtement, dans ma bouche, les sanglots,

les prières et la menace obstinée se sont enchevêtrés,

tandis qu’en face déjà, les poules s’enfuyaient,

avec le chat et le vieux chien.


Mais elle n’est pas venue, elle s’est à nouveau contentée

d’emporter l’un qui aurait aimé vivre encore,

et l’horloge-lune, la folle, a déroulé

à toute allure mon heure de son ornière.


Amers, mes yeux se dessèchent,

amer, le somnifère coule dans ma gorge,

amère, je prie pour cette âme de misère,

et broie mon délaissement entre mes dents.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Gerädert von deiner Sonne...]

alemán | Christine Lavant

Gerädert von deiner Sonne,
gerädert von deinem Mond
und in die Scherben der Sterne geschleudert –
was willst du, daß ich bekenne?
Mein Bräutigam war ohne Pferdehuf,
wir haben uns niemals über die Erde,
über das Tal aller Tränen erhoben,
nie deine Gewitter besprochen.
Wenn ich das könnte, wofür du mich quälst,
hätt´ ich den Schwund meiner Zuflucht verhindert
und wäre gewiß nie ins Räderwerk
deiner Verfolgung gefallen.
Du sollst meine Knochen zusammenfügen,
mein Herz und Gehirn auf dem rechten Ort
einsetzen wieder, bevor du – o Herr –
mein sanftes Geständnis empfängst

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Rouée par ton soleil...]

francés

Rouée par ton soleil,

rouée par ta lune,

et projetée dans les éclats de tes étoiles –

que veux-tu que je confesse ?

Le cheval de mon fiancé n’avait pas de fers,

jamais nous ne nous sommes élevés au-dessus de la terre,

au-dessus de la vallée de toutes les larmes,

jamais nous n’avons conjuré tes orages.

Si j’avais pu ce pour quoi tu me tourmentes,

j’aurais empêché l’amenuisement de mon refuge

et ne serais sûrement jamais tombée

dans les rouages de tes persécutions.

Il faut que tu rassembles mes os

et remettes mon cœur et mon cerveau

à la bonne place, avant que – ô Seigneur –

tu ne recueilles mes tendres aveux.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Erlaube mir traurig zu sein...]

alemán | Christine Lavant

Erlaube mir traurig zu sein
unter deinen Augen, den Sternen.
Vielleicht sehen sie nicht, daß ich traurig bin,
denn die Muschel des Mondes ist abgewandt
und hört nicht auf meine Gespräche.
Bei Tag denkt sicher die Sonnenstirne
niemals über mich Dämmernde nach –
erlaube mir, gänzlich verloren zu gehen
in den Büschen der Schwermut.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Permets-moi d'être triste...]

francés

Permets-moi d’être triste

sous tes yeux, les étoiles.

Elles ne voient peut-être pas que je suis triste,

car la coquille de la lune me tourne le dos

et n’écoute pas ce que je dis.

Le jour, sûrement, le front du soleil ne pense

jamais à moi, la crépusculaire –

permets-moi d’entrer, toute perdue,

dans les bosquets de l’humeur noire.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Abwendig hängt der Mond im Dunst...]

alemán | Christine Lavant

Abwendig hängt der Mond im Dunst,
mein Herz geht durch die Feuersbrunst
in glasig harte Kälte.
Von einer frühen Älte
befallen sitz ich träg und krank
auf der verlaßnen Bahnhofsbank
und fürcht mich aufzustehen.
Was ist mir denn geschehen?...
Das denk ich immer vor mich her,
doch oben ist die Stelle leer,
die das noch wissen sollte.
Wie schwer wiegt das verkohlte
steinharte Ding da in der Brust...
Noch gestern hab ich mehr gewußt,
es war so wie ein Messer.
Der Schmerz ist heute besser
und morgen ist er sicherlich
nur mehr so wie ein Nadelstich –
muß jetzt wohl schlafen gehen.
Was ist mir denn geschehen?...
Abwendig sinkt der Mond im Wald,
bis in die Seele ist mir kalt.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Le dos tourné, la lune pend dans la brume...]

francés

Le dos tourné, la lune pend dans la brume,

mon cœur traverse le grand incendie

dans un dur froid de verre.

Tombée d’un âge révolu,

je suis assise, lourde et souffrante,

sur le banc délaissé d’une gare,

et j’ai peur de me lever.

Que m’est-il advenu ?...

Je n’arrête pas d’y penser,

mais, là-haut, la place est vide,

qui devrait encore s’en souvenir.

Qu’il pèse lourd, l’objet carbonisé

et dur comme un caillou, là dans ma poitrine...

Hier encore, j’en savais plus,

c’était comme un couteau.

Aujourd’hui la douleur va mieux

et demain sûrement ne sera plus pareille

qu’à une piqûre d’aiguille –

il faut maintenant que j’aille me coucher

Que m’est-il advenu ?...

Le dos tourné, la lune décline dans la forêt,

j’ai froid jusqu’au cœur de mon âme.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Der Mondhof war noch nie so groß...]

alemán | Christine Lavant

Der Mondhof war noch nie so groß,
im Süden kämpft die Regenzeit,
der Herr hält seinen Zorn bereit
und läßt gewiß die Hunde los,
sobald ich etwas träume.
Des Nachbars Apfelbäume
sind wild bewegt vom warmen Wind,
die Rosenkugel duckt sich blind
im gelben Wald der Malven.
Die Sterne, die mir halfen,
solang ich noch voll Hoffnung war,
bedeuten jetzt ein Sterbejahr
und Krankheit, Feindschaft, Kummer.
Mein Herz erträgt voll stummer
Verwunderung die arge Zeit
und trinkt in Abgeschiedenheit
den bittern Kelch der Ängste.
Die Nacht ist wohl die längste!
Vielleicht kräht niemals mehr ein Hahn?
Der Mond welkt wie ein Löwenzahn,
hat seinen Hof verloren.
Mein Traum fällt ungeboren
dem Eifer Gottes in die Hand,
ich weine keine Träne.
In meinen Augen knirscht der Sand
wie hundert Hundezähne.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Jamais encore la lune n'avait eu cour si grande...]

francés

Jamais encore la lune n’avait eu cour si grande,

au sud la saison des pluies mène son combat,

le Seigneur tient prête sa colère

et, dès que je ferai un rêve,

lâchera sûrement ses chiens.

Le vent chaud secoue comme un sauvage

les pommiers du voisin ;

la boule des roses se recroqueville, aveugle,

dans la forêt jaune des mauves.

Les étoiles, qui m’ont aidée

tant que j’étais encore pleine d’espoir,

annoncent maintenant une année de mort,

de maladie, de haine et de chagrin.

Mon cœur, empli d’un muet étonnement,

supporte sans rien dire les temps mauvais

et, dans son esseulement, boit

le calice amer des angoisses.

Cette nuit est bien la plus longue!

Peut-être que plus jamais un coq ne chantera?

La lune fane comme une dent de lion,

elle a perdu sa cour.

Mon rêve tombe sans être né

dans la main de l’ardeur divine,

je ne pleure pas une larme.

Dans mes yeux le sable crisse

comme crissent cent canines de chien.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Das Sonnenrad ging über mich hinweg...]

alemán | Christine Lavant

Das Sonnenrad ging über mich hinweg,
ich liege tief im Tulpenkelch der Nacht
und zähl´ der Sterne gelbe Staubgefäße,
von denen eines klar sich niederneigt.

Die andern bleiben und ich schlafe ein,
um erst im Traum die fromme Zahl zu sehn,
vor ihr zu ahnen, welches Wort sie meine,
bevor die Hand des Vaters sie verlöscht.

Vielleicht macht mich ein früher Vogel wach
und die Banane Mond hängt überzart
und immer schwindender im Apfelgrünen?
Dann fällt mir Zahl und Sinn aus dem Verstand.

Dann war die Mühsal dieses Traums umsonst.
Die dunkle Tulpe blättert langsam auf
und läßt den Morgenstern mein Herz befragen,
wie weit es kam, bevor der Vogel schrie.

O alte Antwort – immer noch gleich scheu –:
Ich war im Vorhof – einer sah mich an –
die Zahl war groß, in der ich mich erkannte
als schwarzes Staubgefäß im roten Kelch.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[La roue du soleil est passée au-dessus de ma tête...]

francés

La roue du soleil est passée au-dessus de ma tête,

je suis couchée dans le calice tulipe de la nuit

et compte des étoiles les étamines jaunes,

l’une s’incline franchement vers moi.


Les autres restent, et je m’endors

pour voir d’abord en rêve le nombre sacré,

deviner avant lui à quel mot il pense,

avant que la main du Père ne l’éteigne.


Peut-être qu’un oiseau matinal me réveille

et que la banane lune pend ultra-délicate,

et diminue toujours plus dans le vert des pommes?

Puis je perds le nombre et le sens de ma raison.


Lors, la fatigue de ce rêve  a été inutile.

La sombre tulipe ouvre lentement ses pétales

et dit à l’étoile de Vénus de demander à mon cœur

jusqu’où il est allé avant que l’oiseau ne crie.


Ô vieille réponse – toujours aussi craintive –:

J’étais devant la maison – quelqu’un m’a regardée –

le nombre était grand, dans lequel je me suis reconnue,

en étamine noire dans le calice rouge.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Bernsteingelb ist das Geblüt der Erde...]

alemán | Christine Lavant

Bernsteingelb ist das Geblüt der Erde,
Mohnsud tropft aus allen Freudenarten
in der Zeit, dem immergrünen Garten,
wächst der Apfel, den ich pflücken werde.

Muß zuvor aus überglasten Stunden
Weh- und Wermut in dein Herz verpflanzen,
während Sterne durch den Mittag tanzen,
die der Hunger in uns losgebunden.

Bei den Hornissen- und Wespennestern
stiehlt mein Denken ein paar wilde Waben,
um ein Brot für dich und mich zu haben,
und die Erde blutet gelb wie gestern.

Trink mit mir von allen Freudenarten!
Weh- und Wermut wachsen jetzt von selber,
auch der Apfel wird schon immer gelber,
wenn er reif ist, steht der Tod im Garten.

Oh, wir werden sie verzückt verzehren,
Tod und Apfel und die schwarzen Kerne –
doch das Feuer unsrer Hungersterne
wird das Erdblut röten und vermehren.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag, 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Jaune d’ambre est le sang de la terre]

francés

Jaune d’ambre est le sang de la terre ;

de toutes sortes de joies, dégoutte dans le temps,

jardin toujours vert, le suc du pavot ;

grossit la pomme que je cueillerai.


Avant, il faut que, dans ton cœur, je transplante

l’amer et la mélancolie des heures vitrifiées,

tandis que dansent à travers midi des étoiles,

qu’en nous la faim a libérées.


Ma pensée vole quelques rayons de miel sauvages

dans les nids des guêpes et des bourdons,

pour avoir un pain pour toi et pour moi ;

et la terre, comme hier, saigne un sang jaunâtre.


Bois avec moi de toutes les joies!

Lors, l’amer et la mélancolie grossissent d’eux-mêmes,

la pomme aussi de plus en plus jaunit ;

la pomme mûre, la mort dans le jardin se dresse.


Oh, nous les mangerons avec ravissement,

la pomme et la mort, et leurs noirs pépins –

pourtant le feu de nos étoiles de la faim

rougira le sang de la terre, et le multipliera.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

[Sag mir ein Wort, und ich stampfe dir...]

alemán | Christine Lavant

Sag mir ein Wort, und ich stampfe dir
aus dem Zement eine Blume heraus,
denn ich bin mächtig geworden vor Schwäche
und vom sinnlosen Warten,
magneten in allen Sinnen.
Sicher wirst du erscheinen müssen!
Über dem Bahnhof zittert die Luft,
und die Taubenschwärme erwarten
den Einbruch der großen Freude.
Das Licht hat sich sanft auf die Schienen gelegt,
weg von den Haaren der Mädchen
und aus den Augen der Männer.
Ich habe aufgehört zu weinen,
aufgehört auch, auf das Wunder zu warten,
denn eines ereignet sich immerwährend
im Wachstum meiner Schwäche,
die da steigt und steigt über die Tauben hinauf
und hinunter in schwarze Brunnen,
wo auch tagsüber noch sichtbar sind
die verheimlichten Sterne.
Dort unten wechselt nicht Tag und Nacht,
dort unten begehrst du noch ununterbrochen
die sanfte Blume meines Willens.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag, 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Dis-moi un mot et je piétinerai le ciment...]

francés

Dis-moi un mot et je piétinerai le ciment,

pour qu’une fleur pour toi en sorte,

car de faiblesse et d’attente sans raison

je suis devenue forte,

dans tous mes sens, des aimants.

Bien sûr qu’il faudra que tu te montres !

Au-dessus de la gare, l’air tremble,

et les nuées de ramiers attendent

l’irruption de la grande liesse.

Doucement la lumière s’est posée sur les rails,

loin des cheveux des filles

et hors des yeux des hommes.

J’ai cessé de pleurer,

cessé aussi d’attendre le miracle,

car une chose survient toujours

quand augmente ma faiblesse,

qui monte et monte au-dessus des ramiers,

et descend dans la noire fontaine

où, la journée, les étoiles tenues cachées

sont visibles encore.

Là, en bas, ni jour ni nuit ne se succèdent,

là, en bas, sans cesse encore tu convoites

la douce fleur de mon vouloir.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

Beendete Station / Blues

alemán | Adolf Endler

Yes, Peggy, die Züge sind abgefahren alle!; und abgefahren
ist der Zug für immer! Schachmatt! Die Station hat den Geist
aufgegeben ohne großes Brimborium und Trara, doch ganz ohne
Blues, bitte, nicht.
Übrig geblieben, blickt mich entgeistert die ewig zu weite
Stationsvorsteher-Dienstmütze an, mit der ich den unterschied-
lichsten Lokomotiven huldreich zu applaudieren gewußt, letz-
tes Jahr immer lascher.
Ebenso bleiben werden die Fotos in deinem Dessous-Schränkchen,
Schatz: Ich mit Stationsvorsteher-Dienstmütze und erhobener
Kelle. (Von diesem Herrn ward so allerlei hin- und hergelenkt
zwischen Lüttken und Pleterjach.)
Ja, die Züge sind abgefahren, Peggy, dein Fahrkartenschalter:
geschlossen, klirr-peng! Die restlichen sechshundert Fahrscheine
mögen sich als Lesezeichen in vergilbenden Kursbüchern nützlich
erweisen.
Soll ich noch einmal mein nunmehr verrostendes Trillerpfeif-
chen loszwitschern lassen in die Lande hinein? Um wenigstens
für Momente das schadenfrohe Gesindel ringsum durcheinander zu
bringen, my dear?
Ach, Quark! Was gehen uns diese Pinsel noch an? Solln sie
grienen! - Wir aber wollen mit den zwei Kellen, der Sonntags-,
der Wochenkelle, tagelang Pingpong spielen zwischen den
Schienen!
- Peggy!!!, pfui!

© Suhrkamp Verlag Frankfurt am Main 1999
from: Der Pudding der Apokalypse
Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 1999
ISBN: 3-518-41056-3
Audio production: 1999 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Fin de gare / blues

francés

Yes, Peggy, les trains sont partis, tous ! et le train est parti pour

toujours ! Échec et mat ! La gare a abandonné l’esprit sans grande

manière ni tralala, mais sans blues aucun, s’il vous plaît, aucun.

Seule restée, éberluée, elle me regarde, la casquette du chef de gare,

éternellement trop grande, avec laquelle j’ai su applaudir avec grâce les

locomotives les plus variées, l’an dernier de plus en plus mollement.

De même, les photos resteront dans ta commode à lingerie, mon

trésor : moi avec ma casquette de chef de gare et la louche levée. (De ce

monsieur, toutes sortes d’allées et venues entre Lüttken et Pleterjach.)

Oui, les trains sont partis, Peggy, ton guichet : fermé, cric-crac ! Les

six cents billets restants peuvent bien servir de marque-pages dans des

indicateurs jaunis des chemins de fer.

Faut-il encore une fois que je fasse gazouiller dans les campagnes

mon sifflet à roulette désormais rouillé ? Pour jeter la confusion au moins

quelques instants autour de la canaille qui se réjouit du malheur des

autres, my dear ?

Ah, foutaise ! En quoi ces pinceaux nous concernent-ils encore ? Ils

peuvent ricaner ! – Nous, on va jouer au ping-pong des journées entières

avec les deux louches,  celle du dimanche et celle de la semaine, entre les

rails !

– Peggy !!!, pouah !

Traduction de François Mathieu

Resumé

alemán | Adolf Endler

Bis heute kein einziger Seepapagei in meinen vielen Gedichten
(Stattdessen schon wieder’n Dutzend Fadennudeln im Bart);
Auch dem Sabberlatz nicht das ärmste Denkmal gesetzt in Vers
oder Prosa,
So wenig wie der Elbe-Schiffahrt oder der Karpfenernte bei Peitz.

Geschiebemergel dagegen ja!, fast zu häufig die Rede von diesem
(Und meistens mit Fadennudeln im verwahrlosten Bart)!
Nicht vergessen die Gelbhalsmaus, nicht fehlt die sogenannte
Naschmarktfassade!
Selbst Sägeblätter, selbst Kühlhaus-Eier  weiß ich irgendwo
untergebracht.

Indessen nicht der kleinste Seepapagei in meinem Scheiße-Gesamtwerk!
Um ehrlich zu sein: Das Gleiche gilt für den Hüfthalter oder den
Kronenverschluß.
Und wie konnte ich fünfzig Jahre lang das Wörtchen "Wadenwickel"
verfehlen?
Es gibt keine ausreichend lichte Erklärung für das und für dies
und für das.

"Darf ich dir die Fadennudeln aus dem Bart nehmen?"
        (Sagt Georg Maurer.)

© Suhrkamp Verlag Frankfurt am Main 1999
from: Der Pudding der Apokalypse
Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 1999
ISBN: 3-518-41056-3
Audio production: 1999 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Résumé

francés

Jusqu’à présent pas un seul poisson-perroquet dans mes innombrables

poèmes

(À la place revoilà dans ma barbe une douzaine de vermicelles) ;

Pas le moindre monument en vers ou en prose à la gloire de la bavette,

Pas plus qu’à celle de la Compagnie fluviale de l’Elbe ou du prélèvement

des carpes

                                                                                            [près de Peitz.


En revanche, à la gloire de la marne à gravillons, si ! Il en est presque trop

souvent question

(Et la plupart du temps avec du vermicelle dans ma barbe laissée à

l’abandon) !

N’oublions pas le mulot à collier, ladite façade du

Naschmarkt non plus n’a pas manqué !

Je sais que j’ai même logé quelque part des lames de scie et des œufs

réfrigérés.


Et pourtant pas le moindre poisson-perroquet dans mes œuvres

complètes à la con !

Pour être franc : c’est la même chose concernant le bouchon-couronne

ou la guêpière.

Et comment ai-je pu, cinquante ans durant, passer à côté du mot : « bas

de contention » ?

Je n’ai pour ceci, cela et autre chose aucune explication suffisamment

claire.


« Puis-je t’enlever le vermicelle qui s’accroche dans ta barbe ? »

(Dit Georg Maurer.)

Traduction de François Mathieu

Grund zu Schafen

alemán | Marion Poschmann

Kochbirnen Walnüsse Gras
es war weiß es war rot es war grau
Mosaike aus Bauschutt verlorenes
Material wir verhielten uns unsichtbar

späte Ware die Nachkriegsmatratzen
wie Altersflecken im Garten
bekamen wir Schwachstellen unsere
T-Shirts auch tagsüber noch voller Nacht

die Birnen verrechneten wir
mit den Wespen ein Blumenstau gratis
zum Ende des Sommers war weiß oder rot
jede Hitze vermehrte sich

eine Wiese mit Bäumen man wuchs
unter Blitzen auf dunkelte nach war
das Auftragen alter Bekleidung kein Grund
zu Schafen

© Frankfurter Verlagsanstalt
from: Grund zu Schafen
Frankfurt am Main: Frankfurter Verlagsanstalt, 2004
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2003

raison d’être des moutons

francés

poires à cuire noix herbe

c’était blanc c’était rouge c’était gris

mosaïques de décombres de matériaux

perdus nous restions invisibles


marchandise tardive les matelas de l’après-guerre

comme des taches de vieillesse au jardin

nous recevions nos points faibles nos

 t-shirts aussi toute la journée encore la pleine nuit


nous compensions les poires

avec les guêpes un engorgement de fleurs gratis

jusqu’à la fin de l’été était rouge et blanc

toute chaleur se multipliait


un pré avec des arbres on grandissait

sous des éclairs s’obscurcissait était

le port de vieux habits nulle raison d’être

des moutons

Traduction: François Mathieu

[die häuser]

alemán | SAID

die häuser
schweigen und bleiben
jede straße
eine sprache ohne wiederkehr
denn jede flucht beginnt mit einer täuschung

© SAID
from: unveröffentlichtem Manuskript
Audio production: 2007 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

[les maisons]

francés

les maisons

se taisent et restent

chaque rue

une langue sans retour

car toute fuite commence par une illusion

Traduit par François Mathieu

Psalmen (Auszug - Ende)

alemán | SAID

herr
hilf meinem wort
denn es ist seit jahren auf der flucht
vor meinen lügen
verhilf ihm zu neuen täuschungen
damit es endlich begreift
die flucht könne auch behausung sein
sieh herr
deine hände sind bereit für mich
denn ich frage die rose nicht
nach dem sinn des lebens
ihre aufgabe ist vielleicht sich zu entblößen
und in den tag zu scheinen


herr
achte auf den besiegten
auf den unrat seiner träume
und den rest seiner sprache
denn er wartet auf einen anderen tod
und will die ordnung der dinge
am ort von deren verwirkung suchen
und verrate mir oh herr
deinen verborgenen namen
für die stunde
die aus dem gang der dinge geraten ist
und für den moment
wenn die faktisten mich bedrängen


herr
habe ich ein recht auf diese gebete?
so verringere ihre kollateralschäden für andere
                                                              geschöpfe
denn ich verstehe mich nicht als täter
sondern als suchender
wie ein regenwurm im tiefschlaf
ohne eine ahnung von urknall und wolken


herr
hörst du das geschrei der menge?
sie haben einen neuen gott gefunden
aber auch der weiß alles
liebt es gedemütigt durch die welt zu gehen
rechnet und ruft
so ist auch er zum verzehr gezüchtet

© Verlag C.H.Beck oHG
from: Psalmen
München: Verlag C.H.Beck, 2007
ISBN: 978 3 406 55750 7
Audio production: 2007 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

Psaumes (Extrait-fin)

francés

seigneur

aide ma parole

car elle fuit mes mensonges

depuis des années

procure-lui de nouvelles illusions

afin qu’enfin elle comprenne

que la fuite peut être aussi un logis

regarde seigneur

tes mains sont prêtes pour moi

car je ne demande pas à la rose

le sens de la vie

sa tâche est peut-être de se dénuder

et de paraître au jour



seigneur

prends garde au vaincu

aux déchets de ses rêves

et au reste de sa langue

car il attend une autre mort

et veut chercher l’ordre des choses

à l’endroit de leur perte

et révèle-moi oh seigneur

ton nom caché

pour l’heure

qui est sortie de la marche des choses

et pour l’instant

où les factuels me poursuivent



seigneur

ai-je un droit à ces prières ?

si oui réduis pour d’autres créatures leurs dommages collatéraux

car je ne me considère pas comme coupable

mais comme quelqu’un qui cherche

comme un ver de terre en plein sommeil

sans le pressentiment du bing-bang et des nuages



seigneur

entends-tu les cris de la foule ?

ils ont trouvé un nouveau dieu

qui lui aussi sait tout

aime humilié parcourir le monde

compte et appelle

il est aussi cultivé pour être consommé

Traduit par François Mathieu

Psalmen (Auszug - Anfang)

alemán | SAID

herr
du kannst alles anbeten
neben mir
denn ich habe den anspruch der einzigartigkeit
aufgegeben
um nicht im eigenen licht zu erstarren
und ich bitte dich oh herr
verrate mir alle deine namen
auch den letzten
den verborgenen


herr
entzweie dich
für den abtrünnigen der ich bin
für meine zornlosen hände
für meine selektive treue
die alles verrät
bis auf träume und gebete


herr
laß uns das gespräch wieder aufnehmen
nach langem erzwungenem schweigen
nachdem du deine geschöpfe denaturiert hast
in auschwitz
in hiroshima
in halabtsche
in srebrenica
gehst du nun auf die knie vor den opfern?
und vor den tätern auch?
und glaubst du
daß wir die Versuchung zu einer noch radikaleren
                                                           liebe überstehen
ohne dein wort?


siehe oh herr
ich singe kein lob auf dich
ich suche dich
mit meinen gliedern
die ich eigens für dich gezüchtet habe
denn ich will über dein wort wachen
auf daß die liebe neu entdeckt werde
und wir unsere Wildheit zurückgewinnen

© Verlag C.H.Beck oHG
from: Psalmen
München: Verlag C.H.Beck, 2007
ISBN: 978 3 406 55750 7
Audio production: 2007 M. Mechner, Literaturwerkstatt Berlin

Psaumes (extrait-début)

francés

seigneur

tu peux tout adorer

à côté de moi

car j’ai cessé de revendiquer

l’unicité

pour ne pas me figer dans ma propre lumière

et je te demande oh seigneur

de me révéler tous tes noms

même le dernier

l’obscur



seigneur

divise-toi

pour l’apostat que je suis

pour mes mains sans colère

pour la fidélité sélective

qui révèle tout

sauf les rêves et les prières




seigneur

laisse-nous reprendre la discussion

après un long silence forcé

après que tu as dénaturé tes créatures

à auschwitz

à hiroshima

à halabja

à srebrenica




marches-tu à genoux devant les victimes ?

et devant les coupables également ?

et crois-tu

que nous surmonterons la tentation d’un amour plus extrême encore

sans ta parole ?




regarde oh seigneur

je ne chante pas ta louange

je te cherche

avec mes membres

que pour toi j’ai spécialement éduqués

car je veux veiller sur ta parole

faire que l’on découvre l’amour à nouveau

et reconquérions notre sauvage nature

Traduit par François Mathieu

Einladung

alemán | Jutta Richter

Das Trampeltier ist oft allein,
es hat so große Füße.
Man lädt es nie zum Kaffee ein,
wenn du es triffst, bei dir daheim,
bestell ihm schöne Grüße.


Sag ihm, ich würde mich sehr freu`n,
ich back auch einen Kuchen,
ich will es sehen, so um neun.
Ich will auch keine Mühe scheun,
es soll mich doch besuchen!


Der Spinner und die dumme Kuh
die Gans, die doofe Ziege,
die lahme Ente noch dazu,
und wenn du Lust hast, komm auch du,
damit ich Gäste kriege.


Wir können viel zusammen tun,
wir können träumen, lachen,
wir können ohne auszuruhn
wie Hunde belln, wie Kühe muhn
die schönsten Sachen machen.


Für jede Träne einen Kuß.
Niemand wird ausgelacht.
Der Schornsteinfeger bringt uns Ruß,
und nachts um zwölf ist noch nicht Schluß.
Das wird ‘ne tolle Nacht.

© 1999 Carl Hanser Verlag München Wien
from: Es lebte ein Kind auf den Bäumen
München, Wien: Carl Hanser Verlag, 1999
ISBN: 3446196323
Audio production: 2000 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Invitation

francés

Le chameau est souvent seul,

il a de si grands pieds.

On ne l’invite jamais à prendre le café,

si tu le rencontres, chez toi dans ta maison,

dis-lui bien le bonjour.


Dis-lui que je serais très heureux,

je ferai un gâteau,

je veux le voir, à neuf heures.

je ne plaindrai pas ma peine,

qu’il vienne donc me voir !


Le fada et la grande bêtasse,

la godiche et la bécasse,

et, par-dessus le marché, le canard boiteux,

et si tu en as envie, viens aussi

pour que j’aie des invités.


On pourra faire plein de choses en commun,

on pourra rire et rêver,

on pourra sans se reposer

aboyer comme des chiens, meugler comme des bovins,

faire les plus belles choses de la terre.


Pour chaque larme, on se donnera un baiser.

On ne se moquera de personne.

Le ramoneur nous apportera du noir de fumée,

à minuit ça ne sera pas fini.

Ça sera une folle nuit.

Traduction de François Mathieu

Vom Rübenschwein ...
... und Trampeltier

alemán | Jutta Richter

Das Rübenschwein, das Rübenschwein,
das wollte bei den Rüben sein.
Da riefen alle Rüben: »Nein!,
wir wollen hier kein Rübenschwein!«
So blieb das Rübenschwein allein.
Das war gemein.
(Es baute sich ein Haus am Teich.
Und Rüben war´n ihm fortan gleich.)

Das Trampeltier, das Trampeltier
fragt: »Warum spielt ihr nicht mit mir?«
Die andern sagen: »Weg mit dir!
Du bist zu blöd, du Trampeltier!«
Jetzt übt das Trampeltier Klavier.
Bis fünf nach vier.
(Es wird bestimmt einmal berühmt als Pianist,
weil das im Leben oft so ist.)

© Jutta Richter
from: unveröffentlichtem Manuskript
Audio production: 2000 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Le cochon-rave…
… et le chameau

francés

Le cochon-rave, le cochon-rave

voulait vivre chez les betteraves.

Mais toutes les raves s’écrièrent : « Non !

on ne veut pas chez nous de cochon-rave ! »

C’est comme ça que le cochon-rave resta solitaire.

Ce n’était pas gentil.

(Il se construisit une maison près de l’étang.

Et désormais, il se moqua comme d’une guigne des choux-navets.)



Le chameau, le chameau

pose la question : « Pourquoi ne jouez-vous pas avec moi ? »

Les autres lui répondent : « Retire-toi de là !

Chameau, tu es trop idiot ! »

Dorénavant le chameau apprend à jouer du piano,

jusqu’à quatre heures cinq.

(Un jour, ce sera à coup sûr un pianiste réputé,

parce que, dans la vie, c’est souvent ce qui se produit.)

Traduction de François Mathieu

Gnadenanstalt

alemán | Marion Poschmann

barocke Lust überzuschwappen,
die zuckenden Lider, zuckenden Beine,
dick eingezuckerter Schlaf, süße Last
dieses Fleisch und schon außerhalb deiner Kontrolle,
schon fließend in Bildern, privates
TV-Programm, rosiger Saft, den ich schluckte,
du hast deine Lippen auf meine geschraubt
und der Körper, pumpend und träumend,
bewegt sich nach Fernbedienung

wir gehen auf Sendung, die Glieder
berühren sich, geben Signale, ich habe
die Haut voller Sirup, ich klebe
an dir, späte Serien rinnen dahin,
dünne Spielfilme, REM-Phasen, zappend
bearbeitet uns die Nacht

ich habe Lust überzuschnappen,
du testest im Schlaf
das Fassungsvermögen der Hände,
prüfst Südfruchte, rührst
in heißen Kompotten aus quellenden Pfirsichen,
Pflaumen, Marillen, die Bilder verbinden sich,
dickflüssig sehe ich Herzkammern, Dias
von gänzlich gezuckerten Wänden,
ein Lichtblick, ein Kochstudio, das sich stabilisiert,
und du tastest mich ab, bis ich schwer werde,
durchscheinend, glänzend, der Körper kandiert

© zu Klampen
from: Verschlossene Kammern. Gedichte
Lüneburg: zu Klampen! Verlag, 2002
ISBN: 3933156769
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2003

institution de grâce

francés

plaisir baroque à déborder

les paupières palpitantes, jambes palpitantes,

sommeil saupoudré d’une couche de sucre, douce charge

cette chair et déjà hors de ton contrôle,

s’écoulant en images déjà, programme

télé privé, jus rosâtre que j’avale,

tu as vissé tes lèvres sur les miennes

et le corps, pompant et rêvant,

commandé à distance, se meut


nous passons au film, les membres

se touchent, donnent des signaux, j’ai

la peau pleine de sirop, je colle

à toi, des séries tardives dégoulinent,

des films légers, phases de sommeil paradoxal, s’agitant

la nuit nous travaille


j’ai envie de déborder

tu testes dans le sommeil

la capacité de préhension des mains,

examines les fruits des pays chauds, remues

des compotes de pêches, de prunes, d’abricots

brûlantes qui gonflent, les images se raccordent,

visqueux, je vois des ventricules, diapos

de murs totalement sucrés,

un rayon de lumière, un coin cuisine qui se stabilise,

et toi qui me palpes jusqu’à ce que je devienne lourde,

transparente, luisante, le corps confit

Traduction: François Mathieu

champignons

alemán | Jan Wagner

wir trafen sie im wald auf einer lichtung:
zwei expeditionen durch die dämmerung
die sich stumm betrachteten. zwischen uns nervös
das telegraphensummen des stechmückenschwarms.

meine großmutter war berühmt für ihr rezept
der champignons farcis. sie schloß es in
ihr grab. alles was gut ist, sagte sie,
füllt man mit wenig mehr als mit sich selbst.

später in der küche hielten wir
die pilze ans ohr und drehten an den stielen -
wartend auf das leise knacken im innern,
suchend nach der richtigen kombination.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

champignons

francés

nous les avions trouvés en forêt dans une clairière

deux expéditions à la tombée de la nuit

qui se contemplaient en silence. entre nous nerveux

le bourdonnement télégraphique de l’essaim de moustiques.


ma grand-mère était célèbre pour sa recette

de champignons farcis. elle l’enferma

dans sa tombe. tout ce qui est bon, disait-elle,

on le remplit avec un peu plus qu’avec soi-même.


plus tard à la cuisine nous tenions les champignons

près de notre oreille et en tournions les pieds –

attendant le léger claquement de l’intérieur,

cherchant la juste combinaison.

traduit par François Mathieu

[Du sprichst vom lichtscheuen Held]

alemán | Ilana Shmueli

Du sprichst vom lichtscheuen Held
    des Nichtgetanhabens
du sprichst vom dauernden Rennen
    auf ausgetretenen Pfaden
vom Stehen am Kreuzweg

du sprichst...

denke:
es geht
um das fiebrige
Vielleichtdoch

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Tu parles du héros du ne-pas-l’avoir-fait

francés

qui fuit la lumière

tu parles de la course qui dure

    sur des sentiers battus

de l’arrêt à la croisée des chemins


tu parles…


pense :

il s’agit

du peut-être-quand-même

fiévreux

Traduction: François Mathieu

[Du stehst am Ort]

alemán | Ilana Shmueli

Du stehst am Ort
wo
Silben
sich treffen

achte aufs Wort
         auf den Bruch

es flüstert
unter der Asche

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Tu es au lieu

francés

des syllabes se rencontrent


prends garde au mot

à la cassure


il susurre

sous la cendre

Traduction: François Mathieu

[Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt]

alemán | Ilana Shmueli

Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt

unüberbrückbar

im Nu ists vorbei
nie wieder wie früher
nie wieder wie jetzt

der Zeiger verrückt

an die Rädchen geklammert
synchronisiert
die Schließmundschnecke

kleine Klausilie

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Entre l’à-présent et l’à-présent

francés

inconciliable


en un rien de temps c’est fini

jamais plus comme jadis

jamais plus comme à présent


l’aiguille folle


accrochée aux petites roues

synchronisée

la clausalie à bouche fermée


petite clausalie

Traduction: François Mathieu

[Novembersonne tastet mich aus]

alemán | Ilana Shmueli

Novembersonne tastet mich aus
hier am Berg überm See
Genezareth
Herbst-
Zeitlose
am Felsrand
blass
vor dem starken Blau des Himmels

im Galil
duften die trockenen Gräser herb

ich bins
die da atmet
und schaut
Zeitloses
Über dem Wasser

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Le soleil de novembre m’affleure

francés

ici sur la montagne au-dessus du lac

Genezareth

automne –

Intemporel

à l’orée des rochers

pâle

devant le bleu vigoureux d’un ciel


en Galilée

les herbes sèches ont un âpre parfum


je suis ce

qui là respire

et regarde

l’intemporel

au-dessus de l’eau

Traduction: François Mathieu

[Meine Zunge haftet am Gaum]

alemán | Ilana Shmueli

Meine Zunge haftet am Gaum
Wenn ich deiner gedenke
Jerusalem
in Freude kam ich zu dir
ich stand im Licht
und um mich standen die Tore

immer gedenke ich dein
dräng mich an das Vermauerte

du haftest am Gaum
bitter und hart

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Ma langue me colle au palais

francés

quand je pense à toi

Jérusalem


dans la joie je suis venue à toi

j’étais dans la lumière

à l’entour les portes se dressaient


sans cesse je me souviens de toi

presse-moi contre la muraille


où est ton charme ?


tu me colles au palais

amère et dure

Traduction: François Mathieu

[Neige dich zu deinen Toten / Ich hab Leben gewählt]

alemán | Ilana Shmueli

Neige dich zu deinen Toten
sie hören
sie schauen
sie sprechen dir zu

weißt du?
sie leben dir zu...

Ich hab Leben gewählt
mit dem ganzen Ballast
die Füße sind schwer
es versagt mir die Stimme

der Spiegel zerbricht
Sicht wird frei
ich gehe
ohne Ballast

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Incline-toi sur tes morts

francés

Incline-toi sur tes morts

ils écoutent

ils regardent

ils te vivent


te parlent

à peine audibles encore


le sais-tu encore ?

Traduction: François Mathieu

[Demokrit lacht nicht mehr]

alemán | Ilana Shmueli

Demokrit lacht nicht mehr
Heraklit trockenen Auges:

Ohnmacht und Scharfsicht
es brennt die Leber vor Galle

die Menge beklatscht
an vorgeschriebenen Stellen

Wer wagt
Was?

© Ilana Shmueli, Rimbaud
from: Zeitläufe – ein Brief
Aachen: Rimbaud Verlag, 2009
ISBN: 978-3-89086-518-8
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Démocrite ne rit plus

francés

l’œil sec d’Héraclite :


impuissance et clairvoyance

le foie brûle de sa bile


la foule applaudit

aux endroits imposés


Qui ose

Quoi ?

Traduction: François Mathieu

[Lasse mich sprechen]

alemán | Ilana Shmueli

Lasse mich sprechen

die Erste werd ich nicht sein
und nicht die Letzte

doch lass mich
lasse mich sprechen
                             ohne Meister

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Laisse-moi parler

francés

je ne serai pas la première

et pas la dernière


mais laisse-moi

laisse-moi parler

sans maître

Traduction: François Mathieu

[Komm]

alemán | Ilana Shmueli

Komm
spiel mit dir allein
Himmel und Hölle

spiel wie das Kind mit dem Stein

hüpf über den Strich-
ohne Angst
vor der Angst

© Rimbaud Verlagsgesellschaft mbH
from: Zwischen dem Jetzt und dem Jetzt
Aachen: Rimbaud Verlag, 2007
ISBN: 978-3-89086-562-1
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Viens

francés

Viens

joue seul avec toi

à la marelle


Joue comme l’enfant avec le palet


saute par dessus le trait –

sans peur

de la peur

Traduction: François Mathieu

[Tollen im Neuschnee]

alemán | Ilana Shmueli

Tollen im Neuschnee

blendendes Weiß wie nie wieder
und wie's frostig im Kindermund schmilzt

Flieder von damals
und der Duft verborgener Veilchen

Gras frisch gemäht
glühende Sonne

das Träumen im Nussbaum
kleine grün-braune Finger auf rauher Rinde

das alles - läßt sich's noch schreiben?

es zieht
es zieht die gute Hand meiner Schwester
die Hand
die so früh wieder losließ.

© Ilana Shmueli
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Fol amusement dans la neige fraîche

francés

un blanc aveuglant comme jamais plus

et comme il fond glacé dans la bouche des enfants


lilas d’autrefois

et le parfum des violettes secrètes


herbe fraîchement tondue

soleil brûlant


les rêves dans le coudrier

de petits doigts brun-verts sur l’écorce râpeuse


tout cela – ai-je encore le droit de l’écrire ?


tire

tire la bonne main de ma sœur

la main

qui si tôt encore a lâché

Traduction: François Mathieu

sibylle – gedicht in acht silben

alemán | Anja Utler

Сивилла: выжжена, сивилла: ствол.
                                         Все птицы вымерли, но Бог вошел.

                                         Sibylle: ausgebrannt, sibylle: Stamm.
                                         Die Vögel ausgelöscht, Gott aber kam.

                                         (Marina Cvetaeva)

hat die: körner berührt, bloßen augs: bloßen munds ist ent-
zunden, sibylle, sie schaudert, glüht: sand sengt die kuppen die
finger die zunge schlägt funken im körper: loht auf



sie: taumelt, sibylle, verfallen dem: rinnenden sand stürzt sie, strömt
– myriaden von poren – durchweht sie durchzuckt sie die sonne – wird:
sonnensturm – murmelt sie spuckt, weiß: sie senkt sich nicht mehr



ist: geborsten, sibylle, der: splitter im fleisch ist sie – blutet noch? –
spreißelt – entzweit, klafft: den lippen gleich, strunk – ist: lamelle, verholzt
sie: durchschneidet das licht, trieft: sie knarzt, das: entquillt



sibylle so: gähnt sie, ächzt: schwingen die: stimmlippen, -ritzen sie
kratzen: hinweg übern kalk, scheuern, reißen ein: krater vom
becken zur kehle der: stimmschlund, sibylle, sie: zittert, vibriert



vibriert, ist: das beben, sibylle – erschütterung – zuckt: in den sand- in
den luftwirbeln knirscht sie verwirft: das gelenk sich staucht, wimmert: zur
nehrung: verzehrt sie sich – zittert: entwurzelte kiefer – sie: erodiert



sibylle sie: türmt sich, wird: klippen sie zischt ist die: gischt in den
poren verglüht sie versprüht: sibilanten, erlischt -sss- ebbt
flutet sich selbst und: stöhnt auf



ihr: schwindelt, sibylle sie: bricht sich in wirbelnder hitze sie: zischelt
sirrt: sumpf, tümpel glitschende schenkel der: schilfgürtel nässt sie um-
züngelt sich selbst gurgelt – natter – entwischt sie und: girrt




und still. bloß die witterung: brandstätte rodung vernehmbar – ist: ehemals knistern –
und: fäulnis die zehen befingern den strunk: eine pilzige höhlung, bestochern die ab-
geworfene haut: sie zerfällt an den schuppigen sohlen und: raschelt auf

© Edition Korrespondenzen
from: münden - entzüngeln. Gedichte.
Wien: Edition Korrespondenzen, 2004
Audio production: 2003 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

sibylle – poème en huit syllabes

francés

Sibylle : calcinée, sibylle : tronc.

                                  Les oiseaux éteints, mais Dieu arriva.

                                  Marina Tsvétaïeva


a touché les : graines, de ses yeux nus : de sa bouche nue est en-

flammée, sibylle, elle frissonne, rougeoie : sable flambe la pulpe des

doigts les

doigts la langue jette des étincelles dans le corps : flamboie



elle : chancelle, sibylle, condamnée au : sable qui coule elle s’affale, déferle

– myriade de pores – souffle à travers elle le fait soubresauter le soleil –

devient :

tempête solaire – murmure elle crache, sait : elle ne s’affaisse plus



est : éclatée, sibylle, elle est l’ : éclat dans la chair – saigne encore ? –

éclisse – divise, bée : aux lèvres semblable, trognon – est : lamelle, lignifiée

elle : fend la lumière, ruisselle : elle grince, ça : coule



sibylle ainsi : bâille elle, geint : vibrent les : lèvres de la voix, fentes- elles

grattent : par-dessus le calcaire, frottent, arrachent un : cratère du

bassin vers la gorge le : gosier vocal, sibylle, elle : tremble, vibre



vibre, est : le tremblement, sibylle – trépidation – tressaille : dans les

tourbillons de sable et d’air elle crisse repousse : l’articulation se déboîte,

gémit : vers la nehrung : elle se consume – tremble : mâchoire déracinée

– elle : érode



sybille elle : s’amoncelle, devient : brisants elle chuinte est l’ : embrun dans

les pores se consume elle se nébulise : sifflantes et chuintantes, expire –

sss – flux elle-même reflux et : geint soudain



vous : mentez, sibylle elle : se brise dans une chaleur tourbillonnante elle :

chuinte bourdonne : marécage, flaque cuisse glissante la : ceinture de

roseaux la mouille elle s’entoure de sa langue gargouille – couleuvre –

s’échappe et : roucoule



et silence. juste les intempéries : lieu du sinistre essartement perceptible –

autrefois pétillement – et pourrissement : les doigts de pied palpent le

trognon : une cavité champignonnière, attiser la peau dé-faussée : elle se

désintègre aux semelles écailleuses et : froisse

Traduit par François Mathieu

Leichtes Gefieder

alemán | Nora Bossong

Vielleicht zu spät, als eine Krähe
unseren Morgen kappt. Ein Schlag.
Und ob sie fällt und ob sie weiterfliegt –
Ich frag zu laut, ob du noch Kaffee magst.
Dein Blick ist schroff, wie aus dem Tag gebrochen.
Es riecht nach Sand. Du fragst mich, ob ich wisse,
dass Krähen einmal weiß gefiedert waren.
Ich lösch die Zigarette aus, ich wünsch mich
weg von hier, ich möchte niemanden,
ich möchte höchstens einen andern sehen.
Du nennst mich: Koronis. Ich zeig zum Fenster:
Sieh doch, die Aussicht hat sich nicht verändert!
Was gehen dich die Stunden an, die du nicht kennst?
Ich will nur Mädchen sein, nicht in Arkadien leben.
Dein Nagel scharrt noch in der Asche,
doch du bist still, als wärst du fort.
Ich bin zu leicht für deine Mythen.

© Nora Bossong
from: unveröffentlicht
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Plumage léger

francés

Trop tard peut-être lorsqu’une corneille

écourte notre matin. Choc.

Et tombe-t-elle ou poursuit-elle son vol ?

Je demande trop fort si tu veux encore du café.

Ton regard est dur comme jailli de la journée.

Ça sent le sable. Tu me demandes, sais-je

si les corneilles un jour ont eu un manteau blanc.

J’éteins ma cigarette, je voudrais être

partie d’ici, je ne voudrais personne,

je voudrais tout au plus en voir un autre.

Tu m’appelles : Coronis. J’indique la fenêtre :

Regarde, la vue n’a pas changé !

Que t’importent les heures que tu ne connais pas ?

Je ne veux être que fille, ne pas vivre en Arcadie.

Ton ongle gratte encore dans la cendre,

mais tu te tais comme si tu étais parti.

Je suis trop légère pour tes mythes.

Traduction: François Mathieu

Weyhe

alemán | Nora Bossong

Wie wir zuletzt mit Vögeln Riten feiern,
das Ministrantenkleid ein Oberhemd
mit Federn als Manschetten, es ist
so spät in dieser flachen Gegend – und alles
protestantisch, sagst du zu mir

und auch: wie jener Milan dort
im Sturzflug starb und auf dem Feld
ein Rest von Rauch, ein Sengen
in den Augen,
in den Venen.

© Nora Bossong
from: unveröffentlicht
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Weye

francés

J’ai rencontré deux garçons

la nuit sous l’arche du pont

qui en compissaient le poteau et

m’ont dit qu’ils étaient sept,

m’ont dit qu’ils avaient des poux.

Ils se sont moqués de moi quand j’ai

voulu les croire. Tu ne trouveras rien d’autre

sur moi que des poux, a cafardé le plus petit.

Il m’a montré le buisson en me rentrant

dedans. J’en serais bien

tombée amoureuse vu qu’il n’y avait

plus rien d’autre à faire de moins cher

cette nuit-là. Le grand m’a demandé si c’était vrai

que les bêtes aussi

sont incapables de mourir solitaires. Il était

trop tard sous ce pont pour ces garçons.

Traduction: François Mathieu

Rattenfänger

alemán | Nora Bossong

Zwei Jungen traf ich
unterm Brückenbogen nachts,
die pinkelten den Pfosten an und
sagten, dass sie sieben seien
sagten, dass sie Läuse hätten.
Sie lachten über mich, als ich
es glauben wollte. Nichts zu holen
außer Läuse, verriet der Kleinere.
Er zeigte aufs Gebüsch und trat
mir auf den Spann. Ich hätt mich gern
in ihn verliebt, so billig war
in jener Nacht sonst nichts mehr
zu erleben. Der Große fragte, ob es stimmt,
dass auch das Tier allein
nicht sterben kann. Es war
zu spät für Jungen unter dieser Brücke.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Le preneur de rats

francés

J’ai rencontré deux garçons

la nuit sous l’arche du pont

qui en compissaient le poteau et

m’ont dit qu’ils étaient sept,

m’ont dit qu’ils avaient des poux.

Ils se sont moqués de moi quand j’ai

voulu les croire. Tu ne trouveras rien d’autre

sur moi que des poux, a cafardé le plus petit.

Il m’a montré le buisson en me rentrant

dedans. J’en serais bien

tombée amoureuse vu qu’il n’y avait

plus rien d’autre à faire de moins cher

cette nuit-là. Le grand m’a demandé si c’était vrai

que les bêtes aussi

sont incapables de mourir solitaires. Il était

trop tard sous ce pont pour ces garçons.

Traduction: François Mathieu

Ziegenmelker

alemán | Nora Bossong

Durch die Straßen liefen Hunde, beizeiten
wünschte man sich Ziegen herbei, dreimal auch
suchten wir schwarze Katzen, zumindest
das Kopfsteinpflaster wäre Gebirgsersatz.
Wir horchten auf Hufschläge hinter den Fenstern,
da flogen die Nachtschwalben tief und
Ziegenmelker nannte sie einer. Es roch
wie das Haar in der Suppe, als die Ziegen
die Stadt einnahmen. Sie fraßen Blätter, Federn,
Hundeknochen. Es war Herbst, da sich die Ziegen
vor unseren Häusern paarten. Und die Katzen
vergessen und die Nachtschwalben tief. Es war
nur Volksglaube, dass jene Vögel
sich an Ziegenzitzen säugten. Das Zaubern
nur ein schlechter Scherz, und die Welt
war den Ziegen im Bauch geplatzt.
Sie gaben noch Milch drei Tage,
dann waren sie tot.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Les trayeuses de chèvres

francés

Des chiens couraient dans les rues, on souhaitait

qu’approchent des chèvres, trois fois aussi

nous cherchâmes des chats noirs, pour le moins

le pavé remplacerait des montagnes.

Derrière les fenêtres nous épions des pas de cheval,

lors les hirondelles de nuit volèrent bas, quelqu’un

les dénomma trayeuses de chèvres. Il y eut une odeur

de cheveu sur la soupe quand les chèvres

occupèrent la ville. Elles dévorèrent feuilles, plumes

et os de chiens. C’était l’automne, puisque les chèvres

s’accouplaient devant nos maisons. Oublier

les chats et bien bas les hirondelles de nuit.

Que ces oiseaux suçaient les pis des chèvres

n’était que croyance populaire. La magie

n’était qu’une mauvaise plaisanterie, et le monde

avait explosé dans le ventre des chèvres.

Trois jours encore elles donnèrent du lait,

puis on les trouva mortes.

Traduction: François Mathieu

Geweihe

alemán | Nora Bossong

Das Spiel ist abgebrochen. Wie sollen wir
jetzt noch an Märchen glauben? Die Äste
splittern nachts nicht mehr, kein Wild,
das durch die Wälder zieht und das Gewitter
löst sich in Fliegenschwärmen auf. Gleichwohl,
es bleibt dabei: Das Jucken unter unsern Füßen
ist kein Tannenrest, kein Nesselblatt, wir folgen noch
dem Dreierschritt, den sieben Bergen und auch
dem Rehkitz Brüderchen und seiner Liebsten.
Erzähl mir die Geweihe an die Wand, erzähl mir
Nadeln in die Fliegen. Im rechten Moment
vergaßen wir zu stolpern.
Schneewittchen schläft.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Ramures

francés

La partie est interrompue. Comment croire

à des contes aujourd’hui encore ? La nuit,

les branches ne se fendent plus, pas une bête

ne traverse les forêts et l’orage

se dissipe en nuages de mouches. Néanmoins,

on en reste là : les démangeaisons sous nos pieds

ne sont ni reste de pins ni feuille d’ortie, nous suivons encore

le pas à trois temps, les sept collines,

le petit frère chevrotin aussi et ses amoureuses.

Raconte-moi les ramures aux murs, raconte-moi

des aiguilles plantées dans les mouches. Au bon moment

nous avons oublié de trébucher.

Blanche-Neige est endormie.

Traduction: François Mathieu

Sirup

alemán | Nora Bossong

Wie sie ihren Finger spreizt
vom Mokkalöffel, meine Sudetenoma.
Ihr Haar im Schwarz
vertrockneter Rüben.
Draußen der Abdruck
ihrer Hände im Wind,
durch den werfen Kinder
Kastanien. Den Kartoffeln
hat sie nie getraut und gekauert
nur im Qualm der Stippsbrennerei.
Wie manchen der Buckel
den Rücken hoch wächst,
wächst er ihr in die Locken.
Dieses Auseinanderfallen jeden Abend,
nackt vor den Gardinen ist ihre Haut
nur ein Riss im Stoff.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Sirop

francés

Il faut la voir lever le petit doigt

de sa cuillère à café, ma grand-mère des Sudètes.

Ses cheveux dans le noir

de betteraves desséchées.

Dehors l’empreinte

de ses mains dans le vent

à travers lequel des enfants lancent

des marrons. Elle n’a jamais fait confiance

aux pommes de terre et ne s’est jamais accroupie

que dans la fumée de la brûlerie.

Comme la bosse pousse

dans le dos de certains,

elle lui pousse dans les boucles.

Cet émiettement chaque soir,

sa peau est nue devant les rideaux,

rien qu’une déchirure dans le tissu.

Traduction: François Mathieu

Rolandslied

alemán | Nora Bossong

Und gingen wir durch meine Mutterstadt
fast lautlos, sprach er nichts, als bliebe es so
ungesagt und lag in diesem Sommertag
ein heißes Flüstern, gab uns kein Baum,
kein Tunnel Schatten, ließ meine Hand von
seiner Hüfte ab und fragte er mich nach
des Laudons Grab - ich weiß nicht, glaub,
er wollte nicht mehr weiter,
mein Vater.

© Nora Bossong
from: unveröffentlicht
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

La chanson de Roland

francés

Et nous traversions ma ville mère

presque en silence, il ne disait rien comme pour qu’on restât

dans le non-dit, et il y avait dans cette journée d’été

un ardent chuchotis, ni arbre

ni tunnel ne nous donnait son ombre, ma main

quitta sa hanche et il me demanda

où était la tombe de Laudon – je ne sais pas, je crois

qu’il ne voulait plus aller plus loin,

mon père.

Traduction: François Mathieu

Besuch

alemán | Nora Bossong

Die alte Frau sitzt tagelang am Fenster
und hält ein Taschentuch, zu träg,
hinaus in eine Welt zu winken,
die sie nicht mehr betritt. Das Draußen
ist ein Fernsehbild. Wie es mir glückt,
von dort ihr Zimmer zu betreten,
bleibt ihr ein Rätsel,
sie fragt mich nicht danach,
sagt nur: Es gibt so vieles,
das ich nicht versteh,
ach Mädchen, weißt,
die Klügste bin ich eben nicht.

Und hinter ihrem Schatten klafft
die Wohnung,
die zu große Schale einer Muschel, vergraben
in dem Zeitschlick, der nicht mehr zur Stadt gehört.
Es begann damit, dass sie verzwergte
Jahr um Jahr, nicht mehr zu finden
Ihr mondäner Gang, ihr Blinzeln,
als brenne ihr verrauchte Luft
eines Kasinos in den Augen.
Vielleicht, sagt sie und irgendwann
und will nicht weg von ihrem Fenster,
sie ist so dünn geworden,
dass sie keinen Tag mehr spürt.
Ach Mädchen, sagt sie,
weißt, wir ham ja Zeit.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Visite

francés

La vieille femme est assise toute la journée à sa fenêtre

et tient un mouchoir, trop faible

pour faire signe au monde dehors

où elle ne va plus. L’extérieur

est un écran de télé. Comment j’ai réussi

à venir de là pour entrer dans sa chambre,

demeure pour elle une énigme,

elle ne me le demande pas,

se contente de dire : Il y a tant de choses

que je ne comprends pas,

ah, jeune fille, tu sais,

je ne suis pas la plus intelligente.

Et derrière son ombre s’ouvre béant

son logement,

la coquille trop grande d’un coquillage, enfoui

dans la vase du temps qui ne fait plus partie de la ville.

Les choses ont commencé quand, d’année en année,

elle a rapetissé, pour ne plus trouver

sa démarche mondaine, le clignotement de ses yeux,

comme si l’air enfumé d’un casino

lui brûlait les yeux.

Peut-être, dit-elle, et à un moment quelconque,

et ne veut pas quitter sa fenêtre,

elle est devenue si frêle

qu’elle ne sent plus les journées.

Ah, jeune fille, dit-elle,

tu sais, on a bien le temps.

Traduction: François Mathieu

Standort

alemán | Nora Bossong

Wir leben in einer Stadt ohne Fluss, es gibt
Grenzen hier nur aus Wind
oder Regenschauern. Meine Schwester
ängstigt das nachts, doch es lässt sich
in unserem Haus nicht weinen, vielleicht
hülfe es ihr, vielleicht brächte es sie
um den Verstand. Es ist frostig
in ihrer Stimme. Ließen sich Entfernungen
ohne Fluss beschreiben, wären zum Wenigsten
die Ahnungen haltbar: Niemand
nähert sich unserem Haus und die Eltern
haben wir lang nicht gesehen.
Doch es gibt keinen Halt, diese Stadt ist
wie ein Schneerest im März. Nur der Wind,
der den Regen in seine Form treibt,
deutet ein Ortsende an. Unser Haus bleibt
von Eis bedeckt und verschwunden.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Emplacement

francés

Nous vivons dans une ville sans rivière, il n’y a

de frontières ici que de vent

ou d’averses. La nuit

cela angoisse ma sœur, mais chez nous

on ne pleure pas, peut-être que ça l’aide,

peut-être qu’elle en perd

la raison. Elle a du givre

dans la voix. Si l’on pouvait décrire des distances

sans rivière, nous conserverions au moins

nos pressentiments : personne

ne s’approche de notre maison, et il y a longtemps

que nous n’avons pas vu nos parents.

Mais il n’y a rien à faire, cette ville est

comme un reste de neige en mars. Seul le vent

qui pousse la pluie dans sa forme

esquisse une fin de village. Notre maison

reste couverte de glace, et disparition.


Traduction: François Mathieu

Reglose Jagd

alemán | Nora Bossong

Die Ställe hangabwärts, es heißt, den Hasen
habe ein Marder geholt, ein Fuchs, niemand
ist sicher, man lebt hier selten
des Nachts. Das Haus zu groß
für ein Haus, die Menschen zu reich,
nicht aus meiner Zeit. Dennoch gehen wir
auf die Jagd gemeinsam, durch die verwachsenen
Ränder des Familienerbes, kein Tier
knackt das Unterholz, kein Kadaver
legt seinen Geruch wie ein spukender Ahne
an die Grenze des Grundstücks. Ich glaube, alles
hält die Terrasse verborgen, niemand
folgt mir nach, wie sollten sie auch, meine Tage
liegen anderswo. Nur die Seeadler auf den Pfosten
lassen mich nicht aus dem Blick, ich fühle
ihre gefeilten Augen mir in den Nacken starren,
bis ich stürze, doch das ist unwesentlich, nur
eine kurzfristige Veränderung des alten Gebäudes.

© Zu Klampen Verlag
from: Reglose Jagd
Springe: zu Klampen! Verlag, 2007
Audio production: 2007, Literaturwerkstatt Berlin

Chasse immobile

francés

Les étables sur la pente, on dit qu’une martre

est allée chercher le lièvre, un renard, personne

n’en est sûr, ici l’on vit rarement

la nuit. La maison est trop grande

pour une maison, les gens trop riches,

pas de mon temps. Pourtant nous allons

à la chasse ensemble, à travers les lisières

tordues de l’héritage familial, pas une bête

ne fait craquer le sous-bois, pas un cadavre

ne pose tel un aïeul revenant son odeur

à la limite du bien-foncier. Je crois que la terrasse

dissimule tout, personne

ne me suis, comment d’ailleurs le devraient-ils, mes jours

sont ailleurs. Seuls les aigles pécheurs sur les pieux

ne me quittent pas des yeux, je sens

leurs yeux acérés fixés sur ma nuque,

jusqu’à ce que je chute, mais ça n’a pas d’importance, rien

qu’un changement à court terme de l’ancien édifice.

Traduction: François Mathieu

der veteranengarten

alemán | Jan Wagner

„Again he fighting with his foe, counts o’er his scars,
                      Tho‘ Chelsea’s now the seat of all his wars,
                      And fondly hanging on the lengthening tale,
                      Reslays his thousands o’er a mug of ale.“

                      - Sir John Soane, Inschrift im Summerhouse
                      des Royal Hospital, London -


die veteranen wachsen aus dem gras
empor in ihren ehrenuniformen;
die schweren messingknöpfe blinzeln matt
ins späte licht des nachmittags zurück.
sie wachsen aus dem gras wie in den mythen
das heer der ausgesäten drachenzähne.

die veteranen zeigen ihre zähne
auf fotos, die so braun wie altes gras
geworden sind – vergilbter noch als mythen.
der kampf, sagt jener grieche, ist der formen
beginn, und alles führt zu ihm zurück.
die veteranen steigen auf das matt-

erhorn ihrer erinnerung, das matt
im gegenlicht erstrahlt. die falschen zähne,
die längst schon in der ebene zurück-
geblieben sind. fast unbemerkt im gras
die enkel, glücklich mit geringsten formen
des spiels - ein gegensatz zum kaum bemühten

versuch der veteranen, sich beim mythen-
umrankten spiel der könige ins matt
zu setzen. (die die weißen steine formen
benutzen elfenbein und walroßzähne.)
im veteranengarten wächst das gras.
die schnecke gleitet in ihr haus zurück.

die veteranen denken oft zurück
und kaum nach vorne. so entstehen mythen.
die enkelkinder spielen auf dem gras
in das die kameraden bissen, matt
vom kampf. zu leben heißt: man muß die zähne
zusammenbeißen. und das schicksal formen.

die schwestern tragen weiße uniformen
und sind doch warm. sie rollen sie zurück
ins haus wenn erste sterne ihre zähne
entblößen, und ein ganzes heer von mythen
folgt ihnen auf die zimmer. wo es matt
war vom gewicht erhebt sich nun das gras.

die dunklen formen wandern übers gras -
man mag an zähne denken. oder mythen.
der könig bleibt zurück in seinem matt.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
München: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

le jardin des vétérans

francés

«Again he fighting with his foe, counts o’er his scars,

                            Tho’ Chelsea’s now the seat of all his wars,

                            And fondly hanging on the lengthening tale,

                            Reslays his thousands o’er a mug of ale.”

                            – Sir John Soane, inscription sur un mur de la maison

                            d’été de l’Hôpital royal, Londres –


les vétérans poussent dans le gazon

en uniforme de parade;

leurs gros boutons de cuivre lancent des reflets mats

dans la lumière tardive de l’après-midi.

ils poussent dans le gazon comme dans les mythes

l’armée des dents semence de dragon.

les vétérans montrent leurs dents

sur des photos devenues aussi jaunes

que du vieux gazon – plus jaunies encore que des mythes.

le combat, dit ce grec, est le début

des formes, et tout y renvoie.

les vétérans grimpent sur le mat-

terhorn de leur souvenir, au reflet

mat dans le contre-jour. les fausses dents

depuis longtemps restées

dans la plaine. presque discrets dans le gazon

les petits-fils, heureux des moindres formes

du jeu – contraste avec la tentative

à peine forcée de se faire mat

au jeu enliané de mythes

des rois. (ceux qui forment les pierres blanches

utilisent de l’ivoire et des dents de morse.)

dans le jardin des vétérans pousse du gazon.

l’escargot rentre dans sa coquille.

les vétérans pensent souvent au passé

et à peine au futur. des mythes naissent ainsi.

les petits enfants jouent dans le gazon

dans lequel mordent les camarades, mats

au combat. vivre c’est: on doit serrer

les dents. et former le destin.

les infirmières portent des uniformes blancs

et sont chaudes quand même. elles les roulent

à la maison quand les premières étoiles dénudent

leurs dents, et toute une armée de mythes

les suit dans les chambres. à l’endroit où le poids

fait la matité désormais s’élève le gazon.

les formes sombres traversent le gazon –

on peut penser à des dents. ou à des mythes.

le roi se retire dans sa matité.

Traduction: François Mathieu

botanischer garten

alemán | Jan Wagner

dabei, die worte an dich abzuwägen -
die paare schweigend auf geharkten wegen,
die beete laubbedeckt, die bäume kahl,
der zäune blüten schmiedeeisern kühl,
das licht aristokratisch fahl wie wachs -
sah ich am hügel gläsern das gewächs-
haus, seine weißen rippen, fin de siècle,
und dachte prompt an jene walskelette,
für die man sich als kind den hals verdrehte
in den museen, an unsichtbaren drähten,
daß sie zu schweben schienen, aufgehängt,
an jene ungetüme, zugeschwemmt
aus urzeittiefen einem küstenstrich,
erstickt an ihrem eigenen gewicht.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
München: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

jardin botanique

francés

en même temps, peser les mots que je t’adresse –

les couples silencieux sur les chemins ratissés,

les massifs couverts de feuilles, les arbres dénudés,

les fleurs des clôtures froides comme le fer d’une forge,

la lumière aristocratiquement blême comme de la cire –

je vis la serre sur la colline

le verre, ses côtes blanches, fin de siècle,

et pensai tout à coup au squelette de baleine

pour lequel, enfant, on se tordait le cou

dans les musées, aux fils invisibles,

qu’ils semblaient flotter, en suspension,

à ces monstres, repoussés des profondeurs

originelles sur une bande côtière,

étouffés sous leur propre poids.

Traduction: François Mathieu

weihnachten in huntsville, texas

alemán | Jan Wagner

„Es ist so, als ob man an einem Bahndamm wohnt.
                        Zuerst achtet man noch auf jeden Zug, dann hört man
                        sie einfach nicht mehr.“

                      - ein Einwohner von Huntsville -

als der strom an diesem abend
zusammensackte, flackerten die lampen
am weihnachtsbaum, erloschen. in der ferne
der spätzug. wir, die nacht, der bratenduft -
die gänse schwammen friedlich in den seen
aus weißem porzellan. im mondlicht
die abgenagten knochen der veranden.
wir lauschten auf die leicht bewegte wiege
des großen waldes, der die stadt umfängt,
dann kehrten die choräle ins radio zurück.
in jedem fernseher saß ein präsident.
der bahndamm, ohne anfang, ohne ende.
der gänsebraten.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
München: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

noël à huntsville, texas

francés

«C’est comme si on habitait près d’une voie de chemin de fer.

                 On commence par entendre tous les trains qui passent,

                 puis on n’entend plus rien.»

                                                              Un habitant de Huntsville


quand le courant ce soir-là

s’interrompit, les lampes de l’arbre de noël

tremblotèrent, s’éteignirent. au loin

le dernier train. nous, la nuit, l’odeur du rôti –

les oies nageaient paisiblement dans des lacs

de porcelaine blanche. dans la lumière de la lune

les os rongés des vérandas.

nous écoutions le moindre chant des berceaux

de la grande forêt qui doucement se balançaient,

la forêt qui entoure la ville,

puis les chorales revinrent à la radio.

dans tous les téléviseurs il y avait un président.

le remblai, sans début ni fin.

l’oie rôtie.

Traduction: François Mathieu

teebeutel

alemán | Jan Wagner

I

nur in sackleinen
gehüllt. kleiner eremit
in seiner höhle.


II

nichts als ein faden
führt nach oben. wir geben
ihm fünf minuten.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
München: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

sachet de thé

francés

I

juste enfermé

dans une étamine. petit ermite

dans sa caverne.

II

rien qu’un fil

le tire vers le haut. nous l’y laissons

cinq minutes.

Traduit par François Mathieu

quittenpastete

alemán | Jan Wagner

wenn sie der oktober ins astwerk hängte,
ausgebeulte lampions, war es zeit: wir
pflückten quitten, wuchteten körbeweise
gelb in die küche

unters wasser. apfel und birne reiften
ihrem namen zu, einer schlichten süße -
anders als die quitte an ihrem baum im
hintersten winkel

meines alphabets, im latein des gartens,
hart und fremd in ihrem arom. wir schnitten,
viertelten, entkernten das fleisch (vier große
hände, zwei kleine),

schemenhaft im dampf des entsafters, gaben
zucker, hitze, mühe zu etwas, das sich
roh dem mund versagte. wer konnte, wollte
quitten begreifen,

ihr gelee, in bauchigen gläsern für die
dunklen tage in den regalen aufge-
reiht, in einem keller von tagen, wo sie
leuchteten, leuchten.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
München: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

pâté de coing

francés

quand octobre les suspendait aux branches des arbres,

lampions bosselés, c’était le moment: nous

cueillions des coings, portions dans la cuisine

de lourds paniers de fruits jaunes

que nous passions sous l’eau. pomme et poire prenaient

la forme de leur nom, d’un simple goût sucré –

autre que le coing à son arbre dans

l’angle le plus reculé

de mon alphabet, en latin du jardin,

dur et étranger dans son arôme. nous coupions,

en quatre, épépinions la chair (quatre grandes

mains, deux petites),

confusément dans la vapeur de la centrifugeuse, ajoutions

du sucre, chaleur, un effort pour cette âpreté

dans la bouche. qui le pouvait voulait

comprendre les coings,

leur gelée, dans des bocaux pansus rangés

sur des étagères pour les jours sombres

dans une cave de jours où ils

brillaient, brillent.

Traduction: François Mathieu

störtebeker

alemán | Jan Wagner

„Ich bin der neunte, ein schlechter Platz.
Aber noch läuft er.“

(Günter Eich)

noch läuft er, sieht der kopf dem körper zu
bei seinem vorwärtstaumel. aber wo
ist er, er selbst? in diesen letzten blicken
vom korb her oder in den blinden schritten?
ich bin der neunte und es ist oktober;
die kälte und das hanfseil schneiden tiefer
ins fleisch. wir knien, aufgereiht, in tupfern
von weiß die wolken über uns, als rupfe
man federvieh dort oben – wie vor festen
die frauen. vater, der mit bleichen fäusten
den stiel umfaßt hielt, und das blanke beil,
das zwinkerte im licht. das huhn derweil
lief blutig, flatternd, seinen weg zu finden
zwischen zwei welten, vorbei an uns johlenden kindern.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

störtebeker

francés

«Je suis le neuvième, une mauvaise place.

                             Mais il court encore.»

                                                             Günter Eich

il court encore, la tête regarde le corps

qui titube. mais où

est-il, lui? dans ces derniers regards

depuis le panier ou dans ces pas aveugles?

je suis le neuvième et l’on est en octobre;

le froid et la corde de chanvre s’enfoncent

dans la chair. nous sommes à genoux, mèches

blanches les nuages au-dessus de nous, comme si

là-haut on plumait la volaille – comme avant les fêtes

les femmes. père qui, de ses poings blêmes,

tenait le manche, et la hache luisante

qui clignait dans la lumière. la poule pendant ce temps

passait en saignant, voletant pour trouver son chemin

entre deux mondes, devant nous, les enfants qui hurlions.

Traduction: François Mathieu

guerickes sperling

alemán | Jan Wagner

„...köstlicher als Gold, bar jeden
Werdens und Vergehens...“
- Otto von Guericke -

was ist das, unsichtbar und doch so mächtig,
daß keine kraft ihm widersteht? der kreis
von bürgern rund um meister guericke
und seine konstruktion: die vakuumpumpe,
die auf drei beinen in das zimmer ragt,
vollendet und mit der obszönen grazie
der mantis religiosa. messingglanz,
die kugel glas als rezipient: hier sitzt
der sperling, der wie eine weingeistflamme
zu flackern angefangen hat – die luft
die immer enger wird. vorm fenster reifen
die mirabellen, summt die wärme, wächst
das gras auf den ruinen. an der wand
ein kupferstich vom alten magdeburg.
die unbeirrbarkeit der pendeluhr,
diopter, pedometer, astrolabium;
der globus auf dem tisch, wo eben erst
neuseelands rückenflosse den pazifik
durchschnitten hat, und wie aus weiter ferne
das zähe trotten eines pferdefuhrwerks.
„dieser tote sperling“, flüstert einer,
„wird noch durch einen leeren himmel fliegen.“

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin : Hanser Berlin, 2016
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

le moineau de guericke

francés

«…plus précieux que l’or, dépourvu de devenir

                            et d’erreur…»

                                                    Otto von Guericke


qu’est-ce, invisible et pourtant si puissant

qu’aucune force ne lui résiste? le cercle

de bourgeois autour de maître guericke

et de sa construction: la pompe à vide,

sur trois pattes, dépasse de la pièce,

achevée et dotée de la grâce obscène

de la mantis religiosa. éclat du bronze,

la boule de verre comme cloche à vide: ici

le moineau est perché qui a commencé

à trembloter comme une flamme d’esprit-de-vin –

l’air qui se raréfie. derrière la fenêtre mûrissent

les mirabelles, la chaleur bourdonne, l’herbe

pousse sur les ruines. au mur

une gravure du vieux magdebourg.

l’imperturbabilité de la pendule,

dioptres, pédomètres, astrolabe;

le globe sur la table, où la nageoire

dorsale de la nouvelle zélande vient juste

de trancher le pacifique et comme de plus loin encore

le trot persévérant d’un attelage de chevaux.

«ce moineau mort“, murmure quelqu’un,

„traversera encore un ciel vide.»

Traduction: François Mathieu

nature morte

alemán | Jan Wagner

ein großer fisch, gebettet auf eine zeitung,
 ein tisch aus holz in einer hütte in
 der normandie. ganz still, ganz warm - die luft
 strickt wollene socken. du kannst ihn berühren oder
 auch nicht, seine silbrigen schuppen gleich langen reihen
 von noten einer kühlen symphonie. sein kopf
 ist ab, sonst könnte er, gesetzt den fall
 daß fische lesen können, lesen
 was über seiner rückenflosse steht
 und ihm souffliert: "was tun sie, diese leute?"
 das licht entzieht sich leise, das papier
 nimmt tropfenweise meere in sich auf.
 au fond de l'image drischt der atlantik dröhnend
 die jüngsten vermißtenanzeigen in den strand.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

nature morte

francés

un grand poisson, couché sur un journal,

une table en bois dans une cabane

en normandie. très calme, très chaud – l’air

tricote des chaussettes de laine. tu peux le toucher ou

ne pas le toucher, ses écailles argentées semblables aux longues séries

de notes d’une symphonie froide. sa tête

est coupée, sinon, à supposer que les poissons

sachent lire, il pourrait lire

ce qui se trouve au-dessus de sa nageoire dorsale

et lui souffle : « que font ces gens ? »

la lumière se retire doucement, le papier

accueille des mers goutte à goutte.

au fond de l’image l’atlantique enfonce en grondant

dans la plage les derniers faire-part des disparus

traduit par François Mathieu

kleinstadtelegie

alemán | Jan Wagner

die schattenkarawane, jeden morgen
 ihr aufbruch, und die waschanlage,
 die stets aus einem reinen schlaf erwachte.

 und in den lieferwagen pendelten
 die schweinehälften zwischen ja und nein,
 den linden wuchsen herzen. und es paßte

 nicht mehr als ein blatt papier zwischen mich und die welt.
 und in den gärten, hinter allen hecken
 verkündeten die rasenmäher den mai.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

élégie d’une petite ville

francés

la caravane fantôme, chaque matin

son départ, et la station de lavage,

qui toujours s’éveillait d’un sommeil pur.

et dans les camions de livraison les moitiés de cochon

faisaient la navette entre le oui et le non,

aux tilleuls des cœurs poussaient. et  seule encore

passait une feuille de papier entre le monde et moi.

et dans les jardins, derrière toutes les haies

les tondeuses annonçaient le mois de mai.

traduit par François Mathieu

gaststuben in der provinz

alemán | Jan Wagner

hinter dem tresen gegenüber der tür
 das eingerahmte foto der fußballmannschaft:
 lächelnde helden, die sich die rostenden nägel
 im rücken ihrer trikots nicht anmerken lassen.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

auberges en province

francés

derrière le comptoir en face de la porte

la photo encadrée de l’équipe de football :

héros souriant, qui cachent leurs ongles

qui rouillent dans le dos de leur maillot.

traduit par François Mathieu

herbstvillanelle

alemán | Jan Wagner

den tagen geht das licht aus
und eine stunde dauert zehn minuten.
die bäume spielten ihre letzten farben.

am himmel wechselt man die bühnenbilder
zu rasch für das kleine drama in jedem von uns:
den tagen geht das licht aus.

dein grauer mantel trennt dich von der luft,
ein passepartout für einen satz wie diesen:
die bäume spielten ihre letzten farben.

eisblaue fenster - auf den wetterkarten
der fernsehgeräte die daumenabdrücke der tiefs.
den tagen geht das licht aus,

dem leeren park, dem teich: die enten werden
an unsichtbaren fäden aufgerollt.
die bäume spielten ihre letzten farben.

und einer, der sich mit drei sonnenblumen
ins dunkel tastet, drei schwarzen punkten auf gelb:
den tagen geht das licht aus.
die bäume spielten ihre letzten farben.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

villanelle automnale

francés

la lumière des jours s’éteint

et une heure dure dix minutes.

les arbres jouaient leurs dernières couleurs.

au ciel on change trop vite les décors

du petit drame en chacun de nous :

la lumière des jours s’éteint.

ton manteau gris te sépare de l’air,

un passe-partout pour une phrase comme celle-ci :

les arbres jouaient leurs dernières couleurs.

fenêtre bleu glacier – sur les cartes du temps

des télévisions l’empreinte du pouce des basses pressions.

la lumière des jours s’éteint,

du parc vide, de l’étang : les canards

s’enroulent à des fils invisibles.

les arbres jouaient leurs dernières couleurs.

et l’un qui tâtonne dans le noir

avec trois fleurs de soleil, trois points noirs sur fond jaune :

la lumière des jours s’éteint.

les arbres jouaient leurs dernières couleurs.

traduit par François Mathieu

haute coiffure

alemán | Jan Wagner

der goldene schraubstock des spiegels hielt den blick:
 sie mit roten nägeln, ich mit weißem
 tuch bedeckt wie ein museumsstück.

 dicht über meinen ohren zwitscherte
 die schere. oh duftende dienerschar
 von cremes und flakons! das wasser plätscherte,

 doch unten rotteten auf glatten fliesen
 die flusen sich zusammen gegen uns,
 ein stiller mob mit einem alten wissen.

 draußen heulten hunde, frisch geschnitten
 sträubte sich mein nackenhaar,
 und in mir riß der wolf an seiner kette.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Haute coiffure*

francés

l’étau doré du miroir retenait le regard :

elle avec des ongles rouges, moi recouvert

d’un drap blanc comme une pièce de musée.

tout près de mes oreilles les ciseaux

gazouillaient. oh la troupe domestique

des crèmes et des flacons ! l’eau clapotait,

mais par terre sur les carreaux rouges

s’ameutaient contre nous les poils coupés,

silencieuse gueusaille dotée d’un vieux savoir.

dehors des chiens hurlaient, sur ma nuque,

fraîchement coupés, mes cheveux se dressaient,

en moi le loup tirait sur sa chaîne.

  *En français dans le texte

Traduit par François Mathieu

Noch bist du da

alemán | Rose Ausländer

Wirf deine Angst
in die Luft

Bald
ist deine Zeit um
bald
wächst der Himmel
unter dem Gras
fallen deine Träume
ins Nirgends

Noch
duftet die Nelke
singt die Drossel
noch darfst du lieben
Worte verschenken
noch bist du da

Sei was du bist
Gib was du hast

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Mein Atem heißt jetzt
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1981
Audio production: Rose-Ausländer-Stiftung, Köln

Tu es là encore

francés

Jette ta peur
dans les airs

Tantôt
ton temps est passé
tantôt
 le ciel s’accroit
sous l’herbe
tes rêves tombent
dans le nulle-part ailleurs

Encore
l’œillet répand son parfum
la grive chante
encore tu peux aimer
offrir des mots
tu es là encore

Sois ce que tu es
Donne ce que tu as

Traduction: François Mathieu

Im Atemhaus

alemán | Rose Ausländer

Unsichtbare Brücken spannen
von dir zu Menschen und Dingen
von der Luft zu deinem Atem

Mit Blumen sprechen
wie mit Menschen
die du liebst

Im Atemhaus wohnen
eine Menschblumenzeit

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Mutterland
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1978
Audio production: Rose-Ausländer-Stiftung, Köln

Dans la maison du souffle

francés

Des ponts invisibles te relient
à des hommes et des choses
relient l’air à ton souffle

Parler avec des fleurs
que tu aimes

Habiter dans la maison du souffle
un temps des fleurs-homme

Traduction: François Mathieu

Es bleibt noch

alemán | Rose Ausländer

Dennoch herrlich
Staub aus Fleisch

Diese Lichtgeburt
im Wimpernschoß

Lippen
ja
es bleibt noch
viel zu sagen

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Gesammelte Gedichte
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1976
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

Il reste encore

francés

Cependant magnifique
poussière de chair

Cette naissance de lumière
dans le sein des cils

Lèvres
oui
il reste encore
beaucoup à dire

Traduction: François Mathieu

Mutter Sprache

alemán | Rose Ausländer

Ich habe mich
in mich verwandelt
von Augenblick zu Augenblick

in Stücke zersplittert
auf dem Wortweg

Mutter Sprache
setzt mich zusammen

Menschmosaik

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Doppelspiel
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1977
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

Mère langue

francés

Je me suis
changée en moi
d’instant en instant
dispersée morcelée
sur le chemin du mot

Mère langue
remembre-moi

Mosaïque humaine

Traduction: François Mathieu

Israel*

alemán | Rose Ausländer

Zurück
ins zukünftige
Meinland Deinland

Hier
heißt der Stein
Zeder Zitrone

Unvergeßlich
die stählernen Brüder
vergaßen den Schlaf

Nicht ins Schlaraffenland
komm
ins stachlige Hier

Auf rebellischem Boden
verläßlich die Hüter
pflanzen
beständigen Traum

Komm
ins Zurück
die Stacheln grünen

Saft
aus dem Stein
schlägt der
Mosessohn

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Doppelspiel
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1977
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

Israël

francés

Retour
dans le futur
mon-pays ton-pays

Ici
la pierre s’appelle
cèdre citron

Inoubliables
les frères d’acier
oublièrent le sommeil

Ne viens pas
au pays de cocagne
viens dans l’ici de barbelé

Sur une terre rebelle
de confiance les gardiens
plantent
un rêve durable

Viens
dans le retour
les épines verdissent

Le fils de Moïse
fait
sortir
le suc des pierres

Traduction: François Mathieu

In Memoriam Paul Celan

alemán | Rose Ausländer

„Meine blonde Mutter
                                                 kam nicht heim“
                                                   Paul Celan


Kam nicht heim
die Mutter

nie aufgegeben
den Tod

vom Sohn genährt
mit Schwarzmilch

die hielt ihn am Leben
das ertrank
im Tintenblut

Zwischen verschwiegenen Zeilen
das Nichtwort
im Leerraum
leuchtend

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Ohne Visum
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1975
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

In memoriam Paul Celan

francés

« Ma blonde mère
ne revint pas »
Paul Celan

Ne revint pas
la mère

jamais abandonné
la mort

par le fils nourrie
au lait noir

qui la garda en vie
qui se noya
dans le sang d’encre

Entre  des vers secrets
le non-mot
dans l’espace vide
éclatant de lumière

Traduction: François Mathieu

Verwundert

alemán | Rose Ausländer

Wenn der Tisch nach Brot duftet
Erdbeeren der Wein Kristall

denkt an den Raum aus Rauch
Rauch ohne Gestalt

Noch nicht abgestreift
das Ghettokleid

sitzen wir um den duftenden Tisch
verwundert
daß wir hier sitzen

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Blinder Sommer
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1965
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

Surpris

francés

Quand la table sent bon le pain
fraises le vin cristal

pense à l’étendue de fumée
fumée sans figure

Pas encore quittée
la robe du ghetto

nous sommes assis à la table qui sent bon
surpris d’être assis ici

Traduction: François Mathieu

Meine Nachtigall

alemán | Rose Ausländer

Meine Mutter war einmal ein Reh
Die goldbraunen Augen
die Anmut
blieben ihr aus der Rehzeit

Hier war sie
halb Engel halb Mensch-
die Mitte war Mutter
Als ich sie fragte was sie gern geworden wäre
sagte sie: eine Nachtigall

Jetzt ist sie eine Nachtigall
Nacht um Nacht höre ich sie
im Garten meines schlaflosen Traumes
Sie singt das Zion der Ahnen
sie singt das alte Österreich
sie singt die Berge und Buchenwälder
der Bukowina
Wiegenlieder
singt mir Nacht um Nacht
meine Nachtigall
im Garten meines schlaflosen Traumes

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Blinder Sommer
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1965
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländerstiftung, Köln

Mon rossignol

francés

Ma mère fut un jour un chevreuil
Les yeux marron doré
la grâce
lui restèrent de ces années chevreuil

Elle était ici
moitié ange moitié humain
le milieu était mère
Comme je lui demandai ce qu’elle aurait aimé être
elle dit : un rossignol

Elle est un rossignol désormais
je l’entends toutes les nuits
dans le jardin de mon rêve sans sommeil
Elle chante le Sion de nos aïeux
elle chante la vieille Autriche
elle chante les montagnes et les forêts de hêtres
de la Bucovine
de nuit en nuit elle me chante
des berceuses
mon rossignol
dans le jardin de mon rêve sans sommeil

Traduction: François Mathieu

Pruth

alemán | Rose Ausländer

Da zirpten die Kiesel im Pruth
ritzten flüchtige Muster in
unsre Sohlen

Narzisse wir lagen im Wasserspiegel
hielten uns selbst im Arm

Nachts vom Wind bedeckt
Bett mit Fischen gefüllt
Goldfisch der Mond

   Schläfenlockengeflüster:
   der Rabbi in Kaftan und Stramel
   von glückäugigen Chassidim umringt

   Vögel – wir kennen nicht
   ihre Namen ihr Schrei
   lockt und erschreckt
   Auch unser Gefieder ist fertig
   wir folgen euch
   über Kukuruzfelder
   schaukelnde Synagogen

Immer zurück zum Pruth

Flöße
(aus Holz oder Johannisbrot?)
pruthab
Wohin ihr Eilenden
und wir hier allein
mit den Steinen?

from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Blinder Sommer
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1965
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländer Stiftung, Köln

Pruth

francés

Dans le Pruth les galets chantaient
fendillaient un dessin éphémère
dans nos semelles

Narcisses couchés sur la nappe de l’eau
nous nous tenions nous-mêmes dans nos bras

La nuit couverts de vents
le lit rempli de poissons
la lune poisson d’or

    Chuchotement de papillotes :
    le rabbin en kaftan et shtraymel
    entouré d’hassidim le bonheur dans les yeux

    Oiseaux – nous ne connaissons pas
    votre nom votre cri
    allèche et effraye
    Notre plumage est prêt aussi
    nous vous suivons
    à travers des champs de maïs
    synagogues qui se balancent

retour toujours au Pruth

Trains de bois
(de bois ou de pain de la Saint-Jean ?)
descendant le Pruth
Où gens pressés allez-vous
et nous ici seuls
avec les pierres ?

Traduction: François Mathieu

Bukowina I *

alemán | Rose Ausländer

Grüne Mutter
Bukowina
Schmetterlinge im Haar

Trink
sagt die Sonne
rote Melonenmilch
weiße Kukuruzmilch
ich machte sie süß

Violette Föhrenzapfen
Luftflügel Vögel und Laub

Der Karpatenrücken
väterlich
lädt dich ein
dich zu tragen

Vier Sprachen
Viersprachenlieder

Menschen
die sich verstehn

© Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main
from: Gesamtwerk in 16 Bd. [abgeschlossen 1995] (FTV 11151-11166).
Zuerst in: Blinder Sommer
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1965
Audio production: 1976 und 1977 Rose Ausländer Stiftung, Köln

Bucovine I

francés

Mère verte
Bucovine
des papillons dans les cheveux

Bois
dit le soleil
lait rouge des melons
lait blanc des maïs
je l’ai sucré

Pommes de pin mauves
ailes célestes oiseaux et feuillage

Le dos des Carpates
paternel
demande
à te porter

Quatre langues
chants en quatre langues

Gens
qui se comprennent

Traduction: François Mathieu

[Versuche den winzig gewordenen Mond...]

alemán | Christine Lavant

Versuche den winzig gewordenen Mond
aus dem Himmel zu blasen.
Dein Atem reicht nicht einmal dafür noch aus!
Wie willst du dann die aufgeloderte Sonne
über deinem Herzen kühler machen
oder gar sie verschieben?
Sage zu deinem Herzen, daß früher oder später
alle Hexen verbrennen müssen.
Auch die guten entgehen dem Feuer nicht,
weil Gott ihre magische Asche braucht,
um seine Erwählten damit zu salben.
Sage, er haßt diese Asche nicht,
weil sie trotz allem aus Unschuld kommt
und vielen gemeisterten Leiden.
Lehre, wenn du jetzt Atem holst,
dein Herz in die Mitte der Sonne treten
und tilge gänzlich aus deinem Blut
den Namen der Hölle.
Niemand glaubt dir das Wort –;
und das, was dich brennt,
weiß allein seinen eigenen großen Namen,
der erschütternder ist als alle Zeichen am Himmel.

© Otto Müller Verlag
from: Die Bettlerschale
Salzburg : Otto Müller Verlag , 1956
Audio production: ORF Landesstudio Kärnten

[Essaie de souffler hors des cieux...]

francés

Essaie de souffler hors des cieux
la lune devenue toute petite.
Jamais encore ton souffle n’y saura suffire !
Comment feras-tu pour refroidir les flammes du soleil
au-dessus de ton cœur,
ou même les repousser ?
Dis-lui que tôt ou tard
toutes les sorcières doivent être brûlées.
Même les bonnes n’échapperont pas au feu,
parce que Dieu a besoin de leur cendre magique
pour en oindre ses élus.
Dis qu’il ne hait point cette cendre
parce qu’elle provient malgré tout de l’innocence
et de beaucoup de souffrances maîtrisées.
Enseigne à ton cœur, quand lors tu respires,
à entrer au fort du soleil,
et efface tout à fait de ton sang
le nom de l’enfer.
Personne ne croit à ta parole – ;
et ce qui te brûle
sait seul son propre nom,
plus bouleversant que, dans le ciel, tous les signes.

Traduit de l'allemand par François Mathieu

Schneeode, später Schnee

alemán | Steffen Popp

O schwarzer Schlaf, o Axt
o große Trauer, Herz
ich ging hinaus, über das Gras
ich ging hinaus um deine Augen.

Filzstift, Baumpilz, Hydra
ich ging hinaus, ich ging hinaus
über das Gras, um deine Augen.

Achte auf kleines Gewölk
achte auf Tote, ihren besonderen Traum
achte auf Vögel, die Spannung der Haut
das Schlagen, die Stimme, das Lied.

Dieses Gefühl überwintert
in deinem Handschuh, leise schnaufend
wie ein zu großes Tier
unter dem Waldboden.

Einmal im Schnee, gräbst du es aus
und findest Knochen

ich ging hinaus um deine Augen
ich ging hinaus um deine Augen

da sind die Toten, das Weltall
da sind die Vögel, das Lied.

© kookbooks
from: Kolonie Zur Sonne. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2008
Audio production: 2009, Literaturwerkstatt Berlin

Ode à la neige, neige plus tard

francés

Ô noir sommeil, ô cognée
ô grande tristesse, cœur
je suis sorti, traversai la prairie
je suis sorti pour l’amour de tes yeux.

Crayon-feutre, champignon lignicole, hydre
je suis sorti, je suis sorti
traversai la prairie, pour l’amour de tes yeux.

Fais attention aux petits nuages
attention aux morts, à leur rêve singulier
attention aux oiseaux, à la tension de la peau
au chant, à la voix, à la chanson.

Cette sensation hiberne
dans ton gant, doucement halète
comme une trop grande bête
sous le sol forestier.

Un jour dans la neige tu la déterres
et trouves des ossements

je suis sorti pour l’amour de tes yeux
je suis sorti pour l’amour de tes yeux

les morts sont là, l’univers
les oiseaux sont là, la chanson.

Traduction: François Mathieu

hamburg - berlin

alemán | Jan Wagner

der zug hielt mitten auf der strecke. draußen hörte
 man auf an der kurbel zu drehen: das land lag still
 wie ein bild vorm dritten schlag des auktionators.

ein dorf mit dem rücken zum tag. in gruppen die bäume
 mit dunklen kapuzen. rechteckige felder,
 die karten eines riesigen solitairespiels.
 
 in der ferne nahmen zwei windräder
 eine probebohrung im himmel vor:
 gott hielt den atem an.

© 2016 Hanser Berlin im Carl Hanser Verlag GmbH & Co. KG, München
from: Selbstporträt mit Bienenschwarm. Ausgewählte Gedichte 2001- 2015
Berlin: Hanser Berlin, 2016
Audio production: 2002, literaturWERKstatt berlin / Haus für Poesie

hambourg – berlin

francés

le train s’arrêta au milieu du trajet. dehors on
cessa de tourner la manivelle : la campagne était silencieuse
comme un tableau avant le troisième coup de marteau du commissaire-priseur.

un village le dos tourné au jour. les arbres en groupes
avec des capuches sombres. champs rectangulaires,
les cartes d’un jeu de solitaire géant.

au loin deux éoliennes effectuaient
un forage sauvage dans le ciel.
dieu retenait son souffle

traduit par François Mathieu