[Une parole, vite, sans trace...]

Une parole, vite, sans trace. Une balle en granit incrustée dans la peau : je bascule ma tête s’ouvre et c’est à la fin de la lumière. Je lis dans les veines de ma gorge, dans les veines de ma gorge, dans les veines... Le vide et la terreur, ce n’est pas le début, non non, c’est la terreur. Effacer effacer. Paysage irréel, son mat, solitude : Du sable dans la tête. Respiration. Respiration coupée. Lui ses doigts tremblent sur la table. Elle : a des partis pris. Elle cherche l’assassin de l’imaginaire. Les bruits du corps : dedans les voitures. L’énervement ronge les dents, ronger les dents nous rouille. La géographie n’a pas de mesure. Ils parlent tous les deux à présent. Mais ça ne fonctionne pas, leur phrase est agrammaticale, leur longue et même phrase qui tourne en boucle : obligé. Comment ça s’est fini ? je suis partie, et c’est très bien comme ça. Mais un mot me gêne, une exclusion, une précision injustifiée. C’est possible, oui, exactement, il faudrait supprimer, supprimer : l’assassin de l’imaginaire. Le vent s’engouffre, il gèle. Il gèle des oiseaux, ma tête s’ouvre, les veines de ma gorge… je bascule, je ne peux m’arrêter de basculer, basculer. Le crissement d’un rideau de fer, la ligne de chemin de fer, les mensonges c’est dans les yeux, c’est dans les coins, aux commissures, mais ferai pas de commentaires. Si je me trompe oui, je suis prête à faire ça, réintégrer ma friche, plus faire de commentaire.

© Édith Azam
Producción de Audio: Literaturwerkstatt Berlin 2011

[Flüchtig, ein Wort...]

Flüchtig, ein Wort. Ein Granitgeschoß, in die Haut eingeschlossen: ich kippe, mein Kopf kippt, klappt auf, und hier endet das Licht. In den Halsvenen lese ich, in den Halsvenen, Venen... ich lese: leeres Entsetzen, es ist kein Beginn, nein, Entsetzen. Es wegwischen. Wegwischen. Glanzlose Landschaft, mit dumpfem Geräusch ins Irreale gerückt. Einsamkeit: Sand im Kopf. Atmung, die aussetzt. Nichtatmung.  Finger, die seinen, die auf dem Tisch zittern. Sie: hat ihre Eigenheiten, ist hinter dem Killer der Einbildung her. Beide reden zugleich. Doch es klappt nicht, der Satz stimmt nicht, Satz, der sich windet, der sich in den Schwanz beißt, in Endlosschleife: es müssen. Wie endete es? Ich ging weg, das ist gut. Allerdings stört mich ein Wort, oder sein Fehlen, eine Betonung, durch nichts gerechtfertigt. Sicher, es geht, es ginge, man müßte ihn kaltmachen, diesen, den Killer der Einbildungskraft. Wind mit Wucht, Frost. Gefrostete Vögel. Mein Kopf, der sich öffnet, die Halsvenen... endlos kippe ich, kippe und kippe. Ein Eisenvorhang, der kreischt, eine Eisenbahnlinie, diese Verlogenheit, die in den Augen, den Lippen, den Mundwinkeln sitzt. Aber wozu Kommentare. Im Falle des Falles, durchaus, bin ich zu allem bereit: mich in meine Zone zurückzuziehen. Die Kommentare zu lassen.


Deutsche Fassung von Marion Poschmann.
Die Übersetzung entstand im Rahmen des Übersetzungsworkshops Versschmuggel des Poesiefestivals Berlin 2011