Amanda Horn 
Translator

on Lyrikline: 5 poems translated

from: french to: english

Original

Translation

[Le temps parfois nous rapportait des os]

french | Martine Audet

Le temps parfois nous rapportait des os,
le détail d'un mouvement
qui soulevait les roses,
à répétition,
nos plus rudes prières
(leurs bêtes humides et affolées).

Était-ce pour répondre du vide ?
du fin calibre des merveilles ?

Nous ne savions qui parlait,
qui, aimé en nos nuits,
frôlait la rouge découpe
d’obscurité.

© Martine Audet
from: Les Manivelles
Montréal: éd. de l’Hexagone, 2006
Audio production: Union des écrivains et des écrivaines québécois

[Time often returned bones]

english

Time often returned bones,
details of a movement
which raised roses,
repeatedly,
our harshest prayers
(damp and frenzied beasts).

Was it an answer for the void?
wonders of a fine caliber?

We didn’t know who spoke,
who, loving during our darkness,
brushed against the red cutting
of obscurity.

Translated by Amanda Horn

[L'acier des plus hautes couleurs]

french | Martine Audet

L'acier des plus hautes couleurs
(ce vol furtif :
le poème est une main),
d’un même souffle
le large,
les neiges et des haleines
peintes pour nous,
un suspens,
presque rien,

nous entendions ce qu'il manque
à l'amour.

Cela faisait un peu moins de vide
dans le vide.

© Martine Audet
from: Les Manivelles
Montréal: éd. de l’Hexagone, 2006
Audio production: Union des écrivains et des écrivaines québécois

[The steel of brilliant colors]

english

The steel of brilliant colors
(stealthy flight:
the poem is a hand),
of same airs
the open sea,
snows and breath
paints for us,
tension,
almost nothing,

we heard that
love is lost.

There was a little less empty
in the emptiness.

Translated by Amanda Horn

[De certains rêves]

french | Martine Audet

De certains rêves, nous possédions la langue.
Du vide, comme d’un amour,
nous épuisions l'élan extrême,
puis sa désespérance.

Nous avions vu la beauté
(un orient au cœur des lettres exécutées),
mais n’avions pu trouver de réponse au mal
qui battait en nous
et ce qui était resté
dans nos yeux,
avec le vent,

montait l’éclair.

© Martine Audet
from: Les Manivelles
Montréal: éd. de l’Hexagone, 2006
Audio production: Union des écrivains et des écrivaines québécois

[Some of our dreams]

english

Some of our dreams spoke the language
Of emptiness, like a love,
we exhaust extreme energies,
then the despair.

We saw the beauty
(an East of hearts, executing letters)
but cannot find an answer to the evil
beating us
and what remained
in our eyes,
with the wind,

climbed the light.

Translated by Amanda Horn

[Il nous semblait]

french | Martine Audet

Il nous semblait parfois que nous avions aimé,
que nos bras déployés,
du seul trait des corneilles,
aspiraient le vent,
ses rasades solaires ou liquides,
ses insultes aussi.

Pour quel espoir ?
quelle vérité enfouie
en nos seules présences ?

Nous répétions que nous n’existions pas.
Nos fronts brûlaient un peu.

© Martine Audet
from: Les Manivelles
Montréal: éd. de l’Hexagone, 2006
Audio production: Union des écrivains et des écrivaines québécois

[It sometimes seemed]

english

It sometimes seemed to us we had loved,
that our outstretched arms,
the crows’ only feature,
breathing wind,
its glassfuls of sun or liquid,
its insults too.

For what hope?
what truth buried
in our presence alone?

We repeat we do not exist.
Our brow burned a little.

Translated by Amanda Horn

[Entendions-nous nos corps]

french | Martine Audet

Entendions-nous nos corps
perdre leurs nuits ?

Faibles mains,
feuilles,
en s'éveillant
les mots changeaient de bouche.

Des cordes,
près du cœur,
nous criaient de baisser les yeux.

Convenaient-ils, les mots ?

© Martine Audet
from: Les Manivelles
Montréal: éd. de l’Hexagone, 2006
Audio production: Union des écrivains et des écrivaines québécois

[Do our bodies hear us]

english

Do our bodies hear us
losing nights?

Lame hands,
leaves,
awaking
words changed mouths.

Cords,
near the core,
we shouted to lower our eyes.

Did the words agree?

Translated by Amanda Horn