Aurélie Maurin 
Translator

on Lyrikline: 19 poems translated

from: french, german to: german, french

Original

Translation

MOMENT D'HUMANITÉ

french | Souleymane Diamanka

Je ne suis qu'un pauvre artiste au service de la beauté

Marchand de sentiment et de moments d'humanité
Pour les rimes passionnelles que mes vers commettaient

J’ai dû rendre des comptes à ma passion hiver comme été

Et j'ai trouvé ma voix dans cette écriture

Quand j'ai posé sur le papier des sanglots et des cris purs

Je remercie mes muses pour tout ce qu'elles font
Mais pour briller à la surface il faut parfois toucher le fond

Voilà ce que disait le poète malgré lui

Ce piéton insomniaque qui souffrait du mal des nuits

Avoir une passion de nos jours ça évite pas mal d'ennuis

Car l'oisiveté est une graisse dont le mal s'enduit
Je pousse de toutes mes forces les portes de l'émotion

Voyage au fond des âmes où les pensées et les mots sont

Le griot et ses textes c'est l'architecte et ses maçons
Et quand se dressent les murs de l'imagination
Même la misère a ses moissons
Ce morceau c'est juste un moment d'humanité
Je ne suis qu'un pauvre artiste au service de la beauté

Qui attends l'inspiration pour écrire le poème
Qui attends l'inspiration pour que le poème
Soit doux comme les caresses que la peau aime
Il paraît que les paroles s'envolent et que les écrits restent

Moi j'ai mis de la sagesse dans les images

Pour que chacun de mes textes soit presque une fresque

Parfois ça ressemble à une séance d'hypnose
Car l'ambiance se fait dès que ma voix se pose
Une poésie mystérieuse occupe les subconscients

Et c'est l'art venant du sud qu'on sent
J’ai attendu longtemps que le néant s'anime
Que chaque mot trouve sa phrase et que chaque phrase trouve sa rime

Le pays des songes est derrière une grande colline
Pour écrire je me sers de la réalité comme d'un trampoline

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

EIN MENSCHLICHER MOMENT

german

Bin nur ein armer Künstler, im Dienst des Schönen


Ich handle mit Gefühlen und menschlichen Momenten,

von meinen Reimen bezeugt, die leidenschaftlich sind


Sommers wie Winters zolle ich meiner Leidenschaft Tribut


Als ich dies aufschrieb, fand ich meine Stimme


Als ich Seufzer und reine Schreie zu Papier brachte


Ich danke meinen Musen, dass sie sich so bemühen

Wer außen glänzen will, muss auch am Boden knien


Ja, das hat der Dichter gesagt, wider Willen


Dieser schlafloser Spaziergänger, der an der Schlafkrankheit leidet


Aber wer heute eine Leidenschaft hat, dem kann nicht viel passieren


Denn jeder Müßigang fettet bloß das Böse

Drum stoß ich an die Türen mit viel Gefühl und Schwung


Reise zum Grund, zu Seelen, zu Worten und Gedanken


Der Sänger und sein Text sind Architekt und Mauer

Und wenn die Mauern der Fantasie einmal stehen …

Dann kann man sogar in der Misere ernten

Dieses Lied hier ist nichts als ein menschlicher Moment

Ich bin nur ein armer Künstler im Dienst des Schönen


Der auf die Inspiration zu einem Gedicht wartet

Der wartet auf die Inspiration, damit das Gedicht

zu Deiner Haut spricht und Dich weich streichelt.

Die Worte verfliegen, aber das Geschriebene bleibt


Viel Weisheit hab hier ich ins Bild zu setzen versucht


Damit jeder meiner Texte fast einem Fresko gleicht


Manchmal erinnert mich das an eine Hypnose-Sitzung

Denn eine solche Stimmung erzeugt meine Stimme

Eine mysteriöse Poesie besetzt das Unterbewusste


Und dann spürt man endlich diese Kunst aus dem Süden

Ich habe lange gewartet, dass das Nichts sich belebt

Dass jedes Wort seinen Satz findet und jeder Satz

seinen Reim


Das Land der Träume liegt hinter einem großen Hügel

Zum Schreiben nutze ich die Realität und hüpfe auf ihr, wie auf einem Trampolin

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

LITANIES

french | Christian Prigent

Les voici maintenant au cœur des pléonasmes. Fait chaud. Mènent l'enquête et comptent les encoches en cherchant des crosses :


T'as touché combien ?
T'as tatoué bien des cons ?
T'as tout chié ? t'es bien con !
Combien t'as eu d'orgasmes dans ton chien de vit ?
Combien t'as eu d'orgasmes ?
Combien t'as eu d'orgamses ?
Des orgasmes, combien t'en as eu ?
Combien t'en eus, d'orgasmes ?
Tu t'paies combien de spasmes ?
Combien d'orgasmes à l'heure ?
 I t'faut des cataplasmes ?
t'as eu combien d'orgasmes ?
Ti mets ti d'l'enthousiasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
Tu as bon pied, bon asthme ?
Et tes orgasmes ?
Et tes orgasmes ?
Orgasme or not orgasme ?
Is your game bath orgasme ?
Grosse garce ou p'tit organe, ton orgasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
Tu tiens combien d'orgasmes ?
Tu ors, après l'dorgasme ?
Tu humes, après l'forgasme ?
Tu réorgasmets ça ?
C'était quand, ton dernier orgasme ?
C'était bien, ton dernier orgasme ?
T'as pas oublié ton premier orgasme ?
Last but not least orgasme ?
Ton orgasme moussait well ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
C'était où, ton ultime orgasp ?
C'était doux ?
T'as ton orgasme ad hoc ?
Tu t'es pas fait tintin d'orgasme ?
Avec qui, ton dernier orgasme ?
T'as eu combien d'orgasmes ?
On a toujours besoin d'un p'tit orgasme at home !
Hors gasme, pas d'salut !
You must be orgasmic, mec !
Attends pas 76 ans pour avoir ton orgasme !
Gaspille pas ton sac à orgasmes pour du masorgasp !
Orgasmic, faut être, mec !
Compétitorgasmic !
Atomicorgasmic !
Orgasmicmac, mec !
Orgasbig, Ben !
Grosse limace, Max !
Grosse masse, Sam !
On veut notre orgasme !
Une poignée d'orgasmes de plus !
Donnez-nous notre daily orgasme !
Un orgasme ! un orgasme !
On veut d'l'orgasme !
D'l'orgasme en barres, en lingots, en liquide !
D'l'orgasme étalon !
D'l'orgueillorgasme !
Orgasme ! orgasme ! orgasme !
Orgasme commun, aux coulures de la fente !
Libérâle orgasme !
Engraissez vos orgasmes !
Orgasmichissez-vous !
Orgasmes ogres ! gros orgasmes !
Pèse combien, ton orgasme ?
Tour d'orgasmes, combien ?
Couleur de ton orgasme ?
Signes particuliers d'ton orgasme ?
Profession d'ton orgasme ?
Matrimonialorgasme ?
Veuforgasme ?
Réponds, orgasme !
Orgasmes en scope, en colorgasme !
Faudrait orgasmer plus !
Dites 33 : orgasmez !
Ouvrez la bouche, qu'on voie votre orgasme !
22, vlà les orgasmes !
Cinémargosme !
Mécanicorgasme !
T'as ton vibrorgasme ?
Ton orgasmichet ?
Ton polytic orgasme ?
Ton thétic orgasme ?
Ton théorixe orgasme ?
Ton poétrique orgasme ?
Ton hygiénic orgasme ?
Ton médical orgasme ?
Ton famous orgasmous ?
Ton révolutionnorgasme ?
Ton orgonicorgasme ?
Do you orgasme yourself ?
T'as lu ton cathéchorgasme ?
T'as été à l'orgasmesse ?
T'as eu ton orgasme ?
T'as mis ton ketch orgasme ?
T'as monté ton kit orgasme ?
T'as ton slip spécial orgasme ?
T'as ton précis d'orgasme ?
T'as révisé tes exos d'orgasme ?
T'as fait ton shadow-orgasming ?
T'as bossé les postures d'orgasme ?
T'as bu ton pousse-orgasme ?
Ton apérorgasme .
Ton tonicorgasme ?
Ton bitterlemonorgasme ?
Ton orgasme on the rocks ?
Ton orgasme-plus ?
Ton superorgasme ?
Ton maxi-orgasme ?
Ton orgasmammouth ?
Ton orgasmunic ?
Ton monorgasme ?
T'as ton orgasmomètre ?
Ton magnétorgasme ?
Ton orgasmogène ?
Ton générorgasme ?
Combien t'en as eu ?
T'en as combien par an ?
Combien au mois ?
Combien à l'week ?
Combien par jour ?
Combien à l'heure ?
Combien à la minute ?
Combien à la seconde ?
T'en as déjà eu ?
Oui ?
How manie ?
Magne-toi l'orgasme, eh !
Manie-toi l'orgasme !
Orgasme à fond d'cale, camarade : le vieil immonde colle à ton cul !



NOTICE :
Ce texte prend acte du caractère obsessionnel et impératif de l'exigence de la jouissance dans le discours de la libération sexuelle (exigence à mon avis tout aussi normative et totalitaire que l'exigence inverse - celle de la censure puritaine), et de déborder cette injonction («jouissez!») en ramenant tout, comiquement, à l'unique terme d'orgasme.
J'ai donc dressé une sorte de catalogue des idiolectes les plus courants, en les transformant pour les ramener tous au surgissement de l'exigence orgastique et en les lançant dans une sorte de litanie obsessionnelle et catastrophique.

© Christian Prigent
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

LITANEIEN

german

Tata, da wären sie angelangt, im Herzen des Pleonasmus. Ganz heißes Ding. Untersuche und zähle die Kerben, während du nach Stöcken suchst:




Wie viele hast Du eingesackt?

Wie viele Tattoos hast Du am Sack?

Wieder alles verkackt? Du Versager!

Wie viele Orgasmen hast Du mit einem Hund gehabt?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Orgasmen, sag, wie viele?

Wie viele, sag, Orgasmen?

Und sag, wie viele Spasmen?

Wie viele Orgasmen pro Stunde?

Brauchst Du paar Kataplasmen?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Gehörst Du zu den Enthusiasten?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Bist Du gut zu Fuß, hast Du Asthma?

Und Deine Orgasmen?

Und Deine Orgasmen?

Orgasm or not Orgasm?

Is your game bath orgasm?

Orgasmus: Schlampe oder kleines Organ?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Du hast wie viele Orgasmen?

Schlappst Du ab nach Dorgasmus?

Hauchst Du nach Orgasmus ins Rohr?

Oder orgasmierst Du immer noch?

Wann war Dein letzter Orgasmus?

Wie war Dein letzter Orgasmus?

Wie war Dein erster Orgasmus?

Last but not least Orgasmus?

Schäumst Du dabei well wie Apfelmus?

Wie viele Orgasmen hattest Du?

Orgasmus: wann war Dein letzter?

Orgasmus: wann war er gepresster?

Kommt Dein Orgasmus ad hoc?

Dein Tintin-Orgasmüschen bockt?

Mit wem war Dein letzter Orgasmus?

Du hattest wie viele Orgasmen?

Jedem nen Orgasmus für zwischendurch!

Stündlichen Gasmus: Da Musst-Du-Durch!

You must be orgasmic, Mann!

Besorgs Dir heute, nicht erst mit 76!

Orgasmiere Deinen Sack mit Gas im Tutti!

Orgasmiere immer, auch mit Mutti!

Orgasmiere auch in Konkurrenz!

Atomicorgasmisc!

Orgasmischmasch, Mann!

Orgabig, Ben!

Schneckensamen, Max!

Samenschleuder, Sam!

Wir wollen Orgasmus unser!

Wir wollen Orgasmus total!

Täglichen Orgasmus gib uns heute!

Einen Orgasmus! Einen Orgasmus!

Wir sind völlig gaga von Asmus!

Orgasmen in Barren, in Bars und in Bar!

Ein Hengstorgasmus!

Ein stolzErrorgasmus!

Orgasmus! Orgasmus! Orgasmus!

Gemeiner Orgasmus, der tropft aus dem Schlitz!

Freier Orgasmus! Alles macht mit!

Los, macht Euren Orgasmus fett!

Orgasmüsiert Euch, Leute!

Das Orgasmusmonster kommt!

Wie viel wiegt Dein Orgasmus?

Orgasmus-Tour, für wie viel?

Orgasmus gerne koloriert?

Besondere Kennzeichen Deines?

Was ist Deine Orgasmusprofession?

Orgasmus-Matrimonial-Obsession?

Bist Du Orgasmophil?

Antworte, Orgasmus!

Orgasmus im Umfang, in Farbe!

Mehr orgasmieren bitte!

110: Orgasmus-Polizei!

Mund auf! Orgasmus raus!

22, da sind die Orgasmen!

Cinema-Orgasmen!

Robotorgasmen!

Hast Du Vibratorgasmus?

Hast Du Dildorgasmen?

Orgasmen polytisch?

Orgasmen thetisch?

Orgasmen theoretisch?

Orgasmen bei Pastior?

Hygiene-Orgasmen?

Orgasmen auf Rezept?

Famourgasmus?

Revoluzzorgasmus?

Orgonicorgasmus?

Do you orgasm yourself?

Katechismorgasmus gelesen?

Schon bei der Orgasmesse gewesen?

Orgasmus? Hattest Du den schon?

Hast Du die Orgasmus-Quittung?

Hast Du Dein Orgasmus-Kit?

Hast Du Deinen Orgasmus-Slip mit?

Hast Du Deine Orgasmus-Anleitung?

Hast Du Deine Orgasmen studiert?

Hast Du gut auf Orgasmen pariert?

Hast Du alle Stellungen probiert?

Hast Du den Orgasmus-Pusher intus?

Deinen Apero-Orgasmus?

Deinen Tonic-Orgasmus?

Deinen Bitter-Lemon-Orgasmus?

Deinen Orgasmus on the rocks?

Deinen Orgasmus plus?

Deinen Superorgasmus?

Deinen Maxiorgasmus?

Deinen Mammutorgasmus?

Deinen Orgasmus solo?

Deinen Monorgasmus?

Dein Orgasmometer?

Dein Magnetorgasmometer?

Dein Orgasmogen?

Dein Generatorgasmo?

Wie viele hast Du? Wie oft?

Wie oft hast Du pro Jahr?

Pro Monat?

Pro Woche?

Pro Tag?

Pro Stunde?

Pro Minute?

Pro Sekunde?

Huch! Schon gekommen?

Ja?

How many?

Komm mal endlich zum Orgasmus, he!

Mach mal Deinen Orgasmus jetzt!

Noch einen vollen Orgasmus, Kamerad: der dreckige Alte klebt Dir noch am Arsch!

Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

REPONDS-LUI AVEC DE L’EAU

french | Souleymane Diamanka

Si quelqu’un te parle avec des flammes

Répond-lui avec de l’eau

Sache que le seul combat qui se gagne

C’est le duel qui devient duo

Je sais que les braves savent se battre
Et lutter pour leurs droits jusqu’à l’aube
Mais dis-leur que la paix guérit et la guerre périt
Quand la plus belle âme des deux ennemis pardonnent à l’autre
Si quelqu’un te parle avec des flammes
Répond-lui avec de l’eau demain il sera des nôtres
Dehors ce qui se nourrissent de l’éclat de l’or
Essaient de faire peur aux pauvres
Il fait sombre dans les songes que l’orateur peul colore
Mais il paraît que l’heure la plus noire de la nuit précède de peu l’aurore

Les soleils nomades de l’espoir réapparaissent alors
Dans les cieux comme des fresques immenses
Si quelqu’un te blesse avec les phrases qu’il lance
Panse la plaie en la plongeant dans un de tes vrais silences
C’est ta noblesse d’âme qui t’honore
Ensuite reprend la parole
Comme une torche qui se rallume au cœur de l’obscurité sonore
Et dis lui je te demande pardon
Parlons et repartons
D’après les anciens quand le chemin n’existe pas
C’est en marchand qu’on crée le chemin
Et quand le schéma émotionnel est juste
Pour le poète c’est l’alchimie
Dis lui que la vie est une histoire
À la fois étrange et charmante
Chaque jour ce sont des charbons ardents que j’arpente
Dans les jardins du chagrin de chacun
Avec ses maisons sans mur et sans charpente
Dis-lui que des gens dorment dehors à la laide étoile
Jeunes et vieux en danger
Les yeux rouges et les dents jaunes
Certains ont les jambes mauves
La peau froissée par le froid des gens pauvres
Des sosies sociaux des genres d’ombres
Perdues dans des légendes mortes
Tandis que la nuit traduit la misère moderne et son jargon
Je te demande pardon
Mais ce droit chemin là n’est peut-être pas le bon
Il y a trop de cordes qui pendent aux balcons

Trop de colères qui courent les rues
Avec des pleines lunes dans le dos
Par pitié si quelqu’un te parle avec des flammes Répond-lui avec de l’eau

Et regarde bien, regarde bien
Les âmes errantes n’ont pas semé leurs anges gardiens
L’espoir et la lutte sont des fleurs du destin
Qui peuvent perdre leurs pétales fins mais pas leur parfum
Et si toi aussi c’est à la planète terre que t’appartiens
Je te demande pardon
Parlons et repartons
Personne n’est là par hasard
À seize ans je me suis jeter dans le vide un micro à la main
Et j’ai atterri sur scène devant vous
Quelques milliers de lendemain plus loin
La voix pleine de sourires et pleines de larmes
Sincère comme ce père noir qui repart en pleurs d’un parloir
J’ai eu la chance quelque part d’avoir été sauvé par l’art oratoire
Les douleurs perdent de leur lourdeur lorsqu’on les partage
Même si la plupart d’entre elles ne partent pas c’est pas grave
Quand on s’écoute on s’entraide
Les soirées poésie c’est regarder des êtres humains qui essaient de battre des ailes

Dès le départ l’auditoire prépare nos victoires
Prendre le temps d’écrire pour le meilleur et pour le dire
Par les temps qui courent c’est prendre part à notre histoire
Eyo Wandiya Koyo
Si quelqu’un te parle avec des flammes
Réponds-lui avec de l’eau.

Et s’il te demande qui je suis

Réponds-leur que tu ne sais pas

Mais s’ils insistent dis-leur que je suis Souleymane Diamanka

Dit Duajaabi Jeneba

Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi

Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen

Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Lengel Nyaama

Etc... Etc... Etc... Etc...

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

ANTWORTE IHM MIT WASSER!

german

Und redet er mit Flammen auf dich ein


antworte ihm mit Wasser


Du musst wissen, echte Krieger machen


ein Duo aus jedem Duell


Ich weiß, die tapfren Kämpfer müssen streiten

für ihre Rechte bis zum frühen Morgen

Aber der Frieden heilt, der Krieg wird gehen,

wenn schöne feindliche Seelen einander vergeben

Und redet man mit Flammen auf dich ein

antworte mit Wasser, vielleicht sind sie morgen

auf unsrer Seite, die, die sich vom Goldglanz ernähren,

die, die den Armen Angst machen wollen

Düster färbt der Priester vom Stamm Peul ihre Träume.

Doch die schwärzeste Stunde der Nacht kommt kurz vor der Aurora.


Da sind sie wieder, nomadische Sonnen der Hoffnung,

am Himmel, wie auf einem riesigen Fresko.

Wenn einer mit lancierten Sätzen dich verletzt,

versorge deine Wunden mit einer wahren Stille.

Dich ehrt die Noblesse deiner Seele.

Dann aber ergreife wieder das Wort

wie eine Fackel, die ins Herz der lärmenden Finsternis brennt,

und sag ihm: Ich bitte dich um Verzeihung,

reden wir, reden wir weiter,

wie es die Alten taten. Wo kein Weg ist,

muss man ihn erfinden im Gehen,

und wenn die Chemie der Emotionen stimmt,

dann ist das für den Dichter wie Alchemie.

Sag ihnen, das Leben sei eine Geschichte,

charmant und zugleich fremd,

jeder Tag glüht vor Erwartung wie Kohlen,

in den Gärten des Leids, die jeder kennt,

in den Häusern ohne Mauern und Bohlen.

Sag ihnen, draußen schlafen Menschen unter unfreiem Himmel,

Junge und Alte, alle in Gefahr,

mit roten Augen, mit gelben Zähnen,

manche haben lila angeschwollene Beine,

bei anderen Armen ist die Haut vor Kälte faltig,

zivile Doppelgänger sind sie, wie Schatten,

verloren in toten Legenden,

während die Nacht die moderne Misere in ihren Jargon übersetzt.

Ich bitte um Verzeihung,

aber der gerade Weg ist vielleicht nicht der richtige.

Zu viele Stricke hängen an den Balkonen


Zu viel Wut geht nachts auf die Straße.

In ihren Rücken scheint der volle Mond.

Ich bitte dich, wenn einer Flammen spricht, antworte Wasser


Und schau hin, schau ganz genau hin

Noch haben die irrenden Seelen Schutzengel

die Hoffnung und der Kampf sind Schicksals-Blumen

die vorzeitig vielleicht ihre Blätter verlieren, doch nie ihren Duft

Auch ihnen gehört diese Erde, die hier erscheinen

Ich bitte um Verzeihung

Aber lass uns reden, weiter reden

Keiner ist ganz zufällig hier

Mit 16 Jahren warf ich mich ins Leere, ein Mikro in der Hand

Und siehe da, hier bin ich gelandet,

auf einer Bühne, vor Euch, tausend Tage später,

Die Stimme voller Lachen und Weinen

Ehrlich wie ein schwarzer Vater, der nach dem Gefängnis-Besuch weint

Ich hatte Glück, mich hat die Kunst der Rede gerettet,

im Reden miteinander verliert der Schmerz seine Schwere,

Egal, ob die andern ihn teile oder nicht.

Wer zuhört, der hilft bereits,

An Abenden, an denen man einander Gedichte vorliest, schlagen menschliche Wesen mit ihren Flügeln


Das Publikum hat deinen Sieg von Anfang an geplant

Nimm dir die Zeit zum Schreiben, auf Gedeih und Verderb

Das heißt in diesen Zeiten: Du wirst zum Teil der Geschichte

Eyo Wandiya Koyo

Ja, und wenn man Flammen zu dir spricht,

dann antworte mit Wasser.


Und wenn er dich fragt, wer ich bin,

dann sage, dass du es nicht weißt.


Aber wenn er auf einer Antwort besteht, dann sag ich bin Souleymane Diamanka


Aka Dua Jaabi Jeneba


Sohn der Boubacar Diamanka aka Kanta Lombi


Enkel von Maakaly Diamanka aka Mamadou Tenen


Urenkel von Demba Diamanka aka Lengel Nyaama


Etc...Etc...Etc...Etc...

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

LE VOEU EXAUCE DE DIENEBA

french | Souleymane Diamanka

À la femme peule enceinte qui portait de sales habits

Et qui a mis au monde un être au péril de sa vie
La sage femme africaine au doux visage a dit

C’est un garçon

Il y avait peut de chance pour qu’il voit le jour
Mais ton vœu s’est exaucé
Il s’appellera Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba
La sage femme africaine au doux visage a dit
L’enfant que tu as mis au monde cette nuit
Prendra la parole au nom du peuple qui danse
La cérémonie du "Guerewol" entre deux saisons des pluies Et comme dans nos humbles légendes

Les animaux les anges et les gens se retourneront vers lui

Ma mère m’a appelé Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba
Avant de m’appeler Souleymane

Depuis quand elle me rappelle que mon prénom

À lui seul est un talisman son visage s’illumine

Avec cette douce larme éternelle
Sous l’œil maternel

Qui fait que chacun de ses sourires est une étoile
Quand je suis aller à Kandio son village natal au Sénégal

Je suis aller voir ce vieil homme qui me ressemble
Et qui travaille le torse nu comme une âme
Et la brise a retenu son souffle
Quand je lui ai dit min wiire Dua Jaabi Jeneba
Jeneba Jiba woni Neene am
Kagn’ jangini kam needi Kagn’ jangini kam end’am
En rêve j’ai appris à chevaucher le vent
Tout devient possible je suis le fils d’une femme
Qui ne pouvait plus avoir d’enfant
Et quand j’écoute mon âme
C’est le chant des gitans du Sahel que j’entends
Je m’appelle Dua Jaabi...
Dua Jaabi Jeneba... Le vœu exaucé de Diénéba

© Souleymane Diamanka

DIENEBAS WUNSCH WURDE WAHR

german

An eine Schwangere in Lumpen aus dem Stamm der Peul


Und wäre fast gestorben, als sie ihr Kind austrug.

Die afrikanische Amme mit dem zarten Gesicht rief


Es ist ein Junge!


Es war so unwahrscheinlich, dass er zur Welt kam.

Aber dein Wunsch wurde wahr

Und du wirst ihn nennen: Dua Jaabi...

Dua Jaabi Jeneba.... Dienebas Wunsch wurde wahr

Die afrikanische Amme mit dem zarten Gesicht rief:

Das Kind, das du in dieser Nacht zur Welt gebracht hast,

wird das Wort ergreifen im Namen der Tanzenden,

die zwischen zwei Regenzeiten den Guerewol zelebrieren.

Und folgt man unseren bescheidenen Legenden,


so werden Tiere, Engel und Menschen sich ihm zuwenden


Mutter, du hast mich Dua Jaabi genannt …

Dua Jaabi Jeneba … Dienebas Wunsch wurde wahr,

bevor man mich Souleymane nannte


Seit wann erinnere ich mich an meinen Vornamen


Er allein ist schon ein Talisman, sein Antlitz ist erleuchtet.


Mit dieser dieser süßen, ewigen Träne

unter dem Auge der Mutter.


Jedes Lächeln, das sie lächelt, wird ein Stern im All.

Als ich nach Kandio ging, dem Dorf seiner Geburt im Senegal,


suchte ich den alten Mann auf, der mir ähnelt,

er arbeitete mit nacktem Oberkörper, wie eine Seele,

und der Wind hielt seinen Atem an,

als ich ihm zurief: ai dit min wiire Dua Jaabi Jeneba

Jeneba Jiba woni Neene am

Kagn’ jangini kam needi Kagn’ jangini kam end’am


Im Traum hab ich gelernt, auf jedem Wind zu reiten.

Alles ist möglich, denn ich bin der Sohn einer Frau,

die wusste, dass sie keine Kinder kriegen kann.

Und wenn ich meiner Seele zuhöre,

dann höre ich den Gesang der Gitans von Sahel:

Je m’appelle Dua Jaabi …

Dua Jaabi Jeneba … Dienebas Wunsch wurde wahr

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

MUSE AMOUREUSE

french | Souleymane Diamanka

Une muse pose nue dans une métaphore
Et métamorphose son poète en peintre
Elle plonge dans un bain parfumé
En empruntant au printemps sa propre empreinte

Toi qui me regardes dans les yeux

Ce soir tu seras cette muse
Comme une étoile danseuse sensuelle et en sueur
Au cœur d'une chorégraphie voluptueuse
Pour ne pas que l'horizon nocturne ne nous déçoive
Je t'offre les fleurs de ma poésie d'une voix douce et suave

Mes mots se posent sur toi
Comme de jolis dessous de soie
Que je me ferai un plaisir d'ôter
J’ai la nuit pour parcourir ta peau et je te promets
De compter le nombre exact de tes grains de beauté
Je me plonge dans ton bain
Et j'entends l'eau de pluie tomber

Correspondance des sables du désert
Corps responsables des danses du désir
On dit que faire l'amour c'est ne plus sentir
La différence entre donner et prendre du plaisir

Je t'écris une pleine page de caresse
Pour que même ta peau aime mes poèmes

Je t'ai aimée comme une muse émue
Dans un musée muet le lendemain d'une nuit d'émeute
Depuis, quand ton prénom se prononce
Dans la pénombre d'un préau
Sous les yeux d'une âme ou deux
Les océans s'envolent vers le soleil
Guidés par la plume d'un poète peul et amoureux
Qui saura t'aimer mieux ? Une question se pose
Mon grand cœur sain te propose ces quelques rations de proses
Mais comment t'écrire l'amour comme il n'a jamais encore été écrit

Sans vider des centaines de milliers d'encriers
Comment te dire le plaisir que j'éprouve sans crier
Mon miroir émotionnel a gardé ton reflet pour que tu deviennes sienne

Un peu comme une parade nuptiale quelque part sous le septième ciel
J’ai étudié l'oralité en remontant ses origines
Pour faire de tes silences des zones érogènes

Pour toi j'ai fait poser sur mes cordes vocales un tapis de velours

Et j'ai fait traduire ton prénom dans ma langue... Tu t'appelles mon amour

© Souleymane Diamanka
Audio production: Haus für Poesie / 2016

DIE VERLIEBTE MUSE

german

Eine nackte Muse posiert als Metapher

Sie macht aus ihrem Dichter einen Maler

Sie taucht sich in ein duftendes Bad,

borgt sich vom Frühling aus den reinsten Abdruck.


Du, die mir gerade in die Augen schaut


Heut Abend sollst du diese Muse sein

Wie eine Ballerina, sinnlich und rein

im Herzen einer prächtigen Choreografie

Denn uns enttäuscht der Nachthimmel nie

Ich schenke dir die Blumen meiner süßen, sanften Poesie


Meine Worte decken dich zu

wie schöne, seidige Dessous

Ich ziehe sie dir gerne aus

erkunde eine Nacht lang deine Haut

und zähle alle deine Schönheitsflecke

Ich tauche in dein Wasser ein

und höre, Regen fällt hinein.


Korrespondenz der Wüsten-Sände

Die Körper spiegeln begehrende Tänze

Man sagt, wer Liebe macht, der weiß nicht mehr

wer gibt, wer nimmt, kennt keine Differenz


Ich schreib Dir eine ganze Seite voll

denn Deine Haut ist in meine Gedichte verliebt


Ich habe Dich geliebt wie eine Muse,

die stumm sehr lange im Museum stand, in einer lauten Nacht

habe ich ich im Dämmer eines Hinterhofs

Deinen Namen vernommen

In den Augen einer oder zweier Seelen

steigen, geführt von der Feder des Dichters,

eines verliebten Peul, die Meere auf zur Sonne.

Wer liebte Dich je besser? Das ist die Frage.

Mein großes Herz, es schenkt Dir diese Prosa.

Wie schreibt man bloß der Liebe eine neue Sage?


Lass mich nicht tausend Tintenfässer trinken.

Wie schreib ich meine Lust ohne zu schrein?

Mein Spiegel aus Gefühlen will immer Dein Spiegelbild sein


Klingt wie ein Hochzeitsmarsch in einem siebten Himmel.

Ich habe dein Mundwerk studiert, seinen Ursprung,

dein Schweigen machte ich zur erogenen Zone.


Mein Stimmband wie ein roter Teppich vor dir entrollt


Und übersetzt in meine Sprache… heißt dein Name nur: L’ Amour

Übersetzung aus dem Französischen von Christian Filips und Aurélie Maurin

petit lever

french | Christian Prigent

matin à la volée le mal le trop
de soleil dans le noir reclus

alors j’ai l’ire le henni
ssement malivole dans
l’oeil énormément

un coin de ciel c’est
un peu d’en-moins un clin
de zéro piqué
d’ailes acerbes

dehors est un brin
de paille un
fétu dans une bouse par
où l’air suce la terre

ce brin je l’ai comme un veau
dans les trous du nez

ô morves ! renâclements !

la vie n’est qu’un reniflement









un peu après nous fûmes aux verdures

ah l’homélie des foisons !
l’essaim des foutus sons !

mais malgré l’armature le jet pur des
peupliers
les arcs les bâtons les
perspectives concentrées dans des flaques

grand trou flou partout :

dégoût ! dégoût !









ah me dis-je rien ni
mouches ni larmes ni
bouche en cul ne

elle et moi rien
ne nous ni os ni
trèfle luzerne cageots

ni cani
cule ni noroît ni
lapins poules becs
dents poils sanguinolements

non

non

non

ne nous pompera le peu
d’air entre nous mon dieu !









pourtant ça le fit car le
grand trou flou foutu fut
l’âme

or l’âme la
macule du
cul l’âme
mâle

est la came l’oeuf
de vacuité

et ça meule on
plie
on vide dedans sa vie

on est dans les peurs









l’âme tu commences fort ditelle
et moi : le corps j’ai vu
que c’était foutu alors
l’âme on ne sait jamais









car l’âme est la lame
qui cuit la
muqueuse qui
creuse la vie

est un trou d’âme meulé
dans
la masse du corps pas

de quoi meugler encore
sinon qu’en ça se sent la douceur d’être

fort à force
d’être quasi mort









ah la peur la garce
le purin farce

la crosse dedans
c’est l’os protestant
être rien zéro
pur trou de présent

va ose
os
axe rosse

souque ton bout
des crasses et des boues









moi pas couché moi
crampe moi
hampe du reste de quasi moi mort

moi vissé essoré moi sort
son âme bande encore

si se naît son corps de la bonde immonde
des bières des colères
des écumes des
glaires d’amertume









l’ouïe à l’ouïssance c’est
la fuie le sens
glisse purins et murènes reins
reines érèbes je
demeure dans la bouche
de la vérité louche

je demeure oui mais ja
mais (deux mots) moi
je suis ce mât ou garce
crosse qu’écrase
la peur

la peur : caresse d’âme
gelée je l’ai comme l’oeil
du monde qui plombe
la bête obtuse de ma tête









l’âme quand elle a faim dit :

qui mange mal devient
le mal qu’il mange

alors j’ai la faim

la faim spiralée des
lèpres des folies des rhumes

ça fume la lie
du monde je

mange la fange
je suis un ange

je crache les vacheries
j’avale je ris

oui

le monde rit en moi quand il me
nourrit pour
rire pour me
pourrir

© Editions P.O.L.
from: L'âme, poésie
Paris: Editions P.O.L., 2000
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

kleines keimen

german

frühmorgens flugs das miese das                                         

vielzuviel sonne trübschwarz                                                                                                               

und wieder gewütet das wie                                                           

wieherte wuchtete wem

was ins auge                                                             


ein stückchen himmel                                               

weniger als nichts ist                                                            

ein nichts-blick von flügeln                                                  

gespitzten gestochen


das draußen ein stroh ist

ein haufen ein halm

hell heufladen luft saugen

erde daraus                            


ein kalb ich kälbchen bin

hell mit halm in fresse drin


o rotze! widerhaken!


das leben ist nichts als ein schniefen









dann etwas später ins grüne geraten


gottnein homilien überall!

aus schwärmt die güllefalle!


pur aus der pappeln armatur  

spritzt das

dickicht dichte pitsche

peitsche perspektiven konzentriert

                                                                                                                     

übergroßes flautenloch:


kotz doch! kotz doch!









nichts kann sag ich nicht

fliege träne nicht

nicht arschgesicht

                                                                      

nicht kann sie und ich           

uns nicht knochen nicht

obstkisten klee luzernen

                                              

nicht die hitze

welle nordwind nicht

hase hahn geschnatter                       

zahnhaar krasser aderlass


rein


gar


nichts


kann das bißchen luft mon dieu

zwischen uns verpesten!

           









und wie das saß

das große flötenflautenloch

seele


gold seele die

leckt ein dreck           

am stecken

fleckt

                                                          

das ist das stoff-ei

aus nichts           


das muht das faltet

sich gut das

leert sich ins leben wo           


mitten wir in ängsten










die seele das fängt ja gut an

sagt sie und ich: ich weiß

mit dem leib ist es vorbei

die seele hat noch zeit           









die seele ist gleich kehle

die kocht die

haut schleimt

bohrt das leben ein


das seelenloch das mosert

zwischen

der körpermasse pah


wer muht da noch wäre

der süße der duft nicht das wesen


stark vom ständigen

scheintot










ach die furcht die wutz

das jauchefass


der kolben dran

der protestantenknochen

das nixnullige wesen

krass klafft des lochs präsenz


die knochen

wage

harsches ross


trage dein schärflein

schlammgebäck und dreck










mich nicht legen mich

krampfen mich hin

nur noch stummel fast scheintot


das schraubt mich schrubbt mich

seine seele steht ihm wieder


wenn er aus dem gemeinen spund

aus bier aus wutanfällen

aus schaum aus bittrem

schleim sich gebiert









im hörer das stöhnendes johlen das ist

im taubenschlag der sinn

gleitende jauchen- und muränenkönigin

murrende nierchen verbleibe

luschig mit verlaub ihr

schlund tut wahrheit kund


verbleibe ich ja oder nie

niemals nie (zwei worte) mir

bin ich mast oder mist

ein kolben platt gemacht

die furcht


die furcht: ein seelenstreichler

gelée klebt mir im auge

von welt plombiert mein

stumpfes kopftier hier










die hungrige seele spricht:


wer schlechtes ißt

der wird zum schlechten essen


mich packt also hunger


spiralförmig hungre ich nach

lepra nach narren nach rotz


da raucht der bodensatz

der welt ich


esse gerne schlamm

ich unschuldslamm


ich speie den schrei

ich muhe ein ei, lache


ja


die welt lacht mich durch mich

durch ihr lachen

macht mich

zu pürree


Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

LISTE DES LANGUES QUE JE PARLE

french | Christian Prigent

Je parle :

En cambré du kiki en qui
En écrit en bestiau
En ziau en fiou en artiau

En mégère vit poivré
En alectrop
En harpi plu-humé

En glas en pis
En pire en père pipi
En ni

En nenni en ni
En pot d'lati
En tapin en salingue

En cuisse en trique
En sac loustic

En déglingue
En églin lacté
En dératé

En lutin gris en crise
En cheese ! en cheese !

En anglois
En moyen haut émoi
En étrusque en osque en atrosque
En truc à s'moquer du
Loquedu

En gallo en gaulois
Gan l'oumois
Ango ! ango !
En angoûmois
En glottois en novarinois

En mourmé en belligéré
En digéré
En joychien
En petit chien

En argon en gergon
En dourbesque en germanon
En calao ren otwelsh
En cant en cockney en belche

En coquillart en soudard
En populolacan
En guyotard

En gland en gluche en francillot
En bamboché en boché
En ritalon

En pariglotte en pampluchion
En jigollier
En sabir

En euple blanc en pli d'pélite
En hoplite en peuhl
En bêche-de-mer en piedgin
En jean ! en jean !

En lingua franca
En moi
En moi

En blin blesquin en loucherbem
En largonji
En nargondu
En javanais
En back-slang du Touquet

En petit nègre comme la pègre
En bourge en besque en bourbesque
En arabesque

En bran en coprocopte
En linéaire en B
En cul d'néiforme
En égypton
En japonié

En litterletter
En cerveaucrobate
En mamerdloque
En célinien
En mécrit

En neuf glotté en grappe
En gland vieux slave
En verlan
En vers et contredanse
En cadence

En haut-landais
En betterave
En flemme ingambe
En viande de geôle
En gnole de jambe

En os-vrai-chien
En sue-des-doigts
En fin d'langué
En chair-de-main
En merde-de-chien

En han
En han han han
En hi han
En ahan
En nanan
En non

En non !
En non !

En sou arable
En dule de garp
En tambouille en décline

En import en déglaise
En chlic de chloc
En excitant
En breton
En breton !

En oualon zorrifique
En glamoureux
En ego défectueux
En jacte de marque
En txtien
En chien

En trou

En trou

En rien du trou
En vers et contre tout
En cours d'étrou
En vis et en versa
En rut et en bagout
En caca

En caca

En caca

- Et cetera !



*


NOTICE :
Dans la langue il y a plusieurs langues. Dans la voix, il y a plusieurs voix. L'objectif d'une écriture «poétique» peut être de faire surgir cette pluralité déstabilisante.
Pour faire surgir quelque chose de ce pluriel monstrueux, je me suis ici appuyé sur un jeu pratiqué par les femmes esquimaux Inuit : le Katajjak. Ce jeu se joue à deux. Bouche contre bouche, deux femmes récitent des listes (animaux, noms d'ancêtres, toponymes, cris de bêtes, voire syllabes sans signification particulière). Cette récitation se fait sur un rythme de halètement. La première qui rit a perdu.
J'ai adapté ce jeu à ma propre voix, pensée comme double (voix de tête, voix de ventre). Et j'ai aligné dans le rythme du Katajjak des listes de langues qui pour les unes existent réellement (les divers argots, par exemple), pour les autres sont inventées à partir de divers jeux phoniques.

© Christian Prigent
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2015

LISTE ALLER SPRACHEN, DIE ICH SPRECHE

german

Ich spreche:

 

Bogisches Pimmlimännisch Wiesch

Schriftlich wie tierisch

Ziau Miau Artgenau


Ärmliches Volksmegärisch

Alcopopisch

Harpyisch angehaucht


Klingisch und Pissisch

Schlimmisch Papst-Pipisch

Und Nie


Und Nimmer Nie

Und Pot Latin

Tapirsch im Salinenslang


Auch Pestisch Romanestisch

Und kaltes Plattensacksch


Kaputtisch

Putttisch

Und Per Du


Sprech Goldig Krisengrollisch

Und Käsisch! Käsisch auch!


Und Änglisch

Mittel Hochmütisch

Auch Brüsk Etruskisches Kross

Und Ulkisch unter Druck

Und Lumpendutch


Gallsch sprech ich und Gaulois

Schwäbisches Manisch

Ango! Ango!

Afropanisch auch!

Mit glottischem Pastiorsch im Ohr


Murmlisch Kriegrisch

Magengrummsch

Freudenhündisch

Hündslatein


Ich spreche Argon, Gergon

Teutonisch nur in Dur

Sprech Otwelsch Ren Calao

Marisch Cockmelsch Belsch


Sprech herbes Soldateska

Elkoserbisch

Derbes Erbsch


Ich spreche Stotter Water Fothsch

Auch Prassel und Vermassel

Natürlich Ritalon


Auch Pariglott und Grüßgott

Auch gigglisch

Sybillinisch


Ein weisses Olk Ein Faltenliedsch

Ein Hoplitsch und ein Speedsch

Ein Spalten-Seeisch Platt-Pidgin

Und Jeansch! Und Jeansch!


Ich sprech die Lingua Franca

Michisch

Michisch


Feilsch sprech ich Luscherbmisch

Auch Largondüsch

Auch Nargondüsch

Auch Javadütsch

Und Kottbusser Back-Slang


POC-Wauderwelsch wie Kölsch

Pott Snob Sockenbaskisch Bourbonsch

En arabesque


Sprech hyppes Ökokryptisch

Rein lineares B

Floriertes Poe

Ägypton

Nippon nie


Sprech Litterletter

Kopfkrobatisch

Sprech Mameluksch

Celinisch

Stimmsch


Mit neuer Grappa-Glottis

Mit altslawischer Drüse

Mit Verlan-Elan

Mit Vers und Gegentanz      

Mit der Kadenz


Sprech Hochlandsch

Hochbettsch

Faules Gambisch

Sprech Kerkerfleischlich

Geigenbeinschnapsch


Sprech Hunds-Knoch-Wahr

Sprech Schwitz-Fing-Doi

Sprech Endzeitfinnisch

Hand-Lapp-Ländisch

Läckmisch


Sprech Ächz

Sprech Ächz Ächz Ächz

Öchz Ächz

Sprech Ähächz

Und Nähnächz

Und Nein

 

Und nein!

Und nein!


Sau Räbisch

Garbotüllsch

Tambourisch, dekliniert


Sprech Import Zackisch

Sprech Klick Klack

Sprech Sächsaltiert

Bretonsch

Bretonsch!


Sprech Horrorwallonisch

Sprech Glamournervös

Sprech Egoporös

Sprech Marktgemacht

Sprech Sinn nd Porn

Sprech Hundeform


Sprech Loch


Sprech Loch


Sprech Lochnicht

Sprech Vers und Dagegen

Sprech Aufwasnoch

Sprech Visum Sprech Versa

Sprech Brünstig Bagoutsch

Sprech Kaka


Sprech Kaka


Sprech Kaka


- Und Cetera!


*

NOTIZ:

Innerhalb der Sprache gibt es viele Sprachen. Innerhalb der Stimme gibt es viele Stimmen. Das Ziel einer „poetischen“ Schrift kann es nur sein, diese destabilisierende Pluralität herauszuarbeiten. Um etwas von dieser monströsen Pluralität sichtbar zu machen, habe ich mich hier auf ein Spiel eingelassen, das die Inuit-Frauen spielen: Katajjak. Dieses Spiel wird zu zweit gespielt. Von Mund zu Mund rezitieren zwei Frauen Listen (Tiere, Namen der Ahnen, Ortsnamen, Tierschreie, sogar Silben ohne besondere Bedeutung). Die Rezitation hat einen keuchenden Rhythmus. Die erste, die lacht, hat verloren.

Ich habe dieses Spiel meiner eigenen Stimme angepasst, die ich als eine doppelte denke (Kopfstimme, Bauchstimme). Und ich habe mich vom Rhythmus des Katajjak leiten lassen und Sprachen aufgelistet, die einerseits wirklich existieren (die diversen Slangs zum Beispiel) und andererseits phonetische Erfindungen sind, die das Spiel hervorgebracht hat.

Aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Christian Filips

Diese Erinnerung endet am Meer

german | Steffen Popp

 

Du gehst im Salz spazieren, Seewind, Seeelefanten
später vergaß ich die geheimen Namen der Brandung
– dein Tasten im Sand, gestorbenes Holz
was immer das Meer auswirft unter Witterungen
du bist hier nicht einfach ein Freund
eine Erinnerung aus meinem goldenen Album.

Was aus den Händen fällt wird den Strand bilden
Bewegungen verblassen, Gesten zerfasern im Dunkel
– Nacht öffnet noch einmal den Kosmos
die Sterne sind Kunstlicht, aber sie legen noch einmal
Blickachsen in deinen Kopf, der nicht da ist.

Du gehst davon mit seltenen Pflanzen, Steinen
führst die Schildkröte fort an einem blauen Faden
– ich kann nicht erkennen, ist es die Welt
in ihrem Sinken, die dieses Garn aus meiner Haut zieht
oder nur ein verlorener Dämon
ein Plastikreptil aus den Jahren der Kindheit.

© kookbooks
from: Kolonie Zur Sonne. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2008
Audio production: 2009, Literaturwerkstatt Berlin

Ce souvenir s'arrête à la mer

french

Tu marches dans le sel, vent de mer, éléphants de mer
plus tard j'ai oubliéles noms secrets du ressac
– tes pas tâtonnant dans le sable, bois mort
ce quepeut bien recracherla mer par intempéries
ici tu n'es pas seulement un ami
un souvenir de mon livre d'or.

Ce qui tombe par terre façonnera la plage
des mouvements s'estompent, des gestes s'effilochent dans l'obscurité
– une fois encore, la nuit ouvre le cosmos
les étoiles ne sont que lumière artificielle, mais elles posent
des perspectivesdans tatête, qui n'est pas là.

Tu pars de là avec des plantes rares, des pierres
tu t'en vas promenant la tortue au bout d'un fil bleu
– je n'arrive pas bien à voir, est-ce le monde
en train de sombrer qui tire ce fil de ma peau
ou juste un démon perdu
un reptileen plastique du temps de mon enfance.

Traduction Aurélie Maurin, für transkrit, revue littéraire, 2015

Hotelsituation, langes Liegen

german | Steffen Popp

Herzhoheit, Neon und langsamer Umschlag dieser Waren
– irgendwie nachdenken, irgendwie wach bleiben –

wie das Milieu uns betört, in seinen Höhen und Tiefen
der Abend ist voll von Sprache, aber die Wörter lahmen

die Körper der Pflanzen regenerieren sich, hölzern und
still, trojanische Pferde, liegen wir am Grund der Stadt

so wach, in seinem Schlaf, unser geduldiges Fleisch
kommuniziert mit den Flüssen. Kriechstrom, nahes Ufer

zögernde Haut, das kleine Gefühl macht dich glücklich
Traumzeichen lösen sich aus meinen Jahren wie Laub

maßloser Baumschnee. Lass uns jetzt lange verreisen
zu Wasser, zu Land und zu Luft, lass uns jetzt lange

dieses Hotel nicht verlassen. Nie bei den Sternen, nie
aufhören, in der Musik. Dein Puls, deine Haare fliegen.

© Steffen Popp
from: Kolonie Zur Sonne
Idstein: kookbooks, 2008
Audio production: Literaturwerkstatt 2006

Situation d'hôtel, longtemps couchés

french

Coeursouverain, néon, lenterotationde cesvivres
– chercher à réfléchir, surtout ne pas dormir –

le milieu nous envoûte, dans ses hauts et ses bas
le soir est bondé de parolesmais les mots trainent

lescorps des plantes se régénèrent, silencieux et raides
comme bois, chevaux de Troie, nousvoilàcouchésau profondde la ville

si vive, dans son sommeil, notre chair tranquille
communique avec lesflots. Courant de fuite, rive proche

peau hésitante, l'infime sensation te rend heureuse
desempreintesde rêve tombent de mes années comme feuilles

innombrable neigesur les arbres. Partons pour un long voyage
rencontrer eau, terre et air, partons un long moment

ne quittons pas cet hôtel.Jamais près des étoiles,nejamais
s'arrêter, dans la musique. Ton pouls, tes cheveux volent.

Traduction Aurélie Maurin, für transkrit, revue littéraire, 2015

Elegie für K.

german | Steffen Popp

 

Müd ist mein Auge, müd müd
wie Alpen. Eine verwunschene Strecke
aus Jahren ist mein Gesicht
Felder, in denen ich schlief –

gelbe Lampions, ein verrätseltes Kinderfest
alles ist außer mir, ein Stausee
in dem geflutete Dörfer nachts leuchten.

Die Erde gibt Farben
die Haut gibt Einheit
in den Plantagen rüsten die Obstbäume kühn
gegen das Weltall –

ringsum die Wiesen
                       reiben sich an meinen Füßen
der Fluss
an meiner Seite, unmerklich zieht ihn
ein fernes Meer.

© kookbooks
from: Wie Alpen. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2004
Audio production: Literaturwerkstatt 2006

Élégie pour K.

french

Las est mon oeil, las, si las
pareil aux Alpes. Une route ensorcelée
tracée par les ans tel est mon visage
champs dans lesquels je dormais –

lampions jaunes, fête d'enfants secrète
tout est hors de moi, un lac artificiel
où des villages inondés brillent la nuit.

De la terre viennent les couleurs
de la peau vient l'unité
dans les plantations les arbres fruitiers s'arment fièrement
contre l'univers –

tout autour les prés
                            se frottent à mes pieds
le fleuve
à mes côtés, imperceptiblement l'emporte
une mer lointaine.

Traduction Aurélie Maurin, für transkrit, revue littéraire, 2015

Das Meer bewohnt mich, wie Licht eine Stadt

german | Steffen Popp

 

Die offenen Balkone leuchteten, Inseln am Stadtring
die Luft lag herum, eine Fähre, vermutlich schlief sie

ich legte meinen Kopf in ihren Rumpf  
fand eine Strömung, das Regime der Flüsse
unter den Brücken und in den Tunneln
die Instrumente
                Lichtketten, die sich bewegten.

Am Hafen
war ich allein mit dem Wasser, das dort an Land geht
Frachtkräne schienten den Kontinent
an seinen Rändern, im Hintergrund wirkten
die Meere.

© kookbooks
from: Wie Alpen. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2004
Audio production: Literaturwerkstatt 2006

La mer m'habite comme la lumière habite une ville

french

Les balcons ouverts brillaient, îles sur le périphérique
l'air se trainait là, un ferry, sans doute endormi

jeposaima tête dans sa coque
trouvai un courant, le régime des fleuves
sous les ponts et dans les tunnels
les instruments
           chaînes lumineusesen mouvement.

Au port
j'étais seul avec l'eau qui là descend à terre
des grues éclissaient le continent
en ses bords, à l'arrière-plan l'incidence
des mers.

Traduction Aurélie Maurin, für transkrit, revue littéraire, 2015

Betonstufen, die Meere

german | Steffen Popp

 

Bewegung (Luft), Meerfarbe (grün), ein Igel (die Technik eines Coyoten
ihn auf den Rücken zu drehen) – dein Herz, der nahe Hafen
dehnt sich an seinen Schlafkanten. Futter in Säcken, Munitionskisten
der gespaltene Huf eines Esels im Brackwasser –

das Meer zeigt dir Ufer (die Grenzen), du schläfst in deinen Staaten
es gibt Geheimzeichen, Türme (auf See blickend), Flugabwehr
Ingenieure mit Fliegerkappen – du zählst sie an Stränden, es sind Gelenke
und sie verbinden dich (wie eine Schrift) mit allen Dingen.

© kookbooks
from: Wie Alpen. Gedichte
Idstein: kookbooks, 2004
Audio production: Literaturwerkstatt 2006

Marches en béton, les mers

french

Mouvement (air), couleur mer (vert), un hérisson (la technique du coyote
pour le mettre sur le dos) – ton coeur, le port voisin
s'étend aux confins de son sommeil. Sacs de blé, caisses de munitions
le sabot fendu d'un âne dans l'eau saumâtre –

la mer te montre des rives (les bords), tu dors dans tes États
il y a signes secrets, tours (donnant sur la mer), défense anti-aérienne
et ingénieurs avec des casques d'aviateurs – tu les comptessur lesplages,
ce sont des articulations et elles te relient (telle une écriture) à toutes les
                                                                                                                             choses.

Traduction: Aurélie Maurin (für transkrit, revue littéraire, 2015)

die einschiffung nach kythera (1)

german | Michael Speier

nur einen gönner
für diesen gewaltigen sommer -
an dessen ende wir stehn
um auf die see zu blicken
die lichte unruhe kräuselt
uns aber kränkt kein bewölktsein
(im sinne von „verrauscht“)
wir leben in ausgeleuchteten räumen
aus landschaft, die macchia polstert die hänge
rasen mit frischem fassonschnitt
die halme gezupft mit der zuckerzange
hier nun die frage was willst du betonen
wenn die terrassen unterm sternbild
des kleeblatts dahinziehn
und unser leben sei wie wir es uns denken
einer sagt human flourishing
ein andrer oxytocin manche
liegen auf sofas hören musik
singen verstreute bücher papiere
jemand trinkt wein
bald aber müssen wir reisen
versorgt mit italienischen brocken die man uns
(den hyperboräischen hunden) hinwirft
während auf dem tisch der sprache
die silbernen löffel ruhn

© Aphaia Verlag
from: haupt/ stadt/ studio
Berlin: Aphaia Verlag, 2012
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2012

L'EMBARQUEMENT POUR CYTHÈRE (1)

french

un bienfaiteur
un seul pour cet immense été
au terme duquel nous voici
regardant la mer    
intranquille se clairsemer de rides
pas même contrariés par un ciel couvert
(dans le sens de "brouillé")
nous vivons dans des espaces de paysages
totalement éclairés le maquis capitonne les versants
pelouse fraîche coupe mode
brins retirés à la pince à sucre
va savoir ce que tu veux mettre en relief
quand les terrasses passent sous
la constellation de la feuille de trèfle
et notre vie serait la vie qu'on se projette
l'un dit human flourishing
un autre oxytocin d'autres encore
écoutent de la musique allongés sur des canapés
chantent livres dispersés papiers
quelqu'un boit du vin
bientôt déjà il nous faudra voyager
munis des bribes d'italien que l'on
nous jette (à nous les chiens hyperboréens)
alors que sur la table de la parole
les cuillères argentées reposent

Traduction: Aurélie Maurin

[Chaque respir]

french | Siham Bouhlal


Chaque respir reste suspendu
A ton appel
Avant de traverser ma poitrine
Comme une boule de feu

from: Poèmes bleus
Saint-Benoît-Du-Sault: éditions Tarabuste, 2005
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2010

[Jeder Atemzug]

german


Jeder Atemzug verharrt in Erwartung
deines Rufs
Bevor er durch meine Brust fährt
Wie eine Feuerkugel

Übersetzung aus dem Französischen von Aurélie Maurin und Odile Kennel

Tyrolean Airways

german | Dagmar Leupold

Sounds of Silence
steht unter den Propellern
ein Versprecher
kein Versprechen und

alle Passagiere lächeln
in die aufgerissenen
Zeitungen hinein
die Männer in die Börse
die Frauen in Vermischtes

in den Gängen
Schwaden zu früh
zerstreuter Träume

Dort unten
Wien, seine Schlösser, die Gärten
in bestechender Geometrie
der Friedhof voller Helden

© Dagmar Leupold
from: Byrons Feldbett
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 2001
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Tyrolean Airways

french

Sounds of silence
c'est écrit sous les hélices
lapsus revélateur
pas prometteur et

tous les passagers sourient
dans leurs journaux
grands ouverts
les hommes dans la bourse
les femmes dans les faits divers

dans les couloirs
des nappes de rêves
dispersés trop tôt

Tout en bas,
Vienne, ses chateaux, les jardins
dans une géométrie admirable
le cimetière rempli de héros

Traduction: Aurelie Maurin

Plankton

german | Dagmar Leupold

Tage verstreichen
weit
aufgerissenen Mauls
besinnungslos Verschlucktes
zerdichten.

Es sind unser
aller Geschichten:
Mit geringer Eigenbewegung
Umherirrendes

wie im Kehlsack
des Pelikans
gehortet.

Die Zunge ist ein
guter Polizist.
Für jede Korruption
zu haben.

© Dagmar Leupold
from: Destillate
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 1996
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Plancton

french

Les jours passent
gueules grandes ouvertes
déversifier
ce qui est avalé
sans connaissance de travers

L'histoire est
notre histoire :
ce qui est en errance
sans mouvement propre

comme accumulé
dans la gorge
du pélican.

La langue est un
bon policier.
Prête à n'importe
quelle corruption.

Traduction: Aurelie Maurin

Der Blick

german | Dagmar Leupold

Ohne Augenmaß kreuzte er
den Raum und traf
an dessen Ende
auf lächelnde
Erwartung

kein Wind ging
nur ein Wind

© Dagmar Leupold
from: Byrons Feldbett
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 2001
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Le regard

french

sans avoir le coup d'oeil il traversa
la pièce et tomba
tout au fond
sur l'attente
souriante

aucun vent ne soufflait
seulement un vent

Traduction: Aurelie Maurin

Je t'aime moi non plus

german | Dagmar Leupold

Mit meinen Schwestern die Ohren
ans Radio gepreßt (damals waren die Radios
noch Möbel mit Verlaß) und die Zensur
rauschen gehört - süßer als jede Sauerei
in der Muttersprache
Später, bei günstigen Lichtverhältnissen
sagte mal jemand
ich sähe aus wie
Jane Birkin
wo ist Serge, seitdem?

Nein, nein
das ist keine Klage

Nur ein Poem

© Dagmar Leupold
from: Byrons Feldbett
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 2001
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Je t'aime moi non plus

french

Avec mes soeurs les oreilles
collées contre la radio (les radios étaient alors
des meubles sur qui compter) et écouté
la censure grésiller- plus douce que n'importe quelle saloperie
dans la langue maternelle
Plus tard, sous une lumière flatteuse
quelqu'un m'a dit
que je ressemblais à
Jane Birkin
où est Serge, depuis?

Non, non
ceci n'est pas une plainte

Juste un poème

Traduction: Aurelie Maurin

Hohelied

german | Dagmar Leupold

Zieh mich dir nach, so laufen wir
bis Spitzbergen
auch dort
grünt unser Bett

ich bin dir
unter jedem Himmel
geneigt

© Dagmar Leupold
from: Byrons Feldbett
Frankfurt am Main: S. Fischer / Fischer TB, 2001
Audio production: 2007, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Cantique des cantiques

french

Entraîne-moi après toi ! Nous courrons !
jusqu'à Spitzbergen
là-bas aussi
notre lit, c'est la verdure

inclinée
sous chaque ciel
vers toi

Traduction: Aurelie Maurin