Michèle Métail 
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on Lyrikline: 20 poems translated

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Original

Translation

[MANDIBULE, MÂCHOIRE]

french | Michèle Métail


MANDIBULE, MÂCHOIRE
L´ORATEUR
AFFAIRÉ ET INLASSABLE
INSATIABLE
BROYEUR
PLUS VIF
SANS CESSE
JUSQU´AU POINT
SATURÉ
À CAUSE DES ÉTRANGLEMENTS
RESPIRANT PAR
TRACHÉE
ET PARFOIS
CROYAIT-ON
INTERJECTION
FRAPPER
MARQUER
TEND À ÉTABLIR
L´ÉNONCÉ
SUPPOSÉ
FAUX
IMPOSSIBLE
CALQUÉ DANS LA FORME DU CORPS
OÙ IL EFFECTUERA LUI-MÊME
FROID, DÉTACHÉ
LE DÉMENTI

© Michèle Métail
from: Mandibule, Mâchoire
Marseille: La Chambre, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

[Kiefer, Kinnbacke]

german


MAUL, MUNDWERK

DER REDNER

GESCHÄFTIG UND UNABLÄSSIG

UNERSÄTTLICH

ZERSPRECHER

HEFTIGER

PAUSENLOS

BIS

ÜBERSÄTTIGT

DES WÜRGEPUNKTS WEGEN

ATMEND DURCH

LUFTRÖHRE

UND MANCHMAL

SO SCHIEN ES

ZWISCHENRUF

SCHLAGEN

STAMPFEN

GENEIGT ZU BILDEN

DEN WORTLAUT

WOHL

FALSCH

UNMÖGLICH

IN DER KÖRPERFORM GEFANGEN

WO ER SELBST

KÜHL, TEILNAHMSLOS

DEMENTIERT

[Kollektive Übersetzung von: Angela M. Boeckh, Elfriede Czurda, Olga Fedianina, Alain Jadot, Michèle Métail, Martina Jakobson, Jutta Rosenkranz
Literarisches Colloquium Berlin, September 2000]

[NOM, PRÉNOM]

french | Michèle Métail

NOM, PRÉNOM
CHARGÉ DE QUALIFIER
AUX CONDITIONS REQUISES
D´UN ÊTRE
EXCULANT
ORDINAIREMENT
SENSIBLE ET NON MESURABLE
COMME AYANT
ENCOMBRÉ DE
PLUS OU MOINS
DONT ON EST INVESTI
QUEL
RÉRÉTÉ
QUATRE FOIS
Á-COUP
POUR UNE ÉPREUVE
DEVANT NÉCESSAIREMENT
DÉSIGNER, DÉNONCER
EU ÉGARD AUX CIRCONSTANCES
UN FAIT
CE QUI EST ÉGAL
APPELLATION
PAR DES CRITÈRES
À L´INDEX
D´IDENTITÉ
SIGNALEMENT SOMMAIRE

© Michèle Métail
from: Mandibule, Mâchoire
Marseille: La Chambre, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

[NAME, VORNAME]

german


NAME, VORNAME

ZWECKS BEZEICHNUNG

ERFÜLLENDER BEDINGUNGEN

EINES MENSCHEN

ANSONSTEN

AUSSCHLIESSEND

SENSIBLES UND NICHT MESSBARES

SO ALS OB

MEHR ODER WENIGER

EINGEENGT

WOMIT BETRAUT

WAS

VIER MAL

WIEDERHOLT

RUCKARTIG

FÜR EINEN NACHWEIS

UNBEDINGT ERFORDERND

VERWEISEN,VERLEUMDEN

IN ANBETRACHT DER UMSTÄNDE

EINE SACHE

EGAL WAS

BENENNUNG

DURCH KRITERIEN

AUF DEM INDEX

DER IDENTITÄT

PERSONALIEN

[Kollektive Übersetzung von: Angela M. Boeckh, Elfriede Czurda, Olga Fedianina, Alain Jadot, Michèle Métail, Martina Jakobson, Jutta Rosenkranz
Literarisches Colloquium Berlin, September 2000]

[PENSÉE, PAROLE]

french | Michèle Métail

PENSÉE, PAROLE
FRACTURE
PAR LE PREMIER ABUS
QUALIFICATION, TITRE
INCERTAINES, NASILLARDES
SUCCESSION
VOYELLES, CONSONNES
EN VUE DE RENVERSER
CE QUI NE CESSE
DU SILENCE
SI LONGTEMPS
SERVANT DE PREUVE
DANS L´ÉTAT OÙ
GRAVE ET PROLOGNÉE
DISPOSITION D´ORGANES
POUR ATTESTER
MENTIONNER, RAPPORTER
DESTRUCTION
(SOUVENT IRONIQUE)
DES RELIQUES
ORALES, NASALES
À TRAVERS LA GORGE, LA BOUCHE
JETER
FORMANT OBSTACLES
PLUSIEURS MOTS
(DITS EMBALLAGES PERDUS)

© Michèle Métail
from: Mandibule, Mâchoire
Marseille: La Chambre, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

[GEDANKEN, GEREDE]

german

GEDANKEN, GEREDE

BRUCH

ERSTEM MISSBRAUCH

EIGENSCHAFT, TITEL

ABFOLGE

UNBESTIMMTE, NÄSELNDE

VOKALE, KONSONANTEN

IN DER ABSICHT ZU KIPPEN

WAS NICHT AUFHÖRT

AUS DER STILLE

SO LANGE

ALS BEWEIS DIENEND

SO WIE

TIEF UND VERLÄNGERT

ANORDNUNG DER ORGANE

ZU BEZEUGEN

ERWÄHNEN, BERICHTEN

ZERSTÖRUNG DER

(HÄUFIG IRONISCH)

ORALEN, NASALEN

RELIKTE

QUER DURCH DEN RACHEN, DEN MUND

WEGWERFEN

HINDERNISSE BILDEND

MEHRERE WÖRTER

(SPRICH EINWEG-VERPACKUNG)

[Kollektive Übersetzung von: Angela M. Boeckh, Elfriede Czurda, Olga Fedianina, Alain Jadot, Michèle Métail, Martina Jakobson, Jutta Rosenkranz
Literarisches Colloquium Berlin, September 2000]

[CHARNUES, GLABRES]

french | Michèle Métail

CHARNUES, GLABRES
CREVASSE
APPARAÎTRE LA SCÈNE
AUX COMMISSURES
SANS ATTACHEMENT VÉRITABLE
UNE ULCÉRATION
DE MÊME SON
DE MÊME NOM
BÂTI, CHARPENTE
À L´ABDOMEN TRÈS ÉTROIT
ET DE LEURS COMBINAISONS
DES UNITÉS
CORDES
À PRONONCER
PAR ANALOGIE
AUX FERMENTS FIGURÉS
SILLON MENTONNIER
SOUPLE, FLEXIBLE
(D´APRÈS LE REGISTRE)
POUR S´Y MOUVOIR
À BATTEMENTS RAPIDES
D´ALLER ET VENIR
HAUTE VOIX
SOMBRÉE
AVANT L´ÉTAT DÉFINITIF
MUTITÉ, MUTISME

© Michèle Métail
from: Mandibule, Mâchoire
Marseille: La Chambre, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

[FLEISCHIG, KAHL]

german

FLEISCHIG, KAHL

FISSUR

ERSCHEINT DAS SCHAUSPIEL

IN DEN MUNDWINKELN

OHNE WIRKLICHEN ZUSAMMENHANG

EIN GESCHWÜR

GLEICHEN KLANGS

GLEICHEN NAMENS

GERÜST, DACHSTUHL

DEN BAUCH EINGEENGT

UND IHRER VERBINDUNGEN

DER EINHEITEN

STIMMBÄNDER

AUSZUSPRECHEN

IN DER ANALOGIE ZU

VORGESTELLTER FERMENTE

KINNKERBE

SCHMIEGSAM, BIEGSAM

JE NACH STIMMLAGE

SICH DARIN ZU BEWEGEN

MIT RASCHEM KLAPPERN

AUF UND AB

HELLE STIMME

VERDUNKELND

VOR DEM ENDGÜLTIGEN ZUSTAND

STUMM, STILL

[Kollektive Übersetzung von: Angela M. Boeckh, Elfriede Czurda, Olga Fedianina, Alain Jadot, Michèle Métail, Martina Jakobson, Jutta Rosenkranz
Literarisches Colloquium Berlin, September 2000]

Ein Gedicht entsteht

german | Ursula Krechel

Verschwunden war jeglicher Begriff von Arbeit
wörterbücherwarm stand eine Sonne hoch
hebelte den Schatten aus.
In dünnen Linien fielen Zaunlatten
musterhaft nie ins Gewicht. Kein Wort fiel
war fallengelassen worden. Glück war, blieb
Honig saugen, blanke Augen.

© Ursula Krechel
from: Verbeugungen vor der Luft. Gedichte
Salzburg, Wien: Residenz Verlag, 1999
ISBN: 3-7017-1165-8
Audio production: 1999 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Un poème naît

french

Tout concept de travail avait disparu
un soleil se tenait haut chaud comme un dictionnaire
torpillait les ombres .
En lignes minces les lattes de clôture ne prirent
jamais vraiment d'importance . Aucun mot prononcé
n'avait été prononcé . Le bonheur était, resta
de sucer du miel, yeux brillants .

Traduction: Michèle Mètail

在公园里 / Zai gongyuan li

chinese | Xiao Kaiyu

今天,如愿以偿,下午四点,
靠在中山公园的长椅上,我深深地
睡了一觉。醒来感到若有所失。

并不是从那些打木兰拳的女人,
和那些踢足球的孩子身上,而是从我,
从我在草坪边睡觉的那个惬意的间歇,

一些东西消失了!我从孕妇的肚子,
击球声,蝉声,和飞过公园上空的飞机的
嗡响中听到越来越多的间隙。

我曾经认为,天空就是银行
会失去它的财富,它的风暴,它的
空洞;但我,没有什么可供丧失。

我所有过的,在我看见的时侯,
就不属于我。我所有过的,在我说话时,
就已经消失;没有形状,没有质量。

我甚至知道吹乱葬礼上哭泣的亲人的衣服的
并不是死者的呼吸,
                和歉意。噢,不是。

(09/03/97)

© Xiao Kaiyu
from: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Beijing: Gongren, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

DANS LE JARDIN PUBLIC

french

Aujourd'hui , comme un voeu exaucé , à quatre heures de l'après-midi ,
adossé à un banc du jardin public Zhongshan * , profondément
je me suis endormi . En m'éveillant , j'avais l'impression d'avoir perdu quelque chose .

Cela n'était pas de ces femmes qui s'adonnaient à la boxe Mulan * ,
ni du corps de ces enfants qui jouaient au football , mais de moi .
De moi dans cette rémission satisfaisante de la sieste à côté d'une pelouse ,

quelque chose s'était perdu . Dans le ventre des femmes enceintes ,
dans le bruit des coups de ballon , dans le bruit des cigales , et des avions qui passaient
                                                                                                   au-dessus du jardin public
en vrombissant j'entendais de plus en plus d'intervalles .

J'ai toujours cru , que le ciel était une banque *
et qu'il pouvait perdre ses richesses , ses tempêtes , son
vide ; mais moi , je n'avais rien que je puisse offrir à la perte .

Tout ce que j'avais eu , lorsque je l'ai regardé ,
ne m'appartenait plus . Tout ce que j'avais eu , lorsque je parlais ,
avait déjà disparu ; sans forme , sans substance .

Et je sais même que ce qui agite les habits du proche en pleurs durant les funérailles
ce n'est pas la respiration  du mort ,
                                                         ni le regret . Oh non .
 

( 3 . 9 . 1997 )

* Zhongshan : autre nom de Sun Yat'sen

* La boxe Mulan :  il s'agit d'une sorte de gymnastique très en vogue à Shanghaï . Les adeptes munies de larges éventails exécutent  diverses figures de groupe

* Le rapprochement entre ciel et banque est traditionnel puisque l'on brûle des liasses de faux-billets en offrande , dans le culte des morts . On parle aussi de la banque des enfers.

Traduit du chinois par Michèle Métail

Pankow

chinese | Xiao Kaiyu

汽车碾着落叶停在环街另一端,
那里几幢房子待租,灰暗的花园里
新立的木牌亮着电话号码;旁边就是电车
缓缓滑向冬季深处,铁轨弯入郊区。

小伙子拴狗在旗杆上。在轻响的
漂亮的旗帜下,大使们曾经相互行礼。
接传真,发照会,为远方的祖国
而穿衣、讲话、喝酒,而匆匆退席。

连垃圾桶都倾诉着变化。连旧电脑
都无法启动旧程序。沿黑塞街去墓地
会遇见一个精神病人,唱歌拯救他的记忆。

可是在文学宫,所有声音确实来自模仿。
某个地方,某个时间,某个稍稍年轻的人
从痛苦发出呼吁,而非召唤痛苦的情绪。


(25/11/97)

© Xiao Kaiyu
from: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Beijing: Gongren, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

PANKOW *

french

Une voiture écrase les feuilles mortes et s'arrête à l'autre bout du boulevard circulaire .
Là-bas quelqes maisons attendent d'être louées , dans de mornes jardins
des panneaux en bois nouvellement implantés s'illuminent de numéros de téléphone ; à côté le
                                                                                                                                              tram
glisse lentement dans les profondeurs de l'hiver , les rails tournent vers les faubourgs .

Un jeune garçon attache son chien à un mât . Dans le bruit léger
des beaux drapeaux , des ambassadeurs se saluaient autrefois mutuellement .
Ils recevaient des phototélégrammes , envoyaient des mémorandums dans leur patrie
                                                                                                                               éloignée
et s'habillaient , faisaient des discours , buvaient du vin et se retiraient rapidement .

Même les boîtes à ordures témoignent du changement . Même les vieux ordinateurs
ne sont plus en mesure d'ouvrir les vieux programmes . En longeant la rue Hesse jusqu'au
                                                                                                                                     cimetière
on peut croiser un malade mental , le chant délivre sa mémoire .

Mais dans la Maison de la littérature , tous les sons proviennent vraiment de l'imitation  .
A un certain endroit , à un certain moment , un certain homme un peu jeune
pousse un cri de douleur , mais ne provoque pas l'émotion de la douleur .
 

( 25 . 11 . 1997 )

* Pankow : quartier de l'ancien Berlin-est  dont les belles villas avec jardin abritaient les cadres du parti. Depuis une dizaine d'années la literaturWERKstatt ( L'ATELIER de littérature ) occupe l'ancienne demeure du premier ministre-président de la D.D.R Otto Grotewohls. Elle organise des lectures publiques, des rencontres internationales, des séminaires de traduction, des expositions. C'est là que l'auteur  a participé à un festival après son arrivée à Berlin.

© Traduit du chinois par Michèle Métail

人民银行 / Renmin yinhang

chinese | XIAO Kaiyu

陆家嘴的楼群在傍晚的灰雾中,
垂下昂贵的头颅。
人民银行的椅形大厅
有麻脸警卫禁止我们这些人进入。
我们不是银行家和银行家的亲戚,
我们不是这座银行要算计的人物。
我们就是人民,男人和女人,
莫名其妙但是喜气一身。

银行的母亲竭力端坐,
老而权势,吞咽着串串数字。
哦,这些数字一惊一诧,
多半是黄连的苦味,
少许是可卡因的飞黄腾达的幻觉。
它们过多地来自乘法,
它们野蛮而心虚地堆积,
朝着一次友好的、彻底的腹泻。

那些害怕人民的数目的人
登上了讲台,并从会议去了银行。
我曾声称我是个无产阶级诗人,
却酷爱到外滩和陆家嘴转悠。
这个谜语就像高压电通过椅子
征服相似的神经网络,战利品
  就是后来的沉默。
少于人民又多于人民。

© Xiao Kaiyu
from: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Beijing: Gongren, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

LA BANQUE POPULAIRE

french

Au crépuscule dans le brouillard gris les groupes d'immeubles de Liujiazui*
inclinent leurs têtes onéreuses .
Dans le grand hall en forme de chaise de la Banque Populaire
il y a des vigiles aux visages variolés qui nous empêchent à nous d'entrer .
Nous ne sommes pas banquiers ni parents de banquiers ,
nous ne sommes pas des individus avec lesquels cette banque doit compter .
Nous sommes le peuple , des hommes et des femmes ,
qui n'y comprennent rien  mais  rayonnent de joie .

La mère de la banque fait tout son possible pour s'asseoir correctement ,
vieille et influente , engloutissant des chapelets de chiffres .
Oh , ces chiffres aussi effrayants que trompeurs ,
ont pour la plupart l'amertume de la coptis japonica ,
fort peu procurent les hallucinations de la cocaïne de parvenir rapidement au but .
Beaucoup trop proviennent de la multiplication ,
ils s'accumulent sauvagement et en mauvaise conscience ,
dans l'attente d'une amicale et radicale diarrhée .

Ces gens qui redoutent les chiffres du peuple
sont montés à la tribune , et du congrés sont allés à la banque .
Autrefois je me suis déclaré poète prolétaire ,
pourtant j'aime  passionnément flâner sur le Bund* et à Liujiazui .
Cette énigme ressemble donc au courant haute tension qui passe dans une chaise
et dompte un réseau nerveux identique , le butin
           c'est alors le silence qui s'en suit .
Moins que le peuple et plus que le peuple .
 

( 20 . 1 . 1997 )

* Liujiazui : précisément : Le" quartier des finances et du commerce de Liujiazui ". C'est le nouveau quartier des affaires de Shanghai , construit sur la rive droite du Pujiang , dominé par d'immenses tours , parmi les plus hautes du monde .

* Le Bund : nom donné par les allemands à l'époque des concessions à la promenade située le long du fleuve , sur la rive gauche . En chinois elle s'appelle "Waitan" , la grève extérieure . Au coeur de la vieille ville , c'est l'ancien centre d'affaires , siège des administrations et des banques .

© Traduit du chinois par Michèle Métail

乌鸦 / Wuya

chinese | XIAO Kaiyu

有一天,在小学课堂,
我学会了这个名词。
那天晚上我看见它的黑色翅膀
从天空分离,像一个降落伞
带着飞翔的感觉落下,
罩住妹妹和我的身体。
唉,妹妹从院子里的核桃树下
迟疑地走进她的卧房,
走进一只巨大乌鸦的嘴里。
后来在异乡,在旧建筑的废墟
在我心脏的墙壁我看见鸦群
蓦然起飞如同死亡的预感
如同乌云一团,就想起妹妹。
她和一个男人结了婚,
在乡场惟一一条短街,
一个杂货铺里。

                                               
(1997.1.19)

© Xiao Kaiyu
from: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Beijing: Gongren, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

LE CORBEAU

french

Un jour , dans une classe de l'école primaire ,
j'appris ce nom commun .
Le soir même je vis ses ailes couleur noir
se détacher du ciel , semblable à un parachute
qui descendait donnant l'impression de tournoyer dans les airs ,
recouvrant mon corps et celui de ma petite soeur .
Hélas , ma petite soeur alla du noyer de la cour
En hésitant jusqu'à sa chambre à coucher ,
jusque dans le bec d'un corbeau géant .
Plus tard dans un pays étranger , dans les ruines de vieux édifices
sur les parois de mon coeur je vis une nuée de corbeaux
qui soudain s'élevait comme un pressentiment de mort
comme une masse de nuages sombres , je me mis à penser à ma soeur .
Elle s'était marié à un garçon ,
dans l'unique petite rue du village natal ,
dans une boutique d'articles divers .
 

( 19 . 1 . 1997 )

© Traduit du chinois par Michèle Métail

北站 / Bei zhan

chinese | XIAO Kaiyu

我感到我是一群人。
在老北站的天桥上,我身体里
有人开始争吵和议论,七嘴八舌。
我抽着烟,打量着火车站的废墟,
我想叫喊,嗓子里火辣辣的。

我感到我是一群人。
走在废弃的铁道上,踢着铁轨的卷锈,
哦,身体里拥挤不堪,好像有人上车,
有人下车。一辆火车迎面开来,
另一辆从我的身体里呼啸而出。

我感到我是一群人。
我走进一个空旷的房间,翻过一排栏杆,
在昔日的剪票口,突然,我的身体里
空荡荡的。哦,这个候车厅里没有旅客了,
站着和坐着的都是模糊的影子。

我感到我是一群人。
在附近的弄堂里,在烟摊上,在公用电话旁,
他们像汗珠一样出来。他们蹲着,跳着,
堵在我的前面。他们戴着手表,穿着花格衬衣,
提着沉甸甸的箱子像是拿着气球。

我感到我是一群人。
在面店吃面的时侯他们就在我的面前
围桌而坐。他们尖脸和方脸,哈哈大笑,他们有一点儿会计的
假正经。但是我饿极了。他们哼着旧电影的插曲,
跨入我的碗里。

我感到我是一群人。
但是他们聚成了一堆恐惧。我上公交车,
车就摇晃。进一个酒吧,里面停电。我只好步行
去虹口,外滩,广场,绕道回家。
我感到我的脚里有另外一双脚。

            
1997.6.10.

© Xiao Kaiyu
from: Xuexi zhi tian (Das süsse Lernen)
Beijing: Gongren, 2000
Audio production: 2001 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

LA GARE DU NORD

french

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
Sur la passerelle de la vieille Gare du Nord , dans mon corps
des gens commencent à se disputer et à discuter , à qui mieux mieux .
Tout en fumant , j'examine les ruines de la gare de chemin de fer
je voudrais crier , la gorge me brûle .

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
En marchant sur les voies ferrées abandonnées , suivant la rouille ondulée des rails
ah , dans mon corps cela se bouscule de manière insupportable , il semble que des gens
                                                                                                                montent dans le train ,
que des gens descendent du train . Un train m'arrive en plein visage ,
un autre sort  de mon corps en sifflant .

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
J'entre dans une pièce vaste et dénudée , j'escalade une rangée de balustrades ,
au guichet du poinçonneur d'autrefois , soudain , dans mon corps ,
c'est le vide . Ah , dans cette salle d'attente il n'y a plus de voyageurs ,
ceux qui sont debout et assis ne sont que des ombres floues .

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
Dans les ruelles proches , sur les étalages de cigarettes , à côté des téléphones publics ,
ils semblent sortir comme des perles de sueur . Ils s'accroupissent , sautent ,
me bouchent le passage . Ils portent des bracelets-montres , des chemises bariolées à carreaux,
soulevant de lourdes valises comme s'ils prenaient des ballons .

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
Lorsque je mange des nouilles chez un marchand de nouilles ils sont face à moi
assis autour de la table . Visages émaciés  et  visages carrés , ils rient à gorge déployée,ils ont
                                                                                                                    un peu de l'hypocrisie
d'un comptable . Mais je meurs de faim . En fredonnant des chansons de vieux films ,
ils passent dans mon bol .

J'ai l'impression d'être une foule d'hommes .
Pourtant ils se rassemblent en un tas redoutable . Je monte dans un bus ,
le bus oscille . En entrant dans un bar , panne de courant à l'intérieur . Je ne peux qu'aller à
                                                                                                                                           pied
à Hongkou * , sur le Bund , sur la place , rentrer à la maison par des détours .
J'ai l'impression que dans mes pieds , il y a une autre paire de pieds .
 

( 10 . 6 . 1997 )

- Hongkou : un quartier de Shanghaï

© Traduit du chinois par Michèle Métail

Wozu überhaupt Garderoben

german | Christian Steinbacher

Na und wozu so ein Pinsel wie du
überhaupt noch auf der Welt ist, das fragt
hier wohl keiner mehr, wo
selbst der am Apparat heut nur so und so
gar nichts

Wie also sollt denn dann noch all die Zeit
dort verbracht sein, Sie wissen,
wieder mal so ’ne Fixierung wohl, gegen
die sich nichts ausrichten lässt, bis
das sitzt

Oder auch schlicht nur besetzt,
und dies «viel zu wenig raffiniert» hier, was soll’s,
sind doch keine Models, und der da
fährt sich ja auch nur wie wild durch
das Haar

Will den flotten Jaguar aber doch gar nicht,
nein, und heut hat mich sogar schon der Wärter
vom Zoo angemacht, so, jetzt wird’s
wohl lang lustig den ganzen Weg über allweil
trallala

Gut, also weiter, schnell weiter, denn dass dem
noch mehr ankönnt, kommt kaum so, doch magst
keine weitere Leitung du drehen und legst
statt der Schaltung einfach den Hahn ab, der Haken
hält erst nur

© Haymon Verlag
from: Zwirbeln, was es hält
Innsbruck: Haymon Verlag, 2006
Audio production: 2006, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

A quoi bon encore des portemanteaux

french

Et à quoi bon un nigaud comme toi
qu'est encore de ce monde, personne ne
se pose plus la question ici, où
même au téléphone aujourd'hui des comme ci comme ça
rien du tout

Alors comment doit donc passer tout
ce temps, vous savez bien
de nouveau pareille fixation, contre
laquelle rien ne se laisse imposer, jusqu'à ce que
ça aille

Ou alors tout simplement occupé
et ce "bien trop peu raffiné" ici, de quoi
s'agit-il, c'est pourtant pas des modèles, et lui là
ne se passe la main dans les cheveux que comme un 
sauvage

Ne veut surtout pas d'une jaguar rapide
non, et aujourd'hui le gardien du zoo
m'a pris à parti, maintenant ça devient
franchement rigolo sur tout le trajet tout le temps
tralala     

Bon, alors poursuivons, vite poursuivons, car que 
peut-on bien faire de plus, pourtant tu
as envie de ne fermer aucune autre conduite et au lieu
du circuit tu retires simplement le robinet, seul le crochet
tient maintenant

traduit par Michèle Métail

Dreierlei Aussicht

german | Christian Steinbacher

1

Hat so manches am Stecken der, der sich unentwegt ziert,
mit dem eifrigen Zuzug, bläst der, wird ihn doch bald mein Balg
beugen so wie sein Grillhuhn, doch das dämmert vor sich
hin, streckt heißer das Fett noch jeden Fleck wie im Schlaf.

2

Galt es Hosen zu halten, hatten aber immer schon die
mit den doppelten Böden nur recht, komme ich
angekrochen und rücke wieder ab vom Gerüst,
wollte doch gar nicht so lautstark sein so gespreizt.

3

Die, die die Gischten postieren, damit das, was hier
weggespült wird, sich auch ausgezahlt haben wird,
wischen aus den uns rettenden Schacht, aber die,
die dann scheuern, die schmieren auch uns.

© Christian Steinbacher
from: der wandel motzt
Wien: edition ch, 2000
Audio production: 2006, M.Mechner / Literaturwerkstatt Berlin

Perspectives de trois sortes

french

1

Il n'a pas la conscience nette celui qui fait sans cesse des manières
avec le fort courant d'air il ventile, pourtant mon soufflet   
le domptera bientôt comme son poulet grillé, ça devient alors
clair, la graisse encore plus brûlante étire chaque tache comme dans le sommeil.

2

Valait-il le coup de tenir des pantalons, car ceux
à double fond avaient toujours raison, j'approche
en rampant et m'écarte de nouveau de la carcasse
je voulais pourtant pas être si bruyant, si affecté.

3

Ceux qui placent les embruns afin que ce qui
est emporté ici se trouve aussi décompté
essuient le puits de lumière qui nous sauve, mais ceux    
qui ensuite récurrent, ils nous graissent aussi.

traduit par Michèle Métail

Drauf geht der Anblick in die Knie

german | Christian Steinbacher

(Heut zeigst du Schwung,
der Ton, er hüpft,
hab wohl geduscht
in aller Früh
mit ei und i:)

Die Stimme nicht / heb ich, mein Knie,
ein Winkel nur, / im Spiegel drin,
seh ich dir zu, / wie du mich siehst,
mich anstarrst, so / als würdest nicht
bemerkt du hier, / obwohl ich weiß,
dass du es weißt, / dass ich es weiß,
dass du drum weißt, / dass ich dich seh,
die Stimme nicht / schenk ich, es spricht
der Finger nur, / gespreizt sein will
sein Taschentrick, / kein lasches Stück,
fast es berück / die Szene, die
wie festgezurrt / als Ausschnitt wirkt
und doch auch läuft / aus wie ein Saft,
wie ungerahmt, / ein Probeschnitt,
die Weite knarrt, / die Saite schnarrt,
wer es verscharrt, / weiß dennoch drum,
nach wirkt auch das, / was niemand weiß,
vergiss die Speis, / verwürz die Sicht,
gesplissen kriecht / der Nerz zum Span,
der Scherz zum Hahn, / die Terz zum Splint,
der Troll zum Splitt, / Geröll zum Zipf,
das el zur Quast, / das e zum i,
das Ei, es rollt / und fällt und bricht,
kein Ferkel schlüpft, / wie man es knüpft


Geradeaus
vorbeigefegt,
es nährt den Weg,
was übergeht,
die Milch,
hingegen manches Wort prallt ab,
wenn du mich einfach übergehst,
die Phase X, Kontur, sie fließt
und flimmert hier geradezu


Geradewegs
vorbeigespäht,
kein krummes Spiel,
es divergiert
Aufmerksamkeit,
die dirigiert,
jetzt hör schon zu,
behäng den Blick,
jetzt mach ihn auf,
gerate wohl,
die Kehle will
gespickt sein wie
ein Projektil,
hier ist kein Ziel.


Wird abgestreift,
was steht noch still,
Verlässlichkeit?
Wo alles nur
noch hüpft, nicht schlüpft
der Kragen hier,
zum Stehen kommt
kein Unterpfand,
komm, fass schon zu
geradezu
geradewegs


Macht selbst die Ruh
sich ihren Klecks,
versteck’s, was hier
nur unterwegs,
die Stimme knüpft
ein ander Ding.

© Czernin Verlag 2011
from: Winkschaden, abgesetzt. Gedichte und Stimmen
Wien: Czernin Verlag, 2011
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin, 2011

Là-dessus le regard tombe sur les genoux

french

(Aujourd'hui tu montres de l'entrain
le ton frétille
ai pris une bonne douche
si tôt
avec o et i :)

Point je ne monte le ton, ma jointure
un simple coin dans le miroir
je t'observe, comme tu me vois
tu me toises, comme si toi
t'étais pas visionnée, bien que j'm'aperçoive
que tu t'aperçois que je perçois
pourquoi t'es au courant que je te vois
pas un mot plus haut, tout
seul cause le doigt, son tour d'illusion
se veut cérémonieux, pas une bricole
bientôt le tableau réjouit, qui
au mouillage joue la découpe
et s'écoule aussi comme un sirop
comme non clôturé un échantillon
la dimension grogne, la corde gronde
qui l'enfouit sait pourquoi
personne se doute des répercussions
oublie la bouffe, assaisonne l'œil
le vison finit en morceaux
la moquerie en ergoterie, le triolet en goupille
le troll en gravillon, l'éboulis en bouillie
le el en touffe, le o en i
un œuf, ça roule, ça tombe, se brise
aucun cochon ne sort, comme on l'endort


Tout droit
balayé
s'approche du chemin
ce qui déborde
le lait
par contre plus d'un mot rebondit
quand tu me parcours simplement des yeux
la phase X, contour, elle s'écoule
et tremble carrément ici


Directement
espionné au passage
pas un jeu tordu
il détourne
l'attention
qui dirige
maintenant écoute bien
suspens le regard
maintenant pose le
réussi bien
la gorge veut être
truffée comme
un projectile
ici pas de cible


Ce qui reste encore calme
est dégagé
Fiabilité ?
Là où tout frétille
encore, le col
ne passe pas
aucune hypothèque
à rester debout
viens, saisis l'occas
tout droit
directement


La tranquillité se
bousille elle-même
cache-le ce qui
est en route ici
la voix assemble
tout autre chose

traduit par Michèle Métail

die vogeluhr. sonnenaufgang 4.30 uhr. mitte mai.

german | Arne Rautenberg

3.00 uhr (gartenrotschwanz): die geschichte deines vaters
ist tief in die erde vergraben.
3.10 uhr (rotkehlchen): man wird diese erde dir ausheben.
3.15 uhr (amsel): alle die du jemals geliebt hast sind dahin
gegangen wo es sie nicht mehr gibt.
3.20 uhr (zaunkönig): und die blitzlichter die kurz
in deinen augen nachleuchten grinsen sich eins.
3.30 (kuckuck): und die lieben sternlein
summen wirkönnenwirkönnenwirkönnenesdirnichtgeben –   
3.40 (kohlmeise): hinter dem sturm ist ein sturm.
3.50 (zilpzalp): hinter dem stern ist ein stern.
4.00 (buchfink): ich gehe durch meine stadt und es ist
nicht meine stadt durch die ich gehe.
4.20 (haussperling): ich denke mich und ich bin es
nicht der mich denkt.
4.40 (star): der winter der mir den schlaf bettet
in den ich meinen schlaf bette.


als weckreiz für vögel dient ein bestimmer grad der helligkeit. dieser
helligkeitsgrad ist für jede singvogelart so genau bestimmbar, dass
man sich im frühjahr vom ruf eines singvogels wecken lassen kann.

© Arne Rautenberg
from: vermeeren
Köln: Darling Publications, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

l'horloge des oiseaux : levé du soleil 4 heure 30, mi-mai

french

3 heure (rouge-queue) : l'histoire de ton père est profondément ensevelie dans la terre.
3 heure10 (rouge-gorge) : on va te dégager cette terre.
3 heure15 (merle) : tous ceux que tu as aimés un jour sont allés là où il n'y a plus rien.
3 heure 20 (troglodyte) : et les flashs qui brillent un instant dans tes yeux se font grimaçants.
3 heure 30 (coucou) : et les chères petites étoiles chantonnent. onnepeutonnepeutonnepeutpas te le donner -
3 heure 40 (mésange charbonnière) : après la tempête une autre tempête.
3 heure 50 (pouillot véloce) : derrière une étoile une autre étoile.
4 heure (pinson) : je vais à travers ma ville et ce n'est pas ma ville à travers laquelle je vais.
4 heure 20 (moineau) : je me pense et je ne suis pas celui qui me pense.
4 heure 40 (étourneau) : l'hiver qui fait le lit dans lequel je couche mon sommeil.

un certain degré de clarté sert de signal de réveil aux oiseaux. ce degré de clarté est si prévisible pour chaque espèce, qu'au printemps il est possible de se laisser réveiller par le chant d'un oiseau.

Traduit par Michèle Métail

die klarheit verrückter sprechpuppen

german | Arne Rautenberg

verrückte sprechpuppe die beim anschalten sagt
du musst mich anschalten
und die beim ausschalten sagt
du musst mich anschalten

ich bewundere die falter die nachts
zu hunderten trotz des harten gewitterregens
um die straßenlaterne flattern

verrückte sprechpuppe die beim anschalten sagt
du musst mich ausschalten
und die beim ausschalten sagt
du musst mich ausschalten

ich verachte die falter die nachts
zu hunderten trotz des harten gewitterregens
um die straßenlaterne flattern

© Arne Rautenberg
from: vermeeren
Köln: Darling Publications, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

la lucidité des folles poupées parlantes

french

poupée folle qui parle et dit quand on la branche
tu dois me brancher
et qui dit quand on la débranche
tu dois me brancher

j'admire les papillons qui la nuit
malgré la forte pluie d'orage voltigent
par centaines autour des lampadaires

poupée folle qui parle et dit quand on la branche
tu dois me débrancher
et qui dit quand on la débranche
tu dois me débrancher

je déteste les papillons qui la nuit
malgré la forte pluie d'orage voltigent
par centaines autour des lampadaires

Traduit par Michèle Métail

die haare gewürm

german | Arne Rautenberg

die ohren wellhornschnecken
die stirn eine riesige kupferplatte
die augenbrauen viadukte
die augen drehende speichenräder
die nase ein schlangenknäuel
der mund ein grubenunglück
das kinn eine weiße porzellanschale
arme beine rumpf geschlecht
am boden liegende flicken das herz
ein um sich schlagendes feuerwerk

© Arne Rautenberg
from: vermeeren
Köln: Darling Publications, 2006
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2008

les cheveux en bataille

french

les oreilles coquilles d'escargot
le front immense plaque de cuivre
les sourcils des viaducs
les yeux des roues à rayons en train de tourner
le nez un noeud de vipères
la bouche une catastrophe minière
le menton une écuelle en porcelaine blanche
bras jambes tronc sexe
pièces éparpillées sur le sol le coeur
un feu d'artifice jaillissant autour de soi

Traduit par Michèle Métail

Actaeon 5

german | Thomas Kling

funde von bildchen am rand, die ramponierten idole.
verlautbarungen aus der idyllenanstalt. bildfunken eines
angeschlagenen römischen reliefs, gewaltdarstellung.

hier hat natur in abgelegenem gelände ein kunstwerk
hingeklotzt. Dianas täuschend echte badegrotte, aus der,
durchsichtig bis zum grund, die quelle klingelt, plot.

wo D., nackt, von A. ertappt, nicht lange fackelt, wenig
worte macht: was mit tabubruch, poren, haarigem tod.
rasant führt das zu sprachverlust, hirschzellen, hornschwer

wird sein kopf. ein röhren-echo, keine stille, da bis zum
schluß ja dieser hirschprojektor schnurrt. dann riß. antike,
beschleunigt, als jagdstück. wie schlafstörungen das licht.

© 1999 DuMont Buchverlag, Köln
from: Fernhandel
Köln: DuMont Literatur und Kunst Verlag, 1999
ISBN: 3-7701-4952-1
Audio production: 1999 DeutschlandRadio

ACTÉON 5

french

trouvailles de petites images en marge, les idoles abîmées.
comptes-rendus de l'asile des idylles. étincelles d'images
d'un relief romain endommagé, violence caractérisée.

la nature s'est coltiné une œuvre d'art ici
dans un terrain reculé. la grotte à bains de Diane authentique à s'y méprendre, où,
transparente jusqu'au fond, sonne la source, plot.

où D., nue, surprise par A., ne fait ni une ni deux et parle
très peu: quelque chose comme violation d’un tabou, pores, mort poilue.
cela mène très vite à l'aphasie, aux cellules du cerf, sa tête

alourdie par la corne. un écho-de-bramements, pas de silence,
parce que ce projecteur de cerf ronfle jusqu'au bout. puis cassure du film. l'antiquité,
accélérée, un tableau de chasse. comme troubles du sommeil la
lumière.

traduction: Michèle Métail



non publié



© Michèle Métail




Actaeon 4

german | Thomas Kling

die luft voller späne, wie späte loops aus der antike. nicht
gehorchen dem Actaeon die worte mehr. kühlkammer, von
blauen lippm belichtungen: Actaeon hängt in der landschaft

ab. tankstelle, blau. in blauen wintern eingeeist. dies. nicht
zu übersteigen: ein steif-bereifter, krummgefrorener clip von
haufen toten wilds, wie säcke, trophäen wortlos weggesägt

der den boden in einem kachelraum bedeckt. da ist nicht
durchzukommen. in thermo-jägerstiefeln folgt ein zähes
übersteigen, staksen: leiberwust mit stöcken (läufen) die

knirschend ihre winkel ändern müssen. schwergewichte,
rauhe decken. elektrisch frißt die knochensäge, singt sich
durch die hirschwelt durch, von spänen kleines regnen.

© 1999 DuMont Buchverlag, Köln
from: Fernhandel
Köln: DuMont Literatur und Kunst Verlag, 1999
ISBN: 3-7701-4952-1
Audio production: 1999 DeutschlandRadio

ACTÉON 4

french

l'air plein de copeaux, en boucles tardives venant de l'antiquité. les mots,
ils n'obéissent plus à Actéon. chambre froide,
lèvres bleues exposées: Actéon corrompu dans le paysage.

station-service, bleue. prise dans les glaces durant les hivers
                                                           bleus. voilà. insurmontable:
un clip raide-givré, tordu par le froid, sur
des tas de gibier mort, comme des sacs, trophées sciés sans mot dire

qui couvrent le sol d’une chambre carrelée. on ne peut pas passer
par là. puis on les enjambe obstinément dans des
thermo-bottes de chasseur, on sautille péniblement: amas de corps
                                                          avec des pattes (des jambes) qui

doivent changer d’angle en craquant. poids lourds,
dépouilles rêches. la scie à os ronge électrique,
traverse au travers du monde des cerfs en chantant, petite pluie de copeaux.

traduction: Michèle Métail



non publié



© Michèle Métail




Actaeon 3

german | Thomas Kling

hirschgulasch. den schuß, widerhallend, gezisch vom lärchenhang,
konnten wir gerade noch hören. wir? bei tisch. der dampfende berg,
gegenüber, gleich drüben, in flußnähe, wo Actaeon zu boden ging.

fetzen. gebeugt in den dampf da, hirschbrocken vom teller. dampf
steigt vom durchwühlten boden auf, staub an der nüster, schweiß.
körper und nadeln. der ganze staub aus der ferne und das dampf-

ende tellergericht, der fluß; motorengeschepper in etwa, von drüben,
so was wie: röhren, plattmachen, turbogeknurr. jetzt wird der luftröhre
ein schnitt gemacht, durchtrennte fährten. Echo erscheint. das frische

mark wird rausgesaugt wie nichts! wir knien so überm hirsch, wir
ziehen uns den rein, wir klärn das mit den toten: ein bildverdampfen
findet statt. den hirsch besäbeln. ächzend. zunge, sehnen. zähne.

© 1999 DuMont Buchverlag, Köln
from: Fernhandel
Köln: DuMont Literatur und Kunst Verlag, 1999
ISBN: 3-7701-4952-1
Audio production: 1999 DeutschlandRadio

ACTÉON 3

french

goulache de cerf, le coup de feu, répercuté, un sifflement
                                                du côté de la pente aux mélèzes,
nous pouvions à peine l'entendre. nous? à table. la montagne fumante,
en face, juste à côté, près de la rivière, où Actéon alla à terre.

lambeaux. courbés dans cette vapeur-là, morceaux de cerf
                                                      dans l'assiette. la vapeur
s'élève de la terre remuée, poussière sur la narine, sueur.
corps et aiguilles. toute la poussière venue de loin et le plat fumant


à la fin, la rivière; cliquetis de moteurs plus ou moins, là-bas,
quelque chose comme: bramer, raser, grondements de
                                   turbos. maintenant une entaille faite dans
la trachée, traces brouillées. Écho apparaît. la moelle

fraîche sucée en cinq sec! ainsi nous sommes à genoux sur le cerf, nous
le bouffons, on éclaircit ça avec les morts: l’évaporation de l'image
se déroule. sabrer le cerf. en gémissant. langue, tendons. dents.

traduction: Michèle Métail



non publié



© Michèle Métail


Actaeon 2

german | Thomas Kling

(für Mauritius Wenner)


so wird die akte Actaeons geschlossen. an einem fluß.
ein schlechtgetarnter und ertappter voyeur, der haar
und haut der badenden genau betrachtet hat. ihr pfiff:

schon springen Actaeon die eigenen hunde an, die haben
ihn sofort an hals und gurgel. es geht dann alles superschnell:
die linse eingespritzt, nicht nur mit speichel. hundegeifer

hat im nu dem seinen körper überzogen. gebisse, risse
gehen durch den Actaeon; die beinah stumme männer-
gurgel. so ohne körper, ohne strom; dabei beguckt: der

löst, als hirschenschrei, sich auf: die blicktransfusionen,
die nichts nützen können; kann, mit neuen, lauten augen,
Actaeon sehen die augen der frau? schweigsame  augen.

ohne lust. es mag die meute ihren Actaeon! wie sie sein
hirschfleisch lieben, seine augenkamera! und hören nicht
auf ihre namen so wird die akte Actaeon geschlossen.

© 1999 DuMont Buchverlag, Köln
from: Fernhandel
Köln: DuMont Literatur und Kunst Verlag, 1999
ISBN: 3-7701-4952-1
Audio production: 1999 DeutschlandRadio

ACTÉON 2

french

(à Mauritius Wenner)


ainsi se referme le dossier d'Actéon. au bord d'une rivière.
un voyeur mal camouflé et attrapé qui a observé avec minutie
les poils et la peau de la baigneuse. elle siffle:

les propres chiens d'Actéon sautent déjà sur lui,
ils le prennent aussitôt au cou et à la gorge. alors tout va super-rapide:
l’oeil injecté, non seulement de la salive. la bave des chiens

a couvert son corps illico. des morsures, des déchirures
transpercent Actéon; la gorge de l'homme presque muette.
ainsi sans corps, sans courant; lorgné pendant ce temps: lui

se fond comme le cri d'un cerf: transfusions de regards
qui ne servent à rien; peut-il, Actéon, avec des yeux nouveaux,
bruyants, voir les yeux de la femme? des yeux silencieux.

sans joie. c'est que la meute chérit son Actéon! comme ils
aiment sa viande de cerf, la caméra de ses yeux! et ils ne répondent pas
à leurs noms, ainsi se referme le dossier d'Actéon.

traduction: Michèle Métail



non publié



© Michèle Métail