Piso alto

Tengo miedo, dijiste, no hizo falta
que explicaras de qué.
Entonces yo debo haber hablado de la muerte
porque recuerdo citas, un par
de escritores de lengua alemana,
un proverbio italiano, rimado,
Horacio, Catulo y quién sabe
qué más. En mi recuerdo hablo
sin dudar, como leyendo en voz alta,
o como si alguien hablara por mí
mientras yo me sustraigo a tu atención
para pensar en otra cosa.
Nuestra ropa tirada por el piso
es una colección de excéntricos cadáveres,
rojos, verdes y grises, ahí
donde un asesino los dejó; y se escucha,
abajo, afuera, patinar
los autos en la calle mojada.

© Daniel Samoilovich
From: Superficies iluminadas
Madrid: Hiperión, 1996
Audio production: Literaturwerkstatt Berlin 2009

Etage du haut

J'ai peur, as-tu dit, il n'y avait pas besoin
d'expliquer de quoi.
J'ai donc dû avoir parlé de la mort
parce que je me souviens de citations, une paire
d'écrivains de langue allemande, rimé,
un proverbe italien, Horace, Catulle et qui sait
quoi encore. Dans mon souvenir je parle
sans douter, comme  si je lisais à voix haute,
ou comme si quelqu'un parlait par moi
pendant que je me soustrais à ton attention
pour penser à autre chose.
Nos vêtements  gisent par terre,
une collection de cadavres excentriques,
rouges, verts et gris, là
où un assassin les a laissés; et on entend,
en bas, dehors, les voitures
qui dérapent sur la chaussée mouillée.

Traduit par Jean Portante