Jean-Paul Barbe

französisch

Die dunklen Orte

Im schattenlosen Wald, der trauernd steht
Am hundekahlen Kamm des Erzgebirgs
Geh ich umher, in der Dämmerung
Oder ists Rauch AUS BÖHMENS HAIN UND FLUR
Den sie nicht fassen an der Grenze, grau
Der Rasen deckt das Riesenhaupt
In dem es grübelt hunderte Jahre
In hohlen Schächten, wo sie wohnen wie
Im Orkus, und viel arbeiten die Wilden
Mit gewaltigem Arm

                                  Bei Altenberg
Die Binge starrend, Eingeweide
Seit das Erdreich einbrach unter Tage
Über Nacht, in dem die Arbeit pocht
Menschlichfreudig noch, wie sonst

Das ist der Berg. Und was ist nun die Predigt.
Die Stimme spricht: Kehr um. – Voran! voran
Im Dunkelen wo die Gefahr wächst
Die dritte aus dem Busche: BAHNE FREI
Schlittern die Kindlein auf der Teufelsbahn

Ich dachte stets, es würde erst beginnen.
Jetzt hab ich meine Tage abgerissen
Und saurer Regen rennt mir aus der Stirne
Kaum atmen mehr, nur reden das
In meinem dunklen Kopf / mein Tschernobyl
Wo auch das Kind im Mann ergraut
Und nicht verspricht die Erde noch zu dauern

Die Freiheit nun, so ungebunden stehn

Die Stimmen schrein. Im Hochwald hängt Hans Koch
In unästhetischem Zustand

                    DAS TAGWERK IST VOLLBRACHT.
S IS FEIERAHMD. GANZ SACHTE SCHLEICHT
    DE NACHT.

© Suhrkamp Verlag Frankfurt am Main 1990
Aus: Der Stoff zum Leben 1 - 3. Gedichte
Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 1990
ISBN: 3-518-22039-X
Audioproduktion: 2000 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin

Sombres Lieux

Dans le bois sans ombre qui de noir endeuillé
Longe la crête rasée des Monts Métallifères
Je vais et je viens dans le crépuscule
Ou bien c'est de la fumée O BOHÊME TES PRAIRIES
   ET TES BOIS
Qu'ils ne peuvent stopper à la frontière, tout gris
Le gazon couvre la tête du géant
Où ça gamberge des années par centaines
Dans les galeries obscures où ils logent ainsi
Qu'en l'infernal séjour effort travaillent les barbares
Aux bras puissants

                                   Près d'Altenberg
Regard fixé sur la Binge, entrailles devenues
Depuis qu'au fond des puits la terre s'effondra
De but en blanc, où résonnent encore les coups
Du travail ami de l'homme ainsi que naguère

Telle est la Montagne. Et qui va avec, le Sermon.
La voix dit : convertissez-vous ; sus, sus
Au lieu ténébreux où le danger s'accroît
Sortie de nulle part, troisième du nom : VOIE LIBRE
Les enfants font leurs glissades sur la Piste du Diable

Je pensais toujours que ça n'était qu'un début.
Maintenant j'ai démoli mes jours
Et la pluie acide coule sur mon front
À peine encore respirer, juste dire ça
Dans ma tête obscurcie / mon Tchernobyl
Où grisonne l'enfant déjà fait homme
Et la terre ne promet pas de durer

Voilà la liberté, debout sans le moindre lien

Autant de voix, autant de cris. Dans la futaie pendouille
Le sieur Koch spectacle douteux
                         DU JOUR LA TÂCHE EST ACCOMPLIE.
ET MOULT L'ON DÉBAUCHE. À PAS DE LOUPS
  S'AVANCE LA NUITÉE.

Traduit par Jean-Paul Barbe.
Tiré de: Le massacre des illusions, Éditions L'Oreille du Loup, 2011.