RIBA

Jaz sem mesojedec, ampak rastlina.
Jaz sem Bog in človek v enem.
Jaz sem buba. Iz mene rase človeštvo.
Jaz imam čisto razlite možgane, kot
cvet, da lahko bolj ljubim. Včasih dam
prste vanje in so topli. Hudobni ljudje
rečejo, da se drugi ljudje v njih
utopijo. Ne. Jaz sem trebuh.
V njem sprejemam popotnike.
Jaz imam ženo, ki me ljubi.
Včasih se ustrašim, da me ona bolj
ljubi kot jaz njo in sem žalosten in
potrt. Moja žena diha kot majhen
ptiček. Njeno telo me spočije.
Moja žena se boji drugih gostov.
Rečem ji, ne, ne, ne se bati.
Vsi gosti so en sam in za nas vse.
Bela vžigalica z modro glavico mi je
padla v stroj. Umazal sem si nohte.
Zdaj premišljujem, kaj naj napišem.
Tukaj živi ena soseda. Njeni otroci zelo
razgrajajo. Jaz sem Bog in jih pomirim.
Ob enih grem k zobozdravniku. Dr. Mena,
calle Reloj. Pozvonil bom in rekel, naj mi
izdre zob, ker preveč trpim.
Najbolj sem srečen v spanju in ko pišem.
Mojstri si me podajajo iz roke v roko.
To je potrebno. To je tako potrebno
kot za drevo, da rase. Drevo rabi zemljo.
Jaz rabim zemljo, da ne znorim.
Živel bom štiristo petdeset let.
Rebazar Tarzs živi že šeststo let.
Ne vem, če je bil on v tistem belem plašču,
ker jih še ne ločim. Ko pišem, imam
drugo posteljo. Včasih se razlijem bolj kot
voda, ker voda najbolj ljubi.
Strah rani ljudi. Roža je najbolj
mehka, če daš nanjo dlan. Roža ima rada
dlan. Jaz imam rad vse. Včeraj sem
sanjal, da se je moj oče sklonil k
Harriet. Ustrašim se drugih žensk in
zato z njimi ne spim. Ampak razdalja med
Bogom in mladimi ljudmi je majhna.
V Bogu je vedno ena sama ženska, in to je
moja žena. Ne bojim se, da bi me gostje
raztrgali. Jaz lahko dam vse, pa še zrase.
Bolj ko dajem, bolj rase. Potem odplava
kot pomoč za druga bitja. Na enem planetu je
zbirni center za moje meso. Ne vem, na
katerem. Kdorkoli bo spil kaj od tega, bo
srečen. Jaz sem cevka. Jaz sem Bog, ker
ljubim. Vse temno imam tu, not, nič
zunaj. Vsako žival lahko presvetlim.
Kruli mi. Kadar slišim sokove v svojem
telesu, vem, da sem v milosti. Jaz bi moral
noč in dan požirati denar, če bi hotel
zgraditi svoje življenje, pa še ne bi
pomagalo. Jaz sem ustvarjen za to, da
sijem. Denar je smrt. Na teraso grem.
Od tam vidim vso pokrajino, do Dolores
Hidalga. Toplo in mehko je kot v Toskani,
pa ni Toskana. Tam z Metko sediva in
gledava. Sonce zaide in še sediva in
gledava. Ona ima roke kot Šakti. Jaz imam
gobec kot egipčanska žival. Ljubezen je
vse. Mojzesova košara se ni nikoli
razbila na skalah. Iz ravne pokrajine
hodijo majhni konjički. Od Sierre piha
veter. Jaz grem ljudem v usta z glavo
naprej in jih ubijem in rodim,
ubijem in rodim, ker pišem.

© Tomaž Šalamun
Aus: Glas
Maribor : Založba Obzorja, 1983
Audioproduktion: Študentska založba

POISSON

Je suis carnivore, mais plante.
Je suis Dieu et homme à la fois.
Je suis une chrysalide. D’où sort l’humanité.
J’ai la cervelle complètement répandue, comme
une fleur, afin de mieux aimer. Parfois j’y enfonce
les doigts, elle est chaude. De méchantes gens
disent que d’autres gens
s’y noient. Non. Je suis ventre.
J’y accueille des passagers.
J’ai une femme qui m’aime.
Parfois je crains qu’elle m’aime
plus que je ne l’aime et je suis triste et
abattu. Ma femme respire tel un petit
oiseau. Son corps me repose.
Ma femme a peur de mes hôtes.
Je lui dis, non, non, n’aie pas peur.
Tous les hôtes ne font qu’un et pour nous tous.
Une allumette blanche à tête bleue est
tombée dans ma machine. Je me suis sali les ongles.
Je réfléchis maintenant à ce que je pourrais écrire.
Nous avons ici une voisine. Ses enfants sont très
turbulents. Je suis Dieu et je les calme.
À une heure, je vais chez le dentiste. Le Dr Mena,
calle Reloj. Je sonnerai et le prierai de
m’arracher cette dent, car je souffre trop.
Mon plus grand bonheur est de dormir et d’écrire.
Les maîtres me font passer de main en main.
C’est indispensable. Tout autant
que pour l’arbre de croître. L’arbre a besoin de la terre.
J’ai besoin de la terre pour ne pas devenir fou.
Je vivrai quatre cent cinquante ans.
Rebazar Tarzs vit déjà depuis six cents ans.
J’ignore si c’était lui dans ce pardessus blanc,
car je les confonds encore. Quand j’écris, j’ai
un autre lit. Parfois, je me répands plus que
l’eau, car c’est l’onde qui aime le mieux.
La peur blesse les hommes. C’est quand on y pose la paume
que la fleur est la plus douce. La fleur aime
ma paume. Moi, j’aime tout. Hier, j’ai
rêvé que mon père se penchait sur
Harriet. Je redoute les autres femmes et
c’est pourquoi je ne dors pas avec elles. Mais la distance entre
Dieu et les jeunes gens est infime.
En Dieu, il n’y a toujours qu’une seule femme, et c’est
mon épouse. Je n’ai pas peur que mes hôtes
m’écartèlent. Je peux tout offrir, tout se renouvelle.
Plus je donne, plus cela repousse. Puis s’éloigne au fil de l’eau
comme l’aide apportée aux autres. Sur une planète se trouve
un centre de rassemblement pour ma chair. J’ignore sur laquelle.
Quiconque en boira connaîtra
le bonheur. Je suis un tube. Je suis Dieu, car
j’aime. Tout est noir là, dedans, rien
au-dehors. Tout animal, je peux l’illuminer.
Ça gargouille. Quand j’entends la sève de mon
corps, je sais que je suis dans la grâce. Il me faudrait
nuit et jour avaler de l’argent, si je voulais
bâtir ma vie, et encore ce serait en
pure perte. J’ai été créé pour
briller. L’argent, c’est la mort. Je vais sur la terrasse.
De là je vois toute la campagne, jusqu’à Dolores
Hidalgo. Il fait chaud et doux comme en Toscane,
pourtant ce n’est pas la Toscane. Assis avec Metka,
nous la contemplons. Le soleil décline et nous sommes
                                                     toujours assis,
toujours contemplant. Elle a les bras de Shakti. Moi, j’ai
la gueule d’un animal égyptien. L’amour est
tout. Le couffin de Moïse ne s’est jamais
brisé contre les rochers. De la plaine
arrivent de petits cheveaux. De la Sierra souffle
le vent. Je donne des coups de tête aux gens,
en pleine bouche, et je les tue et les enfante,
tue et enfante, car j’écris.

Traduit du slovène par Mireille Robin et Zdenka Štimac avec l'auteur



© Tomaž Šalamun et les éditions Est-Ouest Internationales


In: Tomaž Šalamun : Poèmes choisis. Paris: éditions Est-Ouest Internationales 2001