Michel Butor
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DER SPÄTHERBST (German)
L’ARRIÈRE-AUTOMNE
Ce n’était pas vraiment l’été indien pas même celui de la Saint-Martin car il n’y avait pas eu de gelées auparavant la saison s’étirait avec beaucoup de nuages et de pluies qui provoquaient graves inondation Malgré le réchauffement constaté on savait bien qu’arriverait l’hiver avec son blizzard ratissant les prés et tous les accidents dûs au verglas on attendait on regardait monter le brouillard sur les villes des vallées Et l’on était suspendu aux nouvelles il y avait des menaces de guerre dans un autre continent il est vrai mais s’il y avait mondialisation c’était bien dans l’appesantissement de ces ailes ténébreuses partout Les arbres suffisamment à l’abri gardaient leurs feuilles approfondissant leurs couleurs et l’on avait l’impression qu’elles disaient individuellement écoutez-moi contemplez-moi sauvez la formule que je vous ai trouvée Brûlant sans nous consumer dans le soir égrenant nos litanies de conseils pour traverser le tunnel périlleux avec ses craquements et caquetages les grains de sable et les flocons de neige de la foule en tourbillons de détresse Sœurs développant nos splendeurs ultimes dans le vent nous annonçant l’imminence de notre inhumation-pourrissement où nous nous déferons en protégeant les germes d’une invention de jouvence dans un an dans un siècle un millénaire



